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La République est en danger. Le choix que nous ferons en 2027 déterminera la place de la France, pas pour 5 ans, pour 100 ans. Pourquoi est-ce que vous n'avez pas publié vos comptes ? C'est vrai ou c'est pas vrai ? Ils sont publiés et j'ai satisfait toutes les obligations de la loi. Je n'ai donc jamais payé d'amende d'aucune sorte. Nous avons les meilleures autoroutes d'Europe, pour ne pas dire du monde. Donc dans ce contexte, on récupère les autoroutes, bien évidemment au service de le compatriote. Écoutez ce que dit Jean-Jacques Bourdin et réagissez. Et ne dites pas « il est trop vieux, il manque d'énergie » parce que vous ne seriez pas crédible. Aujourd'hui, dans notre podcast Bourg d'un média, nous avons la chance de recevoir Dominique de Villepin. Bonjour. Bonjour. C'est un grand honneur pour moi d'être votre invité. Pour nous aussi et pour la communauté aussi. Parce que j'ai posé la question ce matin. J'ai demandé à notre communauté, à ma communauté. Je lui ai demandé mais est-ce que vous souhaitez que Dominique de Villepin soit candidat à la présidence de la République ? Ça, c'est la première question que j'ai posée. Puis j'ai posé une autre question. 'aimeriez-vous lui demander ? Alors, je vous les poserai. — Alors moi, je suis là pour répondre à toutes les questions. Je ne me défile devant rien, ni personne. — Je vais commencer. Vous avez été Premier ministre, vous avez été ministre. — J'ai été plein de choses. — Vous avez fait plein de choses. Vous avez un cabinet de conseil qui marche très, très bien. Pourquoi... Mais alors pourquoi vouloir revenir en politique et pourquoi vouloir être candidat à la présidence de la République ? — Jean-Jacques Bourdin. On se connaît depuis longtemps. Je suis gaulliste. Et les circonstances exceptionnelles ne me laissent pas indifférent. On n'est pas dans n'importe quel moment de notre histoire. Et selon que la France... Choisissent le Rassemblement National, la France Insoumise ou tout autre parti. C'est une autre histoire qui va s'écrire. Moi, j'ai trois enfants. Je suis sensible à l'avenir de la France. Ça me concerne directement. C'est quelque chose qui me touche dans mon cœur et dans mon âme. Et je vois partout dans le monde des menaces s'accumuler. Et nous sommes dans un temps d'accélération de l'histoire. C'est-à-dire qu'on n'a pas l'éternité. devant nous. Le choix que nous ferons en 2027 déterminera la place de la France, pas pour 5 ans, pour 100 ans. Et le risque, aujourd'hui, on le voit bien, c'est que nous changions complètement d'esprit, voire même peut-être de régime, et dans un monde qui s'accélère. Le changement de seuil, c'est une chose. Mais le franchissement d'une limite, c'est autre chose. Alors pourquoi ? Aujourd'hui, je pense que la République est en cause. Elle est en danger ? Elle est en danger. La République est en danger. Et il y a un certain nombre de forces poussent avec une énergie considérable, qui ne sont maîtrisées par personne. Je le dis bien, personne. Ni la France insoumise, ni le Rassemblement national, qui, de seuil en seuil, peuvent nous amener au-delà de la limite, et vous le savez comme moi, au-delà de la limite, il n'y a plus de limite. Au-delà de la limite, c'est quoi -delà de la limite, la limite, c'est la République. La limite, c'est la démocratie. Et c'est le début de la démocratie libérale. C'est le début d'un régime autoritaire. De l'aventure. De l'aventure. Avant même le régime autoritaire. Moi, ce que je crains par-dessus tout, vous savez, c'est quand plus personne ne contrôle rien. Une situation hors de contrôle. Il y a beaucoup de régions du monde qui sont hors de contrôle. Prenons un exemple. La situation dans le Golfe. Personne aujourd'hui ne maîtrise la situation dans le Golfe. Elle est à volo. Ou plus exactement, elle est dans les mains aujourd'hui des ayatollahs iraniens ou plus exactement des gardiens de la Révolution. C'est dire que... Nous avons changé de monde. Nous avons vécu pendant des années, des décennies, dans un monde où il y avait des superpuissances qui pouvaient prétendre tenir l'ordre mondial. Un monde bipolaire. Un monde bipolaire. Et où l'Ouest avait un immense avantage. La démocratie américaine pouvait prétendre à organiser l'ordre mondial. Aujourd'hui, ce n'est plus le cas du tout. Nous voyons la plus grande des superpuissances se faire damer le pion par des gardiens de la Révolution qui, en termes de puissance, ne sont pas du tout au même niveau. Et quand vous regardez le reste du monde, la même loi d'impuissance s'exprime. Quand vous voyez l'Ukraine tenir bon année après année face à la puissance russe, première puissance nucléaire mondiale. Quand vous voyez la Corée du Nord être capable de dicter sa loi dans sa région. On a changé de monde. Dans ce monde-là, y a des luxes qu'on ne peut pas s'offrir. Il y a des risques qu'on ne peut pas prendre. On ne peut pas s'offrir le risque du Rassemblement national et des défis. ne peut pas se l'offrir. Non, je crois qu'on ne peut pas se l'offrir pour une raison simple. Cette accélération du monde, elle doit nous obliger aujourd'hui à relever des défis considérables. Et je ne place pas. France insoumise au même niveau que le Rassemblement national. Je ne les place pas au même niveau. Ce sont deux expériences différentes. Parce qu'il y a bien sûr une volonté de la France insoumise de changer les institutions. Mais le projet du Rassemblement national nous conduit à changer de démocratie, passer de la démocratie libérale à la démocratie illibérale et tout ce que préconise aujourd'hui le Rassemblement national. La priorité nationale va complètement à l'encontre nos principes. républicain va contre l'universalisme français. Et nous voyons bien que c'est une aventure sans précédent dans l'histoire de notre République. Oui, Dominique de Villepin, est-ce que vous craignez plus le Rassemblement national qu'est l'EFI ? Je n'établis pas de hiérarchie, mais je dis... Si, vous me l'avez dit. Oui, je n'établis pas de hiérarchie au sens où il y a pour moi deux menaces, mais il est bien évident que le Rassemblement national est une menace plus grande. Une menace plus grande dans la mesure où nous risquons de nous retrouver avec un parti politique dont le projet peut nous conduire à un changement de régime. Pourquoi dites-vous nous sommes en 1788 ? Parce que nous sommes à la veille d'événements considérables pour la France dans tous les cas de figure. Oui. Soit nous choisissons l'aventure et l'aventure dans le monde d'aujourd'hui où la puissance... de l'intelligence artificielle, change toutes les semaines. Et bien évidemment, la victoire du RN marquerait la défaite de cette bataille-là. La bataille technologique, elle est perdue. D'abord parce que nous aurions à livrer immédiatement une bataille financière que nous ne pourrions pas gagner avec le RN au pouvoir. Deuxièmement, nous changeons d'orbite. Il est bien évident que même si le RN ne dit pas aujourd'hui qu'ils veulent sortir des traités européens, de facto, À partir du moment où il conteste la contribution française à l'Europe, nous nous retrouvons de facto sur le seuil de cette Europe. Donc nous ne défendons plus la place qui est la nôtre dans le cadre de l'Europe. Et les positions prises par exemple sur l'Ukraine par le Rassemblement national fait que nous baissons les bras. C'est une France de la résignation, c'est une France de l'aplatissement. C'est de la traîtrise. Non, parce que je n'aime pas ces mots-là. Je ne les qualifie pas comme ça. Mais si tu choisis le camp de Moscou, je ne rentrerai pas dans tout ce qui peut ressembler à une caricature. Mais ce que je dis, c'est que nous changeons de France. Une France que nous avons déjà connue dans le passé, qui est une France de résignation. à certains égards de compromissions, ou en tout cas de risques de compromissions, mais j'apporterai une nuance. Je n'en pourrai pas ce mot parce que je ne souhaite pas jouer avec ces anathèmes, mais j'apporterai une nuance. Je ne ferai pas le procès à Marine Le Pen, pas plus qu'à Jordan Bardella, d'avoir clé en main, dans leur esprit, construit une stratégie qui vouerait la France au déclin. Non, pas du tout. Mais j'ai la conviction que cela se fera à leur insu. C'est-à-dire qu'ils sont détenteurs d'une certaine énergie, ils sont source de certains mécanismes, franchissement de seuil, sortie des limites, qui ne dépendent pas d'eux. Parce que tout... Toute leur histoire, toute leur aventure politique est construite sur des positions, et en particulier l'exclusion d'une partie de la communauté nationale, ou en tout cas d'une vision différenciée. Et selon que l'on est déjà nationaux, non nationaux, mais même à l'intérieur de la communauté nationale, on a vu avec le débat sur les binationaux à quel point cette logique d'exclusion et de différenciation était importante pour le Rassemblement national. Cette logique-là, elle est mortifère pour la France. Donc je dis bien... Je ne leur fais pas le procès de vouloir détruire ce à quoi nous sommes attachés, mais je dis qu'ils vont découvrir au fur et à mesure que toutes les idées qu'ils portent et qui ont eu leur raison d'être, ces idées, elles ont eu comme raison d'être. de les distinguer, de les différencier, mais en les installant dans une virtualité qui ne prend pas en compte la réalité des choix de gouvernement. L'inexpérience de Marine Le Pen de l'État, elle est totale. Celle de Bardella, n'en parlons pas. Et leur inexpérience du monde, elle est... Abyssal. Tout ceci ne s'improvise pas. Je comprends beaucoup de nos compatriotes qui se disent avant tout, les autres ont raté, donc pourquoi pas essayer le Rassemblement National. Très bien, très bien. Mais est-ce que nous sommes des cobayes ? -ce que nous avons vocation à servir de bébé éprouvette au Rassemblement national ? Moi, je pense qu'avant de se lancer à faire une omelette, il vaut quand même mieux avoir tâté un tout petit peu des rudiments de la cuisine. Et c'est pareil dans tous les éléments du jeu politique. La politique, aujourd'hui, elle souffre d'une chose, ce qui explique l'impuissance de la classe politique. Elle souffre d'un état affaibli. La première tâche d'un dirigeant français au lendemain de l'élection 2027, cela va être de refonder l'État. Un État de proximité. C'est-à-dire quelles seraient les premières mesures ? Premières mesures, une démocratie politique complètement renouvelée. Aujourd'hui, la verticalité d'un président de la République enfermé à l'Élysée, ça n'a plus aucun sens. C'est absurde. Mais comment ? Comment d'abord revenir à une lecture de nos institutions, celle de la cinquième, d'un président arbitre, d'un président garant, d'un président stratège ? Deuxièmement, se doter des leviers qui lui permettent d'agir. Moi, par exemple, une des premières décisions que je prendrais, c'est de doter le président de la République d'un conseil des territoires. On a un conseil des ministres qui se réunit toutes les semaines, très largement formel. Il n'a aucun moyen ni levier d'agir sur le territoire national. Il dépend des préfets et tout cela remonte et met du temps pour remonter. Vous n'aviez aucun moyen d'agir quand vous étiez Premier ministre, Dominique de Villepin ? Mais d'abord, je parle d'une autre période. Ah bon ? Et je dis bien que le déclin s'est considérablement accéléré depuis 20 ans. Moi, je ne reconnais pas aujourd'hui ni l'État ni la France quand je me promène un peu partout dans les provinces. Il y a une impuissance publique qui est devenue la clameur nationale. Regardez fonctionner les services publics. Aujourd'hui, ils ne tiennent que par les premières lignes. C'est le sacrifice de nos