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On est avec le porte-parole de Bruno Retailleau. Bonsoir Pierre-Henri Dumont. Quelle est votre réaction à cette allocution présidentielle ? Je rappelle que votre champion candidat à Les Républicains réclamait l'état d'urgence. Êtes-vous déçu ce soir ?
Écoutez, en tout cas, c'est qu'on a vu un président de la République qui est complètement à côté de la plaque, qui n'a pas pris la mesure de ce qui s'est passé hier. On a un état de choc, de sidération qui traverse le pays. Et moi, vous savez, je ne suis pas porte-parole de Bruno Rotaio de profession, je suis maire de ma commune avant tout. Et nous, les élus, les maires de nos communes, nous avons appelé... un grand rassemblement devant nos mairies, parce que ce qui a été attaqué hier, ce sont des magasins, ce sont des forces de l'ordre, ce sont des pompiers qui venaient éteindre les incendies, mais ce sont aussi des lieux. qui sont les lieux, les temples de notre République que sont nos mairies. Et on ne peut pas laisser passer. Il y a des barbares aujourd'hui qui ne veulent pas faire civilisation avec le reste de la France. C'est cette nouvelle France, cette nouvelle France de Jean-Luc Mélenchon qui a attaqué les forces de l'ordre au point de risquer de les tuer en lançant des cheminées depuis les toits de Paris. C'est la nouvelle France de Jean-Luc Mélenchon qui a caillassé des camions de pompiers qui venaient éteindre les incendies qu'ils avaient allumés. C'est la nouvelle France de Jean-Luc Mélenchon qui a pillé les magasins des honnêtes travailleurs. C'est la nouvelle France. de Jean-Luc Mélenchon qui a profané, je l'ai dit, ces temples de la République, jusqu'à incendier la mairie de Limoges. Ça devient un peu le Movalise de la
Nouvelle-France. C'est qui les casseurs, selon vous, précisément ? Parce qu'on
a bien vu hier, pardon, mais que ce n'était pas simplement les Black Blocs ou les casseurs habituels qui étaient dans les manifestations. étaient des gens qui manifestaient, qui étaient là et qui se sont laissés entraîner. Ce sont des gens, cette nouvelle France de Jean-Luc Mélenchon, qui pouvait défiler avec des drapeaux palestiniens, avec des drapeaux algériens, qui ont lancé des cris de guerre sous forme de bismillah pour le 17 octobre. Et c'est la France, en fait, qui est une nouvelle France des barbares, dans le sens premier du terme. C'est-à-dire, les barbares, c'est quoi, étymologiquement ? C'est ceux qui sont à l'extérieur de la civilisation, qui ne participent pas à notre civilisation. Non, absolument pas. Il peut y avoir des gens qui sont parfaitement français, qui sont étrangers, qui sont nés à l'étranger, qui ne sont même pas français, qui vivent en France en respectant les règles. Et là, il y a des Français qui ne respectent pas les règles de vivre ensemble. Comment est-ce que vous appelez des gens qui pillent, qui cherchent à tuer des forces de l'ordre, qui propagent des incendies dans des bâtiments politiques ? Comment est-ce que vous appelez ça si ce n'est pas un déni de civilisation ?
Alors, vous qui êtes maire, vous rappeliez à l'instant le rassemblement qui aura lieu demain à l'appel de l'Association des maires de France. Qu'est-ce que vous dites à ceux qui nous regardent, à ces citoyens choqués ? C'est le premier échelon local. Est-ce que vous êtes au moins satisfait que le préfet, avec qui j'imagine vous discutez tous les jours depuis ce qui s'est passé, puisse prendre des mesures un peu plus fermes jusqu'à interdire des rassemblements dans votre commune
Alors, moi, dans ma commune, on n'a pas été touchés, puisque c'est une petite ville de 11 000 habitants. La ville à côté, Calais, par contre, a eu des actes qui n'ont pas été, évidemment, de l'ordre de ceux qu'on a pu voir à Paris ou à Lille, dans la région des Hauts-de-France. Mais c'est bien, évidemment, que le préfet puisse rendre les choses. Mais ce n'est pas une fois de plus à la hauteur. Et l'intervention du président de la République est assez inquiétante. On le sent dépassé par les événements. D'ailleurs, il n'a pas renoncé à son voyage demain dans le Golfe. C'est une faute, à votre avis ? Je pense que quand le pays est à feu et à sang, il est nécessaire que le président de la République et le garant des institutions puissent... montrer qu'il est à la barre. Et donc là, les propos du président de la République, c'était, mais parce qu'il n'a pas de majorité absolue, par sa faute, puisqu'il a fait une dissolution de l'Assemblée nationale catastrophique il y a plus de deux ans, c'est « j'ai demandé, j'attends des explications ». Ce n'est pas quelque chose que l'on attend d'un président de la République, encore moins d'Emmanuel Macron, qui nous a habitués à être beaucoup plus dirigif, beaucoup plus clair dans ses intentions et être beaucoup plus allant sur sa demande et sa volonté. Pierre-Henri Dumont ? on demande de décréter l'état d'urgence, parce que ça donnera plus de moyens aux forces de l'ordre, et qu'on a bien vu ce qu'on pensait hier, c'est-à-dire que simplement une manifestation qui a dégénéré, en fait se poursuit aujourd'hui, et qu'il y a aujourd'hui encore des pillages, et ce n'est pas simplement parce qu'il y a des personnes qui sont en manifestation, mais il y a des personnes qui se sentent. qui permettrait des assignations à résidence et qui permettrait
