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Bonsoir Larius, mesdames, messieurs, bonsoir, bonsoir Jean-Luc Mélenchon. Hier, la France a montré deux visages. D'un côté, des centaines de milliers de personnes mobilisées pacifiquement contre la vie chère. De l'autre, des violences, des bâtiments publics attaqués, des commerces pillés, des affrontements avec les forces de l'ordre. Vous êtes aujourd'hui... Directement mise en cause par le gouvernement, Laurent Nunez, le premier. Nous allons revenir sur cette journée, ces violences urbaines, sur les méthodes de la police que vous dénoncez également, puis sur la manière de sortir de cette crise. Tout d'abord, une question simple, Jean-Luc Mélenchon, comment vous caractérisez, comment vous qualifiez la journée d'hier
? Ecoutez, je suis comme tout le monde, sous le choc des images. Alors, il y avait déjà les étudiants, les lycéens, sous le choc des violences policières, et puis maintenant, voilà, les commerçants. Et mon expérience des situations de crise me font dire que ce qui compte avant tout, c'est de maintenir une capacité de discernement, de sang-froid. Donc, mon premier message, c'est n'écoutez pas le discours du Premier ministre quand il dit, entre les pillards et les policiers, il faut choisir son camp. Le mot camp est détestable dans cette affaire. Et M. Bardella a repris la même expression. Non, pour moi le choix n'est pas là. Le choix il est entre une population, sa jeunesse, dans une crise très profonde, morale, psychologique, économique, et un gouvernement qui joue tout le temps la même méthode, le pourrissement. Car voyez-vous, si vous regardez les personnages, ce sont les mêmes que pour les Gilets jaunes, ce sont les mêmes que pour la répression aux Antilles. récemment. Ce sont les mêmes avec toujours les mêmes méthodes. Le pourrissement puis une violence aveugle pour essayer de faire peur à tout le monde. Alors bon, le plus urgent...
Face au pillage, c'est un peu compliqué. Pardon ? Face au pillage, c'est un petit peu compliqué. Il faut réagir. Il faut une manière de réagir face à ces pillages qui sont insertants dans la nuit.
Bien sûr. La manière de réagir, c'est d'empêcher qu'il y ait des pillages. Donc le maintien de ce qu'on appelle l'ordre, la sûreté publique, c'est une technique, c'est un métier. Ce n'est pas on prend des gens et on compte sur la brutalité parce qu'on pense que la brutalité c'est efficace. C'est une technique, comment on organise, comment on fait. Regardez le préfet de police Grimaud en 1968, un mois de... On peut parler de violence qui était quand même extraordinaire.
Il y avait quelques pavés qui... Pas un mort.
Ah non, quelques pavés. Tous les pavés. Il n'y avait plus un arbre dans les rues où il y avait les manifestations. Toutes les voitures avaient été incendiées. Tous les commerces. Il n'y a pas eu un mort. Et les chefs du syndicat de police à l'époque avaient une morale républicaine en acier. Et c'est eux qui disaient, frapper un homme à terre c'est se déshonorer. Ils parlaient pour leur profession. Donc vous voyez... Mais le fond de l'affaire, c'est d'empêcher qu'on en arrive à ce point. Et là, on a fait exactement le contraire. C'est-à-dire qu'il ne se passe rien pendant plus de dix jours, et puis tout d'un coup, c'est des policiers à toutes les portes des lycées, commencent des violences de toutes sortes, et on est parti dans un cycle qui est celui du pourrissement. Et là, voyez-vous, ce soir, je suis inquiet. Parce que le président de la République va prendre la parole à 20h. Alors donc, il aura fallu toutes ces violences pour qu'on entende le son de sa voix. Il, en quelque sorte, valide le scénario le plus nul qu'on ait entendu, qui est de dire « Ah ben, il faut vraiment taper fort pour qu'il se passe quelque chose », premièrement.
Deuxièmement... Donc c'est la faute du gouvernement, vous êtes en train de dire.
Totalement. Il n'y a que lui qui est responsable de tout ça. Parce que le désordre fait partie, comment dire, des événements de la vie en société. Toutes les sociétés sont en proie à des pulsions, des tensions, et c'est pourquoi on organise la démocratie, on organise le débat, et on organise le maintien de la tranquillité.
Et les casseurs, les pierres, c'est des pulsions ?
Écoutez, vous connaissez un seul pays où il n'y en a pas, jamais, où il n'y en a jamais. Donc on fait la poussée à l'extrême, elle existe partout. C'est pour ça qu'on a des sociétés organisées avec des règles, des lois, des assemblées et qu'il y a des policiers. Enfin écoutez, si on ne s'attendait pas à ça... Pourquoi a-t-on recruté 100 000 policiers et 150 000 gendarmes ? C'est-à-dire 250 000 personnes dans ce pays sont censées s'occuper d'organiser le fait qu'il n'y ait pas de désordre. Et permettez-moi de vous dire qu'il est tout à fait étrange comment ont-ils pu, ceux qui dirigent, se tromper à ce point. La date du 17 octobre, elle est présente dans mon calendrier depuis le 3 septembre. C'est-à-dire qu'on sait depuis le début du mois de septembre, et rien n'est prévu. Et qui est là ? Monsieur Nunez, qui est l'homme qui a organisé les services de renseignement dans notre pays, qui en était le dirigeant ? Il n'a rien vu. Et alors qu'il est capable de mettre 14 000 personnes dans la seule ville de Paris pour accueillir dignement le pape et en toute tranquillité, là il y en a 10 000 pour toute la France. Alors, quel amateurisme est là en place ?
Vous voyez dans cette violence, des reporters nous disaient très clairement... Hier, lors des manifestations, que les policiers, eux, disaient aussi qu'ils n'avaient pas envie d'aller à l'affrontement, mais qu'ils étaient, ils se sentaient obligés de répondre à ce qu'il se passait.
