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La prof de G n'est pas venue, c'est fait !
peut démarrer. Bonjour à toutes et à tous. On sait qu'un certain nombre de personnes vont nous rejoindre dans les minutes à venir. Moi, je suis Tristan Lahaye, député Génération d'Illivillaine et j'ai le plaisir d'animer cette table ronde avec vous. Je ne resterai pas davantage sur ce lieu de rassemblement parce que j'irai ensuite à un commissaire agricole dans ma circonscription. Mais ça me tenait à cœur d'être présent avec vous aujourd'hui pour le rassemblement qui... Nous unis debout, génération l'après et puis plus globalement pour ce qui est une première étape du rassemblement de la gauche dans les batailles à venir. Et merci. aux camarades écologistes, socialistes et communistes d'être présents, notamment sur cette table ronde. Je veux dire que cet atelier tombe certainement à point nommé. Nous savions depuis juillet que nous aurions une bataille avec le gouvernement, avec François Bayrou, depuis les annonces qu'il a faites au milieu de l'été, après d'ailleurs nous avoir envoyés en vacances. Contrairement à ce qu'il dit, ce n'est pas nous qui étions en vacances, c'est lui qui en a décidé ainsi. On était prêts à travailler plus longtemps. Et puis finalement de cette bataille budgétaire un peu classique, il était devenu une bataille encore davantage politique puisqu'il a souhaité que le plan Bayrou, ce plan austéritaire, soit soumis à un vote de confiance le 8 septembre prochain. Alors on nous dit depuis quelques jours, depuis lundi, que finalement ce vote de confiance ne serait pas un vote sur son plan mais sur le diagnostic de la situation. Je crois qu'on peut dire de manière un peu radicale, en tout cas sans ambiguïté, que nous ne sommes pas dupes de ce qu'un vote de confiance n'est jamais un vote sur un diagnostic ou sur un constat. Mais il serait évidemment, si tant est qu'il puisse y avoir une seule hypothèse où ce vote de confiance lui soit accordé, ce serait évidemment... Un feu vert pour le plan qu'il a présenté en juillet, c'est-à-dire un plan qui propose ni plus ni moins que d'épargner les plus privilégiés et de demander à tous les autres des efforts. Donc je me félicite, on se félicite que la gauche ait unanimement répondu qu'elle ne sera pas dupe et qu'elle ne votera donc pas la confiance. On ne vote pas la confiance sur un diagnostic, pas sur un constat, on l'a dit, il ne s'agit pas... telle la météo de dire oui il pleut, oui il fait beau, mais nous partageons évidemment le fait qu'on a une dette qui est de l'ordre de 3300 milliards d'euros, qu'on a un déficit public qui a atteint 5,8% l'an dernier. La question qui nous est posée et qui est la grande question démocratique qui sera posée à l'Assemblée nationale, mais plus généralement dans la rue et puis aux Françaises et aux Français, c'est de savoir quelles sont les causes. à l'augmentation de la dette, quelles sont les causes de ce déficit et quels sont les moyens pour en sortir, pour résorber cette situation sans atteindre la croissance et surtout en considérant que tout ça ne sont que des instruments au service d'un projet politique à mettre en oeuvre. Avec moi pour cet atelier plusieurs intervenants, donc Fabien Guay qui est sénateur de Seine-Saint-Denis. Eva Sasse, députée écologiste de Paris. Fabien Guay, d'ailleurs, donc j'ai oublié de dire qu'il était communiste, qu'il est communiste. François Ruffin, député Debout de la Somme. Clémentine Autain, député L'Après de Seine-Saint-Denis. Et Alexandre Ouizil, sénateur socialiste de l'Oise. On a un temps qui est assez limité pour l'échange qu'on doit avoir, il faut qu'on rende la salle à 15h, donc je vais demander à chacun des intervenants de pouvoir parler entre 8 et 10 minutes. Ensuite, ce que je vous propose, c'est qu'il y ait des interventions, des questions de la salle, et que chacun puisse se réexprimer en fonction du temps qui sera disponible à ce moment-là, entre 3 et 5 minutes, on ajustera, mais on a une obligation de libérer cette salle à 15h. Je commence tout de suite par donner la parole à François Ruffin qui a souhaité, dans l'organisation qui est la nôtre, pouvoir vivement organiser ce débat pour un plan de redressement heureux de la France. Il n'y a pas de fanfare aujourd'hui mais en tout cas je sais qu'il a l'habitude de vouloir coller des affects positifs aux questions politiques qui nous sont posées. C'est pour ça qu'on a cet intitulé pour un plan de redressement heureux de la France et je lui cède la parole tout de suite.
