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Je suis comme tout le monde, sous le choc des images. Alors il y avait déjà les étudiants, les lycéens, sous le choc des violences policières, et puis maintenant voilà les commerçants. Et mon expérience des situations de crise me font dire que ce qui compte avant tout, c'est de maintenir une capacité de discernement, de sang-froid. Donc mon premier message c'est, n'écoutez pas le discours du Premier ministre quand il dit... entre les pillards et les policiers, il faut choisir son camp. Le mot camp est détestable dans cette affaire. Et M. Bardella a repris la même expression. Non, pour moi, le choix n'est pas là. Le choix, il est entre une population, sa jeunesse, dans une crise très profonde, morale, psychologique, économique, et un gouvernement qui joue tout le temps la même méthode, le pourrissement. Car voyez-vous, si vous regardez les personnages, ce sont les mêmes que pour les Gilets jaunes, ce sont les mêmes que pour la répression aux Antilles. récemment ce sont les mêmes avec toujours les mêmes méthodes le pourrissement puis une violence aveugle pour essayer de faire peur à tout le monde alors la manière de réagir c'est d'empêcher qu'il y ait des pillages donc le maintien de ce qu'on appelle l'ordre la sûreté publique c'est une technique c'est un métier Ce n'est pas on prend des gens et on compte sur la brutalité parce qu'on pense que la brutalité c'est efficace. C'est une technique, comment on organise, comment on fait. Regardez, le fond de l'affaire c'est d'empêcher qu'on en arrive à ce point. Et là on a fait exactement le contraire. C'est-à-dire qu'il ne se passe rien pendant plus de dix jours puis tout d'un coup c'est des policiers à toutes les portes des lycées. commencent des violences de toutes sortes, et on est parti dans un cycle qui est celui du pourrissement. Et là, voyez-vous, ce soir, je suis inquiet, parce que le président de la République va prendre la parole à 20h. Alors, donc, il aura fallu toutes ces violences pour qu'on entende le son de savoir. Il, en quelque sorte, valide le scénario le plus nul qu'on ait entendu, qui est de dire, ah ben, il faut vraiment taper fort pour qu'il se passe quelque chose, premièrement. Deuxièmement...
Donc, c'est la faute du gouvernement, vous êtes en train de dire.
Totalement. Il n'y a que lui qui est responsable de tout ça. Parce que quand même, le fond de l'affaire, et peut-être qu'on va apprendre quelque chose à ce sujet ce soir avec le président de la République, peut-être va-t-il y répondre, le fond de l'affaire ce sont les revendications, la vie chère, les gens n'en peuvent plus, et puis la situation des lycéens, leur vie scolaire est infernale, et puis la situation des étudiants, nous sommes dans un pays dont on peut avoir honte, où nos jeunes gens qui sont à l'université... font la queue pour aller au restaurant à 1 euro, et d'autres fois, c'est à la soupe populaire. Par conséquent, il ne faut pas perdre de vue ça. Sinon, on entre dans l'indifférence à l'égard des souffrances populaires. Et c'est elles qui sont le sujet de la situation. Alors, ils s'en prennent à moi. Pourquoi ? Parce qu'ils préparent en réalité l'élection présidentielle. Il n'y a que ça qui les intéresse. Ce n'est pas la situation quotidienne des gens. Moi, mon point de vue est totalement différent. Mon point de vue, c'est que nous avons, nous, intérêt à ce qu'il y ait une issue. positive à ce qui vient de se passer. Or, le président joue le pourrissement. Pardon, laissez-moi préciser. Nous avons besoin de maîtrise de la situation. Je le redis. Si on joue à nouveau un épisode de pourrissement, le président n'est pas là, donc on ne répond à rien. Eh bien, ce que vous êtes en train de voir ce soir sur la place de la République pourrait se répandre. Écoutez ce qu'a dit M. Bauer sur votre chaîne il y a un instant. Il a dit que la composition sociale des gens interpellés montrait que c'était... dans cette affaire, des symptômes de l'exaspération populaire de la misère. Je ne donne pas raison à la méthode, c'est le contraire, madame. C'est moi qui dois m'expliquer. lorsque il y a de telles méthodes, alors que j'ai toujours appelé à la non-violence. Écoutez, cherté de la vie, bloquez les prix. Les revendications des étudiants, c'est simple à régler. Inscrivez les 10 milliards dans le budget qui arrive là, puisque justement c'est la cession budgétaire, et supprimez par Coursup. Pardon de vous dire que c'est ça qu'il avait fait pour les gilets jaunes, quand on était arrivés au point où c'était la bataille généralisée. Et
quand on voit les roues à l'heure actuelle... Pardon, il ne faut
pas les oublier, les commerçants. Il faut les indemniser tout de suite.