Je suppose qu'ils ont reçu des ordres, enfin ils ne font pas ça. De toute façon, quelle est votre question ? Je ne suis pas, moi je ne suis pas commissaire de police, je ne suis pas ministre de l'intérieur, et le maniement de la technique... de maintien de la sûreté, pas mon métier, mon fait. Moi je suis capable d'analyser politiquement. Je dis que tout ça était hautement prévisible au bout de dix jours de pourrissement et plus, et puis dans une situation de mécontentement, parce que quand même, le fond de l'affaire... Et peut-être qu'on va apprendre quelque chose à ce sujet ce soir avec le président de la République, peut-être va-t-il y répondre. Le fond de l'affaire, ce sont les revendications, la vie chère, les gens n'en peuvent plus. Et puis la situation des lycéens, leur vie scolaire est infernale. Et puis la situation des étudiants, nous sommes dans un pays dont on peut avoir honte, où nos jeunes gens qui sont à l'université... font la queue pour aller au restaurant à 1 euro et d'autres fois c'est à la soupe populaire. Par conséquent, il ne faut pas perdre de vue ça. Sinon, on entre dans l'indifférence à l'égard des souffrances populaires. Et c'est elles qui sont le sujet de la situation.
Le gouvernement vous reproche, Jean-Luc Mélenchon, d'attiser les tensions. Ou en tous les cas de ne pas avoir su calmer une partie de cette jeunesse qui vote pour vous. Vous leur répondez quoi
C'est absolument incroyable de quel droit ils se mêlent. Pourquoi moi ? Enfin, il y avait, pour appeler à la manifestation du 17 octobre, les gilets jeunes, tous les syndicats d'étudiants, tous les syndicats de lycéens et deux confédérations syndicales dont la CGT, qui n'est pas une organisation irresponsable. Alors ils s'en prennent à moi, pourquoi ? Parce qu'ils préparent en réalité l'élection présidentielle. Il n'y a que ça qui les intéresse. Ce n'est pas la situation quotidienne des gens. Moi, mon point de vue est totalement différent. Mon point de vue, c'est que nous avons, nous, intérêt à ce qu'il y ait une issue. positive à ce qui vient de se passer. Or le président joue le pourrissement. Pardon, laissez-moi préciser ce point. Il prend la parole ce soir, pourquoi ? Parce qu'il s'en va pour quatre jours, allez nous impliquer dans une guerre qui ne nous intéresse pas, dans le golfe. Et il nous laisse, pendant ces quatre jours, dans les mains de Nunez, Lecornu et de gens qui sont des spécialistes de la pagaille organisée. Va-t-il ce soir régler au moins ? C
'est aussi une réponse sur les carburants en la vie chère, c'est aussi une réponse de se déplacer à l'étranger.
Ah bon ? Vous pensez qu'il va chercher de l'essence ? Vous plaisantez ? C'est pas ça qu'il va faire. Il va expliquer aux Saoudiens pourquoi nous allons nous installer le long de leur pipeline pour les défendre avec eux, à ses amis des Émirats arabes unis, je ne sais quoi. Non, tout ça n'est pas de la maîtrise de la situation. Et nous avons besoin de maîtrise de la situation. Je le redis. Si on joue à nouveau un épisode de pourrissement, le président n'est pas là, donc on ne répond à rien. Eh bien ce que vous êtes en train de voir ce soir sur la place de la République pourrait se répandre. Écoutez ce qu'a dit M. Bauer sur votre chaîne il y a un instant. Il a dit que la composition sociale des gens interpellés montrait que c'était dans cette affaire des symptômes de l'exaspération populaire de la misère. Je ne donne pas raison à la méthode, c'est le contraire madame. C'est moi qui dois m'expliquer. lorsque il y a de telles méthodes, alors que j'ai toujours appelé à la non-violence. Écoutez, entre le début du mois de septembre et l'heure à laquelle nous nous parlons, j'ai déjà fait dix fois un discours sur la nécessité d'en recourir à la non-violence. Est-ce que vous connaissez un seul responsable syndical ou politique qui en ait fait autant que moi dans ce domaine ? Vous voyez, par conséquent, voici ce dont nous avons besoin, monsieur Macron, puisque vous partez... faire vos courses et chercher de l'essence, comme on vient de me le dire. Eh bien, avant de partir, vous devez répondre à la demande populaire. Cherté de la vie, bloquez les prix. Les revendications des étudiants, c'est simple à régler. Inscrivez les 10 milliards dans le budget qui arrive là, puisque, justement, c'est la cession budgétaire. Et supprimez par Coursup. Pardon de vous dire que c'est ça qu'il avait fait pour les Gilets jaunes, quand on était arrivé au point où c'était la bataille généralisée. Et quand
on voit les roues à l'heure actuelle...
Pardon, il ne faut pas les oublier. Les commerçants. Il faut les analyser tout de suite.
Les commerçants, justement, pour l'instant, on part du principe que ce sera les contribuables qui vont payer notamment la note. Quand on voit ce qu'il se passe dans les rues de Paris ou dans les autres grandes villes, ces commerces qui ont été pillés, certains commerçants qui ont tout perdu, des symboles de l'État également qui ont été attaqués, des mairies. Ce sont
deux choses légèrement différentes. Alors pourquoi
c'est différent pour vous
Parce que... Dès qu'on touche au symbole du collectif, on parle d'autre chose. Aller mettre le feu à la mairie de Limoges, c'est un crime. Parce que c'est notre symbole collectif, c'est la maison du peuple. Elle est à tout le monde. Et la même chose pour la mairie de Marseille, qu'on a laissée à l'abandon. Je veux dire, le maire s'est retrouvé tout seul avec des gens qui ont enfoncé la porte avec un bélier, enfin bref.
le condamnez très clairement.
Mais ça, c'est toujours le grand mot. Condamner. Allez, d'accord, je vais condamner. Ça change quoi, madame ? Dites-moi, qu'est-ce que ça change ? Et est-ce que monsieur le président de la République, est-ce que monsieur le ministre de la police va dire que lui, il condamne ceux qui ont tiré à bout portant sur un jeune homme en lui détruisant la figure, et l'œil crevé, et l'autre œil crevé, et la mutilation ? À moins oui, on demande sans cesse.