Merci beaucoup Tristan. D'abord un mot pour vous remercier, pour remercier Fabien, Eva, Clémentine, Alexandre d'avoir répondu au plaie élevé sans hésiter en plein été. Oui, on vient, pas de souci et que ça se fasse avec facilité. Et c'est parfait. Et je pense, je le développerai dans le meeting qui suivra, mais ça va vous paraître paradoxal. Je pense que nous avons une chance, nous avons une chance que le débat... soit sur la question fiscale, soit sur la question de qui va payer, et que d'emblée, et même au-delà de cette salle, la gauche est unie sur cette question, sur cette question fiscale, ce qui nous peut poser la possibilité de gagner. Ça c'est la première chose. La deuxième chose, nous sommes les gens sérieux, nous sommes les gens responsables, et les irresponsables et le chaos ce sont eux. Moi j'étais membre de la commission nationale sur la dette publique qui s'est déroulée après le covid lancé par les républicains à l'assemblée nationale et que venaient dire tous les économistes qui défilaient et y compris le gars de la cour des comptes ils venaient dire écoutez on a augmenté le déficit public de 1,7 points pourquoi parce qu'on a diminué les recettes de 1,7 points et que c'est les baisses d'impôts d'Emmanuel Macron à hauteur de 55 milliards d'euros par an qui font qu'on se retrouve aujourd'hui avec des caisses vides. J'accuse, moi, j'accuse le président de la République d'avoir mené cette politique, d'avoir mené cette politique suppression d'impôt de solidarité sur la fortune, flat tax, exit tax. Ensuite, il y a ce que je ne remets pas en cause, le coûte que coûte de la crise Covid. Mais après la crise, quand on a sorti le carnet de chèques comme ça, venir continuer, continuer avec une politique de l'offre. Mais à qui on offre ? On offre aux grandes sociétés avec la baisse de l'impôt sur les sociétés, on offre aux grandes sociétés avec la baisse de la contribution sur la valeur ajoutée des entreprises. Donc, est menée là une politique qui est à la fois ruineuse, injuste et inefficace. Et quand je dis ça, je dis que non seulement, j'accuse non seulement le président de la République de mener cette politique, mais je l'accuse de le faire exprès. Je l'accuse de l'avoir fait consciemment, de l'avoir fait méthodiquement, et qu'à toutes les étapes, cent fois, mille fois, nous avons sonné l'alerte et nous avons dit, nous ne pouvons pas vider les caisses de l'Etat comme ça. Et il a continué à le faire. Pourquoi il a continué à le faire ? Je suis retombé sur un article d'acte de la recherche en sens social qui s'appelle la politique des caisses vides et qui retrace l'histoire de cette politique-là. D'abord, des ministres des finances suisses au début du XXe siècle qui disent qu'il faut toujours terminer une année en déficit. C'est une manière de mettre une contrainte aux demandes populaires. Ensuite, ça va être Reagan, les libéraux qui, dans toutes les années 80, vont développer cette théorie qu'il faut... du déficit parce que c'est la meilleure manière de faire une privatisation de l'Etat et d'interdire en vérité des politiques ambitieuses, des politiques sociales. Et donc là on a un plan Bérou, je m'excuse mais prononcer le mot Bérou déjà c'est lui faire beaucoup d'honneur. Il appartient au passé, il est dépassé, il a normalement pris un billet d'avion, il fait ses cartons pour Matignon. Ajouter le mot plan à ce qui nous a prendu, c'est quand même un double honneur. Mais les choix qui sont faits de qui doit payer, c'est-à-dire de dire que c'est les salariés, c'est les retraités, ce sont les malades de longue durée, plutôt que les rentiers, les héritiers, les financiers. qui se gavent depuis 8 ans, c'est en fait prolonger la politique d'Emmanuel Macron, de Robin Desbois à l'envers, qui a tout donné aux riches, et maintenant qui veut faire payer les pauvres et les modestes derrière. Nous, j'ai souhaité qu'il y ait cet atelier aussi parce qu'au début de l'été, avant même les annonces du Premier ministre, nous avions lancé un plan de redressement avec les experts qui sont autour de