Voilà, les commerçants justement. L
'avis du pays est engagé dans un moment délicat et compliqué. Je le redis, si le numéro de ce soir du président de la République, avant son départ, c'est une nouvelle phase de pourrissement... Nous allons aller devant des événements qui finiront par devenir incontrôlables. Or, nous avons besoin de contrôle collectif. Je le redis, répondez à la vie chère, blocage des prix. Deuxièmement, répondez aux jeunes gens, mettez leur 10 milliards et supprimez Parcoursup. Et répondez à la détresse des malheureux dont les boutiques ont été pillées, à qui il faut d'entrée de jeu verser les sommes qui leur sont nécessaires. Et vous m'avez... Il y a un malentendu entre nous, je vois. On ne se comprend pas. Le mouvement s'appartient à lui-même, depuis le début. À aucun moment, les Insoumis n'ont donné d'autres consignes que des consignes de rassemblement, quand c'était dans un cadre, comme c'était pour le 17 octobre, avec les syndicats de jeunes et les syndicats de salariés. Et puisque vous m'en offrez. L'opportunité, je vais dire, que je souhaite que ce cadre se rencontre, que nous puissions y venir, nous autres, les partis politiques, les organisations politiques, qui aidons, parce que je vous signale que ça fait maintenant trois semaines que les députés insoumis et les élus insoumis de toutes sortes vont s'interposer entre les policiers, les étudiants, pour faire en sorte qu'on revienne au calme. Donc ça commence à bien faire. Pour nous aussi, la fatigue, elle est là. Et je pense que nous avons besoin de ce cadre. Un cadre unitaire qui donne... des orientations qui donnent des dates sur lesquelles on s'entend tous mais nous ne dirigeons pas le mouvement populaire. Il se dirige lui-même par ses syndicats et ses assemblées. J'y tiens, madame, parce que sinon on mélange tout. Je ne suis pas la direction et mes camarades ne sont pas la direction de ce mouvement. Ce sont les jeunes gens qui le dirigent et les syndicats. Quant à nous, nous dirigeons ce que nous faisons dans les assemblées et en nous interposant. Mettez chacun à sa place. Quant à moi, je joue le rôle qui ne comporte aucun mystère. Je suis le candidat. du mouvement insoumis dans cette élection et puis le reste du temps je suis un théoricien je suis un praticien de l'action politique j'appelle bien sûr à combattre ce régime bien sûr alors qu'est-ce qu'il faudrait faire madame se taire et dire oui merci tous les cinq minutes non la démocratie le concept même de la démocratie c'est l'organisation de la contradiction des sociétés humaines unanimes ça n'existe pas sauf dans les dictatures Par conséquent, nous sommes tous, nous devons occuper le rôle qui est le nôtre. Mais quand vous avez en face de vous un interlocuteur, quoi que vous lui disiez, quoi que vous fassiez, quelle que soit votre organisation, il vous répond de la même manière, je m'en fous. C'est ce que fait M. Macron. C
'est
le résultat de 10 ans, 10 années désastreuses où un homme a par idéologie... C'est imaginer qu'en désorganisant l'État, les services publics, le marché, l'entreprise privée allaient remplacer tout le monde. Rien de tout ça ne s'est produit, si bien que nous, les Français, qui avons construit notre pays autour de l'État, nous sommes dans un état de désarroi total. Il y a rien qui marche. Donc Emmanuel Macron
est le seul responsable.
