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Antoine, tout à l'heure, quand on a retrouvé Johan Baudin sur cette place de la République, alors évidemment la manifestation n'était pas question de manifestation. Aujourd'hui, il y avait, ça a été décrit, cette fébrilité de la part des forces de l'ordre. Comment est-ce qu'on peut expliquer le prolongement aussi de ce qui s'est passé hier ? Comment est-ce qu'on peut le lire ?
J'ai envie de vous dire, il y a presque deux mouvements parallèles qui ont parfois des connexions, mais pas toujours. Il y en a qui sont dans ce mouvement de colère et de mouvement social avec des revendications qui s'entendent sur la vie chère, sur les lycéens, sur les agriculteurs, sur tout un tas de choses auxquelles le président de la République va bien devoir répondre à un moment donné ce soir, même s'il n'a plus les mains aussi libres qu'avant. Il est quand même particulièrement attendu. Et donc ces gens-là, il y en a une partie qui ne veulent pas attendre le... 5 novembre, si ma mémoire est bonne, qui est la prochaine journée d'action, pour continuer à se faire entendre, qui veulent surfer sur ce mouvement-là. Et puis vous avez en parallèle des gens qui sont là davantage pour être dans la confrontation avec les forces de l'ordre, voire des dégradations notamment de bâtiments publics, et qui eux, essayent de poursuivre aussi. Donc vous avez ces deux réalités-là qui ne s'opposent pas dans la réalité parce qu'ils existent vraiment, même si l'une, celle des violences, fait malheureusement... C'est l'autre qui est pourtant massive. Je rappelle qu'il y a eu entre 550 000 et 800 000 participants hier dans toute la France à ces défilés, à ce mouvement social qui, il faut quand même le rappeler parce qu'on a tendance à l'oublier, s'est bien passé à Paris. Le défilé entre la place de la République et la place Clichy s'est bien passé. Alors Laurent Nunez explique que... C'est justement parce qu'ils ont eu la volonté d'encercler tous les éléments qui étaient violents sur la place de la République et donc de disperser assez rapidement au début du cortège, de faire partir le défilé finalement, parce qu'il y avait des violences qui ont commencé très très tôt, y compris dans la matinée bien avant le départ officiel qui était à 14h30, fixé à 14h30 du cortège. Mais voilà, et donc forcément vous êtes toujours quelques jusqu'au boutiste. Une centaine de personnes place la République, ce qui est un nombre extrêmement réduit. Alors il faut quand même le gérer, évidemment, pour les forces de l'ordre. On ne peut pas laisser 100 personnes comme ça faire n'importe quoi en plein centre de Paris ou n'importe quelle agglomération. Mais du coup, elles sont forcément mobilisées et forcément extrêmement prudentes suite à ce qui s'est passé toute la journée d'hier et une partie de la nuit.
Ces images derrière vous, Antoine, celles des dégâts. On parlait tout à l'heure de stigmates ici à Paris, à Marseille, à Lyon, à Lille. Il y a le constat des dégâts, le nettoyage des rues qui se poursuit, des responsables politiques aussi qui réagissent. qui s'écharpe, entre ceux principalement à droite qui ont donc dénoncé les violences et pillages et qui accusent la gauche radicale de les accentuer, la gauche, elle, qui réagit et qui de son côté fustige cette doctrine du maintien de l'ordre, pour laquelle d'ailleurs la présidente de l'Assemblée nationale appelle à une commission d'enquête parlementaire. On va regarder ce sujet préparé par Etanadji, qui compile ses différentes réactions, et ensuite on en reparle, Antoine.
prise de parole prévue ce soir à 20h est très attendue au lendemain de la mobilisation, alors que les critiques sur la politique de maintien de l'ordre et les scènes de chaos se multiplient. Samedi soir, dans un tweet, le président français Emmanuel Macron a réaffirmé son soutien aux policiers et condamné les violences et
les pillages. Ceux qui ont cassé, attaqué les préfectures comme les commerces, pillés jusqu'à nos mairies, seront poursuivis et punis. Nous ferons tous bloc face aux semeurs de chaos qui ne cherchent qu'à abattre nos institutions et empêchent ceux qui expriment pacifiquement leurs revendications de le faire.
