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Bonsoir mesdames et messieurs, bonsoir. Merci d'être là, merci pour votre présence et d'ores et déjà pour vos pouces, vos commentaires, vos partages. La première des questions sélectionnées par vos équipes provient de Peyo. Que pensez-vous de ce titre du journal L'Express ? Si la France tombe, c'est toute la zone euro qui tombe. L'inquiétude de Desmond Lackmann, ancien cadre du FMI. Le sous-titre est, selon l'économiste Desmond Lackmann, Les marchés sont déjà en train de lâcher la France. Et la BCE n'aura bientôt d'autre choix que d'intervenir. Mais le contexte international pourrait compliquer l'opération.
Alors bon, il y a toujours des prophètes de malheurs qui peuvent arriver. Ça, c'est exact. Ce qui est absolument certain. C'est pas une grande nouveauté. J'en ai parlé un nombre de fois incalculable. J'ai invité ici, sur ce plateau... à plusieurs reprises Marc Toiti, qui est un économiste qui s'est rendu célèbre quand même depuis des années pour tirer la sonnette d'alarme. Je suis allé moi-même. Jadis, j'avais été invité sur BFM & Co. Et puis après ça, on a décidé que j'étais trop corrosif, donc il fallait plus m'inviter. Mais je suis invité de temps en temps sur TV et Finances, et également... Dans quelques jours, je parlerai sur Chronique Agora. C'était des sites spécialisés en matière financière. Et donc je suis pas le seul. Il y en a d'autres qui l'ont dit. Mais effectivement, j'ai attiré beaucoup l'attention de mes compatriotes sur la situation financière qui est catastrophique, en fait. Elle est catastrophique parce que c'est un peu technique. Et j'hésite à entrer dans le détail. Il y a des gens qui trouvent qu'il faut aller trop vite. Il y a des gens qui se contentent de slogans. Mais si on se contente de slogans, si les gens ne comprennent pas... Ce qui se passe, ils ne peuvent pas voter pour la bonne personne. Ils votent pour des charlatans. Ils votent pour des gens, par exemple, comme Bruno Le Maire ou Édouard Philippe ou Gabriel Attal, qui sont absolument responsables d'une façon majeure de la situation, mais qui se pavanent dans les médias où ils ont porte ouverte, et qui expliquent qu'eux, c'est les perles à rigueur. Mais s'il n'y a pas quelqu'un qui est là pour rappeler leurs faits, c'est... Voilà. Ça ne va pas. J'en profite au passage pour dire d'ailleurs que la présence d'Édouard Philippe et de Gabriel Attal à la campagne présidentielle française compte pour beaucoup dans le coût qui nous est imposé par les marchés financiers. Il faut comprendre quelque chose. C'est que la France, elle est hyper-endettée. Vous le savez. Il faut comprendre que vu de Tokyo, de Pékin, de Shanghai, de Hong Kong, de Bangkok, de Sydney, de New Delhi, des banques... Je parle de toutes les grandes bourses mondiales, de Francfort, Londres, New York, comment dirais-je... Ottawa, pas Ottawa, Toronto, San Paolo, etc., une bourse mondiale... Les opérateurs financiers regardent la France, voient qu'on a des montants absolument extraordinaires, voient que l'on est obligé d'emprunter parce qu'on est toujours en déficit dans notre budget, constatent que le budget de la France reste avec un déficit colossal. Il faudrait avoir un budget beaucoup beaucoup plus sérieux. Mais le budget de Macron et de Stéphane Lecornu est... complètement hors sol, en fait, avec un déficit de l'ordre de 5,6 à 6 %. Ils constatent donc que l'on va payer de plus en plus cher, puisqu'il faut s'endetter non seulement pour rendre les échéances des emprunts de 10 ans qu'on a empruntés il y a 10 ans, dont on a payé année après année les intérêts. Et quand arrive la maturité des 10 ans, à ce moment-là, il faut payer le principal. Or, comme on n'a pas le principal, il faut s'endetter du même montant qu'il y a 10 ans, sauf qu'il y a 10 ans, on s'est endetté à peut-être 0,5 %, alors que maintenant, on s'endette à 4,5, 4,8. On a même dépassé brièvement les 5 %. Donc on a le même montant de dettes. Sauf qu'au lieu de payer 0,5% d'intérêt, on va payer 4,9%, ce qui fait une augmentation absolument phénoménale des intérêts à payer. On a appris – c'était hier – que les frais financiers que la France va payer en 2027 devraient atteindre 91,5 milliards d'euros de frais financiers. Je ne