Debout. En ce moment, on prend au sérieux la dette. Karl Marx considérait que la dette était une forme d'aliénation de l'Etat parce que les impôts... des Français, les impôts des salariés ne devaient pas servir à payer des financiers. Nous prenons au sérieux la dette. La proposition de réduire de manière aussi brutale que ça et de mettre vraisemblablement un coup de frein dans la montée économique du Premier ministre n'est pas raisonnable. On a missionné... nos experts qui nous ont proposé un plan de redressement que j'ai ici et qui disent qu'on pourrait réduire la dette de manière deux fois moins rapide et de manière à ce que ça soit beaucoup plus juste. J'ai tenu à ce qu'on appelle ça non pas un contre-budget, mais beaucoup plus largement un plan de redressement. Parce que si le souci aujourd'hui n'était que budgétaire pour notre pays, ça serait parfait. C'est une question de tuyauterie. on réglerait ça avec un peu d'ingénierie fiscale et pas de soucis. Mais en vérité, le problème est beaucoup large que ça, parce que non seulement on a dépensé des centaines de milliards, on a aggravé notre dette de 1000 milliards, mais en plus ce n'est même pas pour investir. Ce n'est même pas pour investir sur l'avenir. Ce n'est pas comme s'il y avait un usage pour faire passer les marchandises de la route sur le rail qui avait été mené avec un grand plan rail. Ce n'est pas comme si on avait eu un grand plan logement alors qu'on a 3 millions de Français qui sont en demande de logements sociaux. On a des foyers qui consacrent 30 à 50% de leur budget au logement alors qu'on a 5 millions de passoires thermiques dans le pays. Ce n'est pas comme s'il y avait un projet gigantesque là-dessus. C'est pour dire qu'il y a la possibilité d'un redressement heureux. Pourquoi nous ajoutons l'adjectif « heureux » ? Parce que je pense que s'il y a le plus déprimant... chez François Béroud, chez Emmanuel Macron et chez tout cela, quand Béroud annonce qu'il va falloir réduire les dépenses de santé, qu'un fonctionnaire sur trois ne sera pas remplacé, qu'il faut vendre le patrimoine immobilier de l'Etat, qu'il va falloir travailler davantage, et on ne sait pas pourquoi, on ne sait pas pourquoi. C'est-à-dire qu'il nous propose des moyens qu'on trouve injustes, mais par ailleurs, je pense que le pire... c'est que ça tourne en rond, ça fait finalement 30 ans, en fait les 30 ans du plan Juppé aujourd'hui, on a l'impression d'en avoir une copie, et les Français s'étaient déjà soulevés en décembre 1995, mais surtout, ça n'ouvre pas d'horizon. Et je pense que ce qui est le plus terrible pour les gens aujourd'hui, c'est de ne pas avoir d'horizon, c'est d'avoir le ciel qui pèse sur l'avenir comme un couvercle, pour parodier Baudelaire, et d'avoir cette... inquiétude qui devient une certitude que nous vivons moins bien que nos parents et que ça sera pire pour nos enfants. Et je crois qu'au-delà des trajectoires budgétaires, ce qu'on doit soulever, c'est ce couvercle plutôt que d'avoir des dirigeants qui appuient dessus. Et c'est ce qu'ont fait nos experts en disant non seulement il y a les moyens en allant gratter sur le crédit impôt recherche. en allant regretter sur tout ce que tu as chiffré, Fabien, d'aide aux entreprises, mais aussi en allant taxer le patrimoine, y compris comme des riches sont venus nous le dire à l'Assemblée nationale, un marque bâti, taxez-nous, taxez-nous sur nos héritages, taxez-nous sur nos patrimoines, parce que tous les riches ne sont pas des gens qui nagent dans les eaux froides du calcul égoïste. Et donc, il y a ça. Mais le deuxième volet, c'est dire, oui, on peut investir en même temps. On peut investir pour l'éducation, on peut investir, et il faut absolument... qu'on noue notre rôle et de venir déboucher cet horizon. Je vous remercie d'être là pour en discuter et je vous remercie aussi nos experts anonymes, mais qui ont travaillé pendant tout l'été, non pas comme des cigales, mais comme des fourmis, pour que nous soyons auprès le moment venu avec un plan de redressement pour notre péri. Merci à vous.