aides-soignants, de nos médecins. C'est nos forces de l'ordre en première ligne avec énormément de souffrance et de difficulté. C'est tout ce qui, au contact, les pompiers, on l'a vu cet été avec les feux de forêt. Les éboueurs, tous ceux qui ont fait vivre la France pendant la période du Covid, on avait promis de les récompenser. On a vu ce qu'on a vu, rien du tout. Quelques semaines après, tout oublié. Et cette République, il faut la refonder. Avec un État qui retrouve son efficacité, j'ai dit, il faut des outils. Par exemple, nous sommes un pays riche, M. Bourdin. Ça peut surprendre quand on voit la situation de dette abyssale de la France. Mais nous sommes un pays riche et je dirais même... Très riche, même si nous nous approuvissons et qu'aujourd'hui, la richesse française est devenue dans la moyenne européenne fortement déclinante. Nous ne sommes plus du tout en tête comme nous l'étions. Et je ne compare même pas par rapport aux Américains. Mais cette richesse. mettons-la dans un grand fonds souverain et de solidarité, et faisons en sorte qu'elle puisse être mise au service de l'avenir de nos enfants, pour investir dans les technologies, dans l'écologie. L'écologie, c'est le grand défi de notre temps. Nous avons une obligation, aujourd'hui, d'abord vis-à-vis de la planète, mais aussi... Parce que la vraie richesse, elle est écologique. Nous sommes dans un monde de la rareté. Regardez le besoin en eau de la France, alors que nous avons d'énormes ressources. Simplement, nous gaspillons cette eau. Regardez nos forêts, nous aménongeons mal nos forêts, d'où leur vulnérabilité, leur fragilité. Dans tous ces domaines, il existe une abondance. Abondance financière, l'épargne des Français, 6500 milliards. Comment la sortez-vous cette épargne ? Comment la faites-vous vivre cette épargne ? Eh bien, le grand fonds souverain et de solidarité, à partir du moment où il est capable... Un grand emprunt auprès des Français ? Mais même pas besoin d'emprunt. À partir du moment où vous êtes capable de proposer des instruments financiers qui seront vraiment rémunérateurs, plus rémunérateurs que les livrets et autres diversités, tout cela en accord avec... l'ensemble de nos banques, parce qu'il doit y avoir un partenariat public-privé là-dessus. Eh bien, nous sommes capables d'attirer vers nos propres investissements quand cette épargne, aujourd'hui, souvent, elle va permettre le développement des projets d'investissement aux États-Unis, comme d'ailleurs beaucoup de l'épargne européenne. Donc, nous n'avons pas les outils. Nous n'avons pas aujourd'hui la mobilisation. Donc, relancer la machine. Complètement relancer la machine, en même temps qu'il faut. Et je suis aujourd'hui le seul candidat qui propose. voyez, j'ai dit candidat, pas encore candidat. – Mais vous êtes candidat. – Et je vous dirai pourquoi. – Vous parlez comme un candidat. – Et je vous dirai pourquoi. Mais nous sommes aujourd'hui un pays qui doit assainir ses finances publiques. C'est un devoir, crédibilité vis-à-vis de l'Europe, et nécessité, si nous ne voulons pas passer notre temps, à rembourser. les intérêts de notre dette. C'est-à-dire que plus nous sommes affaiblis, plus nous passons notre temps à remplir le tonneau des Danaïdes avec une petite tasse à café. Tout ça est absurde. Je suis pour une grande loi de programmation pluriannuelle, avec le vote d'une loi organique, qui nous obligera, sur cinq ans, à revenir en dessous de 3%. Je veux qu'en 2031, nous soyons en dessous de 3%. Et je veux parallèlement... engager une grande simplification de nos impôts, revenir à 9 impôts, quand aujourd'hui, l'ensemble de nos différentes taxations, c'est plus de 400 taxes diverses. Et bien évidemment, pour faire cela, il n'y a pas de poudre de perlimpinpin, ni de parole magique, mais il y a la volonté de faire aujourd'hui. Il faut nettoyer les écuries d'OGAS. Aujourd'hui, nous ne savons pas où va notre argent. Nous ne savons pas si cet argent, il est bien investi ou s'il va nourrir la rente, c'est à dire l'argent qui dort. Donc, on supprime loi d'extinction des niches fiscales et des niches sociales. C'est 180 milliards d'euros. C'est colossal. Il ne s'agit pas de faire cela avec un rabot ou un grand couteau. Plus d'aide pour l'emploi à domicile. Pas du tout. On distingue trois tiers cinquième. Donc chaque année, on distingue trois tiers. Un premier tiers sert à... Dépenser l'argent légitimement correspondant à un certain nombre de ces niches et à certains bénéficiaires de ces niches, le handicap, l'outre-mer et l'ensemble de ces dispositifs, un deuxième tiers transformera en politique publique parce que c'est quelque chose que tous nos compatriotes ont pu constater. Il y a une régression des politiques publiques. Aujourd'hui, où est la politique du logement ? Où est la politique de la ville ? Pas de politique publique. Moi, je veux remettre l'État. devant ses responsabilités. Et dans ce cadre-là, il reste un troisième tiers. Ce troisième tiers y va au désendettement de la France. Et donc je suis aujourd'hui le seul à pouvoir proposer un chemin vertueux vers le désendettement qui nous permettra de faire un ajustement budgétaire avec 125 milliards d'euros qui permettra de revenir à un déficit en dessous des 3%. 125 milliards par an ? ou 125 milliards d'ajustement budgétaire d'ici à 2031, et qui nous permettra, par ailleurs, de commencer à engager la démission de notre dette. C'est exactement ce que j'ai fait. Et donc ce que je dis n'est pas impossible, c'est ce que j'ai fait quand j'étais Premier ministre de 2005 et 2007, qui est aujourd'hui, pour tous les financiers et les économistes, la période de référence où on a fait ce que l'on devait, à commencer par une conférence. Général des finances publiques, on a réuni l'ensemble des acteurs pour ensemble engager cette transformation. Et l'enjeu, c'est bien la grande transformation de la France, de son économie, de son organisation. Grande transformation qui doit nous permettre de faire les investissements écologiques, les investissements technologiques. Grande transformation qui doit nous permettre relancer la démocratie française. Parce que plus vous êtes engagé dans cette spirale négative. et qui fait douter chacun de la véritable justice sociale dans notre pays. vous vous éloignez de la démocratie, et donc moi je suis pour le retour d'une démocratie politique, mais je suis aussi pour une démocratie sociale. Je veux que les partenaires sociaux prennent toutes leurs responsabilités. Vous voyez aujourd'hui, ils ont un rôle majeur sur l'assurance chômage. Mettons en avant les partenaires sociaux sur la définition d'une réforme des retraites. Je crois que les Français sont assez... assez grand pour pouvoir choisir la réforme qu'il souhaite. Moi, je proposerai une réforme à points, donc liberté dans ce domaine. Je proposerai également la possibilité, dans le cadre de cette réforme à points, d'avancer rapidement avec les partenaires sociaux, prenant leurs responsabilités, définissant la valeur du point. selon l'espérance de vie et selon le secteur professionnel. Vous leur confiez la gestion ? Je leur confie la gestion. Je leur confie la responsabilité. Comme pour les retraites complémentaires ? Exactement. Et je pense que nous avons beaucoup à gagner, à rentrer dans cette démocratie sociale. Et je fais adopter une charte sociale. l'échelon constitutionnel pour reconnaître cette démocratie sociale française. Et bien évidemment, il faut que le tout soit équilibré, c'est-à-dire que chaque année, ils auront la responsabilité de faire en sorte que l'on puisse boucler l'équilibre de nos retraites, et c'est-à-dire ne pas dépenser plus que ce que nous avons. Ça veut dire que chacun devant ses responsabilités, certains compatriotes souhaitent partir plus tôt, et on comprend... que la vie pour certains est beaucoup plus difficile. Ça va engager également un énorme chantier qui est celui des conditions de travail. Je suis pour ouvrir une convention sur les conditions de travail dans notre pays qui, quand on regarde le nombre d'accidents de travail, sont moins bonnes que dans beaucoup d'endroits. Ça implique aussi un profond changement du côté du patronat dans la façon d'organiser le travail. Il faut prendre en compte le fait qu'aujourd'hui... beaucoup de nos compatriotes sont devenus réticents par rapport à se travailler plus, même quand il s'agit de gagner plus, et qu'ils ont le sentiment que la vie est ailleurs. Si on veut... Retrouver l'énergie dont nous avons besoin. Et revaloriser le travail. Revaloriser le travail, augmenter les taux d'emploi. Parce qu'aujourd'hui, ça sert à quoi de dire il ne faut travailler plus ? J'écoute Bruno Retailleau, Edouard Philippe. Mais à quoi ça sert de dire cela ? Quand 50% de ceux qui partent à la retraite sont au chômage. Ça veut dire que tout simplement, on ne leur offre pas travail suffisant. Donc il faut à un moment donné arrêter l'hypocrisie. Il faut mettre les choses à plat, se mettre autour d'une table. Et le président de la République... Le gouvernement n'a pas de formule magique. Et c'est là où il faut redevenir ce que nous sommes tous un peu chirakiens. Il y a plus d'idées dans deux têtes et dans plusieurs têtes que dans une. Personne aujourd'hui n'a la science infuse. Personne ne peut mettre sur la table la formule magique qui permettra de régler tous les problèmes de notre pays. Par contre, on peut retrouver l'esprit de respect, l'esprit de concertation qui est indispensable. Je m'adresse à notre communauté, à ma communauté. Vous venez d'entendre Dominique de Villepin réagissez. Que pensez-vous de toutes ces propositions ? Vous n'hésitez pas. Vous allez sur toutes les plateformes. Nous sommes partout. YouTube, Spotify, Apple Podcast, etc., etc. Toutes les plateformes. Vous réagissez, vous dites ce que vous pensez des propositions de Dominique de Villepin. Mais on va aller plus loin. Écoutez ce que dit Jean-Jacques Bourdin. Et réagissez. Et ne dites pas, il est trop vieux, il manque d'énergie. Parce que vous ne seriez pas crédible. Alors Dominique, oui, justement l'énergie. On a l'impression quand vous parlez que vous avez toujours trop d'énergie. On a l'impression que vous déclamez. Oui, parce que j'ai envie d'agir. Et vous savez, pendant 20 ans, j'ai été tenu loin de la vie politique pour l'état de raison sur laquelle ça n'a pas d'intérêt aujourd'hui de revenir. Ça n'a pas d'intérêt -delà de ma personne. Et surtout parce que je pense. Il faut le dire clairement, la France est en danger. On n'a pas le temps de faire des ronds dans l'eau. On n'a pas le temps de s'amuser. On n'a pas le temps d'être en colère pour être en colère. On a le devoir aujourd'hui d'agir. On a l'impression que vous êtes toujours en colère. Pas du tout. Je ne suis pas en colère. Je suis passionné. par l'avenir de la France. Et je le suis au nom de mes enfants, au nom de tous les enfants de France et surtout au nom de tout ce que la France a apporté au monde. Moi, vous savez, j'ai voyagé dans le monde entier et je sais qu'il y a une attente de France. Prenons un exemple qui me tient particulièrement à cœur. La culture française, la culture française, c'est un trésor de richesse, de diversité, de points de vue, de couleurs. Quand vous allez à Avignon, que vous allez voir une pièce de Rebecca Chaillon ou d'autres, vous êtes transporté par des mondes différents qui vous font réfléchir. Or, aujourd'hui, cette culture française, elle est menacée. Imaginez demain le Rassemblement National au pouvoir. C'est quoi la culture française ? Ne l'oublions pas, le Rassemblement National arrive aux pouvoirs demain. La grande bataille du monde aujourd'hui, c'est la bataille du numérique, c'est