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Maya, bonjour à tous, bienvenue dans Riquel Vérité, bonjour Jean-Philippe Tanguy, vous êtes spécialiste du budget ORN, ça tombe bien parce que les débats sur le budget ont commencé. Marine Le Pen a toujours dit « je préfère un budget mal fissé que rien du tout ». Mal fissé, ça veut dire quoi
? Écoutez, c'est malheureusement un budget qui ne fait pas du tout assez d'économies pour rétablir la situation, mais… qui ne va pas faire la poche des Françaises et des Français sur leurs impôts. Malheureusement pour le moment, il y a des hausses d'impôts, il y a des privations de droits. Hier, on a réussi notamment à supprimer la fiscalisation des indemnités journalières pour les personnes malades, parce que le gouvernement était quand même en train de faire la poche des malades. Donc qu'est-ce que vous n'êtes pas prêt à accepter ? toute hausse des impôts sur les ménages et sur les entreprises. La France, enfin le macroniste, dépense. Plus de 1 600 milliards d'euros, il y a largement de quoi faire des économies. En tout cas, il y a urgence à avoir un budget. Tout le monde est d'accord là-dessus ? Ce serait mieux parce que vous savez qu'à la crise obligataire, la France est attaquée sur les marchés financiers. Il faut que ceux qui nous écoutent comprennent que quand on est attaqués, c'est les Français qui payent. À la fin, les intérêts, ce n'est pas les ministres qui payent les intérêts, c
'est les familles. À ce propos, le gouverneur de la Banque de France, Emmanuel Moulin, a mis en guerre en disant qu'il faut un budget très rapidement. Il a même suggéré qu'il y avait des outils dans la Constitution comme le 49-3.
Monsieur Moulin, qui était, il n'y a pas quelques semaines encore, macroniste, se comporte toujours comme macroniste et pas comme le gouverneur de la Banque de France. Donc vous avez à la tête des institutions, Madame de Montchalin, à la Cour des Comptes, Monsieur Moulin, à la Banque de France, et Monsieur Ferrand, au Conseil constitutionnel, qui devraient être neutres, au-dessus des partis politiques, et ne pas faire de politique, et il faut qu'ils partent. Tous ? Oui, quand on est à la tête d'une institution. Il faut qu'il parte ou il faut qu'il reste neutre ? Mais c'est trop tard. En tout cas pour ce qui est de M. Moulin et de M. Ferrand. Mais attendez, vous
rajoutez une chose. Parce que Marine Le Pen hier a dit, on va y revenir tout à l'heure, Richard Ferrand devrait quitter la tête du Conseil constitutionnel. Vous dites la même chose pour Amélie de Montchalin et Emmanuel Moulin. Mais Mme de
Montchalin n'aurait jamais dû être nommée. J'ai même attaqué sa nomination au Conseil d'État. Mais vous dites que tous ces gens-là doivent partir. Pour le moment, Mme de Montchalin, même si je n'ai aucune confiance à neutralité, n'a pas franchi la ligne rouge. Mais M. Moulin a franchi la ligne rouge. Et M. Ferrand... a franchi la ligne. Donc vous dites Emmanuel Moulin doit quitter la tête de la Banque de France ? Oui, comme monsieur Ferrand. Parce qu'on ne peut pas négocier. Quand vous êtes à la tête de la Banque de France, quand vous êtes à la tête du Conseil constitutionnel, vous devez être parfaitement neutre. Vous ne devez pas faire de politique. Alors je sais qu'aujourd'hui, le respect de la morale, de l'éthique, des principes, c'est à géométrie variable pour les macronistes, c'est insupportable. Et je ne le dis pas personnellement, parce que Moulin, il ne s'est pas attaqué à nous. En l'occurrence, il s'est attaqué à M. Mélenchon. Mais il faut les mêmes principes pour tout le monde. Ils n'ont pas le droit de faire de la politique.
D'accord, mais est-ce que vous pensez que Richard Ferrand, à la tête du Conseil constitutionnel, qui a des accords avec vous sur le référendum sur l'immigration, ou Emmanuel Moulin, qui prend position pour un 49-3 sur le budget, pour faire simple, vous pensez vraiment que vous aurez gain de cause, qu'ils vont quitter leur poste ? Il faut, je pense, qu'il faut qu'il y ait
un consensus. Vous n'avez pas les moyens de le faire, vous ? Non, mais il y a le moyen, on est en train d'étudier. les moyens qui sont à nos dispositions, notamment pour M. Ferrand, parce que M. Ferrand, il y a quand même des dispositions très claires pour le fait qu'il n'ait pas le droit de prendre position. Et pourquoi ? Pour ceux qui nous écoutent, le conseil constitutionnel, c'est une forme de magistrature. Donc si vous vous exprimez avant qu'il y ait eu un problème de droit sur ce problème de droit, vous enfreignez votre rôle. Mais oui, sauf que si Marine Le Pen est élue présidente de la République par les Français, qui ait fait ce référendum sur l'immigration avec l'article 11, comme l'avait voulu le général de Gaulle, et que ça passe au conseil constitutionnel, M. Ferrand aura pris position. Avant. Il n'a pas le droit de le faire. Et j'aimerais quand même que ça indigne tout le monde. Parce que ça pourrait concerner d'autres forces politiques.