parle pas de remboursement du capital. Je parle de frais financiers. Si vous divisez ça par 365, ça fait à peu près quelque chose comme 250 millions d'euros par jour. Donc 250 millions d'euros par jour, ça représente l'équivalent d'environ 4 à 5 canadaires. Par jour... Vous vous rappelez qu'il nous a manqué 2-3 canadaires. On a eu des morts. On a eu des pompiers. On a eu des personnes qui sont décédées parce qu'on n'avait pas assez de canadaires pour lutter contre les feux de forêt. On a eu des centaines de milliers d'hectares qui ont été brûlés. On a eu des centaines de maisons qui ont été brûlées. Il nous manquait 3-4 canadaires. Il faut comprendre que l'année prochaine, en termes... de frais financiers, nous allons payer l'équivalent de 4 canadaires à 5 canadaires – ça dépend si on prend les anciens ou les tout nouveaux – par jour. par jour. C'est l'équivalent de plus de 1 500 dans l'année, quoi. Alors il n'y a pas que des canadaires dans la vie. Quand vous voyez dans quel état sont les lycées... Il suffit de voir ce qui se passe en ce moment. Quand vous voyez l'état de nombreux hôpitaux, de nombreux commissariats de police, l'état de la justice, l'état des routes de France, l'état des ouvrages d'art, les ponts, les tunnels, etc., etc., quand vous voyez tout ça... On s'aperçoit désormais que la France, elle est complètement... C'est notre argent qui est complètement siphonné. Et vu de toutes ces bourses dont je parlais tout à l'heure, quand les financiers qui examinent la situation française... Ils voient que le pays est dans une situation de quasi... Presque pas tout à fait insurrection, mais on en est plus très loin, en tout cas des émeutes quotidiennes. Ils constatent quoi ? Ils constatent que d'après les journaux... Les trois candidats potentiels qui pourraient devenir président de la République, c'est d'une part Mme Le Pen. Alors les partisans de Mme Le Pen peuvent dire ce qu'ils veulent, mais vu de Tokyo ou vu de New York ou de San Paolo, les financiers ou de Francfort, ils se disent « Cette dame, elle a été condamnée définitivement pour détournement de fonds publics avec une trentaine de responsables. Et si ça se trouve, quand elle fera campagne, il aura un bracelet électronique à la cheville ». Est-ce que vous voyez ce que ça veut dire pour des marchés financiers ? Deuxièmement, l'autre hypothèse, c'est Mélenchon. Mélenchon qui est à la tête de mouvements qui sont complètement... Parfois, on a l'impression qu'il est complètement dépassé par la tempête qu'il soulève chez un certain nombre de casseurs. Et surtout Mélenchon qui a dit qu'il voulait qu'il ferait annuler... 20% de la dette française. Dans un premier temps, il avait dit la dette. Puis il s'est rendu compte que c'était quand même un petit peu... 20% de la dette détenue par la BCE. Ce qui est une ineptie totale... La première ineptie, c'est que c'est pas lui qui décide. De toute façon, même si Mélenchon est à l'Élysée, c'est pas Dieu le paix. La dette française détenue par la BCE, c'est la BCE qui en décide, c'est-à-dire le collège des gouverneurs des banques centrales, des pays membres de la zone euro. Et ce collège dira évidemment non. Évidemment non ! Donc vu des bourses mondiales dont je parle... Attendez, il y a une reprise de justice. Il y a un mec qui est complètement dingue, qui connaît strictement rien de sa économie. Et le troisième, c'est qui ? C'est Édouard Philippe, qui est responsable du désastre. Parce que M. Édouard Philippe, comme Gabriel Attal, dans n'importe quel pays du monde, en tout cas dans n'importe quelle démocratie, ne pourraient même pas se présenter à l'élection. On aurait des médias qui feraient leur travail et qui diraient « C'est pas possible ». Voilà. Normalement, vous devriez être poursuivis pour faillite frauduleuse. Donc s'il vous plaît, taisez-vous. Taisez-vous. Et ne vous présentez pas. Vous devez vous cacher. Vous devriez partir à l'autre bout du monde. Mais non, M. Édouard Philippe, plastronne... C'est comme j'ai vu là aussi. Ça a été quand même assez extraordinaire. J'ai vu Gabriel Attal, qui a fait la fine bouche sur le programme d'économie du Rassemblement national. Il n'a pas tout à fait tort sur le fond. Parce que le programme du RN comme celui de Mme Knafo... Je sais pas