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Renaud Retailleau, les Français ont donc assisté hier à des scènes de violence débridées, des images spectaculaires de... de pillage des lieux symbole des institutions attaquées, 1800 interpellations, dans le même temps 550 000 manifestants selon le ministère de l'Intérieur. On va prendre le temps de comprendre comment on a pu en arriver là. Mais d'abord, il y a quelques instants, Bruno Retailleau, on a appris que le président de la République prendrait la parole ce soir à 20h à l'occasion d'une allocution solennelle. Qu'est-ce que vous attendez du chef de l'État ? Et au fond, cette prise de parole, elle dit la gravité du moment et des scènes que l'on a pu voir hier. J'ai qu'un mot à lui dire. Ça
suffit là, Chian Lee. Il est président de la République. Il est le garant de nos institutions. Et je lui demande de protéger la France des honnêtes gens. Quelque chose m'a beaucoup frappé. J'ai été ministre de l'Intérieur, comme vous le savez, pendant un peu plus d'un an. J'étais abasourdi lorsque je l'avais entendu mettre en accusation finalement les policiers pour leur demander d'avoir plus d'empathie. C'était mettre en accusation. Ils l
'ont ressenti comme cela. Pour être très précis, Bruno Retailleau, Laurent Nunes s'était effectivement fait le porte-voix de ce que le président avait dit dans l'enceinte du Conseil des ministres, qui était de demander que les forces de l'ordre aient de l'empathie en ce qui concernait les mouvements lycéens. Voilà exactement ce qu'avait dit le chef de l'État.
Depuis le départ, le mouvement lycéen est aussi gangréné, tout le monde le sait, par des casseurs. Tout le monde le sait. Il n'y a qu'à regarder les images que vous avez vous-même diffusées ici à France Télévisions. Donc voilà, moi je pense qu'il y a une responsabilité énorme. Pour la première fois de notre histoire, un syndicat de policiers a déposé plainte contre l'État. Vous vous rendez compte ce que ça veut dire ? Je connais beaucoup de policiers et croyez-moi, on était au bord de la rupture. Donc ce que je demande au président de la République, c'est de changer de discours. Et c'est d'assumer
l'ordre républicain. Et pour que les choses soient claires, Bruno Retailleau, vous considérez qu'il y a donc une responsabilité du président de la République quant aux scènes que l'on a pu voir hier, puisque vous faites visiblement le lien entre... ce qui a été dit à Laurent Nunez, le ministre de l'Intérieur, de faire preuve de davantage d'empathie, là encore, pour ce qui concernait le mouvement des lycéens, et les scènes de pillage, de violence qu'on a vues hier. Vous faites un lien direct, je considère. que
lorsque vous avez une hyper-violence, vous devez commander vos hommes et les femmes, c'est-à-dire les forces de l'ordre, c'est-à-dire les policiers, compagnie de CRS engagés, c'est-à-dire les gendarmes, gendarmes mobiles. Et dans des conditions extrêmes, ils ont besoin d'être commandés, c'est-à-dire d'avoir une clarté absolue des consignes. À partir du moment où vous introduisez un doute, où le chef de l'État lui-même dit « attention, il va falloir... » Prendre des précautions, prendre des prudences, c'est-à-dire montrer de l
'empathie. Mais quand on est policier, on ne doit pas avoir de l'empathie vis-à-vis des Français, y compris quand il y a des situations de violence. Quand
on est policier, quand on est gendarme, on intervient et on empêche les racailles, on empêche les ultras de nuire aux biens, aux personnes, la consigne. C'est l'ordre républicain. Et ce n'est pas ce qui
a été fait
hier, selon vous ? Ils ont fait du mieux qu'ils pouvaient, croyez-moi. Aujourd'hui, le dernier bilan du ministre de l'Intérieur à 11h, il fait état d'au moins 500 blessés. Force de l'ordre plus sapeurs-pompiers. J'ai vu sur des images hier ces individus, ces racailles, s'interposer devant un camion de sapeurs-pompiers pour l'empêcher d'avancer. J'en ai vu d'autres jeter des pavés sur des camions de sapeurs-pompiers. Aujourd'hui c'est grave parce que je pense que la République est en danger. Les Françaises et les Français d'ailleurs ont eu un aperçu de la fameuse Nouvelle-France. La Nouvelle-France de M. Mélenchon en réalité, c'est cette convergence entre l'extrême gauche et les racailles des banlieues. sous le haut patronage de LFI. La Nouvelle-France, c'est cette France de la violence, des incendies.