la bataille de l'intelligence artificielle. Quel est le désir le plus ardent des nouveaux empires ? Les États-Unis a commencé, mais aussi la Chine. Le désir le plus ardent, c'est de faire de l'Europe un vaste marché où les technologies du numérique et les technologies de l'intelligence artificielle auront le jeu libre. Eh bien à partir du moment où il n'y a plus aucune barrière à cette intelligence artificielle, eh bien je vais vous dire la vérité, il n'y a plus de culture française. Il n'y a plus de culture française. Alors on peut mettre M. Chenu ou un autre, peu importe. La culture française, elle sera rayée d'un coup de plume. Pourquoi ? Parce qu'il n'y a plus d'auteurs. Et d'ailleurs, à quoi bon des auteurs quand on peut écrire des livres avec l'intelligence artificielle sans demander rien à personne ? À quoi bon faire des films quand on peut arriver avec des nouvelles technologies à trafiquer tout et le reste ? La culture française, elle tient. Pourquoi ? Parce que derrière cette culture, il y a un cœur qui bat, il y a une humanité, il y a un territoire, il y a une géographie, il y a une expérience de la vie et du monde. Cette culture française, il faut la défendre. Il faut la défendre dans la musique, le rap, toutes les formes de musique, la musique classique. Il faut la défendre dans la peinture. Vous aimez le rap ? Bien sûr. J'aime toutes les formes de musique. J'aime tout ce qui dit un corps qui vibre. Un esprit qui s'ouvre, qui s'émerveille et qui chante la vie. Ça, c'est le cœur de la culture. Quel est votre livre préféré ? Tiens, au passage, y pensez. Quel est votre livre préféré ? Si vous aviez un livre à choisir. Justement, la fameuse question, si vous partiez sur une île déserte. Oui, mais je l'aime bien. Je l'aime bien. Vous avez raison. Moi, j'ai un livre. Il est derrière moi. Dites-nous lequel. Il est derrière moi. Via d'Esta, oui, Valérie Grossmann, c'est un vrai livre. C'est un grand livre. Vous auriez pu avoir un livre de Tolstoy ou de Dostoevsky. Si je devais en choisir un, je reviendrais à un livre premier. Je prendrais l'Iliade et l'Odyssée parce que je crois que la méditation est infinie. Et quand je relis par exemple l'Iliade ou le poème de la force de Simone Veil, la méditation sur ce qu'est aujourd'hui la puissance, ce que devrait être. Le vrai exercice de la puissance sur les risques qu'il y a à se méprendre sur ce que permet la force. Regardez cette erreur historique, cette tragédie historique de Donald Trump dans le Golfe ou encore en Ukraine. Eh bien, cela pèse sur le monde. Cela pèse sur le monde. Cela détruit des vies. Regardez comment, d'un trait de plume, Donald Trump a rayé l'aide aux associations. à tous les pays du sud global et en particulier en Afrique. Et ceux qui étaient atteints du sida ou d'autres maladies se retrouvent dans des situations effrayantes. La souffrance humaine aujourd'hui dépend de quelques dirigeants qui, sans aucune conscience des conséquences de ce qu'ils font, changent. tragiquement la vie des gens. Et c'est en ça que la culture, les grands livres, les grands films, les œuvres, les grandes œuvres des musées sont une source immense pour nous d'inspiration. Et c'est ce qui fait que nous avons un devoir. Vous voyez, moi, je ne me suis toujours pas remis. de la situation qui est la nôtre dans nos relations avec l'Afrique. L'Afrique, c'est un grand continent. L'Afrique, en 2050, c'est plus de 2 milliards d'habitants. L'Afrique qu'on a exploité pendant très longtemps. Absolument, absolument. L'Afrique en 2100, c'est 4,5 milliards d'habitants. Donc, que les plus cyniques ne voient que le marché. Moi, je vois des hommes et des femmes qui vont... comptés dans l'avenir et qui ont des choses à dire. Regardez la mode, regardez la littérature, regardez le cinéma. Ça bouge en Afrique. Ça bouge et ça regarde vers l'avenir quand nous, a peur, on se rétrécit, on se durcit et on rejette. On veut couper toute aide toute aide de coopération à de nombreux pays dans le monde parce qu'on n'a plus d'argent. C'est ce que j'entends. Et regardez les conséquences. On a parmi les diasporas les plus dynamiques. sur le territoire français. Ces diasporas, elles sont source de commerce, d'échanges, d'initiatives tout à fait considérables. Nous nous privons à un moment où l'Afrique est en train de développer des taux de croissance qui feraient pâlir d'envie certains pays européens. Nous nous privons de cette vitalité. Et en plus... Nous n'accomplissons pas le devoir historique qui est le nôtre. Vous avez rappelé les méfaits qui ont été à l'origine de bien des malheurs en Afrique, qu'il s'agisse de l'esclavage, qu'il s'agisse de la colonisation. Et nous avons un devoir de reconnaissance de cette histoire. Tant que nous n'ouvrons pas les yeux, nous ne pouvons pas retrouver une relation au monde qui soit apaisée, qui soit forte. Je vais revenir sur l'Ukraine tout à l'heure et je vais revenir sur le golfe. Mais Dominique de Villepin, je vous écoute et je vais être un peu terre à terre. Aujourd'hui, préoccupation principale depuis plusieurs semaines des Français, évidemment, c'est le prix du carburant. Imaginons, vous êtes président de la République. Que faites-vous ? – Que faites-vous ? Parce que j'entends Marine Le Pen qui veut baisser la TVA et la faire passer à 5,5. J'entends d'autres, Mélenchon qui dit, Jean-Luc Mélenchon qui dit, on fixe le prix à 1,70 € et on va pas plus haut. Mais que faites-vous ? Que dites-vous aux Français ? – Alors ce qui est intéressant dans les propositions que vous mentionnez, c'est que la plupart d'entre elles... ne sont pas faisables dans le schéma qui est le nôtre aujourd'hui. C'est-à-dire que dès lors qu'on change les règles, on peut effectivement tout imaginer et tout promettre. C'est très facile de se libérer du réel quand on est un parti nourri d'extrémisme. Mais la réalité, elle est autrement plus difficile. Et Marine Le Pen, arrivant au pouvoir, devra expliquer pourquoi elle ne fait pas tout ce qu'elle voudrait faire. Et à partir de ce moment-là... Et à partir de ce moment-là, on rentre dans des mécanismes qui est, ah, consultation des Français par référendum, ah, mais pas le bon article, on prend un autre article, c'est-à-dire qu'on doit changer la Constitution. Et à partir de ce moment-là, on rentre dans cet au-delà des limites dont j'ai parlé et on change de résime sans que personne ne l'ait vu. Donc, ne crois absolument pas aux solutions toutes faites proposées par les uns et par les autres. Par contre... Nous sommes instruits par l'histoire. Nous avons tenté un bouclier énergétique en 2022. Sur 7 mois ou 8 mois, ça nous a coûté 7 milliards et demi d'euros. Est-ce qu'aujourd'hui, on peut légitimement se lancer dans une aventure qui offre à chaque Français, quelle que soit sa situation économique, un véritable bouclier énergétique ? Ça n'a pas de sens. Donc il faut se concentrer. sur ceux qui aujourd'hui sont les plus touchés. Ça veut dire, bien sûr, les Français qui sont dans les territoires ruraux et qui sont totalement dépendants de la voiture, l'aide-soignante qui fait 50 km par jour et tous ces Français qui dépensent en essence plus d'un mois de salaire. C'est considérable. Et toutes ces filières économiques qui sont aujourd'hui menacées, les chauffeurs, les pêcheurs et tous les autres, là que nous fassions un effort exceptionnel, c'est nécessaire. Moi, je veux le faire à un échelon privilégié qui est celui des maires. Je suis pour... que la démocratie territoriale reconnaisse la responsabilité particulière des maires. Et en particulier pour les maires des plus petites communes, là où on est le plus dépendant des voitures, le soin d'apporter une carte essence, une carte chauffage pour ceux qui sont le plus en besoin d'accompagnement. Et partir de là, j'installe un dispositif qui vaut pour tout le monde. qui est un encadrement fiscal qui permet de contenir les prix entre 1,75 et 2,50, sachant que le risque, dans les prochaines semaines, c'est que nous dépassions très largement ce seuil de 2,50. Là, je bloque les prix. Au-delà de 2,50, je bloque les prix. Et ça veut dire que je supprime toute fiscalité sur l'essence, sur le gazoil, au-delà de ce prix. Mais par contre, je récupère... Cette fiscalité qui est aujourd'hui nécessaire compte tenu du fait qu'on a des caisses vides dès lors que le tarif descendrait en dessous de 1,75. Cet encadrement, quel est son intérêt 'est qu'il permet de donner un signal carbone à l'ensemble de la population. Et chacun comprend alors qu'il est urgentissime de se désintoxiquer des énergies fossiles. L'erreur la plus grave des dix dernières années, c'est l'oscillation que nous avons faite dans la relation à notre politique sur le nucléaire. On a hésité, on a pensé à un moment donné s'en éloigner, donc on a mis à l'arrêt un certain nombre de centrales. Et le résultat, c'est que quand il a fallu les réouvrir, ça a coûté très cher. On a perdu de la compétence, on a perdu des talents. Aujourd'hui, il faut reprendre les choses et adresser un signal très clair à l'ensemble de nos compatriotes. Il faut sortir du carbone. Le carbone, pour chaque Français, c'est 450 euros qui partent en fumée et qui sont donnés aux Russes, aux Américains, aux Séoudiens. 450 euros. Si vous passez à la voiture électrique. C'est une économie de 1 000 euros par an. Et si vous faites des travaux dans votre logement ou si vous adoptez une pompe à chaleur, vous économisez 1 000 euros par an également. Ça fait 2 000 euros si vous faites les deux. C'est dire à quel point il faut nous libérer de cette dépendance. Et qu'est-ce que je veux dire en vous disant cela ? Je veux dire qu'aujourd'hui, la grande bataille, et c'est pour cela que ni le Rassemblement national, ni la LFI ne sont susceptibles d'apporter la réponse, la grande bataille qu'il faut mener, c'est celle de la souveraineté. Ce n'est pas de ceux qui vous expliquent colère, colère, colère, peur, peur, peur. C'est ceux qui vous disent redevenons indépendants. C'était le message du général de Gaulle quand il est revenu en 1945 et quand il a mené cette bataille pour l'indépendance de la France qui aboutira à la dissuasion française, à l'arme nucléaire. Aujourd'hui, il faut se doter. Par un grand programme d'électrification, il faut se doter de notre indépendance énergétique. 