s'il y a des questions. Oui, il y a des questions. On va en parler. Bon, c'est 80%, 90%, n'importe quoi. Mme Knafo notamment. Parce que moi, je commence à en avoir ras-le-bol de la propagande que ça serait le génie du siècle. C'est n'importe quoi. On va en parler. Mais... S'il y a bien une personne au monde qui ne peut pas taper sur Mme Claffaut et Mme Le Pen, c'est quand même bien Gabriel Attard. Quand on a un bilan aussi scandaleusement désastreux que ce qu'ils ont laissé en matière financière, on se tait. On se dit « Voilà, je ne peux pas dire ça ». Mais tout ça, ça se paye. C'est ça qu'il faut comprendre. C'est que vu des marchés financiers internationaux, on se dit « Ce pays », en parlant de la France, c'est un pays de dingue. C'est un pays qui n'est plus géré. Toute la classe politique française, le monde économique, etc., ils sont complètement à l'ouest. C'est un pays qui n'est plus maîtrisable. Et c'est ça que nous payons. C'est ça que nous payons. J'ai déjà eu l'occasion de le dire, je crois, la semaine dernière, et j'y reviens. Les triomphes électoraux d'Alternative für Deutschland en Allemagne, à la fois en Sachsen-Anhalt puis dans Mecklenburg-Pomeranie occidental, c'est-à-dire un parti qui réclame et propose la sortie de l'UE, le Dexit et la sortie de l'euro... Ces triomphes électoraux, normalement... Normalement, les marchés financiers auraient dû être inquiets en pensant que c'est quand même maintenant le premier parti d'Allemagne. Même à l'ouest... Même s'il est moins important à l'ouest, il a des scores dans les sondages en tout cas très élevés. Normalement, on aurait dû voir une augmentation brutale des taux d'intérêt réclamés par les marchés financiers sur le Bund allemand, qui est l'équivalent... C'est les obligations à 10 ans. de ce qu'on appelle le Bund allemand, qui est l'équivalent des OAT, des obligations assimilaires du Trésor français à 10 ans. Mais pas du tout. Et il y a ce qu'on appelle le spread, c'est-à-dire la différence entre le taux de Bund allemand et de l'OAT française, qui a monté jusqu'à 156 points de base, 1,56% en brut par rapport au taux allemand. Il a légèrement rebaissé, mais il reste très élevé. Et donc ça veut dire que les marchés financiers, ils ont plus peur. de la France que de l'Allemagne sortant de l'UE. Est-ce que vous vous rendez compte de ce que je dis ? Ils ont plus peur de la France que de l'Allemagne si l'Allemagne sortait de l'UE, ce qui signerait la fin de l'UE et de l'euro, soit dit en passant. Ils ont plus peur de la France. Voilà. C'est ça que ça veut dire. Alors comme... Je ne connaissais pas cette citation de Desmond – je ne sais pas comment – qui est citée par cet internaute. Effectivement, les gens savent bien que la France, la BCE, ne peut pas laisser des choses comme ça. Parce que si ça continue comme ça, c'est l'euro qui va exploser. De toute façon... Je pense quand même que les gens qui m'écoutent savent que je prophétise l'inéluctable explosion de l'euro, comme toutes les monnaies plurinationales de l'Histoire ont toujours, toujours, toujours, toujours fini par exploser. Je vous renvoie à des conférences que j'ai faites il y a 15 ans sur le sujet. Bon. Puisqu'une monnaie, c'est un peuple et une nation. C'est écrit dans le premier livre des Machiavées dans la Bible. Bon. Donc vous n'allez pas être surpris si je vous le confirme. toute l'oligarchie européiste ont tellement investi politiquement et leur personnalité, leur idéologie sur l'euro et sur la construction européenne qu'ils feront tout pour empêcher l'explosion de l'euro jusqu'au feu d'artifice final qui, de toute façon, sera inéluctable. Et donc ça veut dire que la BCE ne peut pas laisser le spread s'accroître de plus en plus. Ils vont donc intervenir sur les marchés financiers. Ils ont deux moyens d'intervenir. D'un point de vue technique, il y a un premier moyen qui s'appelle, je crois, l'OMT. Mais là, il faut négocier un plan absolument drastique. Ça avait été négocié – vous vous rappelez peut-être – sur le compte de la mémoire entre... M. Jean-Claude Trichet avait écrit au Premier ministre italien Berlusconi à l'époque. Il lui avait écrit une lettre qui avait fait un scandale planétaire, puisque Jean-Claude Trichet, qui était à la tête de la BCE... le