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Et voilà donc pour cette prise de parole du président de la République depuis l'Elysée. Une intervention, vous l'avez vu, empreinte de gravité. Il est revenu en longueur sur les scènes de chaos et de pillage qu'on a pu constater en France hier en marge des mobilisations contre la vie chère. Le fait de factions d'ultra-gauche jointes par des délinquants, a dit le chef de l'État. Compte-t-il dans la tête ? S'est-il exclamé ? Le chef de l'État qui a fait part de sa colère et même de sa honte après ces incendies. Incidents, des enquêtes seront conduites, le suivi judiciaire doit être exemplaire. A l'égard des casseurs, a-t-il dit, nous serons intraitables. On reparle de cette allocution avec la chef du service politique de France 24, Roselyne Fèvre. Bonsoir Roselyne et face à vous Antoine Marioty qui est toujours avec nous. Bonsoir Antoine. Roselyne, donc une allocution principalement pour condamner les faits, pas d'annonce et peut-être c'est ce qui lui sera reproché.
On a un président de la République, aujourd'hui, impuissant. Un gouvernement, Sébastien Lecornu, un Premier ministre, qui ne peut pas gouverner parce qu'il n'a pas de majorité. Un Premier ministre qui n'a pas reçu les lycéens alors qu'il le pouvait. Lorsqu'il a fait des annonces, il les a effectivement un peu noyés dans le sujet du carburant et de la dette. Et aujourd'hui, ce qui est frappant, c'est voir l'impuissance. du président de la République qui ne peut faire qu'une chose, c'est j'ai demandé au ministre de la Justice de faire ceci, j'ai demandé au ministre de l'Intérieur. En fait, son seul pouvoir aujourd'hui, c'est de dire je demande à mon gouvernement de faire ce qu'il faut alors qu'il ne peut rien faire. Donc c'est un peu l'histoire du serpent qui se mord la queue, avec, dans le fond, on sent un président qui a perdu les rênes, en quelque sorte, du pays, et qui, certes, il fait le constat, il condamne, alors il dit un message pour tout le monde, une forme de compassion pour les lycéens, en disant qu'il faut qu'on les comprenne, il faut s'asseoir autour d'une table. Le problème, c'est que ce n'est plus le moment de s'asseoir autour d'une table, il fallait le faire avant.
Oui, il a dit, voilà, pas d'annonce à ce stade. Mais le ministre de l'éducation y travaille. Il y travaille
depuis un petit moment.
Il fait quelques
semaines qu'il y travaille. Pour effectivement arriver à la télévision un dimanche soir pour expliquer que les 3000 professeurs qui manquaient, ils n'étaient pas là parce qu'il y avait un problème de logiciel et qu'ils n'avaient pas les outils. Donc c'était un aveu terrible d'impuissance. J'imagine que la tâche est compliquée, bien sûr, mais tout de même. C'était un aveu terrible d'échec. Et ce qu'on voit aujourd'hui, c'est dans le fond, véritablement, l'impuissance d'un président de la République qui ne peut effectivement le condamner, que d'être dans le commentaire, en quelque sorte, dire qu'est-ce que ces jeunes ont dans la tête, bien évidemment. Tout le monde se pose cette question, vous tous sur ce plateau. Partout, on entend les gens qui sont effectivement consternés. Aujourd'hui, il est le chef de l'État. Est-ce qu'il a eu un mot pour les forces de l'ordre ? Mais pourquoi il y a eu si peu de forces de l'ordre ? Pourquoi avoir laissé pourrir les choses alors qu'il y avait des remontées inquiétantes ? Alors que le ministre, le maire de Marseille... Oui, certains maires ont
appelé directement Emmanuel Macron sur son portable pour lui demander hier soir des renforts. Exactement, il lui a demandé
des renforts. Et voilà, donc l'impuissance à tous les étages, comme dirait... Marc Bloch, dans son temps, c'est une étrange défaite. Antoine ?