Il y a des enquêtes à l'IGPN.
Oui, d'accord, c'est ça. C'est bien les enquêtes de l'IGPN, mais nous aussi. On a une enquête de nous-mêmes sur nous-mêmes. On connaît le résultat d'avant. Non, soyons sérieux. La vie du pays est engagée dans un moment délicat et compliqué. Je le redis. Si... Le numéro de ce soir du président de la République, avant son départ, c'est une nouvelle phase de pourrissement. Nous allons aller devant des événements qui finiront par devenir incontrôlables. Or, nous avons besoin de contrôle collectif. Je le redis, répondez à la vie chère, blocage des prix. Deuxièmement, répondez aux jeunes gens, mettez leur 10 milliards et supprimez Parcoursup. Et répondez à la détresse des malheureux dont les boutiques ont été pillées, à qui il faut d'entrée de jeu. verser les sommes qui leur sont nécessaires et vous m'avez interpellé en disant ah oui mais voyez-vous monsieur Mélenchon tout de même c'est les impôts bah précisément c'est pourquoi il est dit dans la loi que c'est l'état qui est responsable de la tranquillité dans les cas où elle est mise en péril par des actions du type que nous venons de vivre. C'est dans la loi. Par conséquent, ce n'est pas le moment de venir pleurer après. Il fallait se demander avant comment faire en sorte que ça n'ait pas lieu. Or, précisément, c'est ce que n'ont pas fait les responsables de la sécurité publique.
Il y a eu encore des débordements, notamment aujourd'hui, Place de la République, des casseurs en majorité qui étaient sur place. Est-ce que vous appelez ce soir, vous êtes candidat à la présidentielle, est-ce que vous appelez ce soir ? au calme, de manière très claire, ou est-ce que vous appelez, est-ce que ça continue, qu'il y ait d'autres manifestations ?
Il y a un malentendu entre nous, je vois, on ne se comprend pas. Le mouvement, ça appartient à lui-même, depuis le début. A aucun moment, les Insoumis n'ont donné d'autres consignes que des consignes de rassemblement, quand c'était dans un cadre, comme c'était pour le 17 octobre, avec les syndicats de jeunes et les syndicats de salariés. Et puisque vous m'en offrez l'opportunité, je vais dire que je souhaite que ce cadre se rencontre, que nous puissions y venir, nous autres, les partis politiques, les organisations politiques qui aidons. Parce que je vous signale que ça fait maintenant trois semaines que les députés insoumis et les élus insoumis de toutes sortes vont s'interposer entre les policiers, les étudiants, pour faire en sorte qu'on revienne au calme. Donc ça commence à bien faire. Pour nous aussi, la fatigue, elle est là. Et je pense que nous avons besoin de ce cadre. Un cadre... unitaire qui donne des orientations, qui donne des dates sur lesquelles on s'entend tous. Mais nous ne dirigeons pas le mouvement populaire. Il se dirige lui-même par ses syndicats et ses assemblées. J'y tiens, madame, parce que sinon... Je ne suis pas la direction et mes camarades ne sont pas la direction de ce mouvement. Ce sont les jeunes gens qui le dirigent et les syndicats. Quant à nous, nous dirigeons ce que nous faisons dans les assemblées et en nous interposant. Mettez chacun à sa place, sinon c'est la confusion. Et ce que je demande aux responsables de la police et aux ministres et surtout aux premiers ministres, c'est qu'ils veuillent bien cette fois-ci arrêter. la méthode calamiteuse qu'ils appliquent depuis maintenant les gilets jaunes, parce que c'est depuis les gilets jaunes que toutes les crises sociales sont réglées de la même manière, le pourrissement et la violence policière.
quand vous voyez concrètement certains responsables politiques de vous accuser d'une sorte de double discours, c'est le cas de Sébastien Lecornu qui l'a dit hier très clairement, que c'était votre responsabilité politique, je rappelle ces mots, on ne peut pas appeler à cesser les violences tout en fournissant des excuses à ceux qui les commettent, c'est votre responsabilité politique. Il dit assez clairement, Jean-Luc Mélenchon souffle les chauds et le froid, il appelle à la colère et en même temps il dit qu'il faut se calmer du côté des casseurs. Vous, vous mettez où la jauge de manière très claire
ça c'est une... C'est de la politicaille. C'est un pauvre type qui est à la tête d'un gouvernement où il ne contrôle plus rien, même pas ses propres ministres, où plus personne ne défend rien du tout. Ils attendent que ça se passe jusqu'au mois d'avril prochain où il y aura l'élection présidentielle, puisque hélas, on ne pourra pas l'avoir avant. Donc au moins, réglons dans l'immédiat le problème qu'on a et faisons cesser la situation de tension. Quant à moi, je joue le rôle qui ne comporte aucun mystère. Je suis le candidat du mouvement insoumis. dans cette élection et puis le reste du temps je suis un théoricien je suis un praticien de l'action politique j'appelle bien sûr à combattre ce régime bien sûr alors qu'est ce qu'il faudrait faire madame se taire et dire oui merci tous les cinq minutes non la démocratie le concept même de la démocratie c'est l'organisation de la contradiction des sociétés humaines unanimes ça n'existe pas sauf dans les dictatures par conséquent nous sommes tous nous devons occuper le rôle qui est le nôtre mais quand vous avez en face de vous un interlocuteur quoi que vous lui disiez Quoi que vous fassiez, quelle que soit votre organisation, il vous répond de la même manière, je m'en fous. C'est ce que fait M. Macron.
Est-ce que vous appelez ce soir à une forme...
Vous voulez à tout prix que je lance des appels, vous ne me voyez que dans ce... Une forme
de démission, est-ce que vous appelez une démission du gouvernement ?