Merci beaucoup François, le temps était parfaitement maîtrisé, ça commence très très bien. Je vais donner la parole dorénavant à Eva Sasse, députée de Paris, qui va nous dire quelques mots, c'est un exercice périlleux dans un rassemblement de la gauche, que de nous dire quelles économies nous pourrions faire sur le budget, mais aussi... Et ça, ce sera moins surprenant pour une écologiste. Quelle fiscalité écologiste demain pour un budget de gauche et écologiste
Merci beaucoup, Tristan. Bonjour à toutes et à tous. Je suis très heureuse d'être là, effectivement. Et tu as raison, François, j'ai répondu. Tout de suite, très spontanément, que j'étais d'accord pour venir avec vous parce que je crois qu'il y a une forte convergence. En t'écoutant, François, je me disais, je suis vraiment d'accord avec tout ce qu'il dit. Il y a au moment où nous parlons, en tout cas, une convergence extrêmement forte dans l'ensemble de la gauche sur les questions budgétaires et fiscales. C'était d'ailleurs la difficulté pour cette table ronde. C'était de trouver comment se différencier, en tout cas, comment apporter chacun sa pierre à cet édifice, puisque nous... vraiment les mêmes le même diagnostic oui ce sont les recettes fiscales qui manquent et les mêmes orientations oui il faut retrouver des marges de manoeuvre en matière de recettes fiscales c'est la principale chose qui nous rassemble à gauche Trouver des marges de manœuvre fiscale, à commencer par les plus riches. Avec Clémentine, on a défendu la taxe Zuckmann et je crois que Clémentine avait raison de proposer ça pour la niche écolo, puisque c'est elle qui a pensé, puisque maintenant c'est vraiment au cœur du débat public. Et je voudrais commencer par vous partager ma lecture d'été qui vous réjouira. Les 500 plus grandes fortunes de France, je laisserai Clémentine parler de la taxe du Kman, mais vraiment juste pour dire que je vous invite vraiment à lire. Vous verrez, c'est très surprenant. Ils nous disent de façon très spontanée et très claire que oui, la France est un paradis pour les plus riches et que oui, ce ne sont pas des self-made man puisqu'il y a 44% des fortunes françaises qui sont des héritiers. le mythe de l'entrepreneur qui a fait tout seul sa richesse, maintenant il faut tourner la page, et je crois que nous avons vraiment eu raison de mettre ça à l'argent. Alors, un point en complément de ce que diront tous mes collègues, et que je partage, sur la fiscalité environnementale, parce que c'est vrai qu'on en parle un peu moins en général, je voudrais dire qu'en matière de fiscalité écologique, comme de manière générale en matière fiscale, il faut commencer par taxer les plus riches parce que ce sont les plus gros pollueurs et parce qu'il n'y aura pas d'effort collectif si certains sont épargnés, si les plus riches sont épargnés de cet effort. Donc moi, pour le PLF, pour le projet de loi de finances 2026, je défendrai en particulier une taxation des jets privés. Pourquoi ? Parce que l'année dernière a été augmentée la taxe sur les billets d'avion. les propriétaires de jets privés en sont épargnés. Donc il faudra mettre en place aussi une taxe sur les jets privés. Deuxième chose qui me paraît importante aussi... aussi parce que justement on a taxé les billets d'avion, il faut avoir une taxe sur les grands voyageurs aériens parce que ce ne sont pas tous ceux qui prennent l'avion qui émettent le plus de gaz à effet de serre. Il y a une minorité, les plus riches, qui font un maximum de voyages en avion et ce sont eux qui sont responsables des émissions de gaz à effet de serre et ce sont eux qu'il faut taxer. Il faudra bien sûr aussi s'attaquer aux niches fiscales néfastes au climat, mais je voudrais vous parler aussi d'un autre sujet dont on parle moins aussi, c'est que nous écologistes, nous pensons qu'il ne faut pas seulement aligner notre système socio-fiscal avec les objectifs écologiques, il faut aussi l'aligner avec nos valeurs féministes. Et en particulier... Nous défendrons, nous l'avons déjà défendu au dernier projet de la finance, mais nous le défendrons à nouveau, la défiscalisation des pensions alimentaires parce que ce sont les femmes qui aujourd'hui payent des impôts sur une pension alimentaire sur laquelle elles ne devraient pas payer d'impôts. Dans le même sens, nous défendrons aussi la déconjugalisation de la prime d'activité, parce qu'aujourd'hui, vous savez que les revenus du conjoint comptent dans la prime d'activité. Ce n'est pas normal. Et nous défendrons, comme nous avons toujours défendu, l'individualisation de l'impôt. En fait, il faut que notre système fiscal sorte de ce système patriarcal, que les impôts d'une femme ne dépendent pas des revenus du conjoint. Alors je vais venir à la partie qui est effectivement la plus difficile, est-ce qu'il faut faire des économies ? Je vais commencer par dire une chose, je pense qu'il faut vraiment tordre le cou. à cette idée qu'il y a une