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On rejoint Pierre de Villeneuve, signature de CNews et Europe 1, Franz-Olivier Gisberg, écrivain et plumes libres, qui tentera de dresser un portrait de vous. Pierre de Villeneuve, d'abord, peut-être vous commencez. Allez-y.
Votre nièce Marion Maréchal, Mme Le Pen, a récemment publié un livre intitulé « Si tu te sens Le Pen », référence émouvante à une lettre que Jean-Marie Le Pen lui avait écrite pour s'accrocher en politique. Le Pen, c'est un nom, c'est connu dans le monde entier. Chez moi, on dit « Les peines ». C'est un héritage aussi, c'est une façon de penser. Ma question est simple. Qu'est-ce qu'il y a de Le Pen en vous et qu'est-ce que ça signifie pour vous
Pour être honnête, il y a pas mal de Le Pen quand même. En moi, je crois qu'il y a un caractère, il y a des convictions, il y a une solidité, il y a une résistance à la douleur, il y a une volonté. Voilà, tout ça sont des qualités, je crois, que je... que j'ai eu en héritage.
– Vous appeliez votre père, je crois, Le Pen. –
Oui.
– Parce que
Parce que l'homme public était une personne différente de mon père. Donc mon père, c'était papa, et puis l'homme politique, c'était Le Pen.
Vous êtes au plus haut des sondages, c'est-à-dire encourageant et incertain. Vous s'en serez d'accord. Les gens vous aiment, vous suivent, et pas uniquement sur le fond, mais ils vous aiment parce que vous êtes Le Pen, parce que vous avez une façon d'être, vous avez un tempérament. Ma question, à nouveau, c'est qui êtes-vous exactement ? Marine Le Pen.
Je vais être la dernière bien placée pour me définir moi-même. Ça c'est facile, ça pardonnez-moi. Non, non, je suis désolé, mais je crois que je suis une combattante. Voilà, je suis une combattante. Je suis une combattante de la France. Il y en a beaucoup d'autres d'ailleurs qui combattent pour la France dans des métiers qui sont différents. Moi, je me suis engagée en politique, ou plutôt elle m'a rattrapée. Parce qu'en réalité, elle me faisait horreur compte tenu de toutes les souffrances qu'elle avait générées dans ma jeune enfance et dans mon adolescence. Mais elle m'a rattrapée, peut-être parce que j'ai rattrapé ce virus dont, paraît-il, on ne guérit jamais, même quand on le croit. Mais j'aime mon pays infiniment. C'est un peu cette d'Henri IV qui dit... En français moderne, l'immense amour que je porte à la France m'a toujours tout rendu facile et honorable. C'est vrai qu'il est facile de se battre pour son pays quand on l'aime autant que je l'aime.
manque cruellement dans ce début de campagne présidentielle un récit. Jean-Luc Mélenchon emporte un. C'est un tribun aguerri. Il veut en finir. Il veut en finir avec la Vème République. Il veut abolir la République, en tout cas la Vème. Il veut abolir la dette, abolir, raser, couper. On en pense ce qu'on veut, mais c'est un récit. Quel est votre récit ? Quel est, je dirais, la France Le Pen ?