des perquisitions administratives. Une question, la dernière, vous avez posée par Yael. Oui,
Pierre-Henri Dumont sur le voyage d'Emmanuel Macron qui n'a nulle part. Il sera bien en partance pour le Koweït pour une tournée dans les pays du Golfe de plusieurs jours. On ne peut pas lui reprocher d'un côté de ne pas agir sur le pouvoir d'achat des Français de la vie chère sur le prix des carburants et de ne pas se démener à l'international pour essayer de sécuriser nos approvisionnements puisque c'est comme ça qu'il justifie ce voyage.
mais vous comprenez bien qu'il y a un décalage entre un président de la République qui est en voyage, qu'importe la raison en réalité, de la même façon qu'il y avait un décalage pendant la veille du 17 octobre, le 16 octobre au soir, le président de la République est au ministère de ses unions. Bon, voilà, il y a des décalages, il y a des moments où il faut faire en sorte que quand on est président de la République, quand on est élu et quand on est en particulier au plus haut échelon de la démocratie française, il y a des responsabilités. Aujourd'hui, le pays appelle à avoir retrouvé du calme, à lutter contre cet état de sidération. je le répète, qui est le nôtre, celui de la plupart des citoyens, la plupart des Françaises et des Français et des habitants de notre pays. Et c'est pour cela que nous avons rappelé et appelé à la présence devant les mairies demain à midi, je le rappelle. à l'invitation de l'association des maires de France.
Merci beaucoup. Merci à vous, Pierre-Henri Dumont, porte-parole de la campagne de Bruno Retailleau. Lamentable, c'est le mot qu'a choisi Jordan Bardella, le président du Rassemblement national, pour juger l'allocution d'Emmanuel Macron. Et du côté des défis, les premières réactions. Mathilde Panot, l'artisan du chaos, remet directement de l'huile sur le feu. Fin de citation. Décidément, ça n'est pas peut-être demain que les Insoumis répondront à la... L'appel du chef de l'État dénoncé, condamné, sans ambiguïté ce qui s'est passé, les violences, les pillages
? Autant ils ont été ambigus, autant on ne peut pas considérer que c'est que les Insoumis. Il y a d'autres groupuscules de gauche et ça serait facile de considérer que tout ce qui a pu se passer en France est l'unique responsabilité des Insoumis. en partie responsable à cause du climat, à cause des condamnations sur la police, à cause de cette espèce, de cette façon d'appeler, et puis ça fait longtemps, à la rue, en disant que c'est dans la rue que ça peut se passer, une déferlante en demandant. C'est la thématique de Jean-Luc Mélenchon depuis longtemps, mais c'est beaucoup plus large. Alors après, il part quatre jours effectivement pour essayer de peser sur les négociations et l'évolution qu'il peut y avoir, le chef de l'État dans le Golfe. 'on considère qu'il aurait dû rester, quitte à envoyer un signal d'affolement, en disant qu'il annule tout parce qu'il reste là, parce qu'on est au port de la guerre de sécession, je ne pense pas. Le Céline Dion, ça ne change rien. De toute façon, il y a des téléphones et tout. Mais c'est vrai que symboliquement, ce n'est pas forcément l'idée du siècle. Comment on en sort ? Je reprends quand même quelques mots, non pas pour défendre Emmanuel Macron. Il a quand même laissé entendre, il a décidé qu'on serait intraitable face aux questions. Il y a quand même eu 2400 interpellations. Il a annoncé qu'il y aurait une transparence sur la doctrine de maintien de l'ordre. Et Gérald Darmanin, qui est quand même ministre, qui est quand même garde des Sceaux et qui est ministre de la Justice, a indiqué qu'il y aurait une réponse judiciaire sévère, comme il y avait eu au moment de la mort de Naël, où il y avait eu un certain nombre. Voilà, ça n'est pas
comparable à ce stade. Ce qui s'est passé, les émeutes de Naël qui ont suivi la mort de ce jeune homme après ce refus d'obtempérer. On n'en est pas là. On n'en est pas non plus à 2005. Souvenez-vous, les couvre-feu et l'état d'urgence. Il faut essayer parce que notre pays a déjà connu des difficultés avec les violences, etc. D'ordonner, de proportionner les choses.
