Chargement...
Chargement...
Tout le monde nous dit à gauche, oui, oui, on y est. Ça y est, les syndicats, les lycéens, les agriculteurs, tous ensemble dans la rue. Et on entend une autre frange, disons des Français, qui dit arrêtez de rêver. Vous êtes où, vous, dans ce débat-là
'abord, il y a une raison qui, je pense, fait consensus. C'est que nous sommes absolument tous raquettés par les compagnies pétrolières. Absolument tous. en ce moment. Et que ça pèse. Et que c'est des dizaines d'euros, parfois des centaines d'euros qui manquent. Et donc les difficultés pour vivre aujourd'hui sont de plus en plus grandes. Quand on est salarié, quand on est ouvrier, quand on est aussi petit entrepreneur, artisan, quand on travaille effectivement dans l'agriculture. Donc ces difficultés-là, elles sont communes. Ça fait des ingrédients, en effet, pour qu'il y ait une contestation sociale réelle, importante, massive. Je n'oublie pas non plus les retraités. Et l'ensemble du monde du travail, dont le pouvoir d'achat, n'a fait que reculer ces dernières années.
Alain Dehamel, la convergence des luttes, est-ce que ça existe et est-ce que c'est demain
-ce que ça existe ? Historiquement, on en a eu beaucoup d'exemples quand même. Les moments où, en particulier en France, où les mobilisations sont plus nombreuses, où les... manifestants sont plus actifs et où la discussion est plus vive, ben oui, il y a toujours eu des convergences de lutte entre des gens qui viennent d'horizons différents, bien sûr. Il y avait aussi bien la CGT d'un côté et puis on voyait des individus qui arrivaient et qui s'y mêlaient. Enfin, on a toujours connu ça dans les périodes. pas simplement animé, mais qui commence à être passionné dans des périodes comme ça, ça coagule. Ça coagule entre des organisations des individus. Et c'est la coagulation qui fait à ce moment-là, réellement, quand ça coagule, c'est que ça devient sérieux.
Est-ce que vous sentez que ça pourrait coaguler, pour reprendre votre expression, aujourd'hui
C'est en tout cas une hypothèse sérieuse, oui. Parce qu'on sent très bien qu'il y a d'abord beaucoup de mécontentement au pluriel et qu'ensuite il y a une capacité non pas à se rassembler comme si c'était un accord politique, mais à converger, ce qui est autre chose, à converger concrètement. Et oui, je pense que par exemple dans les manifestations de demain, il y aura des gens qui viendront pour des raisons très différentes, qui ne se connaîtront pas, il y en a qui appartiendront à des organisations et d'autres pas du tout. Et que... Je ne veux pas vous dire que c'est la première fois de ma vie que je vois ça. Mais que je vois ça. Oui, oui, j'ai bien entendu. En plus, je vis à un endroit où je vois les manifestations sous mes fenêtres quasi quotidiennement. Donc, suis presque un expert en ce qui concerne les manifestations.
Antoine Oberdorf. Oui, une question, Madame Arthaud. Vous disiez combien de votre point de vue cette convergence des luttes est non seulement souhaitable, mais inéluctable compte tenu des... des dix années de macronisme qui vous apparaissent comme une forme de violence sociale. J'ai une question, est-ce qu'au fond, cette convergence d'élites nécessite et aussi implique que vous fassiez abstraction de la coloration politique des gens avec qui vous défilerez ? Parce qu'il y aura peut-être parmi eux, chez les pêcheurs, chez les agriculteurs, des gens qui sont à l'autre bout du spectre, qui sont, pour reprendre une expression célèbre, des fâchés mais pas fâchaux. Mais qui voteront bien peut-être Marine Le Pen en 2027. Est-ce que vous vous sentez, au nom de la convergence des luttes, être à leur côté ?