20% de notre électricité... aujourd'hui, n'est pas utilisée et elle est vendue à bas prix. Et par ailleurs, le prix de notre électricité, le prix de votre facture, M. Bourdin, il n'est pas accordé au prix du nucléaire, qui est la source de cette électricité propre. Il est raccordé à la dernière unité de centrale à gaz européenne. Sortons de ce schéma, et ça n'implique pas là de sortir des traités européens, puisqu'il y a un système qui est prévu par la Commission européenne, ça s'appelle le contrat pour différence. Les Espagnols l'ont fait. donc, si nous faisons cela, c'est 180 euros d'économie par ménage pour chaque foyer. Dominique de Villepin, lorsque j'ai posé mes questions à ma communauté, une question est revenue que j'ai demandé à ma communauté de vous poser des questions. Une question est revenue sur cette fameuse privatisation des autoroutes. Est-ce que vous regrettez ? Monsieur Bourdin, vous avez longtemps travaillé sur ces questions au quotidien. vous savez qu'il n'y a jamais eu de privatisation. Oui, c'est vrai. J'oublie le mot. Vous savez, le malheur du monde, c'est de mal nommer les choses. De concession vendue. Non, pas vendu, enfin de concessions concédées à des entreprises privées qui devaient être concédées jusqu'à 28 ou 29. Malheureusement, ça a été prolongé par le pouvoir socialiste. Et aujourd'hui, les premières concessions... voilà. Donc première idée, qu'est-ce qu'on va faire ? Moi, je suis pour qu'on revienne. oublie le système des concessions qui a trahi la confiance qui était la mienne et qui était celle de beaucoup de nos compatriotes. Trahi les cahiers des charges pour des tas de raisons juridiques, n'ont pas pu être renégociés quand en 2005-2006, nous avons pris la décision. Vous regrettez cette décision ? Bien sûr que je la regrette parce que j'aurais souhaité pouvoir poser un certain nombre de verrous. Et en particulier, il y en a un qui n'a pas été posé, qui était celui des taux d'intérêt. À l'époque, les taux d'intérêt étaient élevés. Et tout à coup, avec la crise financière, les taux d'intérêt sont devenus quasiment négatifs. C'est dire que les sociétés constitutionnaires ont eu un avantage absolument colossal dans cette période. Et c'est pour cela que 1. Oui, nous aurions dû prévoir. Je n'ai fait moi que prolonger. les décisions qui avaient été prises depuis Lionel Jospin et qui ne me laissaient pas de marge de manœuvre, puisque je n'avais pas moyen de faire fonctionner les autoroutiers, pas de cagnotte pour faire les investissements qui auraient permis à la fois d'avoir des bornes électriques, etc. Donc j'ai dû aller jusqu'au bout de ce processus. Je regrette. d'avoir dû le faire sans pouvoir engager cette renégociation. Et aujourd'hui, il faut revenir sur ce schéma pour aller vers la régie directe. Ce qui permettra, puisque nous allons hériter à partir de 31, d dans une forme... Nous avons les meilleures autoroutes d'Europe, pour ne pas dire du monde. Donc, dans ce contexte, on récupère les autoroutes, bien évidemment, au service de l'ocopatriote. Ça ne veut pas dire pour autant que nous allons encourager l'énergie fossile. Il faudra faire en sorte que la prime soit à l'électrique et pas à l'énergie fossile, une fois de plus. L'énergie fossile, c'est véritablement l'attache au pied qui nous empêche d'avancer. Nous sommes... Tenu par cette dépendance, il faut s'en libérer. Dominique de Villepin, vous avez parlé, vous parlez souvent de vos enfants. Vous dites, c'est peut-être ce que j'ai fait de mieux dans ma vie. C'est sûr. C'est sûr ? Vous savez, quand on a la chance d'avoir des enfants qui sont mieux que vous, on ne peut que se réjouir en se levant le matin. Deux dans la culture, ça doit vous réjouir. Absolument. Deux dans la culture et une autre dans la tech, la finance. Mais très attachée à la chose culturelle. Donc la culture, oui, chacun en a hérité, chacun l'a développé. C'est vraiment ce que vous avez fait de mieux. Oui, absolument. Vous êtes fier. Vous êtes un père fier. Bien qu'ayant 72 ans, je peux dire que la moitié de ma vie... J'ai bénéficié de l'éducation reçue de la part de mes enfants. Vous savez, on imagine... L'éducation de vos enfants ? Bien évidemment. Qu'est-ce qu'ils vous ont appris ? Mes goûts musicaux, mes goûts en peinture sont... très largement le fruit de ce que mes enfants m'ont fait découvrir. Vous savez, j'ai fait une playlist cet été sur mon site. Certains ont été surpris de découvrir Franco Chen, PJ Harvey. Mais j'ai une fille qui a été longtemps musicienne avant d'être artiste. Et tous ces goûts musicaux, ils ont été partagés à la maison. Et au quotidien, c'était la remise en compte. Vous avez découvert tout ça ? J'ai découvert tout ça. J'ai aimé tout ça. Et j'ai aimé l'apprendre de mes enfants. L'idée que vos enfants sont emboutables et soient gentils et tais-toi, c'est absurde. Vous avez été élevé comme ça Non, pas du tout. Et c'est la chance que j'ai eue. Moi, j'étais depuis... Né à Rabat, je le rappelle. Né à Rabat, grandi en Amérique latine, ayant vécu aux États-Unis. Depuis tout petit, mon père avait posé comme règle... Les enfants sont à table, y compris quand il y a des invités, et y compris quand il y a des invités de marque. Mon père était à tête d'une grande société en Amérique latine, il était président de l'Union des Français, il a reçu le général de Gaulle en 1964. Quel que soit l'invité, on était à table. Et on écoutait, on posait des questions, et on s'enrichissait de ce partage. On n'a jamais été considéré comme une variable d'ajustement qui n'avait qu'une vocation, c'est d'être en bout de table. -ce que vous les avez consultés lorsque vous êtes revenus en politique ? Vous êtes réintéressés de près à la politique française leur ai bien sûr demandé leur avis. Et qu'est-ce qu'ils vous ont dit ? Bien sûr demander leur avis. Alors de ce point de vue-là, ils sont très respectueux des goûts de leur père et des engagements de leur père. Et ils sont tous les trois passionnés par la France et donc convaincus que le combat pour la France vaut la peine d'être mené. Ils épousent votre combat. Pas forcément sur tout. Ils votent comme vous ? Pas forcément. Non, pas forcément sur tout. Ils ont leurs propres engagements et leurs propres goûts. Mais ils ont une passion pour la France. Et ça, c'est quelque chose qui doit nous rassembler. C'est pour ça que dans mon combat politique, et c'est ce que j'ai voulu apporter en revenant, ce n'est pas un combat partisan. Moi, je souhaite rassembler tous ceux qui souhaitent avancer. C'est pour cela que j'ai eu le plaisir d'échanger avec quelqu'un comme François Ruffin. Nous sommes différents sur la scène politique. Mais je crois qu'on a... a la capacité de s'entendre sur un certain nombre de sujets. Vous voyez, certains de nos compatriotes se sont dit « Ah mais Villepin, on ne comprend pas, il va à la fête de l'Huma ». 'est bizarre. Villepin va à la fête de l'Huma. Ce qu'ils oublient, c'est que l'année d'avant... Non, ils disent deux Villepins. Ils disent deux Villepins va à la fête de l'Huma. Deux Villepins va à la fête de l'Huma. Ce qu'ils oublient, c'est que l'année d'avant, l'invité de la fête de l'Huma, c'était Édouard Philippe. La seule différence entre Édouard Philippe et moi, c'est qu'il y en a un qui a été applaudi et pas l'autre. C'est ça, la seule différence. Ça, c'est beau, ça. C'est une belle formule. Donc la question n'est pas d'aller ou de ne pas aller. Et pourquoi vous avez été applaudi et pas lui ? Ça, c'est pas à moi de le dire. Mais le vrai sujet, le vrai sujet, c'est que nous devons... Nous, Français, être capables de nous rassembler, quelles que soient nos différences. Moi, j'ai été très marqué par le Conseil national de la résistance. 1943, on est au cœur de la guerre. Dieu sait si on le sait, les guerres avivent encore un peu plus les tensions et les différences. J'ai vu les deux films sur De Gaulle. J'ai vu les deux films. Vous savez, c'est un ancien collaborateur qui a fait le film. Donc, de ce point de vue-là, j'avais beaucoup de raisons d'y aller. Mais 1943, vous avez autour de la table, vous avez à la fois des partis politiques, vous avez des syndicats. Et vous avez des résistants. Qui fait le grand sacrifice à ce moment-là sont les résistants. Les résistants, ils auraient eu toutes les raisons de dire, les partis politiques, dehors, les syndicats, de prendre le pouvoir. C'est eux qui ont payé le prix. C'est eux qui se sont effacés. Et certains d'entre eux, dont Jean Moulin, n'étaient pas au rendez-vous de la victoire parce qu'ils avaient laissé leur vie en chemin. ne doit pas. Mégoter quand il s'agit de la France. Quel que soit le coût, quel que soit le prix à payer, on n'est pas là dans une logique d'intérêt. Et c'est pour cela que moi, d'abord, à la Jouget, j'ai le goût de transmettre. J'ai enseigné toute ma vie. Et c'est peut-être le plus grand bonheur que j'ai eu, c'est d'ouvrir à de nouvelles générations le goût de la chose internationale, le goût de la culture, le goût de l'art. Mais non seulement il faut être capable de transmettre, mais il faut être capable de se situer. à l'avant du combat. Vous savez, dans les tranchées, il fallait sortir de la tranchée, au coup de sifflet. Et qui c'est qui était en haut pour donner le signal ? Eh bien, le sous-lieutenant ou le lieutenant pour donner l'exemple. Et ça, je pense que ça doit marquer les esprits. Quand on a la chance d'avoir fait des études, quand on a la chance d'avoir été favorisé par la vie, on donne l'exemple. Et c'est pour cela que je dis à ceux qui s'inquiètent de ce que je pourrais, à un moment donné, reprendre telle et telle idée de gauche. Je leur dis... Vous avez été favorisé par la vie, vous êtes mieux placé que d'autres. Notre pays souffre, notre pays connaît d'immenses difficultés. Donnez l'exemple. Et évidemment, il ne s'agit pas de renier sur la possibilité d'encourager la capacité de notre pays à produire. Il ne s'agit pas de tuer toute capacité productive. C'est pour cela que j'ai décidé de supprimer les impôts de production. Les impôts de production, c'est une entrave gratuite au fonctionnement des entreprises. On les supprime. Par contre, quand il s'agit de faire baisser nos déficits, de faire baisser notre dette, que nous demandions d'abord à ceux qui sont les plus aisés de faire un effort significatif, sachant que tous les Français devront y participer. 'ISF, un effort sur l'impôt sur les sucessions, les efforts sur les niches fiscales. Pourquoi ? Parce que j'entends chaque fois que l'État puisse apporter un avantage... Il puisse, dès lors qu'il s'agit de ceux qui ont la capacité de le faire, qu'il y ait des conditions. Vous voyez, on a un grand rapport du Sénat à chiffrer à plus de 200 milliards les aides aux entreprises. C'est vraisemblablement moins que 200 milliards, peut-être 100, 120. minimum de conditionnalité. Conditionnalité sur l'emploi, conditionnalité sur le dialogue social. Nous sommes dans un pays... Oui, dans CZ, il y a les baisses sociales accordées aux heures supplémentaires. Absolument. Il y a toutes sortes de dispositifs. Mais la moindre des choses,
c
'est que l'on soit exigeant. Vous voyez la difficulté de la politique de l'oeuvre qui a été menée depuis 10 ans. Et c'est quelque chose que j'ai dit à Bruno Le Maire très très tôt. Bruno Le Maire, vous le connaissez bien. Je vais y revenir. Eh bien, la première chose qu'il fallait constater, c'est des rendez-vous. Et constater que cette politique de l'œuf ne donnait pas les résultats. Quand vous prenez le risque en arrivant de baisser les APL, de supprimer l'impôt sur la fortune, vous ne pouvez pas dire à nos compatriotes « Dans l'éternité, la politique du ruissellement un jour fera que vous aurez les mains pleines et la bouche parfumée ». Ça ne marche pas comme ça. Il faut à un moment donné que ceux qui sont les premiers... à payer, les premiers à faire l'effort, puissent voir les résultats d'une politique. Ce qui tue la politique, c'est l'absence de résultats. Vous voyez ? Et c'est pour cela... que je reviens, je ne serais jamais revenu si en 2007, je n'avais pas laissé une France en bien meilleur état que je ne l'y trouvais. Donc la logique de résultat, c'est l'honneur de la politique. Dominique de Villepa, est-ce que les deux quinquennats d'Emmanuel Macron étaient une catastrophe pour la France Alors je... Bien que passionné, je me méfie des formules définitives. D'abord parce que Macron a apporté quelque chose. que nous devons souligner et vis-à-vis de laquelle nous devons marquer notre reconnaissance. Il a eu une intuition gaulliste, qui est l'idée que l'autonomie stratégique de la France et de l'Europe, la défense de la souveraineté de la France et de l'Europe, étaient des thèmes essentiels, existentiels, pour aujourd'hui et pour demain. Et il avait raison. Il avait raison. Nous voyons aujourd'hui que c'est la France qui est porteuse de cette idée neuve. Et nous voyons que toutes les années où nous avons vu cette Europe se coucher derrière les États-Unis et derrière les nouveaux empires sont des années gâchées parce qu'elles nous conduisent à la