Pardonnez-moi, Bruno Retailleau, mais là, il y a beaucoup de choses dans ce que vous êtes en train de dire. D'abord, vous faites le lien direct entre ce concept avancé par Jean-Luc Mélenchon et les scènes que l'on a pu voir hier, et vous dites des racailles de banlieue. Vous avez des informations chiffrées sur les profils de celles et ceux qu'on a pu voir hier dans la rue ? Vous avez des informations que peut-être nous n'avons pas, Bruno Retailleau ?
des policiers et de nombreuses personnes qui étaient précisément sur ces lieux-là. Il y avait cette convergence, non pas la convergence des luttes, mais la convergence de l'extrême gauche, très organisée, depuis le matin. C'est ce qui a rendu d'ailleurs très difficile le maintien de l'ordre. D'ailleurs, il ne faut pas parler de maintien de l'ordre. Parce qu'on avait des scènes,
des
meutes urbaines. Et ensuite, des groupes venus de banlieues qui sont venus faire leurs courses en pillant les magasins. Je voudrais simplement avoir un mot, non seulement pour les forces de l'ordre, ils ont été fabuleux, comme d'habitude, mais aussi pour celles et ceux qui ont perdu leur outil de travail. Certains vont être quasiment ruinés, d'autres sont en chômage technique.
Pardonnez-moi d'y revenir Bruno Rotaillot, quand on a été ministre de l'Intérieur, qu'on est candidat à l'élection présidentielle et que sur la base des images, comme vous venez de le faire, on dit que c'était les raquets de banlieue qui sont allés faire leurs courses. Là encore, sur quoi est-ce que vous vous fondez pour dire ça ? Sur les profils ? Et peut-être que dans les jours qui viennent, les informations qu'on aura sur les comparutions immédiates... permettront d'établir le profil de ceux qui s'en sont pris aux biens et aux personnes. Mais jusque-là, qu'est-ce qui vous permet de le dire ? Les images et les informations... Qu'est-ce que vous voyez sur les images, Bruno Retailleau ? Les images et
les informations dont j'ai à ma disposition, Benjamin Duhamel. Alors lesquelles ? Les informations. Simplement, il y en a marre. Tous les Français ont vu, vous savez. Aujourd'hui, vous faites la fine bouche ici. Je ne fais pas la fine bouche, j'essaye d'être sur les faits. Si, si, mais je vais vous dire. Vous aussi, vous êtes tranquillement assis, Bruno Retailleau. Les Français, ils en ont marre. qu'il y a une réalité qui s'impose. Hier, je vais vous dire, hier soir, la conclusion qu'ils en tirent, c'est pour ça que c'est très grave, ils se demandent aujourd'hui si l'État, si la République est encore en capacité de les protéger. Donc il va falloir, on va en reparler, il y a des propositions, j'ai des solutions, il va falloir changer d'échelle, changer de braquet. Parce que sinon, on sera
submergé à court terme. Et on va en parler, Bonneuretailleur, mais pour rester sur la mise en cause de Jean-Luc Mélenchon que vous avez faite il y a un instant, Jean-Luc Mélenchon, hier soir, écrit « Ceux qui partagent notre combat n'ont rien à faire dans le pillage, le saccage. » Et on a vu dans le même temps des élus insoumis de gauche manifester dans les cortèges. Vous ne croyez pas à cette phrase de Jean-Luc Mélenchon ? Non,
vous voyez, je ne suis pas naïf. Quand j'entends M. Mélenchon mettre en cause le préfet de police pour dire que, ou bien c'est un provocateur... aux ordres ou bien incompétents, dangereux, quand on connaît le préfet de police, qui est un nombre remarquable, on en doute. Je vais vous donner un certain nombre de tweets de la France Insoumise depuis ces derniers jours, avant le 17 octobre.