C'est un récit de destruction quand même. Vous l'en noterez. Je l'ai dit, je l'ai expliqué et je l'expliquerai lors de mon premier grand meeting le week-end prochain à Orléans. On peut peut-être avoir un petit teaser. J'ai mis cette campagne présidentielle sous l 'aune de la renaissance. Je crois que nous sommes dans une période de... pré-renaissance, où existent des obscurantismes, où nous sommes confrontés à des changements technologiques qui sont des changements technologiques majeurs, où il est nécessaire peut-être de défendre à nouveau le beau, le grand, la création, le progrès, une certaine vision de l'homme. Et c'est tout ce que je décrirai au cours de cette campagne présidentielle, parce que je pense que cette renaissance, elle ne va pas, comme je l'ai dit tout à l'heure, seulement. d'ailleurs emporter élevé la france mais toute l'europe qui a encore des choses à dire au monde
présidente dans la question pierre oui absolument qu'elle serait là on a besoin d'un choc d'autorité ce qu'on entend beaucoup dans cette campagne comment est ce que vous voulez rétablir l'autorité sans tomber encore une fois dans ce qu'on appelle communément l'autoritarisme
j'ai envie de vous dire que l'autorité elle est où elle n'est pas – Et d'ailleurs, je vais vous dire, je suis un peu atterré par les démonstrations virilistes de certains de mes concurrents. Alors on boit de la bière, on se tape dans les mains pour faire comme si… – Vous pensez à quelqu'un ? – Oui, je pense à Gabriel Attal, je pense à Édouard Philippe, qui font des sortes de démonstrations de virilité, qui montrent leur biscotto, mais qui en réalité ne montrent que leur faiblesse. Parce que quand on est obligé de se montrer tel que l'on n'est pas… C'est un grand aveu de faiblesse. Moi, je suis tel que je suis. Et les Français me connaissent depuis... très longtemps. Ils savent, encore une fois, que j'ai des convictions très profondes, que quand je souhaite faire quelque chose, c'est parce que j'y ai réfléchi et que j'ai la volonté et le courage, le courage de le faire. Je n'ai pas besoin de rouler des mécaniques comme ils le font. Je n'ai pas besoin, encore une fois, de me montrer différemment de ce que je suis. Et peut-être parce que je suis une
femme. Alors justement, ça nous amène, merci beaucoup Pierre Devineau, à la question de Franz-Olivier Gisberg, le portrait qu'il va... Tentez de brosser de vous.
Oui, puisque vous vous rappelez que vous êtes une femme, je vous pose une question toute bête, mais il y a beaucoup de personnalités, des femmes, qui ont dit à propos de cette élection présidentielle, je pense à Yael Brown-Pivet ou Ségolène Royal, il n'y a pas de femme dans cette campagne. Alors c'est quoi ? Vous n'êtes pas une femme ?
Oui, mais Yael Brown-Pivet, c'est la seule qualité. Vous êtes
toujours
une femme ? Être une femme est la seule qualité qu'elle s'accorde. Moi, je suis aussi une femme, si je puis me permettre. Mais je ne conteste pas cela. Mais c'est vrai que je vois que beaucoup ne semblent pas m'accorder ce statut. Donc je le dis à tous, je suis une femme. Et qu'est-ce que ça apporte en plus ? Ah, ça, il faudra attendre de voir. Mais je pense que ça apporte une forme de proximité quand même, une forme de pragmatisme, un lien au réel. que bien souvent, les candidats à la présidentielle, et particulièrement les présidents, perdent. Quand on est une femme, on a plusieurs vies. On le sait, on en a au moins trois en général, professionnels. On est une mère et on est une femme. Et on a un rapport à la réalité quotidienne qui n'est pas obligatoirement celle des hommes qui parfois... partent comme des ballons avec le pouvoir, s'envolent comme des ballons avec le pouvoir et perdent le contact avec le sol. Moi, je ne perds pas le contact avec le sol.
Justement, à propos de contact avec le sol, là, c'est une question un peu futile, mais elle en dira long votre réponse sur votre implication présidentielle. Édouard Philippe a dit qu'il ne dormirait pas à l'Élysée s'il était élu le 2 mai 2027. Vous, qu'est-ce que vous feriez ? On
ne peut pas faire
autrement.
Donc vous irez
à l'Elysée. Dès que vous allez
faire des chats, alors ? Je les mettrai à la lanterne, puis j'irai les voir le week-end. Non, mais on est obligé d'être à l'Elysée parce que c'est là que l'on doit pouvoir venir vous chercher à la moindre difficulté. C'est là où on est susceptible de prendre des décisions et de les transmettre. Je ne dis pas que c'est plaisant, très certainement, mais quand on s'engage dans cette mission, parce que c'est une mission, il faut en accepter évidemment les désagréments.