servitude. De ce point de vue-là, nous pouvons exprimer notre reconnaissance à Emmanuel Macron. Il a eu le courage aussi de reprendre l'effort indispensable en matière d'industrie militaire, beaucoup. Reste à faire parce que défendre un objectif de dépense militaire, c'est une chose. Vérifier que cette dépense est bien dépensée, que ce sont les bons programmes d'armement. Et c'est pour ça que je pense qu'il faut maintenant aller plus loin, avoir un conseil de sécurité européen avec les cinq États les plus puissants d'Europe qui puissent choisir. Les programmes stratégiques où nous allons faire cet effort essentiel, aujourd'hui où on voit la Russie venir en permanence nous chatouiller les orteils, voire un peu plus avec des véritables menaces pour nos intérêts, suppose que nous ayons en permanence la capacité de répondre. Et ce que je dis en matière de dépenses militaires est également vrai en matière technologique et particulièrement d'intelligence artificielle. J'insiste sur l'intelligence artificielle. Parce que l'intelligence artificielle, c'est une bataille qui peut nous laisser sur le carreau. Si nous ne nous dotons pas avec les autres pays européens, c'est pour ça que je suis pour un consortium public-privé. Et donc, en grande partie, une nationalisation de cette intelligence artificielle, car il faudra dépenser des centaines de milliards. On voit aux États-Unis qu'il s'agit... d'entreprises privées, mais des entreprises privées qui manient quelque chose d'aussi dangereux que l'équivalent du nucléaire, moi, ça me fait peur. Donc je suis pour que les États prennent toute la responsabilité avec les entreprises, bien sûr. Mais pour être capable de lever des sommes considérables et que l'on soit présent dans le secteur des puces. Dans le secteur d'un cloud, du cloud souverain, quand vous pensez aujourd'hui que nous n'avons pas de cloud souverain et que nous sommes dépendants de Google, d'Amazon pour nos données les plus fondamentales, eh bien nous courons un risque important. Également pour les centres de données, construire des data centers comme on le voit à travers Choose France, c'est très bien, mais posons nos conditions, faisons en sorte que ces data centers qui viennent de partout dans le monde pour profiter des prix... bas de notre électricité décarbonée, se fasse au bénéfice de données qui restent en France, qui soient sécurisées et qu'il y ait un prix très avantageux pour les entreprises françaises et européennes. Donc vous voyez bien qu'il faut tout repenser. Et le point que je veux souligner, Jean-Jacques Bourdin, je ne veux pas vous assaillir de chiffres ni de données, mais c'est que vous voyez bien que toutes ces batailles sont liées. La bataille que nous menons sur l'intelligence artificielle, elle est liée au fonds souverain. Sans fonds souverain, pas de bataille de l'intelligence artificielle. Sans conseil de sécurité européen, pas de capacité à avoir le niveau qui nous permettra de livrer bataille avec les Américains. Les Américains ont un système qui est un système dit propriétaire d'intelligence artificielle où ils maîtrisent et contrôlent complètement leur modèle. Chinois ont un autre modèle qui est celui de l'open source, qui est un modèle ouvert. Nous... Allons vers un système à poids partagé, original, adapté à la situation de l'Europe qui nous permettra de nous affirmer dans ce domaine. Si nous ratons la marche de l'intelligence artificielle, écoutez, nous serons désormais les vassaux de grands empires. Et ce n'est pas du tout la vie auquel j'aspire, ni pour moi, ni pour les petites Françaises et Français. Dominique de Villepin, vous confiez peu. C'est vrai ? Et pourtant je parle beaucoup. Non, vous parlez, oui, vous parlez beaucoup. Mais vous confiez peu. Pourquoi ? C'est une pudeur, c'est une... C'est quoi ? La vie vous façonne. Moi, j'ai grandi à travers des épreuves et la solitude. Des épreuves familiales, des épreuves politiques, des épreuves professionnelles. Et la vie m'a conduit à être capable d'avancer avec une conviction. Et c'est vrai que je ne me confie pas facilement. – Des épreuves politiques ? – Des épreuves politiques ? – Quelle est l'épreuve politique que vous avez subie ? Quel est le moment où finalement vous avez été déçu ? Déception, pas déçu ? – Pas déçu, pas déçu, mais je suis rentré en politique. – Une épreuve ? Je suis rentré en politique au début des années 80, même à la fin des années 70 avec Jacques Chirac. Je me suis engagé très tôt et j'ai fait partie, j'appartiens à une promotion qui a choisi le service de l'État, mais aussi l'engagement politique avec quelques autres, François Hollande, Ségolène Royal, Frédéric Brodin, Renaud de Dieu de Vabre. Et ce choix-là fait que j'ai voulu... à la fois servir cet État longtemps et en même temps défendre les conditions qui étaient les miennes de gaullistes. Et quand... Étant Premier ministre, j'ai dû affronter la calomnie, la rumeur. Et vous savez qu'on ne se débarrasse jamais. Vous saviez d'où venait la calomnie ? Peu importe. Je ne cherche pas aujourd'hui à marquer des responsabilités. Vous connaissez vos ennemis. Vous connaissiez vos ennemis. Oui, mais je ne les qualifie pas comme ça. Pour une raison très simple, c'est qu'eux-mêmes ont pu également se sentir visés. Donc je ne suis pas aveugle. Ils ont pu se sentir visés. Vous avez rendu les coups. Vous avez rendu les coups. Non, je n'ai pas rendu les coups, mais il était facile d'imaginer que je puisse être le bouc émissaire de tout cela. C'est souvent une règle politique. Le bouc émissaire, il porte avec lui tous les malheurs du monde. Mais oui, vous étiez grand, beau, vous sortiez de l'eau en courant. Oui, mais le conformisme de la politique française fait que beaucoup, beaucoup et parfois moins talentueux que les ennemis dont vous parlez, répercutent. cette attitude. Et donc, vous vous retrouvez seul. Vous vous êtes retrouvé seul en politique. Oui, mais une fois de plus, j'ai été formé à la solitude. Donc, ce n'est pas quelque chose qui m'a gêné. Mais je n'ai jamais admis, je n'ai jamais admis que la rumeur puisse tenir de règles. Et j'estime que dans la vie, la moindre des choses, il arrive qu'on puisse se tromper, il arrive qu'on puisse s'égarer. Mais il faut reconnaître ses erreurs. Et ça, j'estime que dans le chemin d'un responsable politique… – Sur les autoroutes, vous l'avez reconnu. – Absolument, et sur beaucoup d'autres choses. Sur les CPE, je l'ai reconnu également. Sur l'ensemble des… – Bien que le CPE n'était… Pas une si mauvaise idée. Je suis content que vous le disiez, mais ce n'est pas moi qui vais aujourd'hui vous dire que j'ai commis une erreur en n'accordant pas suffisamment d'importance à la négociation. Pourquoi je ne l'ai pas fait ? Parce que nous étions à la fin du deuxième quinquennat de Jacques Chirac, que je disposais peu de temps et surtout que je sortais de la crise des banlieues. J'ai été très marqué par la crise des banlieues. la souffrance qui s'est exprimée dans ces quartiers, par le sentiment qu'il y avait d'être relégué et que j'ai voulu y répondre. Et pour y répondre, j'ai inventé le contrat premier embauche qui permettait à des jeunes qui étaient tenus en marge de l'emploi, à qui on ne proposait rien, ni stage, ni évidemment emploi, mais ça supposait une certaine durée dans le temps pour permettre aux chefs d'entreprise de mieux les connaître et de mieux les adopter. J'ai imaginé que ce système-là serait le marche-pied qui leur permettrait de rentrer dans l'emploi. Ça a été mal compris. Les syndicats à qui j'avais demandé à l'époque de me proposer une alternative à ce que je proposais moi-même, conscient que ça allait froisser un certain nombre de gens, n'ont pas été en mesure de me proposer quoi que ce soit. Et le résultat, c'est qu'aujourd'hui, nous nous retrouvons exactement dans la situation de l'époque sans avoir fait de progrès. – Les syndicats et les politiques qui ont fait pour vous faire échouer, vous en convenez. Et même dans votre camp. Ne remuons pas forcément. Même dans votre camp. Oui, bien sûr. À commencer par mon propre camp. Nicolas Sarkozy. Oui, il est clair que Nicolas Sarkozy n'a pas soutenu. Clairement. En tout cas, officiellement. Je ne sais pas s'il l'a avoué, d'ailleurs, qu'il n'avait pas soutenu. Chaque chose en son temps. Chaque chose en son temps. Chaque chose en son temps. Vous reprendriez cette idée ? Non, et c'est pour cela que je veux constitutionnaliser la négociation sociale, que je veux que la démocratie sociale permette à ses acteurs de prendre leurs responsabilités. Vous savez, plus on aura 'acteurs de la vie française engagés, chefs d'entreprise, syndicats. Moi, je souhaiterais qu'on puisse encourager la syndicalisation et je souhaiterais trouver le moyen. On ne peut pas obliger les gens à se syndicaliser, mais j'aimerais que les syndicats puissent être encore nous. Je veux davantage être représentatif de leur entreprise. D'abord parce que je veux mettre en place la participation. Et pas seulement aux bénéfices, mais à la décision. Dominique de Villepin, il représente 10% des salariés. Et c'est pour cela qu'il faut aller beaucoup plus loin. Et je comprends que certains salariés puissent se dire, nous on fait notre boulot, puis après on s'en va et on ne s'occupe pas de tout ça. Oui, mais si on avait un tiers des salariés qui étaient représentés au conseil d'administration et qui participaient à les décisions... Un tiers des salariés dans les conseils d'administration. Absolument. De façon à ce que... les salariés soient partie prenante de la vie et des résultats de l'entreprise. On se plaint parfois de ces dividendes exorbitants de certaines entreprises. Vous savez, toutes ces grandes entreprises, sans le travail des salariés, sans les petites mains qui font de magnifiques sacs de formidables produits, eh bien, ces entreprises ne seraient pas ce qu'elles sont. Et c'est pas vrai qu'elles peuvent délocaliser et aller n'importe où et faire des produits de la même qualité. La marque France... C'est une marque importante et il faut la défendre. Dominique de Villepin, je vais venir à la présidence de la République, à l'élection présidentielle. Mais avant, je voudrais revenir sur 2003. Parce que quand on parle de Dominique de Villepin, quand on évoque Dominique de Villepin, on pense évidemment aux Nations unies. On pense à ce discours de 2003. a écrit le discours ? C'est vous ? Bien sûr. Vous avez écrit le discours. Avant, j'imagine, de monter à la tribune, vous l'avez montré à Jacques Chirac. Bien sûr. J'ai la veille... Racontez-nous la veille. Je suis parti en Concorde le matin 14 février. La veille, j'ai rencontré Jacques Chirac à l'Élysée. Je lui ai soumis le discours. Et comme souvent... avec moi, je travaille les discours jusqu'au dernier moment. Et donc le soir, j'ai commencé à retravailler ce discours, constatant une chose importante. C'était un bon discours diplomatique, celui que j'avais présenté à Jacques Chirac, qui n'a d'ailleurs pas fait une correction, pas une virgule. Et vous savez à quel point Jacques Chirac était méticuleux. La relecture de discours avec Jacques Chirac, c'est une aventure. Rien n'avait été touché. Pourquoi ? Il a noté ? Il a noté ? Il avait l'habitude de travailler ses discours, mais au détail près. n'y a pas eu de commentaire de la part du président. Mais dans l'après-midi, je me suis posé une question. Ce discours est un très bon discours diplomatique. En tout cas, ça disait ce que nous devions dire comme France au monde. il ne s'agissait pas seulement de dire un discours diplomatique. Il s'agissait de s'adresser au peuple du monde. de faire bouger quelque chose dans la conscience de ceux qui préparaient cette intervention, qui était déjà très largement engagée, les Américains, les Britanniques. 