Justement, c'est le propre de toute mobilisation sociale. Là, les femmes et les hommes qui ont du mal à vivre aujourd'hui en travaillant, qui ont du mal à vivre de leur pension de retraite, de leur allocation, eh bien, ils ne se trompent plus. Ils ne se trompent plus. Ils vont revendiquer pour augmenter, en effet, leur pouvoir d'achat. Et ils ont mille fois raison. Voilà. Là, justement, ils ne se trompent
plus. Si demain, dans le cortège, je suppose que vous y serez, il y a quelqu'un qui vote Marine Le Pen, vous lui dites quoi ?
Je lui dis, bienvenue. Et ensemble, on va essayer d'arracher ces augmentations de salaire dont nous avons tant besoin. Et ensemble, nous allons réaliser qu'il y a de l'argent dans la société qu'on peut prendre sur ces... profit, que ça suffit qu'il y ait une poignée de milliardaires qui s'enrichissent encore et toujours. Et donc, en fait, y compris ces femmes et ces hommes qui s'égarent, à mon avis, qui se trompent et qui se tirent même, en fait, une balle dans le pied, réaliseront que c'est par les luttes collectives qu'on peut faire avancer notre sort et qu'on peut même faire avancer toute la société. Parce que, moi, je crois qu'il y a vraiment une préoccupation commune. Et elle va même au-delà, en fait, du pouvoir d'achat. C'est aussi dans quelle société voulons-nous vivre. On veut une société où on ferme des écoles, on ouvre des prisons. On veut une société où une poignée vit sur un tas d'or. sur des milliards et des milliards, alors que le monde du travail a beau trimer du matin au soir, est finalement réduit à faire de plus en plus de sacrifices. C'est dans cette société-là qu'on veut vivre dans une société qui est de plus en plus guerrière, qui est de plus en plus folle. C'est la question, je pense aussi, que posent les jeunes, en fait, mais qu'on a tous au fond de notre tête. Où allons-nous ? Où allons-nous
Alain
Dommel.
D'abord, je suis heureux de voir Arlette Laguillet égale à elle-même, comme je la connais depuis longtemps. C
'est très flatteur, je vous remercie.
Pourtant, ça fait quatre fois que vous alliez à sa place. Ça fait longtemps que vous l'avez rencontrée. Je revendique la continuité,
absolument.
Ça lui fera plaisir aussi. Avec ses talents, et puis cet allant, et puis cette capacité à incarner quelque chose. Alors ce qui est intéressant chez elle, que je vois depuis longtemps, c'est qu'elle a toujours un mélange de colère et d'espérance. Il y a beaucoup de protestations qui sont des colères, y a quelques fois des espérances qui apparaissent quand même, heureusement, mais c'est assez rare d'exprimer les deux en même temps. Et c'est toujours le sentiment que j'ai en la regardant, en l'écoutant, en connaissant son discours, évidemment, et son analyse, parce que foncièrement sur la société, son analyse, c'est la même qu'il y a 10 ans ou 20 ans, bien sûr. Et son combat, c'est le même, mais c'est un combat, elle ne se résignera jamais. Absolument. Mais
comment se résigner quand on voit toutes les possibilités de cette société ? Vous vous rendez compte ? Je vois les progrès, je vois les richesses, je vois les possibilités. Pourquoi serait-elle réservée à une minorité ? C'est là que je dis qu'il faut qu'on se batte. Il est absolument hors de question que les connaissances qui existent, les possibilités soient réservées à une minorité. Donc oui, c'est beaucoup d'optimisme, mais d'optimisme. Pour lutter, il faut lutter. Si on veut vivre mieux, il faut prendre le chemin des luttes collectives.
Mais ça, c'est toujours votre message, et il est d'ailleurs parfaitement honorable, ce message-là. Simplement, il n'y a pas 10 000 Arlette Laguillet et il n'y a pas des millions de gens.
Peut-être que demain, il y en aura quelques milliers dans la rue et on s'en réjouira. Il
y aura du monde. Dire qu'il sera construit comme vous l'êtes et qu'il milite comme vous le faites, non. Mais ce sont ces moments-là. Vous êtes quand même, mais ce n'est pas du tout désobligeant ce que je dis, mais vous êtes un symbole.