il y a 45 ans, je me souviens, je m'étais voté dans une émission de télévision face à votre père où je m'étais comporté comme un petit roquet, quoi. Très agressif. Évidemment, ça s'était terminé à mon détriment. Et aujourd'hui, c'est vrai que ça ne risquerait pas d'arriver. Et là-dessus, il faudrait que vous apportiez une réponse. Et ça prolonge la question de Pierre Domino sur les rapports avec le père. Parce que, en fait, pourquoi c'est différent ? Parce que vous n'êtes pas votre père. Non, non, mais vous n'êtes pas votre père sur plusieurs points. C'est-à-dire, il n'y a pas de dérapage antisémite, il n'y a pas de... Et il y a autre chose, mais il y a aussi une autre différence. Ce serait intéressant, vous la creusiez. C'est que votre père était très libéral. Et vous, vous êtes quand même... Je ne dis pas que vous avez le programme des socialistes de 1980, ça a peu changé, vous avez mis de l'eau dans votre vin. Mais quand même.
n'est pas tout à fait vrai. La réalité, c'est qu'il était très libéral quand le danger en France et dans le monde était le socialocommunisme. Entre temps, le danger a changé. Le danger est devenu le mondialisme et il a été le premier des anti-mondialistes. Précisément en expliquant que le mondialisme ferait disparaître nos frontières, nos identités, mettrait en danger nos emplois, notre pouvoir d'achat, etc. Donc quand on fait de la politique, on doit protéger son peuple du danger. d'aujourd'hui, pas du danger d'hier, du danger d'aujourd'hui et si possible d'ailleurs de celui de demain. Ce qui fait qu'il a évolué en réalité au cours de sa carrière et le Riganien qu'il était à un moment donné est devenu un anti-mondialiste. Mais non, nous sommes... Très différent, parce que nous ne sommes pas la même personne. C'est aussi simple que cela, que nous n'avons pas eu la même enfance, que nous n'avons pas souffert de la même manière. Car il a beaucoup souffert de son enfance, il a perdu son père à 14 ans, mais nous n'avons pas souffert de la même manière. Et que la vie vous façonne.
on a eu un grand moment de télévision tout à l'heure, on en sort, c'était le débat avec Agnès Verdier-Molinier qui ne lâche rien. Et ça rappelait un peu, disons, vous avez un procès en suspicion d'une grande partie, pas de la classe politique, aussi des Français, qui se disent, elle est quand même, elle a un petit côté socialo, vous voyez ce que je veux dire ? C'est-à-dire on va dépenser, c'est pas grave, la retraite à 62 ans, mais allons-y, etc. Or, moi, c'est ça qui est intéressant. D'ailleurs, vous en avez pris plein la gueule avec votre espèce de contre-budget présenté. Ce n'est pas une
espèce de contre-budget.
C'est une trajectoire budgétaire. Non, mais il y a des instituts sérieux, l'institut de l'entreprise, qui a dit que vous proposiez 140 milliards, mais qu'en fait, qu'en comptant bien, ça faisait 7 milliards, etc. Bon, on ne fait pas ça. On ne va pas faire des chiffres. Il y a quelque chose de très important, madame. Très important. – L'excellent, parce qu'on peut en parler comme ça, l'excellent Jean-Philippe Tanguy, qui est je crois votre excellent ami, il a fait une proposition, et j'ai cru savoir que c'était avec vous, enfin que c'était avec votre accord plein, le plein accord de Marine Le Pen, que le RM appliquerait la règle des 3%. C'est bien ça.
Elle a
entendu ça,
il
y a quelques mois.
Nous avons explicité, je l'ai fait dans une tribune d'ailleurs, puis lors de notre conférence sur la trajectoire budgétaire, que nous allions faire voter une règle d'or. que nous avons explicité, que nous allons nous appliquer, et même nous allons aller plus loin que la
règle d 'or
que nous
allons faire. Et 3%, ça ne veut pas dire tout de suite, c'est impossible, 3%. Ben oui, la règle d'or, c'est la règle d'or de... Ben oui, c'est une règle d'or, c'est Bruxelles qui a tenté de l'imposer. Tous les économistes disent que si vous avez des déficits budgétaires, comme le déficit budgétaire français actuel d'ailleurs, c'est-à-dire plus de 5%, on va peut-être vers les 6% pendant qu'on y est, de toute façon, il n'y a pas de croissance. D'ailleurs, là, on va avoir une semi-récession en 2026. Ça ne marche pas. Donc si on veut de la croissance comme au temps du général, il faut faire un déficit budgétaire le plus faible possible. Souvenez-vous. Plus 7, plus 5, plus 6% de croissance.