2003, en Irak, je rappelle, pour ceux qui ne sauraient pas, aller d'ailleurs revivre ce discours, parce qu'il est formidable. Et donc je me suis dit, les arguments diplomatiques c'est une chose, mais ce n'est pas suffisant. Et ce discours, 'est souvent la préoccupation d'un auteur, ce discours, il faut l'ancrer dans quelque chose. J'aurais pu l'ancrer dans un « on » français, qui soit la matrice historique de notre pays. Mais j'ai pensé qu'il serait plus fort si je l'ancrais dans un « je » qui est ma propre expérience, sans me mettre en avant. Et ce discours donc, il est nourri, et c'est tout le sens de la deuxième partie, il est nourri d'une expérience personnelle, intime. J'habite un village, ma famille habite un village en limousin à quelques kilomètres de Radour-sur-Glane. Et la deuxième guerre mondiale a été vécue dans toutes ces tragédies, dans ce village et ailleurs. Et j'ai voulu puiser dans ce qui avait fait cette amitié franco-américaine, ce qui avait fait l'épreuve pour l'Europe de la tragédie, de la barbarie. et de ce devoir que nous avions en commun. Et c'est là où je me suis dit qu'en enracinant dans le particulier ce discours, je lui donnais plus de force universelle. Et c'est pour cela que je suis attaché à l'universel français, à ce que chaque citoyen de France se dise dans ma vie, dans ma terre, dans mon village. Il y a quelque chose qui parle au monde. Et ce quelque chose qui parle au monde, évidemment, ça passe par des mots qu'il faut choisir. Chaque village de France parlait au monde ce jour-là. Et moi, je n'étais ce jour-là que le porte-voix. Et j'ai associé, bien sûr, toute l'expérience européenne, qui est une expérience partagée. Je le dis souvent, l'Europe, est fondée sur un fondement culturel unique au monde. Quelle insatisfaction créatrice. Ce discours, il ne parle d'aucune forme de supériorité, d'antériorité. Nous ne sommes pas les dépositaires d'une quelconque vérité. Nous n'avons pas de certitude absolue à transmettre au monde. Nous avons une insatisfaction créatrice. Nous avons souffert, nous avons commis des erreurs, nous les reconnaissons et nous souhaitons faire mieux pour le monde. Et c'est cette insatisfaction créatrice qui était d'ailleurs au cœur du livre que j'avais écrit avec Georges Semprin, qui, à Buchenwald, était avec son ami Maurice Halvax, qui est l'homme de la mémoire collective. Maurice Halvax était mourant. Et à ce moment-là, Georges Semprin prend la main de Maurice Halvax. Et par le bout des doigts, Maurice Halvax qui ne peut plus parler. A chaque vers du poème de Baudelaire que récite Georges Champrin, la mort des pauvres, il sent la pulsation du sang au bout des doigts de Maurice Halvax battre dans sa paume. Ça, c'est l'Europe. Ça, c'est la capacité à transmettre ce que nous avons de plus cher et de plus profond. Et bien ce discours, il a puisé là. Vous prenez le Concorde. Vous arrivez à New York. Je retouche le discours dans le Concorde que je dicte à mes collaborateurs qui sont là. Et en arrivant, je suis inquiet. 'abord parce que je demande immédiatement à ce que ce discours soit transmis à Jacques Chirac. Parce que quand vous ajoutez quelque chose d'aussi personnel et nouveau qui n'est pas de l'ordre de la diplomatie traditionnelle, vous vous dites que va penser le chef de l'État. Et je m'interroge en permanence, y compris sur des choses simples. Quand je parle de vieux pays, je me pose la question. Est-ce que je ne vais pas inutilement titiller États-Unis et en particulier le secrétaire à la Défense américain et le vice-président américain qui s'en était pris à ce vieux pays en se moquant de nous ? Je ne veux aucune. Dimension personnelle, aucun règlement de compte. Et donc, je m'interroge sur moi-même. Mais j'ai passé ma vie dans cette inquiétude vis-à-vis de moi-même de trouver le mot juste, de trouver le geste juste. Vous doutez de vous ? Je m'inquiète. Je m'inquiète. Je doute. Je doute d'avoir le mot juste et la parole juste. Et je ne suis jamais content de ce que je dis. Et je pense qu'on peut toujours faire mieux. Et c'est pour cela que j'écoute très fortement les critiques qui me sont adressées, que j'essaie d'en tirer parti et d'en tirer le son. donc, vous êtes inquiet, Jacques Chirac vous donne son aval, visiblement. Vous dormez bien la veille ? Mais je dors mal, comme d'habitude. Ah bon ? Parce que vous dormez mal ? Mal, oui. Ah bon ? Bon, d'accord. Bon, mais... Vous êtes à la tribune. Vous montez à la tribune. Personne n'est prévenu de la teneur du discours à part vos collaborateurs et l'Élysée. On ne diffuse pas le discours avant. Je suis très frappé quand j'arrive dans l'enceinte des Nations unies par le caractère exceptionnel du moment. Je n'ai jamais vu autant de caméras de ma vie. C'est un mur de caméras et de crépitements. Et d'une violence inouïe. La presse américaine est déchaînée, agressive, comme elle l'est dans ces moments-là, quand elle a le sentiment qu'on attaque et qu'on critique l'Amérique. puis, les caméras s'éteignent, les flashs arrêtent de crépiter. Et là... Je deviens à ce moment-là mon discours. C'est-à-dire que là, l'inquiétude disparaît. Plus de stress ? Aucun stress. Enfin, aucun stress. Vous êtes à la tribune des Nations Unies. Vous connaissez la formule sur le stress. Le stress, ça vient avec le talent. Aucun stress. Aucune manifestation de stress à ce moment-là. Je suis dans mon discours. C'est les mots que je dois prononcer. C'est les mots de la France. Ils ne m'appartiennent pas. je suis le dépositaire de cette parole. je dois l'habiter. Et à ce moment-là, ce qui me frappe... C'est l'incroyable silence qui se fait dans la salle et qui s'accroît au fur et à mesure. Et le plus curieux, je vous livre un petit secret. Colin Powell était à ma droite, ronde, ovale,
et
donc je ne le voyais pas. Et pourtant, j'avais l'impression qu'il était en face de moi. Je pouvais décrypter son visage de plus en plus livide à mesure que le discours avançait. Et je voulais que cette parole soit sans aucune animosité. Je voulais qu'elle ne soit que cette volonté d'avancer une proposition pour les États-Unis et pour le monde. Je sentais qu'il était dérouté. Vous savez, quand vous offrez à un adversaire politique ou diplomatique, quand vous offrez une prise... est l'agressivité, la volonté de revanche. Vous jouez le jeu qui l'attend de vous. C'est un jeu de rôle. Mais quand il n'y a rien de tout cela. Alors vous n'offrez pas de prise. Et donc le discours pouvait peser de tout son poids sans être rejeté d'emblée comme étant superfétatoire. Alors j'ai deux questions. Après, vous avez senti la salle. Vous avez senti... On sent la salle quand on prononce un discours devant. Vous avez senti les réactions. Vous avez senti celle de Colin Powell, mais... Des autres ? Non, la première que j'ai sentie, c'est celle de Kofi Annan. Colin Powell, Dominique de Villepin, qui était secrétaire d'État à l'époque, donc ministre des Affaires étrangères des États-Unis. Et Kofi Annan, qui était ? Le secrétaire général de l'ONU, bien sûr. Kofi Annan s'est penché, il était pas très loin de moi, et il me dit merci. Et il me dit, tu sais, ça n'est jamais arrivé au conseil de sécurité en écoutant les applaudissements qui s'exprimaient. Et ensuite, vous avez senti que 'était un événement au sens large. Avec un grand E, un gros événement. Mais avec déjà ce sentiment que ça ne suffirait pas pour renverser la décision américaine. Est-ce que vous saviez, j'ai une question à vous poser qui est importante, est-ce que vous saviez que les allégations américaines la situation en Irak et sur les accusations portées contre Saddam Hussein, est-ce que vous pensez que ces allégations, vous saviez que ces allégations étaient fausses ? Oui, nous savions qu'elles ne reposaient sur rien et plus nous avons été dans l'évolution des inspections, les services secrets français et les allégations britanniques et américaines dont nous savions par exemple concernant l'uranium du Niger, qu'elles étaient mensongères. J'ai reçu des rapports des Britanniques qui étaient manifestement faux. J'ai reçu des experts français dont je savais qu'ils étaient téléguidés par les Américains qui étaient faux. qui me présentaient des arguments faux. Donc très vite, on a vu que les Américains, parce qu'ils n'arrivaient pas à convaincre, prenaient des risques, ainsi que les Britanniques, prenaient des risques et mentaient délibérément. Ça, lorsque vous êtes arrivé à la tribune de l'ONU, vous saviez que les Américains mentaient. Oui, mais j'avais eu l'occasion de le dire dès le 5 février, dans la fameuse réunion des preuves, quand Colin Powell a utilisé la petite fiole d'entraxe présumée. Nous savions que tout ceci ne tenait pas debout. Les images qui nous ont été montrées et que le diplomate appelle les photocochonnes traditionnelles des services de renseignement. Elle ne disait rien de ce que Colin Powell voulait leur faire dire à l'appui des services de renseignement. Et ce jour-là, j'ai rencontré Colin Powell avec... Et un certain nombre d'informations que je tenais d'autres Européens qui étaient beaucoup plus proches des Américains que nous, et en particulier des pays de l'Est, qui m'avaient dit à quel point ils faisaient l'objet de chantage. C'était vrai de la diplomatie africaine aussi, de membres du Conseil de sécurité, de pays comme le Cameroun, comme l'Angola. Il y avait des pressions inouïes de la part des Américains. Donc je savais que les Américains étaient en train de jouer leur va-tout. Et à un moment donné... Et dans l'entretien que j'ai eu avec Colin Powell ce jour-là, j'ai dit à Colin Powell que je ne pouvais pas admettre que la diplomatie américaine se livre à un chantage, à des pressions sur un certain nombre de pays membres du Conseil de sécurité. Et là, il a eu la tentation de se dresser comme pour réagir vivement et me mettre la main au collet. Et j'ai vu à quel point cet homme était blessé. Cet homme se retrouvait dans un rôle qui n'était pas le sien. Cet homme, c'était un général de l'armée américaine. Malheureusement, en l'occurrence, il obéissait aux ordres, mais il ne pouvait pas ignorer, et il n'ignorait pas à mon sens, que ce qu'on lui faisait dire à tout le moins très fragile. Dominique de Villepin, dans quelques mois, cette élection présidentielle. Où est-ce que vous en êtes ? Vous êtes candidat, vous l'avez dit. Maintenant, il y a des obstacles. Ce que j'ai dit, c'est ma détermination à devenir candidat et à créer toutes les conditions pour pouvoir le faire. Pourquoi sommes dans des circonstances exceptionnelles. des circonstances exceptionnelles, chacun doit jouer son rôle. Je ne peux pas me défiler. Donc il s'agit de s'engager, il s'agit de porter sa part. Ce que je souhaite le faire, c'est dans un esprit de rassemblement avec tous ceux qui partagent aujourd'hui les mêmes objectifs et les mêmes valeurs. Et je souhaite le faire avec une équation politique très simple, la justice sociale est la condition du redressement français. Cette justice sociale ne peut pas aller sans la défense d'un ordre républicain. Aujourd'hui, nous le voyons bien sur le front de la sécurité, sur le front du fonctionnement de la justice, de notre chaîne pénale. Rien ne va plus. Il faut donc restaurer, ramener notre pays à une situation qui puisse véritablement faire vivre notre démocratie. Et puis... Il y a un objectif que nous ne devons pas perdre de vue, c'est celui d'un progrès écologique et économique, car tout cela, ce n'est pas uniquement pour combler les trous, réparer les erreurs, c'est aussi pour faire en sorte que la croissance française, qui est encalminée, aujourd'hui nous sommes à zéro, il s'agit de pouvoir aller vers une croissance à 2%, où tout devient plus facile. Et c'est là où, si nous commençons à réduire notre dette, En étant sérieux, tout devient plus facile. C'est ce qu'ont fait les Espagnols. Mais c'est ce qu'ont fait les Espagnols et d'autres États. Et à partir de là, on peut investir et on peut convaincre nos pays, nos amis européens de la nécessité de mutualiser des emprunts. Parce que je l'ai dit, c'est par centaines de milliards d'investissements que nous devons agir pour pouvoir engager l'effort de la transition de l'intelligence artificielle ou de l'écologie. Donc vous vous engagez. 