Je précise pour ceux qui nous écoutent sur France Inter que vous avez votre téléphone à la main et que vous apprêtez à lire des... Oui, parce que je ne vous ai
pas appris par cœur. parce que ce que dit la France Insoumise, c'est bizarre, ma mémoire a du mal à le retenir. Monsieur Mélenchon a batté la Ciladelle, Rima San, il n'y a qu'une seule solution, c'est la désobéissance civile. Monsieur Bali Bagayoko, la violence peut être légitime. Madame Alma Dufour, la faim justifie les moyens. Antoine Néaumant, les manifestations prennent la forme qu'elles veulent. On ne va pas jouer les pompiers, etc. Vous voyez bien qu'ils ont armé la violence avec leur mot d'ordre. Donc il y a une responsabilité directe de la France Insoumise ? Écoutez, je le dis depuis des mois, bien sûr. Malgré le fait que Jean-Luc Mélenchon dise « pas de pillage, pas de saccage ». Mais vous voulez rire,
il
vaporise en permanence, il brumise de la violence. J'ai toujours considéré, je le dis depuis le départ, qu'il a manipulé le mouvement des lycéens. Pas seulement pour quelques voix de plus, mais surtout pour faire une sorte de répétition générale du troisième tour de l'élection présidentielle. On a exactement cette répétition générale sous nos yeux.
Bruno Retailleau, il faut qu'on parle du dispositif policier, puisque la question que se posent peut-être ceux qui nous regardent et nous écoutent est de savoir si les violences et le risque de violences a été sous-estimé. Quand on a des témoignages de policiers qui se disent totalement dépassés, quand on entend le maire de Marseille expliquer qu'il a manqué de moyens avec une seule compagnie de CRS, maire de Limoges, tenir à peu de choses près les mêmes propos. Est-ce que vous dites, oui, le gouvernement, le ministre de l'Intérieur, ont sous-estimé la menace et les risques de violence ?
Il y a une sous-estimation certaine. Certaine. Je ne suis pas sûr qu'à Paris, on ait eu suffisamment d'ailleurs de forces mobiles. Il y en avait une trentaine de ce que je sais. Au pic des Gilets jaunes, il y en avait 70. Mais ce que je veux dire, c'est que nos services de renseignement ont été sans doute pris à défaut parce que... On n'a pas l'autorisation aujourd'hui d'aller chercher les informations là où elles se trouvent. Par exemple sur les messageries cryptées. Commissaire de l'intérieur dans la loi narcotrafic, j'avais tenté de faire passer le dispositif. Et même le Rassemblement national s'était opposé à cause des libertés publiques. Mais aujourd'hui, qui en France en appelle aux libertés publiques quand il y a par exemple des interceptions sur les téléphones classiques, sur les téléphones satellitaires ? Donc il faut en fait l'État. C'est désarmé, on a désarmé l'État et il va falloir le réunir. Mais de la sous -estimation
du gouvernement,
venez-vous de dire, est-ce que le gouvernement a perdu le contrôle la situation ? Hier, le contrôle a été vraiment perdu. Mais -delà du maintien de l'ordre, je pense qu'il y a trois éléments qui doivent s'emboîter. Je pense qu'il y a d'abord un changement de discours, un changement de climat aussi. Dans le changement de discours, j'en parlais avec les mots d'ordre, notamment de l'extrême-gauche et de l'EFI. Mais il faut... accepter cette idée qu'il y a à l'intérieur de la République des anti-républicains, des ennemis de la République.