Pourquoi je ferais ça ? Pour leur faciliter la vie. Mais M. Macron s'en va demain. Demain matin, ce soir, il va parler pour nous occuper. Il s'en va demain, donc tout ça n'a pas de sens, il ne va rien se passer. Cet homme joue une nouvelle fois le pourrissement. À moins que demain, ou ce soir, c'est ce soir, il nous annonce qu'il va, il répond aux revendications. Alors on sera dans une autre phase. Vous comprenez, quand la vie politique s'embrase, il y a des phases, des étapes. Il ne faut pas en rater une, parce que sinon la suivante est encore pire que la précédente, et ainsi de suite. Si bien que moi j'attends de lui qu'il fasse ça demain, qu'il ne joue plus le pourrissement, qu'il le comprenne. C'est la France ici, c'est un pays qui a des habitudes extrêmement tumultueuses, ce n'est pas la première fois dans son histoire. Moi je dois en être à ma cinquième ou sixième expérience. Dites la
gauche née de la conflictualité.
C'est-à-dire que la conflictualité est dans la vie, et ce n'est pas moi qui l'ai inventé, celui qui s'en a perçu, c'est au 5e siècle avant notre ère, c'est Démocrite qui dit « la conflictualité est la mère du futur ». Ça veut dire que c'est dans les contradictions du moment que la vie se réorganise et va dans d'autres directions. Là, il y a la possibilité de réorganiser la vie et de la faire aller dans une direction positive, au moins éteigner le feu. de la revendication, puisque nous sommes à peu près tous d'accord pour dire que les revendications sont fondées. Enfin, madame, quand on parle de la vie chère, on ne parle pas d'un état d'âme. On parle de 9 millions de gens qui sont dans la pauvreté, on parle de gens qui ne mangent plus à leur faim, on parle de gens qui sont enfermés chez eux parce qu'ils ne peuvent plus sortir à cause du prix de l'essence. Voilà de quoi on parle. On n'est pas en train de régler un problème de caractère ou de bonne entente entre nous.
C'est un mouvement comme un autre, ce qu'il se passe ? Non,
c'est beaucoup plus profond. C'est le résultat de 10 ans, 10 années désastreuses où un homme, à part idéologie, s'est imaginé qu'en désorganisant l'État, les services publics, le marché, l'entreprise privée allaient remplacer tout le monde. Rien de tout ça ne s'est produit, si bien que nous, les Français, qui avons construit notre pays autour de l'État, nous sommes dans un état de désarroi total. Il n'y a rien qui marche.
Donc Emmanuel Macron est le seul responsable pour vous.
Le seul, ce serait lui donner beaucoup d'honneur. Non, lui et toute son équipe, tous ces gens qui ont accepté ce système. Mais fondamentalement, il a une responsabilité politique, c'est clair, très importante. D'abord, de cette moquée du monde, il a fait un livre, il appelait ça « Révolution ». Il voulait faire, à l'époque, on ne savait pas que ça existait, le milleil du moment.
C'est quoi la révolution pour vous, Jean-Luc Mélenchon ?
'est ce qui
se passe actuellement ou pas
Non, ça nous lance dans des discussions. Vous savez, c'est un sujet
qui
a été discuté à gauche pendant des décennies. Je pense que c'est un processus. dans la durée où un système est remplacé par un autre. Tout l'art consiste à gérer cette transition. Alors les uns veulent régler ça à coup de pied, ce n'est pas ma vision des choses. Moi je crois aux élections, je crois à ces choses-là. Je crois au dialogue, je crois au vote, alors il y a une majorité, il y a une minorité, voilà. Et puis d'autres pensent que c'est l'action directe qui permet de régler ça. Ce débat continue d'une certaine manière. Vous me voyez là, moi, en face de vous, en train de répondre d'agissements et de comportements. auxquelles je n'ai jamais adhéré et auxquelles je n'adhère pas davantage aujourd'hui. Voilà pourquoi, en définitive, je ne me laisse pas obséder par des schémas idéologiques. Je pars de l'expérience que j'ai, de la vie politique maintenant depuis un moment, et puis comme tout le monde le sait, je viens d'une famille de pieds noirs. Par conséquent, ma vie politique a commencé à l'âge de 5 ans avec l'indépendance du Maroc et des luttes pour cette indépendance. Voyez-vous, je n'arrive pas à cet instant. Et donc je vois ce qu'il est possible d'éviter, ce qu'il est possible de bien diriger. On peut, je le redis, en m'adressant à mes compatriotes, notre jeunesse a besoin qu'il y ait une bonne fin à cette séquence. Ces revendications doivent être entendues. Monsieur Macron a été capable de lâcher 10 milliards. aux Gilets jaunes. Qu'est-ce qui l'empêche d'en faire autant avec la jeunesse ? Là, nous parlons de notre futur à tous. La
dette et les intérêts, peut-être, Jean-Luc Mélenchon.
Pardon ?
La dette et les intérêts. Qui n'est pas la même de... Ah oui,
mais c'est lui qui l'a créé, alors il ne peut pas avoir non plus de tirage au grattage et tout le temps raison. Non, mais bien sûr la dette et ses intérêts. Et alors, nous parlons de 10 milliards, vous savez combien il y a de dettes ? 3 500. Alors, commençons pas à faire des économies de bout de chandelle. Il faut répondre, je le redis, notre plus grande richesse est là. Nous n'en avons pas d'autre. La matière grise est l'enthousiasme de la jeune génération.
Est-ce que la police fait partie de nos richesses ?
Richesse, non, je ne dirais pas ça. Elle a un métier et elle obéit. Alors elle reçoit des ordres aberrants, elle obéit à des ordres aberrants. Elle est utile ? Non, mais pardon, il n'y avait pas besoin d'être un aigle en organisation pour comprendre que quand vous mettez trois jours... à donner un trajet avec un point de départ et un point d'arrivée. Trois jours il a fallu au préfet pour finalement prendre la décision. Lui n'y connaît rien, il vient d'un cabinet de chez monsieur Macron.