Soutenir les forces de l'ordre, dénoncer les violences et pillages perpétrés lors de la mobilisation du 17 octobre, c'est la position du gouvernement qui veut faire preuve de fermeté. le Premier ministre s'est lancé dans une passe d'armes avec Jean-Luc Mélenchon, le candidat insoumis à la présidentielle. Pour Sébastien Lecornu, ELEFI imposerait son agenda politique par la violence en évitant de désigner clairement les responsables des casses et du désordre.
C'est désormais le moment de choisir son camp. soit on est dans le camp de la République et donc des forces de l'ordre et celles et ceux qui protègent les biens et les personnes et qui appliquent les lois, soit on est du côté des casseurs, soit on est du côté de celles et ceux qui ont un projet violent pour la République et contre la République.
Après avoir d'abord lancé un appel au calme, Jean-Luc Mélenchon a accusé le gouvernement de jouer
avec le feu. En comptant sur le pourrissement, vous n'avez réussi qu'à solidariser toute la jeunesse et les syndicats de salariés. En vous enfermant dans une polémique politicienne avec moi, vous montrez que vous n'êtes pas un homme d'Etat, juste un comique qui est en train de provoquer une crise de régime. Le candidat de la gauche radicale,
également la cible de l'extrême droite, qui l'accuse de prendre en otage les revendications sociales et de précipiter le pays dans le chaos. Quand les écologistes et le parti socialiste appellent eux à revoir la doctrine de maintien de l'ordre. Les appels à la démission du ministre de l'Intérieur Laurent Nunez se multiplient. La présidente de l'Assemblée nationale a annoncé la création d'une enquête parlementaire sur les violences et la stratégie de maintien de l'ordre.
Plusieurs choses dans ce sujet d'Etanadji. Antoine, d'abord une réaction du sommet, président de la République qui doit s'exprimer ce soir, qui tente de reprendre la main, qui a été très discret ces dernières semaines. C'est un peu tard pour réagir.
il est trop tard pour calmer ce mouvement, très clairement. Il y a eu un gros raté en termes de communication et un raté politique du côté du sommet de l'État. On a au début laissé Édouard-Geoffrey, le ministre de l'Éducation nationale, essayer de gérer ce mouvement lycéen comme si c'était une petite colère passagère. Ça s'est ancré. Alors, à l'heure des charges, il n'est pas toujours facile de voir un mouvement qui va durer ou pas. Mais il y a un moment donné, on a bien vu les choses prendre de l'ampleur et s'inscrire dans la durée. Sébastien Lecornu a tenté de prendre un petit peu la main, mais encore une fois sans mesures fortes qui permettent d'éteindre un incendie. Le ministre de l'Intérieur qu
'on a beaucoup entendu, même plus que le ministre de l'Éducation nationale dans les premiers jours. Oui,