Donc... Mais ça concrètement, parce que pardon Bruno Rotaio, mais ça, ce sont des mots. Ça veut dire que vous auriez été... Vous auriez été ministre de l'Intérieur, vous auriez été président de la République. Qu'est-ce que vous auriez fait différemment pour que ces scènes-là n'arrivent pas dans les rues des grandes villes de France ? Croyez
-moi, jamais, jamais. je ne me saurais dissocier des forces de sécurité jamais. J'aurais, par exemple, annulé l'emploi provisoire, d'ailleurs, parce qu'il y a eu un retournement, il y a eu un virage sur l'aile, des grenades, des forces intermédiaires. – Oui, parce que, pour dire les choses très précisément,
sur les grenades assourdissantes, elles ont été temporairement interdites dans le cadre de la mobilisation des lycéens, et Laurent Nunez est revenu dessus pour les manifestations d'hier. – Donc,
manque de clarté, vous voyez bien, j'ai parlé
du
propos du président de la République. J'ai été émis sur de l'intérieur. Lorsqu'au mouvement Bloquantou, croyez-moi, J'avais même fait une confiance de presse tôt le matin. J'avais essayé d'anticiper dès 5 ou 6 heures du matin. J'avais demandé aux forces de l'ordre de se prépositionner pour empêcher. Et j'avais fait une confiance de presse devant des blindés de la gendarmerie. On n'en a pas vu beaucoup. Il n'y en avait pas suffisamment de mobilisés, les fameux centaures. Il faut montrer la force, les canons à eau. Vous
pensez qu'une conférence de presse de Laurent Nunes devant des centaures aurait empêché des manifestants de rentrer dans la mairie de Marseille, de mettre le feu à la mairie de Liloge ? Ce
que je dis, c'est que les forces, et notamment les blindés, les canons à eau, ont été très discrets, trop discrets. et qu'il faut en même temps dissuader. Le maintien de l'ordre, c'est un équilibre des forces, c'est une proportion des forces. Et si vous apparaissez en faiblesse, malheureusement, notamment les gendarmes ou les policiers, avec les consignes, quelques jours avant, avaient été sans doute déstabilisés. Mais surtout, nos blindés, en fait, on les a cachés. Ils étaient dans des rues adjacentes.
Pardon Bruno Retailleau, mais moi j'ai le souvenir de vous comme ministre de l'Intérieur, subissant les violences après la victoire du PSG. C'était fin mai 2025. A l'époque, je rappelle le bilan, deux morts, des centaines de véhicules incendiés, plus de 500 interpellations. Est-ce que ce n'est pas un peu facile, voire démago, d'expliquer que si on avait été aux affaires, tout cela ne serait pas arrivé ? Les morts
n'avaient rien à voir avec des faits de violences dans la rue. Première chose, vous saviez combien il y avait eu de magasins pillés ? Il y en avait eu un ou deux. Aujourd'hui... On est à quelques centaines, voire à quelques milliers. Hier soir, le maire du 2e arrondissement de Lyon me disait que pour son seul arrondissement, c'était sans doute 200 magasins pillés. On a changé totalement d'échelle. Et croyez-moi, j'en avais tiré les conclusions pour les mouvements bloquant tout. Et j'avais demandé aussi aux forces de l'ordre d'être très réactifs, d'être très mobiles. Et je leur avais dit, je vous couvre, ne supportez pas. Les violences. Ne supportez pas les
dégradations. Dès que vous pouvez, vous allez au contact. Avant de poser aussi la question des revendications des manifestants, deux questions rapides. Vous débattrez dans quelques instants avec Marine Tondelier qui demande la démission de Laurent Nunes, du ministre de l'Intérieur. Est-ce que la question se pose savoir s'il peut rester en fonction ?