Mais c'est de l'incompétence ou c'est involontaire ? L
'incompétence totale. Alors après peut-être, moi je ne me lancerai pas dans les grandes théories. J'ai trouvé curieux de voir des policiers en train de jeter des pierres sur leurs collègues, tout ça. Mais je m'en tiens au fait. On donne comme point de départ la place de la République. La manif n'a pas commencé, que déjà l'accès est impossible, parce qu'on a tiré des gaz de tous les côtés, au point que, comme nous avons des oreilles très grandes, nous savons que les policiers n'avaient plus de grenades. Ils ont donc terminé à asperger les gens. Donc le point de départ, impossible de partir ensemble. Les grenades, vous n'en voulez pas
non plus, Jean-Luc Mélenchon.
Les
grenades, vous n'en voulez pas non plus, les grenades de désencerclement. Ce n'est pas trop votre truc.
Attendez, une chose après l'autre, je ne comprends pas votre question, je commence donc par terminer ma réponse. Donc, par la pratique, on a donc éparpillé les gens. On arrive à se regrouper, boulevard, machin, ça monte, tout très tranquille, on arrive, place de Clichy, c'est ça le point d'arrivée, c'est trop petit, donc les gens se répandent à nouveau dans les rues. Tout ça, c'est de l'incompétence dans la technique du maintien de l'ordre. Comment voulez-vous que je voie ça autrement qu'en connaisseur, en disant « mais ils sont fous, pourquoi ils font ça ? » On me dirait qu'ils veulent le désordre. Mais je ne vais pas jusque-là. Je me contente de dire qu'ils sont incompétents. Quand on met 10 000 policiers pour tout le pays et qu'on s'appelle M. Nouniaz, ancien chef du renseignement, comment on fait pour ne pas savoir que ça va être une vague de fonds ? Comment on fait pour ignorer tout ça ? C'est donc de l'incompétence ajouter l'un à l'autre des chefs qui n'ont pas la bonne ligne, qui ne savent pas comment faire. Après bien sûr que je suis contre les grenades madame. Dans toute l'Europe, l'essentiel des pays interdisent l'usage de tels outils, de telles grenades. Et nous les Français, on commence par nous dire, nous, nous avons demandé, arrêtez, arrêtez de faire ça, le risque est trop grand, éborgné, mutilé, on ne veut pas couvrir ce risque. Alors on nous répond, le président paraît-il s'est fâché, et M. Nunez, garde à vous, a dit, bon, très bien, il n'y aura plus de grenades de désencerclement. Il n'attend même pas 48 heures pour dire, ah ben si, finalement, il y en aura quand même. Et donc le danger revient. C'est une aberration. On ne fait pas du maintien de l'ordre, puisque c'est comme ça qu'on l'appelle, avec des méthodes pareilles, avec des armes qui sont interdites dans d'autres pays. Pas d'armes. Ils disent quasi létales. Non, mais c'est trop. Il ne faut pas faire ça. Vous avez des pays où les policiers n'ont même pas une arme. C'est le cas en Angleterre. Ils viennent là, alors les gens se disent, les malheureux, comme ils n'ont rien sur eux, on va quand même faire ce qu'ils nous disent.
Les britanniques n'aiment pas trop leur police.
mais bon, dans le système qui est le nôtre, C'est comme ça que ça se passe. Et moi, je vais vous dire, on en a aussi marre, nous, de faire le service d'ordre. Parce que si on ne peut faire de manifestation maintenant que si on garantit qu'il n'y aura pas le moindre débordement, nous ne sommes pas une police, nous n'avons pas une armée, nous n'avons pas des troupes. Et pourtant, c'est ce que nous faisons, le syndicat CGT, nous, LFI. Vous savez combien de monde on déploie dans une manif comme l'autre jour ? C'est plus de 200 personnes qui sont là. Et qui sont ces 200 personnes ? C'est des gens comme vous, comme eux, qui nous filment en ce moment, des gens du commun, qui viennent là pour donner le coup de main, pour empêcher que ça dégénère. Mais on pourrait quand même attendre des policiers qui fassent autre chose que de tirer dans le tas.
J'aimerais qu'on revienne sur cette notion d'incompétence que vous avez soulignée, Jean-Luc Mélenchon. S'il y a une notion d'incompétence, ça veut dire qu'ils savaient qu'ils étaient incompétents pour vous ? Est-ce que c'est volontaire ? C'est toujours le propre des
incompétents, c'est qu'en plus, ils sont arrogants. C'est-à-dire qu'ils pensent qu'ils ont raison et qu'ils savent mieux que tout le monde. Tout à l'heure, je vous ai donné, pardon, je rentre dans la technique, parce que par la force des choses, j'ai dû apprendre. Quand on ne vous donne pas le lieu de rassemblement jusqu'à la veille, il y a une chose que vous ne pouvez pas faire, c'est empêcher les voitures de se garer.
Donc c'est un calcul politique en réalité ?
Ah ben ça, c'est vous qui le dites. Moi, si je dis ça, attendez. Je dis, il faut éviter la brutalité, la violence et le reste, et on me répond, c'est vous qui y appelez. Alors, si jamais je me mêle de dire, ils le savaient, ils l'ont fait exprès, on va dire que je suis un complotiste. Non, je me contente d'observer que, du point de vue de ce que savait faire la police dans notre pays, il y a encore 30 ou 40 ans, ils ne savent plus le faire, et que c'est n'importe quoi. Je rappelle, il y a 250 000 personnes... embauchés dans ce pays pour être policiers ou gendarmes. Et le jour où va se manifester l'une des plus puissantes irruptions sociales, ce que tout le monde sait avant, il n'y en a plus que 10 000 à mettre pour tout le pays. Il y a un problème de compétence, soit du renseignement, soit des exécutants.
Beaucoup disent qu'ils sont épuisés, ces policiers.
alors ? Vous le
comprenez
? Non mais est-ce que vous, vous comprenez que ce n'est pas une raison ? Est-ce que vous direz un jour, les pompiers viennent et disent, écoutez, aujourd'hui on est crevé, on n'en peut plus ?
Parce qu'on n'a pas de moyens, c'est aussi ce qu'ils disent.