Ce qui est frappant, je ne sais pas si Roselyne sera d'accord, c'est qu'on a l'impression que ce discours aurait pu être prononcé. Je sais bien, chère Roselyne, mais je fais un peu de suspense. Qu'en fait, ce discours, presque au mot prêt, aurait pu être prononcé il y a deux semaines ou trois semaines. À l'équivalent de... À la différence du niveau de violence, évidemment. Mais quand on nous dit « il faut nous asseoir autour de cette table pour trouver des solutions avec les lycéens, etc. Le Premier ministre va les recevoir cette semaine. » Mais c'était il y a deux, trois semaines, quatre semaines qu'il fallait. le faire quand la grogne commençait on a l'impression qu'il a perdu la main au même titre qu'il n'avait pas réussi avec les gilets jaunes ou avec la réforme des retraites à entendre la colère et à réaliser qu'il fallait sortir du bois à des moments clés avant que ça ne prenne trop d'ampleur ce qui a été le cas hier avec des résultats absolument catastrophiques et désolant pour le pays pour de nombreuses personnalités personnes et municipalités et on a l'impression finalement il ya trois semaines de retard dans ce discours et qu'il n'est pas non plus à la hauteur de ce qui s'est passé hier sur la réponse politique, parce que finalement il y a deux réponses. Il y a une réponse sécuritaire au casseur et il y a une réponse politique aux revendications qu'Emmanuel Macron lui-même appelle des revendications légitimes des centaines de milliers de personnes qui ont manifesté pacifiquement hier. Et vous rappelez que le défilé à Paris entre République et la place de Clichy s'est très bien passé. C'était Paris à Nice par exemple, où ce n'est qu'en marge et à côté qu'il y a eu des violences importantes.
Toujours pour Emmanuel Macron et cette allocution, Roselyne, il l'a rappelé, on est à six mois l'élection présidentielle, ça n'a échappé évidemment à personne. Et cette déclaration, tous ceux qui vous disent d'aller dans la rue volent le débat. Une pique
à LFI ? Oui, il n'y a même plus de débat. Maintenant, c'est de l'anathème à tous les étages, c'est des critiques. En tout cas, ils
visaient LFI ? Oui, mais LFI,
ça fait longtemps qu'ils sont montrés du doigt, notamment par Sébastien Lecornu. On l'a entendu combien de fois à la tribune de l'Assemblée nationale. Et le reste de la droite
aussi, voire de l'extrême
droite aussi. Bien sûr, taper sur LFI qui a joué effectivement à un jeu. Parce que dans le fond, le rêve de Jean-Luc Mélenchon depuis longtemps déjà, c'est de faire des petits feux. un grand feu. C'est l'idéologie que lui a soufflé la fameuse philosophe Chantal Mouffe sur la convergence des luttes. C'est l'idéologie bolivarienne. En fait, on fait la révolution et on... Puisque c'est lui qui avait... dit ceux qui avaient parlé de ça, de bordéliser. Et aujourd'hui, Jean-Luc Mélenchon apparaît comme effectivement l'agitateur et l'homme qui, politiquement en tout cas, est montré du doigt. On ne va pas cependant jeter forcément que l'opprobre sur Jean-Luc Mélenchon. Parce qu'aujourd'hui, certes, il est du côté des lycéens, il ne veut pas condamner, il condamne les violences policières et il ne fait que ça. Mais la situation, la responsabilité en est au gouvernement. Et ce que disait Antoine, ce que je disais au début, effectivement, de ne pas avoir pris les choses dès le début. Ça coûtait. à Sébastien Lecornu de recevoir les lycéens. Alors Jean-Luc Mélenchon,
lui, dit que la stratégie est claire, c'est celle du pourrissement. C'est ce qu'il a redit ce soir. Oui,
mais c'est effectivement ce que pensait Sébastien Lecornu. Je pense qu'il a minimisé le mouvement des lycéens. Il s'est dit, il y a les vacances de la Toussaint, ça va se calmer. Et cependant, ce qu'on pourrait reprocher aussi à l'allocution d'Emmanuel Macron, c'est qu'à aucun moment on a une info pour savoir qui... qui, alors on a bien compris que les lycéens, eux, manifestaient pour leur revendication, dans le calme, mais qui a cassé ? Est-ce que ce sont les jeunes de banlieue qui étaient à leur cause ? Alors il a dit des factions d'ultra
-gauche jointes par des délinquants.
Voilà, mais voilà les black blocs qui, pour la plupart, venaient aussi de pays européens voisins, parce que c'est vraiment classique. Oui, de l'Allemand a notamment
été entendu par endroits.