'est clair. Vous êtes en train d'essayer de réunir les conditions vous permettant d'être candidat à l'élection présidentielle. Parmi les conditions, il y a les signatures. Absolument. Les 500 signatures d'ailleurs qui vont être... – Difficile à réunir. – C'est difficile pour tout le monde. – Pour tout le monde. – Sauf pour le président de l'association des maires, ce qui est une situation curieuse, avouez-le. Trôle de situation. – David Lysnard. – Quand vous êtes président de l'association des maires, que vous puissiez bénéficier sur un claquement de doigts de 500 signatures, c'est quelque chose qui ne manque pas d'étonner dans un pays démocratique. – C'est injuste. C'est plus qu'injuste. C'est une situation qui, honnêtement, d'inégalité devant l'élection. Il y a un avantage tout à fait considérable. Est-ce que le président de l'association des maires a vocation à devenir candidat à l'élection présidentielle ? Ça pose un vrai problème démocratique. Il n'est pas la même ligne de départ que tous les autres. Je n'irai pas jusqu'à dire que c'est un conflit d'intérêts, mais ça interpelle. Oui, presque. Vous le pensez. J'estime qu'il y a un problème. De la même façon, quand j'entends le Premier ministre dire qu'il n'est pas normal que les grands partis politiques français ne puissent pas bénéficier de soutien financier des banques, oui, aujourd'hui, toutes les banques sont frileuses. Tous les élus sont frileux. Un mot pourquoi ? Ils sont frileux, les élus, parce qu'ils sont... pris dans une cascade de dépendance avec les intercommunalités, avec le jeu des différentes collectivités. Et qu'évidemment, ils craignent, quand ils sont par exemple dans une petite commune, que le rang supérieur de l'intercommunalité puisse leur dire « Ah ben non, tu as donné une signature à un tel, de crédit, représailles ». Donc ça ne va pas. En matière financière, les banques n'ont aucune envie d'être associées ni au Rassemblement national, ni à la France insoumise, ni à quelque autre parti politique. Donc la démocratie a du mal. Et c'est pour cela que l'idée de François Bayrou était une bonne idée de banque, de la démocratie. Et je pense qu'il faut revoir en profondeur ces règles de façon à ce que l'égalité devant l'élection puisse être satisfaite. Dominique de Villepin, vous en êtes à combien ? — De signature, de promesse, parce qu'il n'y a pas de signature encore. — Non, pas encore avant le début de l'année prochaine. Et c'est les maires qui, aujourd'hui, déposent directement ces signatures. Donc vous n'êtes jamais sûr de rien, en quelque sorte. Mais nous sommes en train de passer le cap des 300. C'est-à-dire que si nous voulons avoir la... – Certitude de pouvoir être candidat, il faut non seulement aller à 500. – Vous lancez un appel, là ? – Mais il faut aller au-delà. – Vous lancez un appel ? – Bien sûr, je lance un appel à tous ceux qui veulent faire vivre la démocratie. Eh bien, jouez votre rôle de responsable et de citoyen. La démocratie, c'est quelque chose de vivant. Et ça nous appartient à tous. C'est un bien commun pour notre pays. – Alors il y a les signatures et il y a l'argent. Vous parliez des banques. Alors il y a l'argent, les banques, mais aussi les particuliers. Vous savez, la distance prise par beaucoup de nos concitoyens vis-à-vis du jeu politique, par lassitude, par sentiment de déception, est immense. donc aujourd'hui, l'idée d'aller donner à un candidat l'élection présidentielle, écoutez, on verra bien, c'est dire deux choses. La première, c'est qu'il y a de la défiance considérable qui s'est installée dans notre pays vis-à-vis du jeu démocratique. La deuxième, c'est de dire que un certain nombre de nos compatriotes, et c'est très sensible chez les élites, ne mesurent pas les conséquences de ce qui va se passer en mai prochain. Ils croient qu'ils s'en tireront, ils croient que c'est pas très grave et qu'on fera avec. Et que la réalité s'imposera, quel que soit le pouvoir en place. Ils n'ont pas beaucoup voyagé et ils n'ont pas beaucoup le sens de l'histoire. Je le redis. y a une règle absolue en matière historique qui est celle des seuils. Et il y a une règle absolue aussi, c'est que quand vous franchissez un certain nombre de seuils, à un moment donné, vous franchissez la limite. Et cette limite, une fois de plus, et c'est pour cela que je ne mets pas en doute ni la bonne volonté de Mme Le Pen, ni celle de M. Jordan Bardella, et certainement pas celle de Jean-Luc Mélenchon, même si les ambiguïtés dont il a fait preuve sur un certain nombre de sujets posent problème. pose problème. Parce que dans la démocratie, il faut y compris être responsable des ambiguïtés que l'on crée. Et quand on s'amuse avec des consonances de non-juifs, quand on soutient des mouvements qui ont eu des responsabilités dans la violence dans notre pays, eh bien on se rapproche d'une ligne dangereuse. Et l'ambiguïté en politique, c'est la mère de beaucoup. de beaucoup de déviances et de beaucoup de malheurs. Donc là aussi, inquiétude. Chaque fois que l'on fait quelque chose, voir l'effet que cela produit et essayer d'en tirer les leçons. Les derniers sondages montrent Marine Le Pen en tête et Jean-Luc Mélenchon en deuxième position. Ça vous étonne ? Non. Ça, c'est la partie qui est écrite. Et la partie qui va s'ouvrir, qui est celle qui commence maintenant jusqu'à Noël, c'est celle où vous allez voir tout le bloc central. Et les parties de droite et les parties de gauche effondrées. c'est la logique du système. Ça va s'amplifier. Mais pourquoi ? Vous avez deux extrêmes qui ne sont tenus par rien de réel, qui peuvent jouer avec toutes les propositions, répondre à toutes les demandes, satisfaire toutes les exigences, toutes les promesses, sans limite. C'est ça l'illimitisme. On regarde ce qui se passe aux États-Unis. Monsieur Trump. 'est illimité. La hôte du Père Noël va jusqu'au ciel. Et bien là, c'est pareil. Il n'y a pas de limite. Et donc, tous ceux qui, dans le bloc central, essayent malgré tout de conjuguer à la fois la campagne électorale et le réel se retrouvent en décalage. Et donc, le résultat, ils vont descendre. commence à voir des sondages qui marquent des dégringolades étonnantes. À partir de ce moment-là, qu'est-ce qui va se passer ? Gabriel Attal, les socialistes, M. Glucksmann, M. Hollande. Et qu'est-ce qui va se passer ? À un moment donné, la nature des questions posées, et on connaît le conservatisme des médias, le conservatisme du jeu politique, les questions vont changer. La question va être, mais qui peut battre Marine Le Pen ? Qui peut empêcher M. Mélenchon d'être au deuxième tour avec Mme Le Pen ? Et là, c'est un autre casting. Là, on sort des novices, on sort... Nouveau casting en janvier ? vraisemblablement un peu avant. Et effectivement, une accélération à partir du mois de janvier. Et tableau final, comme en tennis et comme en foot, tableau final vers le mois de février. Donc, laissons passer les plus pressés. Gardons notre calme et notre sang-froid. Travaillons d'arrache-pied pour être prêts. Mais évitons de nous laisser intoxiquer par cette multiplicité de sondages, par tous ces articles et toutes ces déclarations qui n'apportent rien au débat. Par contre... Essayons de nourrir la réflexion des Français sur les fondamentaux. Moi, je ne suis pas indifférent au fait que la culture française disparaisse du jour au lendemain. Elle a pris beaucoup de coups dans les dernières années. Et le fait que cette culture française disparaisse complètement, ça me fait mal. Le fait que la plupart des responsables politiques français dont on parle n'ont aucune idée de la scène internationale, ils ne savent même pas pour certains que cela existe. Aucune contrainte, rien ne les oblige, rien n'y entend. Il faut organiser des grandes conférences internationales pour forcer la Russie à faire la paix et pour forcer l'Iran à ouvrir le détroit d'Hormuz. Ça, ce sont des recettes toutes faites. Mais quand vous êtes à l'Élysée, ça demande un peu plus d'expertise. Vous savez, j'ai accompagné Jacques Chirac dans toute sa marche vers l'Élysée à partir de 1980. Jacques Chirac consacrait plusieurs heures par jour à son information internationale. Il était avide de savoir, avide de connaissances, avide de rencontres. Là, vous avez un certain nombre de candidats qui ont peut-être été au soleil de l'Italie ou au soleil de la Grèce, mais qui ignorent tout des réalités internationales. Se retrouver face à un grand leader du monde qui est madré, qui est formé à la défense des intérêts de son pays, c'est autre chose. C'est le grand bain qui peut tenir le choc. Qui est susceptible d'être capable de décoder, d'anticiper, de faire œuvre utile pour que la diplomatie française reprenne sa tête, reprenne la tête de la diplomatie européenne, remuscle le jeu européen quand on voit sur un certain nombre de dossiers que nous avons littéralement été écartés de la scène avez croisé Vladimir Poutine. Oui, à de nombreuses reprises. Est-ce qu'il va s'arrêter là ? Ou est-ce que le seul discours à tenir face à Poutine, c'est le discours de fermeté ? Le discours de fermeté est indispensable, nécessaire et sans aucune forme d'ambiguïté ou de faiblesse. Et on voit bien que Vladimir Poutine est aujourd'hui confronté à un certain nombre de difficultés intérieures, en dépit des élections législatives. Il a aujourd'hui des résistances et des insatisfactions très profondes dans la société russe. Dans cette société, il va y avoir au cours des prochains mois un certain nombre de chocs importants qui vont avoir lieu. Et en particulier la nouvelle mobilisation que souhaiterait préparer Vladimir Poutine. 