aussi dès qu'il y a été question notamment de violences et de violences policières. Et puis du côté du sommet de l'État, il y a certes eu quelques déclarations, mais il y a eu un manque de prise en main physiquement de tout ça. Et même si Emmanuel Macron n'a plus de majorité au Parlement, pas plus que son gouvernement, c'était de son devoir. évidemment de s'exprimer, et beaucoup estiment qu'il y a eu un mépris de sa part d'avoir voulu laisser pourrir cette situation en pensant qu'elle s'arrangerait d'elle-même. Il a pourtant l'expérience de la réforme des retraites, il a pourtant l'expérience des gilets jaunes, où là encore il y avait eu beaucoup de violence et de mobilisation. Manifestement, on a estimé du côté de l'Elysée qu'il n'y avait pas besoin de faire une plus de paroles comme il y en aurait eu une ce soir, un mois. un mois après le début du mouvement lycéen, et une fois que la France a été dans des scènes de chaos indescriptibles pendant 24 heures hier, parce que ça a été extrêmement fort quand on voit la mairie historique de Limoges tomber, vraiment être complètement en flamme avec ce beffroi qui s'écroule. on voit le nombre de blessés, quand on voit le nombre de blessés, il y a des manifestants, mais du côté des policiers qui ont reçu des pavés, qui sont partis inanimés à l'hôpital. Vous prenez un pavé sur la tête, vous laissez imaginer, on a vu des choses extrêmement importantes. 500 blessés du côté des forces de l'ordre. Jeter sur les forces de l'ordre est extrêmement dangereux. Un nombre de bouteilles de vin que vous baladiez hier, vous marchiez sur les grands boulevards à Paris hier, par exemple, comme j'ai pu le faire. C'était un débris de verre avec encore des choses qui se consumaient. Donc il y a un moment, une urgence à reprendre. la main, il est sans doute trop tard, le mouvement est allé trop loin, il y a trop de colère dans différentes parties de la population, les lycéens, les étudiants, des professeurs, les agriculteurs, les gilets jaunes, etc. Donc, il est un peu tard. Maintenant, il faut bien prendre parole, donc il va le faire. Il serait sans doute bien avisé de ne pas parler que des violences, d'en parler évidemment, c'est incontournable, de rappeler la fermeté de l'État, et c'est bien normal aussi. Mais par contre, il va falloir apporter aussi des solutions politiques, parce que ce mouvement, tous ceux à qui on assiste... Il y a d'abord des solutions politiques à apporter et des solutions sécuritaires. Il y a les deux, mais l'un ne va pas sans l'autre. Si vous n'avez que du sécuritaire, vous n'avancerez pas. Et si vous n'avez que des solutions politiques, on voit bien qu'il y a aussi des casseurs et que ça n'avancera pas non plus. Donc il y a deux éléments sur lesquels il faut avancer et il faut y avoir des débats. Et la commission d'enquête voulue par la présidente de l'Assemblée nationale, Yael Broun-Pivé, pourra potentiellement apporter un certain nombre de réponses. Mais ça prendra du temps sur l'aspect sécuritaire uniquement.
Il y a aussi les réactions et les... Les attaques des oppositions. On a entendu dans le sujet d'État Nagy la réaction de Jean-Luc Mélenchon, leader de la France insoumise, ou encore la chef des écologistes qui, elle, appelle à la démission du ministre de l'Intérieur. Vous me direz, on est dans un contexte électoral aussi. C'est en quelque sorte aussi le jeu que de réagir et d'attaquer. Mais sur le fond, quand il y en a un qui reproche au pouvoir d'avoir laissé pourrir la situation, qu'est-ce qu'on peut répondre à ça ?