Voilà, et puis on se souvient, je crois que c'était ce G7 à Gênes. Vous avez tout cassé. Donc ça, c'est la professionnalisation de la violence. On aurait peut-être aimé, parce que lui, il est au cœur du réacteur, en quelque sorte, il sait, on aurait voulu avoir peut-être un peu de détails sur vraiment qui était aux manettes plutôt que... Voilà, Jean-Luc Mélenchon et la France insoumise, c'est leur donner peut-être un peu de pouvoir que de dire que dans le fond, c'est eux qui ont donné le mot d'ordre. Bon, ils étaient là pour faire aussi leur beurre électoral, comme chacun, comme Marine Le Pen d'ailleurs, qui aujourd'hui parle peu, elle parle un peu, mais dans le fond, elle n'a plus qu'à ramener. Elle a parlé ce soir d'un macronisme à
bout de souffle.
mais ce qui n'est pas faux non plus. Elle, elle n'a plus qu'à se baisser pour ramasser le magot. Je veux dire, si l'élection avait lieu... C'est l'URN
qui ressort à ce stade, en tout cas, gagnant de cette séquence.
Je le crains, de cette séquence. Alors attention, 6 mois
c
'est long. Et à ce stade, aujourd'hui, oui, elle boit du petit lait. D'ailleurs, on a vu Jordan Bardella qui a fait le tour des commissariats à Paris pour aller féliciter et voir les politiques. Donc bien évidemment, derrière tout ça, il y a une manœuvre électorale, mais de chaque côté.
qui lui fait oublier d'ailleurs ces polémiques antisémites, etc. Et on a bien vu, pour aller dans le sens de ce que dit Roselyne, c'est la locution de Marine Le Pen aujourd'hui, outre l'interview télévisée qu'elle a accordée. C'est une déclaration solennelle, presque à l'image de celle d'Emmanuel Macron, les dorures en moins, avec le drapeau français derrière, très léché, esthétiquement parlant, pour se donner une statue présidentielle, pour se mettre au-dessus de cette mêlée-là et dire justement, nous on n'est pas là pour bordéliser le pays, on est là pour l'ordre. les choses vont être carrées, droites, et pour en effet, comme le dit Roselyne, il n'y a plus qu'à se baisser pour ramasser les dividendes, parce que c'est finalement, et c'est la presse allemande qui disait ça, ça ancre un peu plus le débat entre Mélenchon et Le Pen, et Mélenchon étant vu là comme le fauteur de troubles, et Marine Le Pen, l'ordre potentiel, même si on attend de voir s'il était au pouvoir, s'il n'y aurait pas ce genre, ou elle, ou n'importe qui d'autre d'ailleurs, ce genre de violence.
Antoine, ce chiffre qui vient de nous parvenir du ministère de l'Intérieur, 2397 interpellations, 997 policiers et gendarmes blessés, dont 7 graves. Donc chiffre communiqué à l'instant par le ministère de l'Intérieur, 7 sans précédent.
'est colossal, c'est colossal. Quand on trouve le nombre de policiers blessés, c'est vraiment énorme. C'est autant que pendant tout le mouvement des Gilets jaunes. Pour vous donner une idée, c'est autant que pendant tout le mouvement des gilets jaunes. Certains ont été transportés à l'hôpital hier inanimés parce qu'ils avaient reçu par exemple un pavé sur le visage, selon Laurent Nunez, le ministre de l'Intérieur. Donc c'est évidemment un niveau de violence d'une gravité sans nom, d'une extrême gravité, pour reprendre les mots, du président de la République il y a quelques minutes sur notre antenne. Et en effet, sur le nombre d'arrestations, ça montre aussi le niveau de violence. On a parlé de 2000 casseurs à Marseille. Autres chiffres, on parlait de 30 000, donc je ne sais pas quel est le bon, mais en tout cas hier matin, il y en avait 2 000 qui avaient débarqué sur la canobière directement de certains quartiers nord pour casser, selon Laurent Nunez encore une fois. On a parlé de 2 000 également rien qu'à Lille, donc ça fait beaucoup quand on voit à Paris l'ampleur que ça a pris qui était bien au-delà. Il y a eu une professionnalisation de la violence, des gens qui ne sont là que pour être dans la violence. Alors certains d'ultra-gauche, c'est vrai, certains des délinquants qui rejoignent, c'est vrai aussi. Black blocs qui viennent de différents pays. Et tout ça s'agglomère et fait oublier d'ailleurs les revendications, encore une fois, légitimes avec lesquelles on peut être d'accord, pas d'accord. Mais des centaines de milliers de personnes qui ont manifesté pacifiquement le reste de la journée. Il y avait deux réalités parallèles, géographiquement distinctes. Dans la façon de s'exprimer, évidemment radicalement distincte, parce que ces casseurs-là, soyons clairs, il n'en aura rien à faire de savoir si les emplois du temps vont être aménagés dans les lycées ou s'il y a Parcoursup ou pas. Ils sont là pour casser et pas pour avoir des revendications sur lesquelles on peut débattre, que ce soit autour du Premier ministre cette semaine, enfin, ou pas.