Quand vous dites que vous étudiez vos moyens d'action, vous pensez à quoi précisément ? Pour empêcher par exemple le président du Conseil constitutionnel ? On
peut saisir le doyen du Conseil constitutionnel. pour vérifier que M. Ferrand n'ait pas appliqué la règle. La règle de neutralité et la règle de ne pas s'exprimer sur un dossier avant que ce dossier arrive. Mais imaginez que ce soit d'autres personnes. Le doyen donc le plus vieux. Par exemple, si une force de gauche voulait augmenter fortement les impôts, c'est aussi interdit par la Constitution de dépasser certains seuils. Vous savez, on dit que l'impôt est confiscatoire. M. Mélenchon, hier, il a annoncé plus de 100 milliards d'impôts. On peut estimer que c'est confiscatoire. Ça, c'est de la politique. Mais si M. Ferrand prenait la parole pour dire... Je pense que c'est confiscatoire avant les élections. Il enfreindrait aussi ce rôle. Ça peut concerner toutes les forces politiques. Donc vous mettez Emmanuel Moulin aussi dans le même salle. Oui, mais vous savez, on avait prévenu, parce que j'étais venu sur votre plateau, monsieur Lettier, sur le service public, et j'avais prévenu que monsieur Moulin était ce genre d'individu. Cette
nuit, l'Assemblée nationale a voté la contribution de la France à l'Union européenne. 31 milliards pour l'année prochaine. Marine Le Pen veut que ce soit limité à 5 milliards. Est-ce que ça veut dire, si Marine Le Pen arrive au pouvoir en juin prochain, que ce sera votre premier budget rectificatif ?
Ça fera partie, oui, du premier budget rectificatif. Alors, 5 milliards net. Hier, on a voté une contribution brute. Il faut savoir qu'elle a doublé. Quand M. Macron est arrivé, c'était 16 milliards. Aujourd'hui, c'est entre 31 et 33 milliards, selon la façon dont on compte. Est-ce que les Françaises et les Français ont vu les bénéfices de l'Union européenne doubler en leur faveur ? Je ne crois pas. Les agriculteurs, les ouvriers, tous ceux qui ont besoin de travailler. L'Union européenne est plutôt un couteau dans le dos. On l'a vu avec les traités de libre-échange. Vous
disiez tout à l'heure, il faut trouver des économies. 160 milliards, vous savez ce que c'est ? C'est le montant des aides aux entreprises chaque année, alors que le chômage continue d'augmenter. Est-ce qu'il y a du ménage à faire là-dedans ? Il faudrait
conditionner ces aides au fait qu'ils créent des emplois en France, qu'ils investissent en France, qu'ils fassent de la recherche en France. Mais est-ce que
c'est dans votre programme ça ?
Ah oui, c'est dans notre programme. D'ailleurs, on le fait régulièrement adopter, comme quoi on arrive à faire parfois adopter des mesures au-dessus des clivages partisans. Un amendement de notre collègue Emmanuel Taché sur la garantie… Aurélien Taché, non ? Non, Aurélien Taché, il est chez nous. Ah pardon, Emmanuel Taché. Emmanuel Taché, il est chez nous. D'accord, d'accord. Député des Bouches-du-Rhône qui demande que les aides soient remboursées si les entreprises délocalisent. ça, vous dites qu'il y a du ménage à faire dans les aides. Oui, mais par contre, il ne faut pas augmenter les impôts des entreprises qui sont lourdement taxées, qui sont en concurrence avec des puissances étrangères, on le sait. À propos
de taxes et d'étrangers, dans le programme de Marine Le Pen, il y a l'instauration d'une taxe de 1000 euros pour l'embauche de salariés étrangers qui ne appartiennent pas à des pays d'Union Européenne. Vous faites beaucoup de mécontents. Du côté des vignerons qui disent nous on a besoin par exemple de salariés marocains, du côté des organisations patronales qui disent dans la haute technologie on a besoin de savoir-faire qui viennent d'Inde, des Etats-Unis ou ailleurs, est-ce que vous êtes prêt à réétudier cette mesure ?
Non mais écoutez on peut toujours regarder le détail, on peut imaginer... Où est-ce que vous restez ferme sur vos principes ? Une clause de sauvegarde pour certaines professions qui auraient des difficultés temporaires, mais le principe c'est quoi ? C'est la priorité nationale à l'emploi, il faut... employer des Français, il y a trop de personnes au chômage, il y a trop de personnes en inactivité, il faut employer des Français. Et de toute façon, les agriculteurs, je leur dis, ils payent déjà une forme de taxe, puisque avec 5 millions de chômeurs, il faut payer les allocations, il faut payer l'aide au chômage, donc ils payent ce chômage. Donc en fait, si on emploie des Français, non seulement ils ne paieront pas les 1 000 euros, mais les cotisations, elles baisseront. Parce que si on fait baisser le chômage en France, il y aura moins de cotisations, évidemment, pour le système social. pour payer le système système. Mais vous entendez ces récriminations.
Marine Lecombe, par exemple, au salon de l'élevage en
Auvergne, elle a été interpellée par l'inviteur. Mais il faut débattre. Nous, on est toujours pour le débat, on est toujours pour échanger, on peut toujours s'améliorer. Mais le principe, il est là. Nous avons 5 à 6 millions de chômeurs dans notre pays ou de gens mal employés. Il faut des emplois pour les Français.
Jean-Philippe Tomblighy, merci d'être venu sur le 4D. Merci à vous. Vous avez annoncé ce matin que vous demandez le départ d'Emmanuel Moulin, président. Gouverneur, pardon, de la Banque de France. Comme de Monsieur Ferrand. Merci beaucoup, à vous Maya.
Merci.
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