On passera au dernier mot. Comparaison n'est pas raison, en l'occurrence, parce qu'il y avait aussi un levier qui était quand même très considérable, qui était la monnaie. Ce que je voudrais dire tout de même à ceux qui nous écoutent, c'est qu'ils se fassent leur opinion par eux-mêmes. Parce que j'entends beaucoup d'instituts, de think tanks, d'associations. Tous ces gens ont vécu sur la bête pendant des années. Ils ont tous été subventionnés, financés par les pouvoirs, les uns après les autres, qui sont aujourd'hui, ces pouvoirs, des adversaires de ma candidature. Donc, je leur demande de ne pas se laisser avoir par les instituts Montaigne, les instituts ceci, les instituts cela. Une règle d'or, c
'est
une bonne idée. Qui se fassent de l'heure, bien sûr. Mais ce qui est très important, c'est que nous devons retrouver notre souveraineté. Et à partir du moment où nous sommes... Oui, mais c'est comme ça qu'on l'a, parce que quand on n'a
pas de règle d'or comme aujourd'hui... On n'a pas de souveraineté aujourd'hui. Vous avez raison. Je préfère que nous
imposions, encore une fois, une règle d'or plutôt que de subir la loi des reins des marchés. Donc vous êtes pour la
règle d'or. Oui, je
l'ai dit. On arrête les conneries. Oui, et nous l'inscrirons dans la Constitution. On ne peut pas faire mieux. Donc il y a beaucoup de choses que vous annoncez que vous ne pourrez pas faire. C'est ça que je veux dire. Mais bien sûr. Les dépenses. Mais non, monsieur, puisque nous allons faire, nous l'avons dit, nous avons présenté les économies considérables que nous allions faire. Nous allons faire, à l'issue du quinquennat, 140 milliards d'économies. Et ces 140 milliards d'économies incluent les éléments de baisse d'impôt qui sont calculés déjà. Les éléments de baisse d'impôt que nous allons mettre en œuvre. pour soulager le pouvoir d'achat des Français, notamment sur l'énergie, mais aussi pour permettre aux entreprises de recréer de la richesse. Tout cela est inclus dans cette trajectoire. Si vous permettez, un petit
coup de questionnaire de Proust, avec des réponses évidemment très rapides. Votre vertu préférée ? La loyauté. Votre principal trait de caractère solidité. Votre principal défaut ? Je
suis une mauvaise foi absolue. Parfois.
Vos compositeurs préférés Vivaldi. Et vos héros dans la fiction ? Dans la vie ? Dans la vie ou dans la fiction ? Dans la vie, les deux ?
Dans la fiction... Santiago, du vieil homme et la mère, parce que c'est le courage et la persévérance. 'est merveilleux. Et dans la vie,
Richelieu. Et de Gaulle ? Parce que vous êtes un peu gaulliste, non ? Je suis gaullienne. Je suis gaullienne, pas gaulliste. Il n'y a pas d'héroïne là-dedans ? Bon, il y a Jeanne d'Arc. Bon, d'accord. Et les personnages historiques que vous méprisez le plus
? Il y en a un. Laval, Isabeau de Bavière, tous les traîtres.
Putain, bien sûr. Question désagréable, comment aimeriez-vous mourir ? Ce sera la dernière, j'imagine. Oui, c'est Proust. J'en ai encore deux ou trois, comme ça. Comme tout le monde dans mon lit, quoi. Si possible... Les fautes que vous pardonnez facilement aux autres...
Sans que ? Sans qu'on l'ait provoqué, si possible. Les fautes que vous pardonnez facilement aux autres fautes que je pardonne... Je pardonne la faiblesse. Je pardonne la faiblesse, mais pas la déloyauté. Et votre devise ? Ma devise ? Celle de la Roche-Jacquelin, peut-être. Si j'avance, suivez-moi. Si je recule, tuez-moi. Si je meurs, vengez-moi. Merci beaucoup.
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