300 000, 400 000, 500 000, 600 000 soldats en plus. Il semble reculer pour l'instant, il hésite. Il hésite, voilà. Et c'est pour cela qu'il est obligé. de changer de terrain et de se lancer dans d'autres stratégies. Et parmi ces autres stratégies, il y a l'idée de démultiplier le front ukrainien. De prendre des initiatives sur l'ensemble des autres pays de façon à montrer qu'il en a sous le pied et qu'il a la capacité de déstabiliser d'autres théâtres. citez les Pays-Baltes, vous avez raison. La Pologne qui a été frappée au terminal de chemin de fer, mais aussi d'autres villes européennes, Leipzig. directement visés. Un certain nombre de drones qui avantageusement vont s'égarer ici et là sur le territoire. Un certain nombre d'opérations spéciales qui sont faites dans nos pays. On se rappelle l'opération Main Rouge qui a été faite ici à Paris ou sous la tour Eiffel avec les cercueils qui visent à déstabiliser les opinions publiques. Ce que certains appellent la guerre hybride, que je préfère qualifier moi de conflit hybride. Parce que dès lors qu'il y a guerre hybride, on serait tenté de dire écoutez, tout ça n'a rien d'hybride à partir du moment où on dit et on nomme la Russie. Donc engageons-nous. Non, il faut garder là encore son sang-froid et mesurer que toutes ces initiatives ont pour but de nous faire surréagir pour nous mettre en position de faiblesse et en position d'inquiétude vis-à-vis de la Russie. Je crois qu'il faut être capable d'anticiper ce jeu russe, à la fois par l'unité des Européens, en même temps par une mobilisation extrêmement grande et la diversification de nos réponses dans le domaine du cyber, dans le domaine du diplomatique, dans le domaine du renseignement, à chaque fois être capable de déterminer des cibles qui ne laissent jamais sans réponse les attaques dont nous sommes victimes. Dominique de Villepin, est-ce que Vladimir Poutine n'existe plus que par la guerre ? Alors l'ensemble de l'économie russe, l'ensemble du système russe politique et économique est tout entier voué à la guerre. La place qu'occupent la défense, les dépenses de défense dans le budget de la Russie, le voit bien. Toute la société russe aujourd'hui qui est liée de près ou de loin à la conduite de cette guerre. prix que paye la société russe de ce fait-là. Donc oui, Vladimir Poutine peut se dire que sa survie est liée à la continuation de la guerre. Il faut le prendre en compte. Est-ce que Benjamin Netanyahou... Je vous pose la même question concernant Netanyahou. Est-ce qu'il n'existe plus que par la guerre ? Toute la politique menée par Benjamin Netanyahou dans les derniers mois montre que la seule carte qu'il veut défendre, c'est la carte de la guerre tous azimuts, des interventions militaires tous azimuts au Liban, en Syrie, en Iran, vis-à-vis du Yémen, frappées à chaque fois pour placer Israël en situation d'intervenir à tout moment, n'importe où. pour créer l'insécurité autour de lui qui lui permet de maintenir son avantage. Malheureusement, ce qu'il n'a pas prévu, c'est que vivre dans l'insécurité, ça a un prix. Ça a un prix d'abord pour la société israélienne, qui paye un coût absolument terrible vis-à-vis de cette guerre permanente. Le coup psychique pour la société israélienne, pour la jeunesse israélienne. Israël va se rendre compte, mois après mois, des conséquences et des ravages que produit cet état de guerre permanent. Et deuxièmement, à partir du moment où Israël voit Netanyahou, voit la perte du soutien américain. très, très profond du côté des démocrates, mais aussi important du côté des républicains, eh bien, c'est un risque à terme très important pour Israël qui va se retrouver dans une immense solitude. À quoi ça sert de gagner toutes les guerres si on se retrouve suspendu à la continuation de la guerre et fragile dans sa profonde solitude ? Une élection va avoir lieu dans quelques semaines. Elle sera décisive pour Israël et pour son avenir. Il appartient aux Israéliens de choisir, et certainement pas à moi, d'interférer dans le choix qui sera le leur. Génocide commis par ce mot. Vous l'employez ou pas ? Je l'ai employé. Vous l'avez employé. Et vous l'employez à nouveau ? J'ai écrit une tribune dans Le Monde. Je l'ai fait à un moment. la Cour internationale de justice
avait
souligné le risque plausible de ce génocide. Et vous le savez, le génocide est un crime très particulier. Parce qu'il suppose l'obligation, pour tous ceux qui sont placés devant ce risque, de prévenir. L'obligation de prévention. Malheureusement, la société internationale n'a pas agi. Ce qui vous explique que longtemps après le début de cette guerre, on n'a toujours pas accès au territoire de Gaza. Et que la souffrance des Palestiniens continue semaine après semaine et mois après mois. Ce qui est un scandale immense. Je l'ai fait à un moment où les Israéliens eux-mêmes ouvraient les yeux et prenaient position. Ça a été le cas de toute une série d'organisations humanitaires, de toute une série d'intellectuels. Ça a été le cas de la Société des experts du génocide. Ça a été le cas des commissions d'enquête des Nations unies. Et à un moment où il fallait mobiliser la communauté internationale. Mais la dernière chose que je souhaite... C'est que la France puisse être un terrain d'affrontement pour les opinions, les groupes, les communautés. La France n'a pas à transplanter sur son territoire. Et c'est pour cela que je fais confiance et je crois que la diplomatie française a vocation à être le plus engagée possible dans l'action. Plus la diplomatie française est engagée, avec le souci de l'objectif. Pas le souci de prendre parti pour tel ou tel, mais le souci de l'objectif qui est celui de la paix et de la justice et du respect du droit international. Plus vous êtes susceptible de mettre l'ensemble de nos compatriotes d'accord. C'est une tâche très difficile. J'ai été donc pour très tôt. la reconnaissance d'un État palestinien. Je regrette qu'on n'ait pas fait le travail d'accompagnement qui aurait permis à cette reconnaissance de devenir davantage réalité. Travail à la fois diplomatique, travail sur le terrain, travail vis-à-vis d'Israël. Je comprends que maintenant... Beaucoup est suspendu au résultat de ces élections. Et je souhaite bien sûr que les pays de la région puissent à un moment donné travailler ensemble et retrouver ce chemin du dialogue. Dominique de Villepin, nous terminons. Et lorsque j'ai consulté ma communauté... Des questions sont revenues évidemment sur ce que beaucoup de ceux qui m'écoutent, me regardent, appellent les zones d'ombre de Dominique de Villepin. Zones d'ombre, vous avez dirigé un cabinet de conseil pendant des années, toujours, vous le faites toujours. Je suis toujours le responsable de ce conseil. Qui marche bien, auprès d'entre vous. Qui est largement mise en veille aujourd'hui. Moins d'État. Moins d'État. – C'est-à-dire que vous avez travaillé beaucoup d'entreprises privées, peu avec des États. – Jamais, jamais. – Jamais avec des États. Et toujours dans des cadres qui sont très, très, très soignés, si je puis dire, puisque je n'ai jamais accepté de travailler directement avec des entreprises, soit dans un travail de lobbying, soit dans un travail de représentation directe. Par exemple, je n'ai jamais participé à des conseils d'administration. J'ai participé à des comités consultatifs qui ont une vocation à apporter des conseils à des décideurs, mais pas... à directement la représentation de ces entreprises. Alors beaucoup me disent, moi le premier aussi, je vous pose la question, pourquoi est-ce que vous n'avez pas publié vos comptes ? C'est vrai ou c'est pas vrai ? Jean-Jacques Bourdin, vous êtes journaliste. Oui. Bon, est-ce que vous avez cherché à connaître ces comptes ? Non, c'est vrai que je n'ai pas cherché à les connaître. Mais si vous cherchez... Votre réponse. Non, vous avez cherché ma réponse. Vous avez cherché ma réponse. Sans a priori. Dans des articles, dans des articles qui tous se trompent. Je ne dis pas que vous n'avez pas publié vos comptes. Est-ce que vous les avez publiés ? Oui, ils sont publiés et j'ai satisfait à toutes les obligations de la loi et je précise. que contrairement à ce qui a été écrit. Parce qu'une des caractéristiques du journalisme contemporain, c'est qu'on se copie volontiers entre camarades. Donc chacun recopie la bêtise que l'autre a écrite. Et je n'ai donc jamais payé d'amende d'aucune sorte. Oui, parce qu'on doit payer une amende si on ne publie pas ses comptes. Sauf si on rentre dans des cas particuliers, compte tenu de votre chiffre d'affaires, compte tenu d'un certain nombre de dispositions. Tout à l'heure, vous me disiez, vous nous disiez, je reconnais mes erreurs. Sur les deux statuettes, quand vous avez offertes, vous avez reconnu votre erreur. Directement. Petite nuance. J'ai indiqué que si j'avais... su que ces statuettes avaient été payées par toute autre personne que celui qui m'a offert ces statuettes, je n'aurais évidemment jamais... Monsieur Bourgie, c'est ça ? L'homme des costumes de François Fillon. Je n'aurais jamais évidemment accepté statuettes, et c'est pour cela que j'ai décidé. De les donner au Quai d'Orsay. De les donner au Quai d'Orsay. Elles sont au Quai d'Orsay. Elles sont au Quai d'Orsay. Dans les heures qui ont suivi l'émission en question qui a évoqué cela, je les ai données au Quai d'Orsay. Dernière question. Si Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon se retrouvent au second tour, vous votez ? Alors c'est une hypothèse sur laquelle je ne travaille pas, M. Bourdin, parce que la scénarisation du jeu politique a un effet autoréalisateur dont je me méfie. Donc moi, je suis un responsable politique qui croit au combat. Et le combat, il n'est jamais perdu avant l'heure. Et alors deuxième chose, deuxième élément. J'ai suffisamment de passion pour l'histoire de France, qui n'est pas uniquement faite de pages roses ou de pages glorieuses, pour penser que, regardant un peu autour d'eux, regardant ce que deviennent les États-Unis, ce que devient la Russie, ce que deviennent certains États en Europe, comme par exemple la Hongrie de Viktor Orban pendant longtemps, on ne... J'ai du mal à imaginer qu'on ne conçoive pas la nécessité d'un antidote. Et le seul antidote que je connaisse face à ces errements tragiques de l'histoire, c'est la République et la démocratie. Et c'est vous ? Non, c'est pas moi. J'ai cru que vous allez me dire que le seul antidote, c'est moi. Je n'ai jamais cru ni à l'homme ni à la femme providentielle. Et c'est pour ça que je le dis haut et fort. Mais dans certaines circonstances, l'homme et la femme providentielle émergent, vous le savez bien. Oui, mais pas... autant des réseaux sociaux, pas autant de l'aplatissement de tout, pas autant de l'intelligence artificielle. Là, une fois de plus, je suis chiracien. je répète, il y a plus d'idées dans deux têtes que dans une. Donc loin de moi l'idée de reprendre ce qui est à mon avis une des erreurs depuis 2007, cette idée qu'il y a un homme à l'Elysée qui dans sa grande verticalité jupitérienne va porter la réponse à tous les problèmes de notre pays, non. Et c'est pour cela que je dis, remettons ! scène, la démocratie politique, la démocratie sociale, la démocratie économique, la démocratie territoriale, la démocratie culturelle. Parce que là, des grands enjeux du quinquennat, pour moi, c'est de remettre la culture au premier plan. Et en particulier pour faire que nos enfants qui sont poussés à faire des étincelles d'intelligence chaque jour à l'école... puisse ne pas oublier que nous avons aussi un corps, et qu'il faut développer ce corps, et que l'équilibre entre le corps et l'esprit est nécessaire, que nous avons aussi une sensibilité, et que tous les arts de la sensibilité méritent d'être développés, et que nous avons aussi des humeurs et un tempérament, et qu'il s'agit de l'exprimer, et en particulier face aux menaces, vous savez. Parfois, il vaut mieux être un tout petit peu moins intelligent, et un tout petit peu plus persévérant. Merci, Dominique. Merci, M. Bourdin. Merci d'être venu nous voir. Très long entretien. Alors exceptionnellement, vous m'avez dit d'ailleurs au début de cet entretien que vous allez le diffuser en entier sans ciseaux et sans coupure. Et je vous en remercie. Non. Il n'y aura pas de coupure, vous prenez vos précautions. Mathieu Gallet est là comme témoin de la démocratie bourdinesque. Oui, mais vous savez combien je tiens à un équilibre et combien je tiens à l'indépendance et à la liberté. Poussez à la transparence jusqu'au bout. Vous savez, aucun de vos auditeurs ne vous en voudra de diffuser cet entretien en entier, à titre exceptionnel bien sûr. Non, tous les entretiens sont diffusés en entier. Notre communauté, donc vous réagissez. Vous, si vous aimez, vous mettez un petit pouce en l'air, ça nous fait du bien. Vous pouvez retrouver évidemment sur le podcast Bourg d'un média tout ce que vient de dire Dominique de Villepin sur toutes les plateformes. Spotify, je ne vais pas toutes les énumérer, vous les connaissez. Merci beaucoup.
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