Déjà, l'appel à la démission, on n'est pas tellement une surprise, on est dans un jeu politique entre guillemets aussi qu'il est important. Maintenant, il y a eu un certain nombre de maires qui ont estimé que le nombre de forces de l'ordre déployées, que le dispositif policier n'était pas suffisamment à la hauteur et que ça a amené ce genre de choses. À Limoges, par exemple, où je parlais de cet hôtel de ville, un bâtiment historique de 1883 qui a flambé, c'est évidemment un drame. Le maire estime que s'il y avait eu suffisamment de policiers en amont à certains endroits pour bloquer les casseurs, il n'aurait pas pu aller jusqu'à... l'hôtel de ville où il n'y avait quasiment personne. Devant l'hôtel de ville de Marseille, hier où il y a eu une brève incursion, il n'y avait pas suffisamment de policiers. On a vu des images où il y avait 2000 casseurs, mais il n'y avait pas de policiers qui étaient pour la mairie. Donc il y a une véritable question qui se pose. La commission d'enquête permettra d'apporter des réponses. Il y aura peut-être d'autres éléments. S'il s'avère que le dispositif voulu par le ministre de l'Intérieur, Laurent Nunez, n'est pas à la hauteur, les appels à la démission vont forcément se multiplier. Peut-être qu'il sera amené à démissionner s'il s'avère que ce n'était pas le cas. que ce n'est pas le cas et qu'en revanche, le dispositif était plus ou moins adapté par rapport aux éléments d'information qu'il avait. Donc ça, ce sera les différentes enquêtes qui pourront permettre de le savoir. Il y aura probablement des enquêtes journalistiques aussi qui vont nous permettre d'avoir des informations un peu plus tôt que ces enquêtes policières. Après, pour revenir sur la question aussi... avez la gauche, on vient de l'entendre, qui fustige le maintien de l'ordre uniquement, qui serait responsable de tout ça, c'est un peu facile. Vous avez l'extrême droite qui fustige le fait qu'il n'y a que des casseurs dans la rue, c'est un peu facile. Et dans les deux cas, j'ai envie de vous dire, c'est faux, parce que la réalité, on l'a dit et redit, elle est double aussi. Et non, il n'y a pas que des casseurs dans la rue, et non, ce ne sont pas les policiers qui ont mis le feu à l'hôtel de ville de Limoges, par exemple, ou qui ont fait tous les dégâts que l'on peut voir depuis hier, maintenant.
Vous avez regardé ce que disait aussi la presse étrangère de cette journée d'hier et des violences qui ont émaillé le mouvement. Qu'est-ce qu'il faut en retenir ?
faut en retenir que l'image de la France est encore un peu plus écornée, encore davantage inscrite dans une violence politique aussi, parce qu'il est encore montré qu'une nouvelle fois, lorsqu'il y a des manifestations en France, ça s'accompagne de violences et de violences de plus en plus importantes. Donc ça pose question à l'étranger. Ce n'est pas quelque chose que l'on voit dans tous les pays. Donc il faut aussi s'interroger ici en France pour comprendre. Ce mouvement, vous voyez la une de nos confrères espagnols d'El Pais. Vous faites la traduction ? Je vous laisse faire la traduction. La rage de la jeunesse
et les gilets jaunes ont incendié la France.
Exactement, vous voyez. Je vous félicite pour cette traduction. Le New York Times en parle aussi, alors moins en grande quantité. Mais forcément, c'est quelque chose qui frappe beaucoup sur ces questions-là, qui inscrit selon la presse étrangère aussi un peu plus le duel Mélenchon. Le Pen avec ses deux Frances fracturées, comme s'il ne pouvait pas y avoir d'entre-deux d'ailleurs. On voit la lune du New York Times à l'antenne avec notamment l'image de l'office du tourisme de Lyon, place Belcourt, au milieu de la page qui est en feu, avec ce manifestant avec un drapeau français. Et puis vous en avez qui essaie évidemment d'en profiter politiquement. Et évidemment, qui sort du bois à ce moment-là ? Donald Trump qui affirme que, je cite, la France brûle, chère Nabia, accusant l'immigration d'avoir brisé ce pays. pays autrefois grands, donc nous ne sommes plus grands. C'est l'immigration qui a tout foutu en l'air, bien évidemment. Il exhorte Paris à serrer la vis de sa politique migratoire. On est dans un discours classique d'extrême droite, comme si tout était lié à l'immigration, alors qu'on voit bien qu'il y a quand même des problèmes politiques importants qui touchent toutes les couches de la population, même si derrière, il y a aussi de la casse, et que ça, ça concerne d'autres mouvances d'ultra-gauche, de mouvances de casseurs, de mouvances black blocs, etc., qu'il faudra... évidemment investiguer.
Merci beaucoup Antoine. Merci pour cette analyse. Voilà ce qu'on pouvait dire pour l'heure.
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