Notre jeunesse a besoin qu'il y ait une... Bonne fin à cette séquence. Ces revendications doivent être entendues. Là, nous parlons de notre futur à tous. Je le redis, notre plus grande richesse est là. Nous n'en avons pas d'autre. La matière grise est l'enthousiasme de la jeune génération. Mais je le rappelle, au milieu de tout ça, disparaît le fond de l'affaire. Les gens ont faim. Les gens ont besoin de pouvoir mettre de l'essence à un prix possible pour sortir de chez eux. Les gens ont tous les problèmes de la Terre, aucun n'est réglé. Et on réglerait ça par une discussion entre M. Lecornu, qui reproche à M. Mélenchon d'avoir appelé les gens à quoi s'opposer. Où est le crime dans une démocratie ? Mais que viennent faire
des slogans comme « Acab » ? « All cops are bastards » ? Tous les flics, il faut le dire, parce que c'est comme ça que ça se traduit, sont des bâtards. Est-ce que ça a sa place dans des manifestations pour vous ?
oui, tous les slogans ont leur place. Vous savez, je peux vous chanter mort aux vaches, mort à la sûreté, etc. Ça fait 100 ans que ça dure. Vous savez qu'on est en France ici, vous savez comme moi, vous les connaissez. Ils sont comme ça. Et puis il y a un rapport à l'autorité qui a toujours été paradoxal. C'est-à-dire qu'à la fois on en veut et de l'autre côté on ne la supporte pas. La France est comme ça. Mais c'est ça. C'est bon, ils sont à la fois capables d'être moqueurs, d'être des fois insultants, et en même temps de savoir se regrouper.
Et vous ne le reprenez pas à votre compte Jean-Luc Mélenchon ?
Si, pardon, mais si on ne comprend pas le pays dans lequel on vit, ce n'est pas la peine de demander à le gouverner. Il faut aller gouverner là où ça correspond à vos manières d'être. Il faut comprendre le tempérament français. Et puis là, les gens sont d'une patience inouïe. Vous vous rendez compte de ce qu'ils en durent ? Moi, ma situation matérielle est extrêmement favorable. je pourrais être chez moi les pieds dans mes pantoufles. Mais si je décide comme d'autres de me mettre en mouvement, c'est parce que je sais que la vie est devenue insupportable pour le commun des mortels. Et d'abord, je n'ai pas besoin d'aller bien loin. Dans ma propre famille, je vois la tension, la misère se répandre autour de nous, alors qu'il y a une richesse incroyable. qui est accumulée dans ce pays. Et vous le reprenez
à Cab, est-ce que vous le reprenez à votre compte ?
Ça dépend des jours et des heures.
C'est vrai ?
Oui, bien sûr. Je suis comme tout le monde et vous ne racontez pas d'histoire, vous en êtes au même point. Moi
? Oui, oui, oui. Qu'est-ce que je viens faire là-dedans ? Parce que vous
êtes comme tous les Français et les Françaises. C'est-à-dire qu'il y a des moments où, comme on dit vulgairement, c'est trop... Restons de soi, pourquoi ? Non, non, la situation n'a rien à voir. Dans le cas des policiers, ça s'appelle les risques du métier. Tandis que quand on parle des manifestants, on parle des droits des citoyens. Vous voyez, ça n'a rien à voir. Rien à voir.
Ils ne prennent pas le risque de manifester
J'espère bien que non. C'est pas un risque de manifester, c'est un droit. C'est un risque si quelqu'un vient en empêcher. Vous pouvez avoir des bandes qui arrivent et empêchent la manifestation. Mettez les choses à leur plat. Sinon, c'est la confusion. On n'est pas une grande bande de potes. On est une société organisée, avec des gens qui sont d'un point de vue, des gens qui sont de l'autre. Il y a des gens qui manifestaient hier, et puis d'autres qui disaient pas du tout, ça vaut pas la peine de manifester, vous faites des histoires. Ça s'appelle la démocratie, on n'est pas d'accord. Mais on tâche de cheminer, et par le rapport de force, par la démonstration de se convaincre. Mais c'est ça la vie, qu'est-ce que vous voulez d'autre ? Mais des parties d
'artifices qu'on a vues dans les rues, certains vous disent, bon bah c'est disproportionné. Est-ce que vous êtes d'accord avec cela ou pas
? Attendez, mais vous n'aurez évoqué... Qu'est-ce que vous pensez d'un tir à bout portant dans la figure et les dents d'un garçon ? Ou crever un oeil volontairement ? Qu'est-ce que vous en pensez ?