bureaucratie en France que répète la droite de façon constante sur oui il y a des milliards à aller chercher à cause de la bureaucratie. Je me tourne vers Fabien parce que moi je trouve que la meilleure réponse c'est le rapport sénatorial qui a été fait par en l'occurrence Christine Lavard, donc Les Républicains. qui nous dit que même en regardant toutes les agences et les opérateurs de l'Etat, au maximum, on pourrait gratter 540 millions d'euros et non pas 2 à 3 milliards, comme le dit Amélie de Montchalin, et encore plus, comme le disent d'autres ténors républicains ou au Rassemblement national. Donc il faut arrêter, il faut tordre le coup à ce préjugé qu'il y aurait une bureaucratie en France sur laquelle on pourrait faire des tas d'économies. En vérité, si derrière chaque opérateur, derrière chaque agence, Il y a des politiques publiques et si on maintient ces politiques publiques, il n'y aura aucune économie à faire de ce côté-là. Mais je pense quand même qu'il y a quelques économies à faire. Toute dépense publique n'est pas judicieuse. Et moi, je pense à deux choses en particulier. Je pense aux dépenses de médicaments. Il y a plus de 40 milliards d'euros de dépenses de médicaments en 2023. 80% sur les médicaments innovants. Ces médicaments sont facturés une fortune par des industries pharmaceutiques qui s'en mettent plein les poches. La Cour des comptes a montré qu'on pourrait économiser 1,2 milliard en renégociant les tarifs avec l'industrie pharmaceutique. Voilà un endroit où on peut aller chercher de l'argent. On peut aussi aller chercher de l'argent sur l'apprentissage. On a soutenu la réforme qui a été faite. Et bien sûr, la principale économie, c'est Fabien qui en parlera, ce sont sur les aides aux entreprises. C'est le seul domaine sur lequel on ne cherche pas l'efficience de la dépense publique. Nous pouvons, sur les aides publiques aux entreprises, aller chercher... des économies importantes. Comme il ne reste plus que deux minutes, je voudrais dire aussi là où il ne faut pas aller chercher des économies, là où on ne peut plus gratter. Il y a bien sûr l'hôpital public qui est déjà en déficit de 3,5 milliards d'euros. Il y a bien sûr les prestations sociales. L'année blanche, c'est la chose la plus injuste. Ce sont les 5% les moins riches qui vont perdre 1% de pouvoir d'achat. Ça a été démontré. Donc ça, c'est les endroits où il ne faut pas aller chercher des économies. La troisième chose sur laquelle il ne faut pas aller chercher des économies, c'est la transition écologique. Il y a eu 2,1 milliards d'économies l'année dernière sur le budget de l'écologie. Résultat, en 2024, on a fait seulement 1,8% de baisse des émissions de gaz à effet de serre et ce qui est prévu pour 2025, c'est 1%. Je vous rappelle que pour remplir nos objectifs écologiques, il faudrait au moins 5%. On est en train de s'écarter fondamentalement de nos engagements internationaux et c'est grave. pour l'habitabilité de la planète, c'est grave pour l'écologie, mais en plus c'est idiot du point de vue économique, parce qu'il n'y aura pas d'économie prospère dans un monde qui brûle. Aujourd'hui, il faut savoir que les bénéfices des entreprises, jusqu'à 25% des bénéfices des entreprises, sont directement menacés par le dérèglement climatique. Donc l'écologie, ce n'est pas seulement bon pour l'économie, c'est nécessaire pour l'économie. Et dernière chose, pour conclure, je voudrais reprendre l'alerte qu'Anne-Laure Delatte nous faisait aujourd'hui des écologistes sur les dépenses d'éducation. Je ne sais pas si vous avez lu la dernière étude de l'Institut des politiques publiques qui montrait qu'en dépense par élève dans le primaire, on est aujourd'hui 18e sur 24 en Europe. 18e sur 24, ça veut dire qu'on compromet l'avenir de la France. Nous ne serons plus un grand pays si nous n'investissons pas dans la transition écologique et si nous n'investissons pas... pas dans les dépenses d'éducation donc je vous invite toutes et tous à vous mobiliser parce qu'il va falloir défendre ces budgets là contre les coupes budgétaires que propose Bayrou
Merci beaucoup Eva. Avant de donner la parole à Fabien, je voulais juste rebondir sur un mot que tu as employé en parlant d'année blanche. Je me souviens que l'année dernière, au moment où le budget était en difficulté d'être voté, on nous disait attention l'année prochaine, ça va être la loi spéciale et ça va être l'année blanche, ça va être le chaos. Aujourd'hui, quel est le projet de Bayrou ? L'année blanche. Je passe là-dessus, mais je trouve quand même qu'il y a une forme de paradoxe qui est intéressant. Fabien, il va nous parler de l'assistanat, mais pas de celui que l'on connaît. On a l'habitude de considérer que les aides sociales seraient un fardeau, qu'elles pèseraient lourdement sur le déficit et la dette de la France. Mais tu as sorti un rapport sénatorial dernièrement qui a beaucoup fait parler. Je te laisse en parler.
