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'arrivais jusqu'ici parce que je suis arrivée Gare du Nord en même temps que la manif sauvage avec les enfants, etc. Donc rien qu'arriver ici, c'était quand même compliqué. Et en fait, moi j'en ai ras le bol de ce pays où même manifester est devenu compliqué. Donc je rappelle les fondamentaux. Il faut relire les très beaux mots de François Sureau sur le sujet. La force publique. Elle est là pour assurer les libertés des citoyens et pour protéger les citoyens. Ce n'est pas pour protéger le pouvoir en place des revendications des citoyens. C'est pour protéger les citoyens, y compris quand ils ont envie de contester le pouvoir en place. Et moi, je me rappelle de mes premières manifs. Je pense que ma première manifestation, c'était en 2002. J'étais lycéenne à Lens, là où un jeune de 15 ans s'est arrachée. Jean-Marie Le Pen était au deuxième tour de l'élection présidentielle. On a fait nos premières manifs à Lens. Et jamais j'aurais pensé subir de la lacrymo, des grenades, revenir avec mon intégrité. physique remise en question, ça ne m'aurait jamais traversé l'esprit que c'était dangereux de faire ça. Qu'est-ce qui s'est passé en France pour qu'en 25 ans, on arrive à un moment où on ne peut plus manifester avec ses enfants, on hésite même pour certains à venir soi-même. Et en fait, on voit bien une volonté du gouvernement que les revendications des lycéens et puis des autres ne puissent pas s'exprimer. Et donc moi, j'ai rencontré beaucoup de lycéens autour de chez moi parce que j'étais en post-maternité, donc à Douai, à Lens, à Arras, à Lille. Ils disent, on a l'impression que ce gouvernement a plus d'empathie pour les poubelles que pour les lycéens. Et donc, à un moment, je pense qu'il y a un système de maintien de l'ordre en France, ce qui est unique en Europe, qui est très contesté. Vous savez, en Angleterre, par exemple, la police ne va jamais au contact des manifestants. Ils font autrement, notamment, ils filment, comme c'est le cas aussi en France, et ils vont interpeller après. Parce que quand vous allez interpeller de l'ordre à manif, évidemment que ça ne se termine pas bien et ça fait des blessés, côté manifestants et côté policiers. Et donc on voit passer des chiffres, merci, on voit passer des chiffres partout de rapports entre le nombre de lycéens blessés et le nombre de policiers blessés. Ces chiffres sont absolument pas fiables, vous le savez, ils ne sont pas transparents dans les statistiques des policiers blessés. Il y a aussi des policiers qui se blessent avec leurs armes, qui se blessent entre collègues. Et donc cette doctrine de maintien à l'ordre, elle met en danger tout le monde. Il y a
de nombreux manifestants avec qui on échange, qui nous disent qu'ils voulaient s'approcher des lieux de pouvoir. Est-ce qu'il aurait fallu laisser ces manifestants s'approcher des lieux de pouvoir ?
Là, il y a un cortège qui est déclaré de République jusqu'à la place de Clichy. Je ne suis pas une spécialiste des trajets parisiens parce que ce n'est pas ma région, mais c'est déjà un peu baroque comme cortège en réalité, comme parcours. Et après, les manifs à se rassembler dans la rue. C'est pas illégal. Donc en fait, je trouve qu'on a une répression de ce mouvement. Et moi, je condamne toute forme de violence. Ça a toujours été mon cas. Donc je déplore que des lycéens soient blessés, que des policiers soient blessés, que des proviseurs, que des professeurs soient blessés. Mais à un moment, c'est la doctrine du maintien de l'ordre français qui fait ça. Quand vous avez plus de 8000 lycéens interpellés. en trois semaines, alors qu'en deux mois, en un an même de mouvement de Gilets jaunes, c'était 10 000. On voit bien qu'il y a une politique du chiffre. Et pour échanger beaucoup avec des policiers, des officiers de police judiciaire et des procureurs, ceux qui s'occupent des mineurs, j'ai quand même compris, comme vous cet été, qu'ils étaient en sous-effectif et qu'ils n'arrivaient pas à traiter tous les dossiers de violences sexuelles. Et donc cet été, on a tous dit dans ce pays, priorité sur les dossiers de violences sexuelles. Et là, toutes ces interpellations, les 8 000 gardes à vue et les suites à données, vous pensez que ça va être priorisé au-dessus ? En dessous, comment on fait quand les gens qui s'occupent des mineurs sont... et qu'on leur donne une politique de chiffre d'arrestation de lycéens qui pour la plupart n'ont rien fait.
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