Oui, mais c'est dans ces moments-là, je peux vous dire, que justement, les femmes et les hommes se politisent dans le meilleur sens du terme. Parce que justement, on n'en est plus à chercher un sauveur suprême et à faire ploum ploum. Non. On découvre notre force collective, on découvre notre possibilité de prendre des initiatives, de nous organiser et de peser sur le gouvernement. Parce que moi, ce que je vois quand même, c'est un gouvernement qui n'emmène pas large. Je vois que depuis qu'il y a cette contestation de la jeunesse, eh bien en fait, il y a une fébrilité à la tête de l'État. Alors il essaie de la masquer avec la répression policière, mais il y a cette fébrilité, donc moi je dis effectivement, il faut être très nombreux, il faut montrer que l'esprit de révolte n'a pas d'âge demain.
qu'un gouvernement soit inquiet et soit mobilisé quand il y a une contestation sérieuse de jeunes. Je dirais que c'est le B à bas, que c'est l'intelligence minimale. Évidemment que quand il y a un problème, quand on voit que les jeunes commencent à se mobiliser sur des motifs qui en plus ne sont pas des motifs utopiques, puisque ce dont ils parlent, c'est des salles de classe, c'est des horaires, c'est des programmes, c'est des choses concrètes. Ce n'est pas l'apocalypse ou la redécouverte d'un monde. C'est juste de ne pas être méprisé, de ne pas être relégué. Mais dans ces cas-là, alors méprisé ou relégué... Il ne faut pas non plus généraliser parce qu'il y a aussi un corps enseignant qui sont leurs interlocuteurs quotidiens, naturels, légitimes, normaux. Je suis bien placé pour vous en parler. Oui, moi aussi j'ai enseigné. Donc il ne faut pas non plus négliger ce qui existe réellement dans les relations entre les élèves et les enseignants.
Vous parliez il y a un instant, Alain Dehamel, Nathalie Arthaud, du gouvernement et du chef de l'État. Emmanuel Macron qui a dit quelques mots ce soir sur la journée de demain. du conseil européen de bruxelles écoutez ce qu'il dit précisément
qu'un message à passer c'est celui de l'appel au calme on peut on peut je pense c'est le fait même de notre démocratie j'ai toujours été vigilant et attentif à cela il ya un droit constitutionnel de manifester s'exprimer il est pleinement respecté mais je pense que le je pense pas ce qui va avec ce droit c'est le respect le respect des personnes le respect des biens et donc de ne pas insulter de ne pas casser Et donc moi, j'appelle au calme et au respect pour préserver ce droit, nous tous. On en est le dépositaire, c'est une responsabilité qui va avec ce droit. Voilà, j'appelle au calme. Pas de casse, dit le chef de l'État. Il
est dans son rôle. Oui,
ça c'est absolument classique. Et si on entendait Emmanuel Macron dire « allez-y, cassez ». Si il disait la verse, on en aurait peut-être parlé plus tôt dans l'émission. Je suis d'accord avec vous.
Comment faire pour pas qu'il y ait de casse demain ?
Moi, je crois que les plus grands casseurs... Ils sont au gouvernement. Il en fait partie en fait. Il est en train de tout casser. Il est en train de casser l'éducation, il est en train de casser les hôpitaux, il est en train de casser les retraites, il est en train de casser le pouvoir d'achat des salariés, tant et si bien qu'il y a effectivement de plus en plus de travailleurs qui ont du mal à se loger. Pardon Nathalie, ça justifie d'incendier
un lycée, de tirer des mortiers, de blesser des policiers, des gendarmes ?
