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Catherine Ney. Bonjour Dimitri, bonjour à tous. C'est la question ce matin Catherine, combien de manifestants en France demain, la convergence des luttes va-t-elle réussir ? Le mot d'ordre c'est contre la vie chère.
C'est bien vu, tout augmente, en effet la colère gagne. Indignez-vous. Vous savez en 2010, Stéphane Essel, homme de gauche, résistant, humaniste, il avait participé à la rédaction de la déclaration des droits de l'homme à l'ONU en 1948 et il avait écrit un petit livre de 32 pages. 4 millions d'exemplaires vendus, 44 traductions, vous vous rendez compte. Indignez-vous était son testament. Il se prévait qu'il fallait s'indigner contre les inégalités de richesse, contre la politique d'immigration restrictive, contre le poids de la finance. Son but était de transformer la colère légitime en engagement actif pour le bien commun. Dans les lycées, les professeurs ont encouragé leurs élèves à le lire, mais s'indigner ne tient pas forcément lieu d'action. Cela soulage, sert, donne même bonne conscience, évite aussi de se remettre en question.
Alors 15 ans plus tard, Jean-Luc Mélenchon se vante de faire fructifier justement l'indignation et la colère. On a mesuré son rôle dans le soulèvement lycéen, même si c'est vrai, il faut dire, 95% des établissements n'ont pas bougé.
Oui, alors Stéphane Hesselle voulait changer la société. mais il projetait une insurrection pacifique. Mélenchon, lui, attise la colère pour faire la révolution, mais pour des raisons essentiellement électoralistes, dirant que c'est pour sa pomme. Et il est d'une grande habileté parce qu'il s'adresse aux esprits les plus malléables, la jeunesse. Alors il craque l'allumette, crache le feu, et le lendemain, il se montre en grand-père bonasse, qui conseille aux petits de ne pas brûler les cartons et les poubelles parce que ça ne sert à rien, sans condamner, évidemment, les destructions navrantes à pleurer des établissements qui venaient d'être rénovés. Lui rêve d'un vote à 16 ans et bien sûr pour élargir son patrimoine électoral en espérant que ses ados viendraient voter.
Jean-Luc Mélenchon c'est un peu notre Robespierre, il veut faire la révolution. Il
est surtout notre Hugo Chavez, l'ex-président du Venezuela, sa source d'inspiration revendiquée. Élu président en 1998, il avait en l'espace de deux ans fait voter une nouvelle constitution et sa générosité n'avait pas de limite. Redistribution des terres en jachère aux petits paysans, les bénéfices du pétrole partagés avec... le peuple, essence quasi gratuite, comme l'électricité pour eux. Les patrons, lourdement taxés, étaient en colère, et bien ils les avaient virés, leur entreprise était nationalisée. Peu à peu, le secteur privé a été raillé de la carte, avec une multiplication du nombre des fonctionnaires. C'était le marxisme léniniste du 21e siècle, façon bolivarien. Ses alliés étaient l'Iran et Cuba, Fidel Castro son frère, tous ennemis proclamés des Etats-Unis. Lorsqu'il est mort en 2013, le Venezuela était un pays en ruine, et l'est toujours. « Nous sommes en deuil », pleurait Jean-Luc Mélenchon, et il faisait sien, je le cite, « son idéal inépuisable de l'espérance humaniste ». Et
vous diriez que le budget pour la France que vient de proposer Jean-Luc Mélenchon s'inspire du goût de Chavez, Catherine ? C'est
un vibrant hommage, puisque c'est un terrain de dépenses publiques supplémentaires, une explosion de la pression fiscale de 100 milliards par an, avec bientôt, bien sûr, un impôt sur la fortune XXL. Alors on augmente les salaires des fonctionnaires. On augmente le nombre de professeurs de 10 000. Toutes les aides sociales et les pensions sont augmentées de 10%. Les salaires indexés sur l'inflation, le salaire minimum porté à 1 700 euros par mois pour relancer la consommation populaire qui d'opperait la croissance. Refrain connu, la retraite à 60 ans, le remboursement très partiel de la dette. La flat tax supprimée pour les entreprises. Un projet qualifié de raisonnable par Hugo Mélenchon. Mais c'est vrai qu'à côté, les 110 propositions de François Mitterrand en 1981, on prenne un air d'apéro gentil à côté du banquet LFI. Une folie. Alors certes, le pays est très mal géré depuis 40 ans et encore plus ces dernières années. Comment redresser la France ? Gros problème. En tout cas avec Mélenchon, c'est la faillite assurée.
Signature Europe 1, Catherine.
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