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Bonjour Mélanie et Samuel. Bonjour à tous. Bienvenue dans les cas de vérité. Mon invité aujourd'hui est le ministre de l'Intérieur Laurent Nouniez. Bonjour Laurent Nouniez. Bonjour. À la veille d'une journée de manifestation qui s'annonce importante, 17 octobre, qui est sur les réseaux sociaux depuis quelques semaines déjà, contre la vie chère. Des mouvements qui peuvent avoir lieu partout. D'abord, est-ce que vous vous attendez à une mobilisation importante demain ?
Oui, on s'attend à une mobilisation assez importante. Il y a beaucoup d'appels sur les réseaux sociaux. On a identifié environ 250 appels à des actions de voie publique. Et on s'attend à environ 80 cortèges, c'est-à-dire des manifestations de voies publiques revendicatives. 80 cortèges autorisés ? 80 cortèges qui doivent normalement être déclarés. Moi, je ne peux qu'inciter ceux qui vont organiser ces cortèges. Il y a beaucoup d'organisations syndicales à évidemment les déclarer. Ce matin, je regardais le bilan, on a un peu plus d'une quarantaine de déclarations. Aujourd'hui, les préfets vont recevoir des déclarations. C'est extrêmement important pour pouvoir organiser ces manifestations. Mais ça peut
déborder, justement, ces cortèges autorisés. C'est ça que vous
craignez le plus ? Oui, bien sûr. Sur les manifestations de voies publiques, on voit bien que dans les grandes villes, en tout cas, c'est le cas à Paris, ce sera probablement le cas à Rennes, à Nantes. Toulouse, Bordeaux, on voit que l'ultra-gauche, très souvent en fin de cortège, provoque des dégradations et essaie de faire dégénérer ces manifestations, même quand elles sont déclarées. Donc on va être extrêmement vigilants, on sera extrêmement réactifs s'il devait y avoir des dégradations.
Vous citez des grandes villes. Vous savez que quand on parle du 17 octobre, on se réfère beaucoup aux Gilets jaunes de 2018, où là, c'était un peu partout dans le pays. Ce ne sera pas tout à fait la même chose ? Non, il y
a d'abord l'appel du 17 octobre à demain, et c'est vrai que c'est un appel qui a beaucoup été formulé sur les réseaux sociaux. Mais qui a été repris depuis par un certain nombre de syndicats, de formations politiques qui veulent organiser une convergence des luttes. Donc il y a plusieurs types d'appels, plusieurs sortes d'actions. Il y a des appels à des rassemblements spontanés. Et surtout, le plus important sont les manifestations de voie publique. Et je crois que c'est vraiment la voie privilégiée puisqu'elle est déclarée en préfecture et elle peut être organisée dans des conditions de sécurité optimales. Ce
que vous dites, Laurent Nunez, c'est qu'on va plutôt vers une journée, j'allais dire, un peu traditionnelle, plutôt que des blocages sur les ronds-points comme on l'a vu à l'époque des Gilets jaunes. Ce n'est pas ce que j'ai dit. J'ai dit qu'il y avait plusieurs
types d'appels. Il peut y avoir des blocages. Il y a plusieurs types d'actions. Les blocages en font partie. Évidemment, le blocage, c'est autre chose. On n'est pas sur une manifestation de voie publique déclarée en préfecture. Et donc, dans ce cas ? S'il devait y avoir des blocages et qu'il viendrait perturber, par exemple, la circulation, l'accès à des axes structurants, évidemment que les instructions que j'ai données au préfet, c'est de débloquer. Immédiatement ? Bien sûr. Justement, quelles sont les consignes données aux forces de l'ordre pour demain ? Encadrer les manifestations quand elles sont déclarées, c'est-à-dire faire en sorte qu'elles se déroulent sans débordement. Pour intervenir quand il y a des exactions et s'il devait y avoir justement ces débordements, notamment des atteintes aux forces de sécurité intérieure, des tentatives ou des pillages de commerce, des violences contre les personnes, il y aura systématiquement intervention. Et puis pour les rassemblements spontanés de voies publiques, s'il devait y en avoir, y mettre un terme lorsqu'ils causent un trouble à l'ordre public et notamment lorsqu'ils... entrave la bonne circulation.
Ça intervient à la suite de mobilisations lycéennes au cours desquelles les grenades assourdissantes ont été suspendues depuis qu'un lycéen de 15 ans a eu la main arrachée par une de ces grenades. Est-ce que ces grenades assourdissantes seront de nouveau autorisées demain?
Je les ai suspendues pour un type de grenade assourdissante. Il y en a plusieurs. C'est un type qui a été suspendu. Celui qui a été utilisé dans les conditions décrites par le parquet de Béthune à Lens. J'ai suspendu cette grenade assourdissante. uniquement pour le mouvement lycéen. Il faut savoir qu'elles sont très peu utilisées demain s'il devait y avoir des violences. les urbaines extrêmement graves en marge d'un cortège ou ailleurs, évidemment, ce type d'armement peut être utilisé. Mais comment vous allez faire le tri ? Il l'est toujours avec parcimonie. J
'entends bien Laurent Lunez, mais comment vous allez faire le tri ? Parce qu'il peut y avoir des lycéens aussi dans les cortèges. Non,
attention, demain, ce sont d'autres types d'actions auxquelles il y a. Oui, mais il peut y avoir des lycéens aussi ? D'autres mouvements. Vous pensez qu'il n'y aura pas d'lycéens ? Les instructions que j'ai passées sont très claires. Les policiers et les gendarmes... doivent pouvoir utiliser l'ensemble des armes intermédiaires à leur disposition. Ça va de la grenade lacrymogène aux lanceurs de balles de défense, dans des conditions qui sont celles d'un contexte d'extrême difficulté, et notamment quand la situation bascule en violence urbaine ou en émeute, ce qui malheureusement arrive parfois en marge des cortèges. On l'a vu à Paris, ou on l'a vu dans certaines grandes villes. S'il
y a des jeunes dans ces
cortèges
?