Écoutez, j'ai une ligne. Je ne m'en suis jamais départi, je ne demande jamais démission. Je pense aujourd'hui le responsable, c'est le chef de l'État lui-même. Lui-même. Par ses propos, il a déstabilisé le maintien de l'ordre. Mais je pense qu'il faut aller beaucoup plus loin. Il y a la question de reconnaître, d'ouvrir les yeux. Arrêtez l'angélisme. Il y a la question du maintien de l'ordre qui doit obéir à une doctrine très claire. Et il faut revoir, y compris en révisant la Constitution, notre arsenal. Parce qu'on a désarmé l'État, il va falloir réarmer
l'État. Et deuxième question, Bruno Retailleau. Yael Brunpivé dit qu'il faut une commission d'enquête parlementaire pour savoir ce qui s'est passé en termes de maintien de l'ordre, en termes de dispositifs. Est-ce que ça, vous y êtes favorable ?
Très bien. Je pense que le Parlement contrôle le gouvernement devant des actes aussi graves. Voilà, c'est parfait. Sauf... qu'aujourd'hui, on doit agir et agir très vite. Parce que ce qui s'est passé hier soir, c'est simplement une leçon. Et l'extrême-gauche, mais aussi ceux qui ont pillé les racailles, ce que j'appelais les barbares, ils reviendront parce qu'ils ont vu que l'État était faible. Et donc, il va falloir réarmer
l'État très rapidement. Pardon, Bruno Retailleux, et là encore, les mots sont importants. Quand vous utilisez le mot de barbare, barbare, ça veut dire étranger. Ça implique l'idée que c'est quelqu'un qui vient d'ailleurs. Barbare, pour moi,
c'est quelqu'un qui est décivilisé. C'est ça, la définition de barbare. Maintenant, ce que je veux dire, c'est que je pense que très vite, il faut appeler toutes les forces politiques à voter, par exemple, la loi anti-casseurs. pour rendre co-responsables, responsables collectivement, sur le plan pénal comme sur le plan civil, ceux qui se trouvent dans un attroutement qui dégrade ou qui vont commettre des violences. Il faut aussi avoir... J'avais proposé un texte contre les Black Blocs. Le Conseil constitutionnel l'avait à l'époque censuré parce que le gouvernement avait, si j'ose dire, brouillé un petit peu les choses. Je pense qu'il faut remettre les interdictions administratives. De manifester. Quelqu'un qui est pris dans une manifestation, le préfet doit pouvoir lui interdire de manifester ensuite. Pareil, il y a d'autres choses qu'il va falloir évidemment mettre en place. La justice des mineurs. Regardez, juste un mot. Le laxisme, franchement, le laxisme. Il y a eu 8000 gardes à vue, 2700 poursuites, il y a eu 26 ou 27... Simplement, détention provisoire. 26 détentions provisoires sur Bruno Retailleau.