Bonjour à toutes et tous. Bon, d'abord, je remercie François, Clémentine et toutes les équipes de Génération d'après et debout pour l'invitation. Moi, je trouve qu'à gauche, nous avons le devoir de nous parler, d'échanger. Et évidemment, pour gagner, nous devrons être unis. Et donc, pour être unis, il nous faut échanger, dialoguer et trouver des chemins communs. La deuxième chose, Tristan, moi je ne sais pas comment ils font, moi je n'ai pas de temps dans la tête. Donc moi il faut essayer de me couper. Moi je vois François, il rigole et Clémentine parce qu'ils me convaincent un peu, c'est quasi impossible. Même l'archer essaye mais il n'y arrive pas. Donc moi n'hésite pas à m'enlever le micro parce que je peux parler des autres. Bon vous m'avez invité à parler des aides publiques et du rapport évidemment sénatorial qui continue à faire... beaucoup jacté. Il y a deux jours, je n'étais pas dans une assemblée de gauche, j'étais au MEDEF, invité pour la première fois, dans un autre chaudron. Je vous avoue que je n'ai pas beaucoup été applaudi, donc ça fait un peu chaud au cœur d'être ici aujourd'hui. Mais évidemment, de tenter de porter une contradiction au moment où l'ensemble des intervenantes et intervenants disaient qu'il fallait une nouvelle politique de l'offre. Alors j'avais dit, ah bon, je ne croyais pas qu'on était rentrés dans une politique néo-marxiste en étant à côté de Catherine Vautrin. Donc je lui dis, pardon, mais il paraît qu'on serait sortis de la politique de l'offre. Leur entendre de demander de nouveaux cadeaux fiscaux. Donc j'ai rappelé évidemment le CICE, le badge 1 million d'emplois. Il en était beaucoup question d'ailleurs pendant la commission d'enquête parce que d'ailleurs je le redis, le seul qui a refusé de venir débattre et échanger avec nous c'est François Hollande. Et moi je pense qu'il aurait été bien que François Hollande vienne à la commission d'enquête pour s'expliquer sur le CICE qu'a coûté la bagatelle de 96 milliards d'euros pour 100 000 emplois créés. Et donc ça, c'est une vraie question. Et d'ailleurs, je l'ai redit au MEDEF, ça continue à peser extrêmement fort, et à juste raison, dans la tête des travailleurs et des travailleuses. C'est une politique de l'offre qui, à mon avis, il ne faut absolument pas renouveler. Bon, alors le pourquoi, on a fait ça. Vous vous rappelez en novembre dernier, Michelin Auchan annonce des suppressions d'emplois. Donc on s'est posé la question comment être le plus utile et le plus efficace dans la bataille des idées. Et donc on s'est creusé la tête et on s'est dit bon est-ce qu'on prend l'angle des licenciements mais connaissant le patronat, parce que ça fait 8 ans que je suis parlementaire, 8 ans vice-président de la commission des affaires économiques, j'ai vu à peu près 150 patrons défiler à la commission des affaires économiques et donc je savais pertinemment. que si on venait sur la question des licenciements, ils allaient nous bananer, nous dire que c'est la grande compétition internationale, fermer le banc, il n'y a plus rien à voir. Donc on s'est dit, il y a une des questions, qui avait d'ailleurs été souvelée par Michel Barnier, devant l'Assemblée nationale, mais aussi au Sénat interpellé, notamment par des élus de gauche, nous allons demander des comptes à Michelin et Auchan sur l'utilisation de l'argent public. D'ailleurs, on a auditionné et l'IGF et l'actuel ministre de l'économie, et donc la demande de Michel Barnier, Premier ministre, n'a pas été réalisée, ni par l'administration, ni suivie par le gouvernement d'après. Donc nous, on s'est dit, bon, on va demander des comptes sur la question de l'utilisation de l'argent public. D'ailleurs, on va faire venir 33 PDG, assez inédits au Sénat, je vous avoue que ça a fait... beaucoup de remous, parce qu'un seul communiste, et dans une majorité, Alexandre connaît bien aussi, il a mené une commission d'enquête sur Nestlé, à majorité de droite sénatoriale, et moi, il m'avait collé les plus libéraux de la bande, pour essayer de m'encadrer, et globalement, ils étaient extrêmement hiqués sur la question. Et on s'est dit, pour la première fois, on va demander... D'abord, la question de la transparence. Parce qu'il y a quand même quelque chose qui était fou, c'est qu'on compte 2267 dispositifs et l'Etat n'est en incapacité de nous dire combien elle distribue. à qui et quel volume. Et on a auditionné l'Inspection générale des finances, l'ADG FIP, le Trésor, l'ADGE, Direction générale des entreprises, bref, on a fait tous les étages de Bercy, et ils sont en incapacité de vous dire. Donc le gros travail que nous avons effectué pour la première fois, c'est de recueillir toutes les données que nous avons confiées à deux data-scientistes du Sénat, qui ont retranché les choses, ont travaillé quasi les six mois, et qui ont donc... pour la première fois, objectivés à partir de données chiffrées des différents ministères et de la BPI, qui est le bras