Mais quand on est 250 000, on a les moyens. Si on était 1 000 ou 10 000 ou 20 000 ou 30 000, on pourrait dire, ah là là, vous abusez. Bon, non. Ils sont 250 000. Nous sommes à la moyenne, paraît-il. Mais il y a des régions, et j'aime mieux vous dire qu'on est au-delà de la moyenne. Non, tout ça est organisé en dépit du bon sens. C'est au point que des gens comme vous peuvent me poser à moi la question de savoir s'ils l'ont fait exprès ou pas. Eh bien, je vous laisse la question sur les genoux. Débrouillez-vous avec. Moi, je me contente de dire que c'est de l'incompétence. Mais je le rappelle, au milieu de tout ça, disparaît le fond de l'affaire. Les gens ont faim. Les gens ont besoin de pouvoir mettre de l'essence à un prix possible pour sortir de chez eux. Les gens ont tous les problèmes de la terre, aucun n'est réglé. Et on réglerait ça par une discussion entre M. Lecornu, qui reproche à M. Mélenchon d'avoir appelé les gens à quoi à s'opposer. Où est le crime dans une démocratie ? Mais que viennent faire
des slogans comme « Acaba » ? « All cops are bastards » ? flics, il faut le dire, parce que c'est comme ça que ça se traduit, sont des bâtards. Est-ce que ça a sa place dans des manifestations pour vous ?
oui, tous les slogans ont leur place. Vous savez, je peux vous chanter mort aux vaches, mort à la sûreté, etc. Ça fait 100 ans que ça dure. Vous savez qu'on est en France ici, vous savez comme moi, vous les connaissez. Ils sont comme ça. Et puis il y a un rapport à l'autorité qui a toujours été paradoxal. C'est-à-dire qu'à la fois on en veut et de l'autre côté on ne la supporte pas. La France est comme ça. Mais c'est ça, c'est bon, ils sont à la fois capables d'être moqueurs, d'être des fois insultants. Et en même temps, de savoir se regrouper. Et vous ne le
reprenez pas à votre compte, Jean-Luc Mélenchon ?
Si, pardon, mais si on ne comprend pas le pays dans lequel on vit, ce n'est pas la peine de demander à le gouverner. Il faut aller gouverner là où ça correspond à vos manières d'être. Il faut comprendre le tempérament français. Et puis là, les gens sont d'une patience inouïe. Vous vous rendez compte de ce qu'ils endurent ? Moi, ma situation matérielle est extrêmement favorable. Je pourrais être chez moi, les pieds dans mes pantoufles. Mais si je décide comme d'autres de me mettre en mouvement, c'est parce que je sais que la vie est devenue insupportable pour le commun des mortels. Et d'abord, je n'ai pas besoin d'aller bien loin. Dans ma propre famille, je vois la tension, la misère se répandre autour de nous, alors qu'il y a une richesse incroyable. qui est accumulée dans ce pays. Et vous ne le reprenez pas
à votre compte ? J'aimerais vous reposer cette question, Jean-Luc Mélenchon à CAB. Est-ce que vous le reprenez à votre compte ?
Ça dépend des jours et des heures.
C'est vrai ?
Oui, bien sûr. Je suis comme tout le monde et vous ne racontez pas d'histoire, vous en êtes au même point. Moi
? Oui, oui, oui. Qu'est-ce que je viens faire là-dedans, Jean-Luc Mélenchon ? Parce que vous
êtes comme tous les Français et les Françaises. C'est-à-dire qu'il y a des moments où, comme on dit vulgairement, c'est trop, quoi. Alors là, à ce moment-là, par exemple, si vous plantez un clou et que vous ratez le clou... avec votre marteau et que c'est sur votre doigt. Je
vais m'énerver sur moi-même, je pense.
Certainement. Et certainement, vous diriez des choses que vous regretterez de sang-froid. Non, prenez l'avis dans sa simplicité et dans, voilà, comme elle est. N'allons pas faire de je ne sais quel slogan l'affaire du siècle. Mais alors, qu'est-ce que vous voulez ? Pas de manif. Des gens bien sages, bien arrants, bien propres, bien arrants et surtout qui ne disent pas un mot désagréable.
Non mais personne pris pour cible, ni les manifestants ni les policiers. Ça, c'est une possibilité.
faire quoi ?
Bah que ni
les policiers, ni les
manifestants ne soient, pourquoi ?
Non, la situation n'a rien à voir. Dans le cas des policiers, ça s'appelle les risques du métier. Tandis que quand on parle des manifestants, on parle des droits des citoyens. Voyez, ça n'a rien à voir. Rien à voir.
Ils ne prennent pas le risque de manifester ?
J'espère bien que non. Ce n'est pas un risque de manifester, c'est un droit. C'est un risque si quelqu'un vient en empêcher. Vous pouvez avoir des bandes qui arrivent et empêchent la manifestation. Mettez les choses à leur place, sinon c'est la confusion. On n'est pas une grande bande de potes. On est une société organisée, avec des gens qui sont d'un point de vue, des gens qui sont de l'autre. Il y a des gens qui manifestaient hier, et puis d'autres qui disaient pas du tout, ça vaut pas la peine de manifester, vous faites des histoires. Ça s'appelle la démocratie, on n'est pas d'accord. Mais on tâche de cheminer, et par le rapport de force, par la démonstration de se convaincre. Mais c'est ça la vie, qu'est-ce que vous voulez d'autre ?
Mais par exemple, des mortiers d'artifices ont été utilisés par certains manifestants. Dites, ça va être où
notre entretien va porter ? Mais j'ai pas pris de mortiers d'artifices. Non, je vous pose la question. Je ne sais même pas ce que c'est.
Non, mais je vous pose la question. Quand vous le voyez, on l'a vu sur les images. Je l'impose à tous les responsables politiques, Jean-Luc Mélenchon. Très honnêtement, c'est-à-dire que si j'avais eu Marine Le Pen en face de moi, je lui ai reposé la même question. Mais des mortiers d'artifices qu'on a vus dans les rues, certains vous disent, bon, c'est disproportionné. Est-ce que vous êtes d'accord avec cela ?