Ça justifie de se mettre en colère, ça justifie de se lever et de dire ça suffit. Il faut que les femmes et les hommes qui font tourner cette société puissent vivre dignement. Et ça suffit de voir finalement tous leurs efforts et toutes les richesses qu'ils créent partir à un pôle de la société. Servir pour quoi ? Pour aller faire les guerres, être mise au service de gens qui sont irresponsables. Cette classe capitaliste qui dirige et qui effectivement profite de tout ce travail-là. fait quoi ? Le réchauffement climatique, crise sur crise. Donc à un moment donné, il faut se lever, il faut dire stop. Voilà. Donc moi, je pense que la révolte, elle est légitime. Et vous pourrez dire et répéter qu'il y a la violence. Mais ce n'est rien par rapport à la catastrophe qui existe aujourd'hui dans la société. C'est rien par rapport aux souffrances de millions. Sauf s'il y a des blessés et des morts. Je vous assure, je vous assure. Demain, il y a un drame. Nathalie Harto, vous ne
direz pas la même chose.
Le drame, vous savez, c'est tous les jours. À l'heure où nous nous parlons, je pense qu'il y a des... Dizaines de milliers de femmes et d'hommes qui sont en train de chercher un endroit pour dormir. Un endroit sous les ponts, un endroit dans des parcs, etc. Ce sont des femmes et des hommes qui... C'est une violence inouïe de se retrouver avec rien sur son compte en banque pour remplir son frigo, pour nourrir ses enfants. C'est cette situation-là, vous voyez. Et on est en train de dire, en plus, aux retraités, on va encore vous reprendre de l'argent, il faudra vous serrer la ceinture. Voilà, c'est des humiliations et finalement une insulte au monde du travail en permanence. Et ça, il faut mesurer la violence que c'est. Il faut mesurer la violence que c'est. Donc moi, je pense que la révolte, elle est nécessaire. Et on peut inverser le rapport de force parce que je crois qu'il y a de quoi augmenter les salaires, indexer les salaires. Moi, je milite pour monter le SMIC à 2200 euros net. Je milite aussi pour que le travail soit réparti sur tous, sans diminution de salaire, et qu'on en finisse avec ce chômage de masse.
Un mot, puisque vous parlez de votre programme présidentiel, qui est aussi
destructeur.
Pas votre programme.
Le chômage de masse. Un mot de l'élection présidentielle. On n'en parle jamais.
C'est votre quatrième candidature, ça vous fait un point commun avec Jean-Luc Mélenchon. Est-ce que vous vous réjouissez qu'il soit aussi haut aujourd'hui dans les sondages
Moi, je me réjouis surtout qu'il y ait cette mobilité. Moi, c'est ce qui me marque dans cette campagne. Sur Jean-Luc Mélenchon ? Non, mais sur Jean-Luc Mélenchon, je pense que ça reflète quand même une aspiration. à plus d'égalité, à plus de tolérance. Je pense que oui, par rapport y compris au racisme qui monte, il a réussi à incarner quelque chose. Et ça, c'est un point de départ qui est positif. Maintenant, moi, je sais très bien que ce n'est pas avec des sauveurs suprêmes et que même si Jean-Luc Mélenchon s'installe à l'Élysée, il sera comme les autres. Ça sera la marionnette, finalement, du grand capital. La marionnette de... Ah oui ? Donc tu as un tournant de rigueur, etc. Eh bien, peut-être oui. Peut-être oui, en fait. Exactement. D'ailleurs, son icône, ça reste François Mitterrand. Il connaît parfaitement cette page-là de l'histoire et apparemment, il ne la trouve pas mauvaise. Mais oui, parce qu'en réalité, moi, si je suis candidate, c'est précisément pour dire que le vrai pouvoir, il n'est pas à l'Élysée. À l'Élysée, on trouve des pantins, mais dont les ficelles remontent à qui ? La grande bourgeoisie. À ceux qui tiennent les cordons de la bourse, les financiers, la classe capitale. Pour l'affronter, c'est
demain.
Transcription automatique (Whisper + diarisation) — des erreurs d'attribution ou de transcription sont possibles. Vérifiez toujours avec la vidéo source horodatée.