armé de l'État, notamment sur les dépenses et investissements en matière d'entreprise, à ce chiffre de 211 milliards. Chiffre qui est, vous l'avez vu, beaucoup commenté. François m'a envoyé un texto cette semaine, puisque François Langlais a fait un édito. Bon, bref, j'ai eu toute la bande des toccards économistes. Dose, Betou, enfin bref, ils sont tous venus un par jour pendant l'université des MEDEF, dont Chiffre-Bidon, Fabien-Guet, zéro, enfin bon, j'ai eu tout. Ou ils mélangent à peu près tout. Par exemple, traîne l'idée. ils l'ont répandu, que dans les 211 milliards, on avait additionné aussi les 4 milliards de l'audiovisuel public, la retraite de la SNCF, la RATP. Donc j'ai redit à l'ensemble de ces économistes que page 185 du rapport, j'invite chacun à le lire, nous avons exclu toutes les compensations pour gestion de services publics dont l'audiovisuel public n'est pas compté, etc. Donc on arrive à un chiffre de 211 milliards qui se décompose ainsi. des dépenses budgétaires, donc des aides directes, des aides fiscales déclassées et les exonérations de cotisations patronales. C'est ce chiffre de 77 milliards qui est beaucoup commenté. Tout le monde nous a dit... y compris les ministres, il faut ajouter les exonérations de cotisations patronales. Pourquoi ? Il y a 30 ans, vous aviez un capitalisme qui avait des aides directes. Et depuis 30 ans, ils ont compris que les aides directes, ça passait mal. Donc ils l'ont réduit à portion congrue. Et on est venu faire des dépenses fiscales, c'est-à-dire des exonérations. Par exemple, la taxe au tonnage. Donc, vous ne donnez pas 5,7 milliards à CMACGM, vous l'exonérez de 5,7 milliards d'impôts. Mais de fait, c'est 5,7 milliards d'impôts qui manquent au pot commun et c'est vous, contribuables, qui faites évidemment la compensation. Exactement la même chose avec les cotisations sociales patronales. Je le redis au MEDEF, c'est d'abord un vol du salaire des travailleurs. Parce qu'il y a le salaire net, le salaire brut et le salaire super brut. La cotisation patronale, c'est une partie de votre salaire. Lorsqu'on l'exonère, on vous vole du salaire. Mais le pire, ce n'est pas ça. C'est qu'en plus, en tant que contribuable, vous venez compenser cela. Donc on vous vole une partie de votre salaire et en plus de la main droite, c'est vous qui compensez. L'affaire coûte maintenant 77 milliards d'euros. Je finis par vous dire. que la dernière chose, c'est que Bayrou, haut commissaire au plan, avait fait un rapport avec France Stratégie en 2020. Il comptait les exonérations de cotisations patronales et lui, il trouvait le chiffre de 223. C'est-à-dire qu'il est plus à l'extrême gauche que le sénateur communiste. Voilà ce qu'il faut la regarder. On a proposé 26 propositions. Moi, c'est ça sur lequel il faut s'attarder maintenant. Je vais en développer deux très rapides. La première, et je ne reprendrai pas la parole à la fin. Je donnerai tout mon temps à Eva pour qu'elle conclue. La première question c'est la transparence. On est à fond sur la transparence, les prestations sociales, les chômeurs, etc. Mais alors la transparence autour des 211 interdit. On a réussi pour la première fois que 33 PDG, et pas les moindres, les plus puissants du CAC 40 viennent donner les chiffres. Nous en appelons maintenant que le débat ait lieu dans les 4,5 millions d'entreprises et que ce débat ait lieu avec les délégués syndicaux parce qu'ils sont les plus à même à savoir à quoi sert le pognon. Et la deuxième chose, il faudra mieux suivre, mieux évaluer, etc. Mais il y a quand même un truc incroyable, c'est que, évidemment, l'argent public est contrôlé par le fisc. Mais la seule question qui est, c'est qu'il n'y a aucun suivi, aucune évaluation et aucune contrepartie demandée à ces 211 milliards. C'est ça le problème. Nous, nous proposons une chose, et nous l'avons dit de façon commune avec la droite libérale. On donne de l'argent, une condition, un objectif, et si ça n'est pas rempli, vous rendez l'argent. Voilà comment ça doit se prendre. Et nous éviterons comme ça. Qui est le scandale que nous connaissons. J'ai vu tout à l'heure Gaëtan d'Arcelor, etc. Avec ça, par exemple, les 292 millions d'euros, si l'argent ne sert pas à décarboner, alors Arcelor devra les rembourser. Et enfin, la toute dernière idée. Pardon, elle me tient à cœur. On a réussi un truc incroyable. Je te jure, c'est la dernière. Permets-moi de la dire. Parce que celle-là, elle nous tient à cœur ici à toutes et tous. Ça fait des années que nous la portons. Et nous avons réussi à l'imposer dans le débat d'idées, dans la commission, avec une droite majoritaire. L'argent public ne peut pas servir les actionnaires. Il faut déduire le montant des aides publiques du montant distribuable des actionnaires. Ça, c'est une grande idée. Et donc, nous pouvons l'imposer, parce que si la droite sénatoriale l'a voté, alors croyez-moi, nous sommes majoritaires dans le pays. Merci beaucoup.