On entend vos propositions. Moi, je suis frappé de quelque chose depuis le début de cette émission. Je rappelais ce chiffre en début d'entretien. Il y a 550 000 personnes qui ont manifesté dans la rue, pour l'immense majorité pacifiquement, et qui peut-être, en vous écoutant ou en vous regardant sur France Inter et sur France 2, se disent... Au fond, Bruno Retailleau, il se moque parfaitement des revendications contre la vie chère, pour le pouvoir d'achat, pour la mobilisation des lycéens. Tout ça, ça ne vous intéresse pas, ça n'existe pas. Mais vous voulez rire ? Non, je ne rie pas. Mais vous voulez rire
? C'est une blague. Non, non, ce n'est pas une blague. Franchement, votre question n'est pas une blague ? Je ne vous ai pas entendu depuis le début de cet entretien sur ceux qui ont marché pacifiquement et qui avaient des revendications. La question que doivent se poser, c'est les manifestants. Pourquoi leurs discours, pourquoi leurs mots d'ordre sont inaudibles ? Mais à cause de ces individus. La République, c'est la protection d'un droit constitutionnel qui est le droit de manifester. Pardon, les forces de l'ordre. Est-ce que vous entendez leur mot d'ordre, Bruno ? Bien sûr, mais précisément, il ne peut pas y avoir de mot d'ordre qui puisse être audible,
de
manifestation paisible dans cette guerre civile, dans cette insurrection. Dans ces émeutes. C'est ça qu'il faut comprendre. C'est ça que je leur dis. Non pas que je
néglise. Et donc ça veut dire quoi ? Ça veut dire que maintenant, au fond, il y a une sorte de fatalité à ce que, quand on fait une manifestation, y compris quand on est un manifestant pacifique, on prend le risque de se retrouver nassé, pris dans les gaz lacrymogènes, même si on est dans une manifestation déclarée et parfaitement pacifique. Benjamin Duhemel, c'est ce que je veux
briser. Parce que là, c'est pire que le respect du droit constitutionnel de manifester. On n'en est plus là, vous voyez. On en est à une République qui est en train de vaciller. On en est à un État qui ne parvient plus à protéger les biens et les personnes. Et donc, un, il y a un discours à changer. Il y en a marre de ceux qui propagent la haine anti-flics. Reconnaître que la République a des ennemis. Deux, il y a une doctrine de maintien et d'ordre à clarifier. avec une main qui doit être intraitable. Et enfin, une révision constitutionnelle pour faire en sorte que, par exemple, la majorité pénale des mineurs, ce soit 15 ans, pour faire en sorte qu'on met des peines minimales, pour faire en sorte que ceux qui font cela... ils aient la certitude que la sanction va tomber, que la prison sera au rendez-vous.
Pardon d'insister Bruno Retailleau, mais si on prend l'exemple des lycéens, moi j'ai entendu vos prises de parole ces derniers jours et ces dernières semaines, je vous ai entendu dire qu'il n'y avait aucun problème de moyens, que le sujet c'était l'héritage de mai 68 et l'autorité du professeur. Il s'avère que vous publiez un livre avec des lettres aux Français, il y a une des lettres qui est « Lettre à ceux qui pensent que je suis réac ». Est-ce qu'en pointant du doigt mai 68, vous n'alimentez pas ce discours et c'est peut-être ce que vous considérez comme étant des procès d'intention ? Vous auriez dû lire
une lettre juste après, que j'ai intitulée « Lettres pour les parents qui ont des enfants en difficulté à l'école ». Oui, je réitère, je pense que le premier problème de l'école aujourd'hui, ce n'est pas un problème de moyens. D'ailleurs, vous savez, dans nos services publics, on n'a jamais autant dépensé d'argent public en France. On n'a jamais eu des services publics autant à la peine. Voilà, vous le savez parfaitement. Donc, je pense, moi, que ce que je veux, c'est briser le collège unique. Parce que les enfants ne sont pas dans le même loup. Et donc, quand on vous parle
des professeurs qui manquent des 20 millions d'heures, qui manquent de lycées qui sont en état de décrépitude, ça, c'est des sujets qui me paraissent secondaires. Je pense que ce
qui est principal, c'est d'abord, c'est l'autorité. J'assume, par exemple, pour des élèves violents. qui passent d'établissement en établissement, qui font des violences sur leurs camarades, de créer des internats disciplinaires. Je l'assume. Mais vous voyez bien que ça ne fait pas partie des revendications des lycéens, ça ? Non, mais écoutez, ce n'est pas parce qu'ils ont des revendications qu'il faut leur donner raison. Simplement, j'assume de casser le collège unique pour donner une place à chacun. J'assume de faire de l'apprentissage et de la formation professionnelle une filière d'excellence. Vous savez, le pire de tout, ça a été, je pense, le fameux mot d'ordre, 80% d'une classe d'âge au bac. Non, ça a envoyé des jeunes à l'échec. Je pense qu'il faut 100% d'une classe d'âge, précisément. On a dévalué en France les métiers manuels, ceux qui ont l'intelligence de la main. Moi, je veux réhabiliter cette filière. Je la confierai non pas à l'éducation nationale, mais aux régions, aux entreprises. Concrètement, comme en Allemagne, on aura beaucoup moins de
jeunes qui seront au chômage. Juste avant d'accueillir Marine Tondelier et de poursuivre ce débat intéressant sur la doctrine de maintien de l'ordre. Un mot politique, puisque si l'on regarde les sondages, vous n'êtes pas franchement dynamique, c'est le mot qu'on puisse dire. Vous êtes à la fois derrière Edouard Philippe et Gabriel Attal. Il y a un sondage qui a donné David Lysnard, le maire de Cannes, devant vous, même si un autre a montré un écart différent. À quel moment vous vous direz, là j'arrête les frais, ma candidature ne sert plus à rien ?