Attendez, mais vous n'aurez évoqué que ça. Qu'est-ce que vous pensez d'un tir à bout portant dans la figure et les dents d'un garçon ? Ou crever un oeil volontairement ? Qu'est-ce que vous en pensez ? Tout
est condamnable.
Eh bien alors, donc moi j'en suis au même point que vous. Celui qui viserait à, comment dire, l'intégrité physique de tel ou tel policier, je dirais mais bon, qu'est-ce que ça veut dire ? Comment tu fais ? Parce qu'après c'est moi qui dois passer une heure devant un journaliste pour expliquer pourquoi si, ça oui, ça non, ça oui, ça non, et puis ça n'en finit pas. Et moi je dois répondre d'une stratégie que je n'ai jamais approuvée. Alors après, écoutez, je suis aussi obligé de me sentir solidaire, parce que c'est quand même ça la situation, de ces milliers de jeunes gens et de gens qui étaient moins jeunes, qui étaient dans la manif, qui venaient là tranquillement, débonnairement, et puis qui se sont retrouvés gazés, attaqués de tous les côtés, matraqués. Qu'est-ce que c'est que cette histoire ?
Mais vous entendez ces manifestants qui disent « on nous a volé notre manifestation ».
ben bien sûr !
Mais qui leur a volé la manifeste ? Eh bien,
ceux qui ont gazé tout le monde au point de transformer tout ça en une cohue, et puis ceux qui ont profité du désordre pour passer à d'autres actions, avec lesquelles moi je ne suis pas d'accord, et que je perds mon temps à me justifier ici, de choses que je n'ai jamais voulues, puisque j'ai dit toujours, d'ailleurs il y en a qui m'en volent, qui disent oui Mélenchon c'est un modéré, il ne veut pas, non, j'ai dit ce que j'avais à dire, je soutiens. le mouvement de la jeunesse et des étudiants. Et je soutiens leurs revendications. Après, ne me demandez pas de soutenir, je ne sais pas quoi, les mortiers, les machins, tout ça, ce n'est pas mon affaire.
Mais je n'arrive pas à savoir depuis tout à l'heure si j'ai un Jean-Luc Mélenchon plein d'espoir ou plein d'inquiétude.
deux. Plein d'espoir parce que ces jeunes gens sont assez extraordinaires. ça ça m'a rempli le coeur de joie parce que j'ai connu les années horribles les années 90 alors on avait réussi à convaincre la jeune génération que le grand rêve de la vie c'était d'être milliardaire de faire vous savez les gens qui font du trading du fric quoi et je vivais très malheureux cette période me disant ils savent pas qu'ils vont dans le mur et puis tout d'un coup j'ai revu réapparaître une aspiration écologique collectiviste solidariste et Enfin, je retrouvais mon pays comme je l'aime. Et puis l'inquiétude, c'est ces gens-là qui nous dirigent. Tout ça leur passe au-dessus de la tête. Vous voyez, je suis sympa. Je fais comme si je pensais qu'ils ne savaient pas ce qu'ils sont en train de faire. Mais je ne voudrais pas qu'ils convainquent la jeunesse de notre pays qu'aucune voie légale, qu'aucune voie électorale, qu'aucune voie démocratique ne mène nulle part. Parce que j'ai connu des pays où on a convaincu les jeunes que rien ne servait à rien. Et la suite est terrible, parce que vous n'empêcherez jamais. la cocotte minute de voir la température monter. Il faut donc que la vie normale, c'est-à-dire les contradictions, des fois avec des excès de langage, d'autres fois avec des langages insuffisants, puissent avoir lieu. Que la vie démocratique, la vie tout simplement, puisse avoir lieu. Voilà ce qui m'inquiète. Quand j'apprends que le président, après avoir confirmé les deux bubusses qui ont planté ce pays comme on vient de le voir, M. Lecornu et M. Nunez, le couple du siècle. nous ont mis dans cette situation, lui il s'en va 4 jours, ça veut dire, il va nous faire la leçon de morale demain en disant la violence est insupportable, au revoir et merci, je reviens dans 4 jours. Non, Président, mettez un terme à cette histoire. régler les revendications et accepter une fois de remballer avant qu'il soit trop tard. Quelles
sont vos trois demandes au président ce soir ? Pardon ? Quelles sont vos trois demandes ce soir avant qu'il ne parle ? Trois
? Bon allez je vous en donne trois. Bon si vous en voulez
plus. Non mais
ça va être très simple, je l'ai dit, le blocage des prix, l'annulation de Parcoursup
et
l'indemnisation. de tous ces pauvres gens qui ont été mis dans une situation de faillite hier par ce qui s'est produit. Je prends ces trois-là, je pourrais rallonger ma liste comme vous le devinez. Bon, par exemple, Lecornu, pour une fois, il pourrait faire une chose intelligente, qu'il prenne des modèles dans l'histoire. Qu'est-ce qu'il a fait, Pompidou, quand, en plus, De Gaulle était parti ? C'est son
exemple, hein.
Non, mais je prends l'exemple.
Sébastien Lecornu.
Oui, mais je prends les exemples que je peux, moi. Alors, en tout cas, qu'a fait Pompidou ? Il a réuni tout le monde. Et pourquoi faire ? Eh bien pour en lâcher un maximum. En une nuit, nous avons obtenu 30% d'augmentation du SMIC, la reconnaissance de la section syndicale, j'en passe, et des meilleurs dans les entreprises. Vous ne vous rendez pas compte compte tenu de votre âge, de ce que c'était d'apprendre qu'on avait le droit de faire des syndicats dans les entreprises, c'était la révolution. Eh bien il a lâché tout ça parce que c'était le seul moyen de faire en sorte qu'on revienne à une situation normale. Voilà comment il faut faire, monsieur Lecornu, et c'est ça qu'il faut que vous fassiez maintenant, donner satisfaction aux revendications. Ce que demandent les gens, ça n'est pas de l'extravagance, ça n'est pas du, je ne sais pas comment vous dire moi, c'est pas la lettre au Père Noël, c'est des choses de la vie. Parcours sud est une ignominie. L'état dans lequel sont les bâtiments scolaires, c'est insupportable. Et enfin, les pauvres gens qui attendent après... qu'on règle leurs problèmes, il faut les apaiser tout de suite, parce que c'est la responsabilité de l'État.