Qu
'est-ce que vous allez faire ? Il va
falloir faire attention ? La grenade assourdissante n'est jamais utilisée en maintien de l'ordre dans une manifestation quand les choses se passent bien. Dans un contexte extrêmement dégradé, s'il devait y avoir des affrontements, je ne veux pas croire que ce soit le cas, mais s'il devait y avoir des affrontements graves et lourds, tous les types d'armes intermédiaires peuvent être utilisés. Le syndicat
de policiers Alliance a porté plainte pour mise en danger de la vie d'autrui. Ils estiment que les policiers sont envoyés comme une chair à canon, c'est leur mot, exposés à la violence, à la vindicte, et ils mettent en cause des consignes qui leur sont données sur le terrain. Quand vous entendez ça, est-ce que vous, ministre de l'Intérieur, vous dites qu'il y a des consignes qui sont données sur le terrain qui ne sont peut-être pas au niveau ? Non, mes
instructions sont respectées partout sur le territoire national. Donc ce que dit Allianz, c'est faux ? Ce n'est pas ce que je vous dis. Laissez-moi terminer. Je donne des instructions qui sont très claires à l'ensemble des préfets et des responsables de la hiérarchie policière comme de gendarmerie, qui est de faire cesser les troubles à leur public et d'utiliser tout l'armement intermédiaire, modulo ce qu'on s'est dit sur le mouvement lycéen, les grenades assourdissantes. Il m'est effectivement remonté qu'ici ou là, certaines consignes ont pu être passées de ne pas utiliser certains types d'armement. J'ai procédé fermement au rappel à l'ordre nécessaire. Il est hors de question de bannir un type d'arme intermédiaire lorsque les policiers et les gendarmes, sur la base de mes instructions, vont rétablir leur public. C'est leur métier, ils le font de manière remarquable dans un cadre légal. et réglementaire, c'est-à-dire de façon proportionnée. Et donc je n'ai rien à redire sur les instructions que je passe. Et dans les cas qui sont cités par le syndicat Alliance, dont certains, je vous confirme, me sont remontés, j'y ai mis un terme dans les minutes ont suivi le moment où ils ont été portés à la reconnaissance. Non, il n'y a pas de sanctions, j'ai rappelé fermement les instructions. Et c'est dans un
nombre de cas limité. Je voudrais qu'on revienne sur un événement de cette semaine. Cette semaine, un adolescent de 14 ans... à Aubagne, collégien attiré sur un principal de collège et une enseignante. Il est fasciné par les True Crime Communities, c'est-à-dire les tueries de masse qui ont lieu aux Etats-Unis. Est-ce que ça, c'est un phénomène qui aujourd'hui est nouveau ou est marginal ?
'est un phénomène qui est nouveau, je vous le confirme. Ce sont des jeunes déjà qui s'isolent socialement, qui sont très jeunes, qui s'isolent et qui n'ont plus de vie que sur les réseaux sociaux et qui rentrent en contact avec d'autres jeunes et créent cette espèce de communauté qui existe, la True Crime Community. Ce sont des jeunes gens qui glorifient les tueries de masse en réalité, sur un fond idéologique qui est plutôt à l'ultra-droite. Pourquoi plutôt ? carrément à l'ultra-droite, mais à 14-15 ans, ils ne sont parfois même pas capables de comprendre qu'il y a ce fond idéologique d'ultra-droite, et qui sont en adoration devant des auteurs de tuerie de masse, comme il y a pu en avoir beaucoup aux Etats-Unis, au Canada. Est-ce
que ça vous inquiète ? Est-ce qu'en France, vous voyez une montée de ce phénomène ?
Oui, c'est un phénomène qui monte en France. On l'a vu avec évidemment le drame d'Aubagne. Il faut savoir que les services de renseignement spécialisés, et c'est notamment le cas de la Direction générale de la sécurité intérieure, suivent quelques dizaines d'objectifs de jeunes gens qui sont dans cette idéologie et qui glorifient les tueries de masse et évidemment échouent. Il y a beaucoup évidemment d'interpellations et de détections de ce type de profil qui doit vraiment retenir. Beaucoup d'interpellations, vous savez. Et surtout, il y en a eu quelques-unes déjà en amont de préparation d'actes. Et surtout, ce qui est important, c'est le travail avec l'éducation nationale pour repérer ensemble ce type de profil.
Laurent Nunez, merci d'être venu sur le plateau des cas de vérité. À la veille de cette journée du 17 octobre, vous avez dit que vous attendez au moins 250 rassemblements et la plupart sont des cortèges autorisés.
80 rassemblements de voix publiques, manifestations de voix publiques. Autorisés
et déclarés. Merci beaucoup.
J'espère déclarer et je lance un appel solennel à ce que ces cortèges soient déclarés.
Merci beaucoup. A vous Mélanie et Samuel.
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