Ce qui est quand même... On a l'impression d'avoir à faire, je dirais presque, une double réaction. suivant les personnes auxquelles on s'adresse, parce que quand vous discutez avec des personnes qui ont manifesté hier, elles vous disent, enfin certaines vous disent, mais moi j'ai manifesté, tout s'est bien passé, je suis rentré chez moi, et j'ai utilisé mon droit, qui est un droit fondamental, rappelons-le quand même, c'est-à-dire que l'ordre public et l'interdiction, ça ne doit arriver qu'en dernier ressort, quand on est sûr de ne pas pouvoir maintenir l'ordre, on peut interdire. – L'ordre n'a pas été maintenu, c'est la nuit dernière. – Non mais pour la suite, je veux dire, pour la suite. Et donc il y a aussi, je veux dire, il n'y a pas qu'LFI et la stratégie de la rue. Je suis d'accord avec ce que vous disiez, c'est-à-dire que ce sont les gens, ce sont les organisations syndicales, ce sont les lycéens d'abord, rappelons-le, qui ont voulu manifester autour de demandes et d'attentes. Et on a l'impression quand même que tout ceci passe complètement au second plan, alors que c'est le fond de l'affaire. Et donc la rhétorique qui consiste à... Faire le focus sur la violence, et elle est réelle aussi, c'est quand même un effet de cadrage dans cette affaire.
Alors, ce soir, on apprend que le Premier ministre va réunir à la fois les partis politiques, les syndicats, les collectivités et les parlementaires. C'est à l'annonce et à l'invitation du président de la République. En fait, il s'agit d'essayer de se reparler et de recoudre le lien social. corps intermédiaire aussi, les syndicats. Sophia Naclouf, la CFDT, Marlise Léon réclame d'être reçue par le Premier ministre. Au fond, il est important ce dernier rendez-vous avant l'élection, c'est-à-dire pouvoir montrer un semblant d'unité nationale.
Des syndicats qui considèrent avoir été malmenés et pas considérés, y compris par le chef de l'État. Le dialogue est rompu depuis un moment, notamment depuis la réforme des retraites où effectivement il y a eu une vraie cassure. C'est vrai que c'est très étonnant. On apprend cela par le Premier ministre ce soir. Et en même temps, quand on reprend les termes du président, je cite Emmanuel Macron ce soir, il appelle les partis politiques, les organisations professionnelles et syndicales à condamner sans ambiguïté les violences. Il leur dit faites-le donc comme si c'était un préalable. D'abord, vous condamnez les violences et puis après, on pourra parler parce qu'après, on apprend que le Premier ministre va les voir. Les partis, c'est une chose. Je pense qu'il peut y avoir une forme d'étonnement chez certaines organisations professionnelles qui n'ont, pour ainsi dire, rien demandé, qui peuvent avoir manifesté ou pas appelé à manifester hier d'ailleurs. C'est assez étonnant de les mettre toutes dans le même sac. Les forces ouvrières et
la CFDT n'étaient pas dans les cortèges, n'ont pas défilé. C'est la CGT qui a appelé. La
CGT a appelé. Il y a une autre date qui a été donnée par les syndicats, y compris la CFDT, c'est celle du 5 novembre. Donc on ne voit pas bien ce que les syndicats, de manière générale, viennent faire là. Pourquoi est-ce qu'on va demander à la CFDT de condamner sans... ambiguïté les violences, qu'il le fait et qui n'a pas besoin de l'appel d'Emmanuel Macron à le faire. C'est vrai qu'il y a une forme de décalage demander est-ce que vous êtes bien
dans la même équipe ? Parce qu'on ne va pas refaire à faire un débat, mais parce que quand même il est assez logique de ne pas négocier sous la pression et de considérer qu'il faut d'abord un retour au calme de manière à pouvoir entamer les choses et non pas en panique faire n'importe quoi en montrant l'impression qu'on est sous la pression des événements.
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