Alors, dans la réponse immédiate, certaines personnes ont appelé des IR, puisqu'ils ont vu que les pillages ont commencé tard dans la nuit, à un couvre-feu et à l'état d'urgence. Si c'est annoncé ce soir, quelle serait votre réponse à ça
réponse est... C'est bon, cataplasme sur une jambe. C'est de l'esbrouf
pour vous.
Mais parce que ce n'est pas la solution, c'est encore une fois, bon alors très bien, admettons, c'est l'état d'urgence. Donc à partir de cette nuit, toute la France devient un enjeu. Partout, le jeu va consister à faire que le couvre-feu ne soit pas respecté. Comment vous faites pour le faire respecter ? Ce n'est pas tout de donner des ordres, un bon chef. se préoccupe non seulement de donner des ordres adaptés. Et qu'est-ce qu'un ordre adapté ? C'est un ordre applicable. Un ordre qui n'est pas applicable ne sert à rien qu'à créer un désordre encore plus grand derrière et à désespérer la troupe. Vous allez donc demander à ces 250 000 gendarmes et policiers de quadriller tout le pays pour faire en sorte qu'on éteigne sa lumière à 20h. Tout ça est grotesque. Il faut d'abord régler la cause. Et après, le reste nous sera donné par surcroît. Je vous le garantis.
Vous aimez l'histoire ?
Beaucoup, oui, elle sert de leçon.
Si on compare l'époque actuelle à une période historique, ce serait laquelle pour vous
'est toujours audacieux de faire des comparaisons et risquer, parce qu'on a vite fait de vous attribuer, bon, c'est une période de tension, j'en ai vu pas mal dans ma vie, c'est pas la plus terrible, bon, la fin des guerres d'indépendance a été quelque chose, l'arrivée de la Ve République, c'était quand même assez aussi agité, on essayait de tuer le chef de l'État, ensuite il y a eu mes 68, ensuite il y a eu tout le reste, mais on avait affaire à des gens qui à chaque fois... comprenait où se trouvait le point d'équilibre. Quand Malik Ousekine est mort, Chirac, qui venait de faire adopter la loi, a dit on arrête tout. Pareil quand il y a eu le CPE, c'était monsieur de Villepin qui était Premier ministre, si mes souvenirs sont bons, pareil. Chirac a dit stop, on arrête, la loi ne sera pas promulguée. Pourquoi ? Parce qu'il comprenait que ça allait aller trop loin. Qu'est-ce que trop loin ? C'est un moment où plus personne ne veut céder, ni n'accepte le moindre compromis. C'est toujours ça qu'il faut essayer de... Sinon, vous explosez à la suite. Donc Jacques Chirac, il fait preuve de courage politique. Non, mais ça devient un pur rapport de force après. Alors, bon, la vie aussi est faite de purs rapports de force, mais vous prenez votre risque. Moi, je préfère que les choses se règlent d'une autre manière. Voilà ce que je peux vous dire sur la comparaison historique. Vous n'avez
pas répondu à la question, Jean-Luc Mélenchon.
Il y a
bien une ère historique. Par exemple, on peut parler soit de changement de régime, soit de changement de constitution.
C'est certain que là, nous sommes dans une crise de régime. Parce que quand on dit crise de régime, c'est... Vous savez, il y a quelque chose de fondamental. Les petits malins croient toujours qu'on peut mentir à tout le monde tout le temps. Violer la démocratie se paye en France. En 2005, on a voté non, et en 2008, on a décidé que c'était oui. D'autres ont décidé que c'était oui. Résultat, les deux partis, qui étaient les organisateurs de la vie politique, ont été liquidés. LR d'un côté, le PS de l'autre. Là, le président de la République a décidé de faire des élections anticipées et de ne pas respecter le résultat. Et il s'est dit, bouf ! 3-4 combines, je lâchis ici et là, ça va marcher. Non, ça ne marche pas, Président. Vous en êtes à votre 3ème Premier ministre en 3 ans, et voilà le résultat. Tout est bloqué. Pourquoi ? Parce que ce pouvoir n'est pas légitime. Il est ressenti par des Français de toutes opinions.
Emmanuel Macron a été élu au suffrage universel, tout de même. Oui, mais
pas M. Lecornu, c'est le contraire. C'est toujours une
nomination du Premier ministre. Écoutez,
il a ses forfaitures de violer la... la démocratie, c'est forfaiture. Dire, je convoque des élections, je les ai perdues, mais je fais comme si je les avais gagnées, c'est soi-même se mettre dans une situation d'illégitimité. Madame, ne me demandez pas de dire autre chose, nous avons immédiatement déposé une motion pour sa destitution, puisqu'il avait fait ça, et à une fois près, elle arrivait devant l'Assemblée. C'est vous dire que cette instabilité, elle a une origine. Et le respect qui est porté à un pouvoir, c'est sa légitimité. Demandez... à nos compatriotes où on en est. Qui dans ce pays dit que ce président a raison ? Personne. 15% paraît-il de l'opinion au gouvernement. 15% de gens qui sont d'accord avec ça. Le principe de la démocratie, c'est que vous acceptez de perdre. C'est pas d'accepter de gagner et ça c'est à la portée de tout le monde. C'est d'accepter de perdre. Quand vous avez perdu, vous avez perdu. Et vous consentez à l'autorité. Dans notre pays, plus personne ne consente à l'autorité. Tout le monde la trouve illégitime. Que ce soit l'autorité des impôts, l'autorité des policiers, l'autorité de tout ce que vous voulez, l'autorité est mise en compte partout. Peut-on vivre sans qu'un certain consentement ? Eh ben non. Ça s'appelle la démocratie ou sinon on fait une dictature. Mais la France ne sait pas jamais faire, je ne pense pas.
Merci Jean-Luc Mélenchon.
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