C
'est
extraordinaire parce que le sondage que vous montrez, c'est un sondage qui a plusieurs jours. Et depuis, il y a eu plusieurs sondages. qui ont contredit ce sondage. Et vous reconnaissez Bruno Retailleau que je viens de le dire dans ma question. Non mais c'est drôle, c'est extraordinaire. C'est un sondage IFOP qui est effectivement celui où David Lysnard est devant vous. Je le dis aux téléspectateurs, ça découle d'un choix éditorial.
Un choix éditorial, Bruno Retailleau, je viens de citer les autres sondages où David Lysnard est devant. Mais c'est une façon habile de ne pas répondre à ma question. A quel moment est-ce que vous direz j'arrête les frais, au fond ma candidature, elle ne sert à rien ? Je
porte un projet qui est un projet de rupture. Et je pense que les gens, et depuis hier soir, ils veulent à la fois. Une radicalité, je veux renverser la table. Ce ne sont pas les anciens premiers ministres. Pourquoi est-ce que ça ne prend pas ? Parce que ça n'a pas commencé et ça commencera très tard, très très tard la campagne pour que les gens s'en saisissent. Vous savez, aujourd'hui, c'est la vie chère, c'est l'angoisse et ils sont sidérés de ce qu'ils ont vu hier soir. Je porte à la fois un projet radical, je veux renverser la table et ce ne sont pas les deux premiers ministres de M. Macron qui portent son héritage, qui pourront le faire. Et la crédibilité. Et ça, Mme Le Pen ne porte... Aucun
projet de crédibilité. Mais si Bruno Retailleau, David Lindstar passe devant vous, est-ce qu'à ce moment-là, vous direz, puisque vous le qualifiez d'ami, écoutez mon ami, je me retire et je me rallie à ta candidature, parce que j'imagine que vous le tutoyez.
Nous nous verrons, oui, en tutoie depuis très longtemps, ça fait des années, des années. Mais j'ai la certitude que mon projet est singulier. Donc il est meilleur que ça ? 'ai la certitude que mon projet est le bon projet pour relever la France. C'est un projet qui donnera plus de pouvoir d'achat. J'assume de sortir les 35 heures. J'assume de dire aux Français, pour 30 minutes de plus de travail par jour, ce sera quasiment deux mois net par an de plus. Est-ce que vous pourriez vous retirer pour David Lissnard ? Non, je suis en train, ça fait trois fois que vous me posez la même question. Oui, ça fait trois fois que vous répondez pas. Je m'exprime en espagnol, en italien, en anglais, en allemand, toute langue que je ne maîtrise pas nécessairement très bien. Mais je vous ai répondu. Je pense que ce projet-là, il est singulier. en termes d'économie, de poire d'achat et d'ordre public. Donc il y aura un bulletin Bruno Retailleau le 18 avril 2027. Il y aura, chacun pourra effectivement voter dans l'Urde. Bruno Retailleau.
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