président de la BCE, avait écrit au président du Conseil italien une lettre pour lui dire « Voilà ce qu'il faut que vous fassiez ». En fait, c'était un programme gouvernemental. M. Trichet, qui n'a jamais été élu par qui que ce soit, s'est jamais présenté, a eu quelque élection que ce soit, se permettait de donner des ordres comme un empereur, en fait, l'empereur d'Europe, donnant ça à l'un de ses vassals. Alors ça avait fait un énorme scandale. Bon. Alors c'est difficile à manier, ce truc-là. Donc il y a un nouvel instrument, comme ils disent à la BCE, qui a été créé il n'y a pas très longtemps, qui s'appelle l'instrument de protection de la transmission. Alors c'est un mot qui est complètement bizarre. Ça veut dire en fait pour protéger le fait qu'une espèce de phénomène de domino, si vous voulez, empêcher qu'une crise sur un pays ne se propage aux autres. Ils ont donc décidé à la BCE – ça remonte à deux ou trois ans – de faciliter l'intervention de la BCE de façon plus ou moins discrète, notamment en achetant sur le marché secondaire les obligations des États. Marché secondaire, ça veut dire que la BCE n'a pas le droit lorsque, par exemple, l'État en France fait un appel d'offres en disant « Voilà, je veux emprunter », comme c'était le cas il y a quelques jours, 16 milliards d'euros. Il y a un appel d'offres. Et donc c'est lancé sur le marché. Et puis il y a des quantités d'investisseurs qui viennent ou qui ne viennent pas. Et évidemment, plus le taux d'intérêt monte, et plus il y a des investisseurs qui sont intéressés. Donc si vous avez un taux d'intérêt qui est trop bas, les gens ne viennent pas. Et pour l'instant, la France, on a encore des investisseurs qui veulent acheter du papier français, comme on dit, mais qui exigent des taux d'intérêt de plus en plus élevés. Jusqu'au jour peut-être un jour où s'il n'y avait plus d'investisseurs, alors ça s'appelle un défaut, c'est-à-dire la faillite. On ne peut plus payer. Donc là, je vous passe les détails. La France est en coûte réglée sous les auspices du FMI, etc. Et on brade les actifs français et ci et ça. Mais même actuellement, la BCE, donc, a dû commencer discrètement à acheter sur le marché secondaire. Le marché secondaire, c'est une fois que l'obligation a été émise. Il y a des fonds d'investissement qui les revendent sur les marchés financiers. Et là... La BCE s'est octroyée le droit, qui est contraire à l'esprit d'ailleurs des traités, mais c'est ce qu'on a appelé les facilités Draghi. La BCE s'est octroyée le droit de racheter sur le marché secondaire ces obligations-là. Et la BCE a dû intervenir, parce qu'un spray de 156, c'était déjà le signal d'alarme. Voilà. Et donc la BCE a dû intervenir. Mais il y a un « mais ». Il y a un « mais ». c'est que la BCE n'intervient avec la réticence extrême des autres pays d'Europe à la condition que la France obéisse à la BCE. C'est pas comme ça. C'est-à-dire qu'il y a des contreparties. Il y a toujours des conséquences aux choses. Il y a des contreparties. Et je suis absolument certain que la BCE a dû faire valoir d'ores et déjà un certain nombre d'exigences, notamment sur le gouvernement. sur le gouvernement, le corps nu pour les semaines et les mois qui viennent. C'est une évidence. Donc on va aller vers des coupes maigres. C'est-à-dire en fait, les Français sont complètement dépossédés de leur pays. Ils ne décident plus de rien, en définitive. Donc voilà ce que l'on peut dire dans l'état actuel de la situation. Alors de là à dire que c'est la France cool, tout le monde va couler... Non, la France, elle en a vu d'autres, comme disait De Gaulle. Ça existe depuis des milliers d'années, en tout cas depuis 1 500 ans. Donc on en a vu d'autres. Mais on est né dans une situation qui peut être extrêmement, extrêmement difficile et qui risque de s'aggraver dans les mois qui viennent en plus. s'accompagnant d'un chaos politique, et de trois personnalités dont on nous dit que ce seraient les finalistes, Le Pen, Philippe et Mélenchon, qui, dans les trois cas, c'est l'épouvantail pour les marchés financiers. Il n'y en a pas un pour racheter l'autre. Les marchés financiers n'ont confiance dans aucun des trois. Voilà. Ils ont pas tort, d'ailleurs.
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