Mais ce qui me frappe quand même, c'est l'impuissance ce soir d'Emmanuel Macron. Il n'a rien à nous dire. Il y a aussi sur le terrain,
puisqu'il y a encore eu des pillages ce soir à proximité. de la place de la République, encore des échauffourées aussi sur place. Ces images quand même interpellent, notamment de l'étranger aussi. Regardez ces images, on fait le tour du monde et beaucoup s'interrogent. Comment est-ce que ça se fait que ces délinquants se servent littéralement dans les magasins sans être arrêtés, et ce, en pleine journée ?
Il y en a qui ont été arrêtés, mais ils sont quand même très disséminés, ils bougent beaucoup, ils sont très mobiles, et ce qui n'est pas le cas forcément toujours des forces de l'ordre, qui doivent protéger les lieux de pouvoir, notamment l'Elysée, Matignon, l'Assemblée, parce qu'il y a les Black Blocs. En fait, il y a deux objectifs pour les uns et les autres. L'objectif des Black Blocs, c'est d'être... les lieux de pouvoir c'est de faire trembler l'état on l'avait vu au moment des gilets jaunes d'ailleurs quand il voulait aller défoncer la porte de l'elysée et puis il ya effectivement certains qui sont là pour je vais le dire de manière toute simple pour pour faire leurs courses à les piller sont les des pillards qui se servent de cette manifestation de ces deux ces troupes de ce chaos pour aller casser. Donc c'est deux objectifs différents. Et puis au milieu, effectivement, là où je minimisais un peu par rapport à tout ça Jean-Luc Mélenchon, mais Jean-Luc Mélenchon, les Insoumis ont une responsabilité, dans le sens où depuis des années, il y a un discours de violence, que ce soit à l'Assemblée nationale, que ce soit dans ce qu'on voit de la politique, une violence fondée. qu'ils ont presque théorisées. Et donc cette violence, elle se manifeste aussi dans la rue et elle permet à ce qu'on voit aujourd'hui, de dire que c'est de la faute de la police. Et moi je trouve ça assez miraculeux que pendant ces deux jours-là, il n'y ait pas eu un mort. Pas un seul. Il y a un discours anti-force de
l'ordre, d'ailleurs, aussi, de la part des Insoumis depuis des années.
Bien sûr, depuis la police tue, etc. En tout cas, on a appris, alors pas
de mort, mais on a appris ce soir,
qu
'il y avait même une jeune femme qui avait perdu un oeil à nouveau.
Oui, il y a eu, je crois, deux manifestants qui ont perdu une main, un oeil, etc. Donc oui, c'est dramatique. Mais il n'y a pas de mort. Et quand on voit les images de guérillas, ça paraît incroyable. Mais pour en revenir encore à Emmanuel Macron... parce qu'on vient de l'écouter. Je veux dire, ça me fait penser un peu, effectivement, à De Gaulle, qui est en 68. Est-ce que Macron va partir à Baden-Baden et revenir plus fort, etc. Non, il ne pourra pas partir, il va partir tout court. Donc voilà, en 68, ça a sonné quand même la fin pour le général De Gaulle, qui ne comprenait pas, dans le fond, la jeunesse. Je trouve qu'il y a un petit lien. Oui, il y a des jeunes vieux aussi parfois. On peut critiquer, c'est sûr qu'il a le métier le plus difficile du monde, Emmanuel Macron. Mais aujourd'hui, il n'a plus de pouvoir. Il n'a plus de pouvoir. Il a un gouvernement, il a un premier ministre qui ne peut pas gouverner, qui ne peut même pas faire un budget. Et la seule chose qu'il puisse faire, c'est demander à ses ministres de faire ci, de faire ça, de monter une plateforme, etc. Alors qu'il y avait des trucs tout simples à faire, qui étaient de recevoir pour calmer le jeu. Et alors c'est bien, il nous a ressorti. Pas de grand débat, mais une consultation où il y a eu effectivement beaucoup de cahiers de doléances. Donc ça, ça marche parce que les gens 'en servent comme exutoires. Mais ce n'est absolument pas suffisant face à ce qu'on vit aujourd'hui. Juste une petite correction,
Roselyne, parce qu'on s'est trompé. En fait, il y a eu un mort, enfin une personne décédée suite d'un arrêt cardiorespital. respiratoire, boulevard de Magenta à Paris. C'était il y a quelques heures. On s'est trompé, la correction est effectuée. Je vous ai coupé. Merci de ce qui est dramatique.
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