Tout est condamnable.
Moi, j'en suis au même point que vous. Celui qui viserait à l'intégrité physique de tel ou tel policier, je dirais, mais bon, qu'est-ce que ça veut dire ? Comment tu fais ? Parce qu'après, c'est moi qui dois passer une heure devant un journaliste pour expliquer pourquoi si, ça oui, ça non, ça oui, ça non, et puis ça n'en finit pas. Et moi, je dois répondre d'une stratégie que je n'ai jamais approuvée. Alors après, écoutez, je suis aussi obligé de me sentir solidaire, parce que c'est quand même ça la situation, de ces milliers de jeunes gens et de gens qui étaient moins jeunes, qui étaient dans la manif, qui venaient là tranquillement, débonnairement. et puis qui se sont retrouvés gazés, attaqués de tous les côtés, matraqués. Qu'est-ce que c'est que cette histoire ?
Mais vous entendez ces manifestants qui disent « on nous a volé notre manifestation ».
Ah ben bien sûr !
Mais qui leur a volé la manifestation ? Eh bien,
ceux qui ont gazé tout le monde au point de transformer tout ça en une cohue, et puis ceux qui ont profité du désordre pour passer à d'autres actions, avec lesquelles moi je ne suis pas d'accord, et que je perds mon temps à me justifier ici, de choses que je n'ai jamais voulues, puisque j'ai dit toujours, d'ailleurs il y en a qui m'en volent, qui disent, oui Mélenchon c'est un modéré, il ne veut pas, non, j'ai dit ce que j'avais à dire, je soutiens le mouvement de la jeunesse et des étudiants, et je soutiens leurs revendications, après le blocage des prix. L'annulation de Parcoursup et l'indemnisation de tous ces pauvres gens qui ont été mis dans une situation de faillite hier par ce qui s'est produit. Je prends ces trois-là, je pourrais rallonger ma liste comme vous le devinez. Donner satisfaction aux revendications. Ce que demandent les gens, ça n'est pas de l'extravagance, ça n'est pas du... je ne sais pas comment vous dire moi, c'est pas la lettre au Père Noël, c'est des choses de la vie. Parcoursup est une ignominie. L'État dans lequel sont les bâtiments scolaires, c'est insupportable. Et enfin, les pauvres gens qui attendent après qu'on règle leurs problèmes, il faut les apaiser tout de suite. Parce que c'est la responsabilité de l'État. Tout est bloqué. Pourquoi ? Parce que ce pouvoir n'est pas légitime. Il est ressenti par des Français de toutes opinions.
Emmanuel Macron a été élu au suffrage universel. Oui, mais pas
M. Lecornu, c'est le contraire. C'est toujours
une nomination du Premier ministre.
Écoutez, il a... C'est forfaiture de violer la... la démocratie, c'est forfaiture. Dire, je convoque des élections, je les ai perdues, mais je fais comme si je les avais gagnées, c'est soi-même se mettre dans une situation d'illégitimité. Madame, ne me demandez pas de dire autre chose. Nous avons immédiatement déposé une motion pour sa destitution, puisqu'il avait fait ça. Et à une fois près, elle arrivait devant l'Assemblée. C'est vous dire que cette instabilité, elle a une origine. Et le respect qui est porté à un pouvoir, c'est sa légitimité. Demandez... à nos compatriotes où on en est. Qui dans ce pays dit que ce président a raison ? Personne. 15% paraît-il de l'opinion au gouvernement. 15% de gens qui sont d'accord avec ça. Le principe de la démocratie, c'est que vous acceptez de perdre. C'est pas d'accepter de gagner, et ça c'est à la portée de tout le monde. C'est d'accepter de perdre. Quand vous avez perdu, vous avez perdu. Et vous consentez à l'autorité. Dans notre pays, plus personne ne consente à l'autorité. Tout le monde la trouve illégitime. Que ce soit l'autorité des impôts, l'autorité des policiers, l'autorité de tout ce que vous voulez, l'autorité est mise en compte partout. Peut-on vivre sans qu'un certain consentement ? Eh ben non. Ça s'appelle la démocratie ou sinon on fait une dictature. Mais la France ne sait pas jamais faire, je ne pense pas.
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