Je me mets un instant à la place de la droite sénatoriale et des patrons que tu as pu auditionner. Je mesure combien l'exercice a dû être difficile pour eux. Je dois dorénavant céder la parole à Alexandre qui va nous parler d'héritage. On a à gauche, c'est vrai, pendant des années, beaucoup discuté des flux, des salaires, de la fiscalité, des budgets annuels. Et c'est vrai que peu à peu, dans le débat public, vient l'idée qu'on puisse s'intéresser un peu au stock. à ce qui de génération en génération est accumulé et qui aujourd'hui, étude après étude, on apprend que ça forme dorénavant l'essentiel de ce qui explique la richesse et où d'ailleurs la pauvreté des personnes, c'est-à-dire ce que l'on perçoit en héritage, que c'est un domaine qui explique beaucoup des inégalités de notre société. Tu as particulièrement travaillé sur le sujet, donc je te laisse en dire quelques mots.
beaucoup. Merci. Bonjour à tous. Merci les amis de l'invitation. Ça fait plaisir de vous retrouver tous. Fabien, que je vois plus souvent que les autres, mais François, qui on se croise en Picardie, qui on a passé quelques nuits sur l'histoire du nouveau front populaire et de son chiffrage, et Clémentine, avec qui on partage beaucoup de combat. Donc merci beaucoup pour tout ça. Peut-être dire que si on n'a pas parlé d'héritage pendant des années, parce que, à la vérité, c'est un peu attaquer l'Himalaya par la face nord, ce truc. Il faut dire les choses simplement. C'est l'impôt le plus détesté des Français. C'est l'impôt le plus surévalué par les Français. Et c'est la construction politique la plus naturalisée. Je me souviens de la campagne 2017, je crois, Sarkozy. qui dit, non, 2012, donc, Sarkozy, qui dit dans un meeting, c'est un meeting où Guénaud lui avait préparé un discours, il arrive à la fin et puis il dit, on avait dû proposer quelque chose sur l'héritage qui n'était pas très ambitieux, mais qui quand même était intéressant, et il dit, l'héritage, cite Victor Hugo, c'est la main du père à travers le tombeau. Donc nous, on doit se battre avec ça. D'accord ? C'est quand même le point de départ, c'est pas facile. Mais il faut qu'on se batte avec ça. Pourquoi ? Parce que nous sommes en train de basculer de plus en plus vers une société d'héritier. Qu'appelle-t-on une société d'héritier ? C'est une société dans laquelle les positions sociales ne sont plus acquises par le travail. Une société dans laquelle l'héritage pèse tellement lourd que la mobilité sociale, le travail des individus n'existe plus ou n'a plus d'effet. Je vous donne un chiffre pour que vous vous en rendiez compte. En 1980... dans la part du patrimoine des gens, l'héritage représentait 30%. Aujourd'hui, il en représente 65%. Donc votre naissance surdétermine la manière dont vous allez pouvoir mener votre vie. Et donc nous, notre travail, je crois, c'est de commencer par faire une grande entreprise de démystification sur l'héritage. Lorsqu'on demande aux gens quel est le taux de l'impôt sur l'héritage, ils vous répondent que le taux est de 45%. La réalité c'est qu'aujourd'hui dans ce pays, il y a déjà plus de la moitié des Français qui ne payent pas du tout de taxation sur héritage, puisqu'il y a un abattement à 100 000 euros et que le patrimoine médian dans le pays, c'est-à-dire le Français qui coupe la société française en deux, il a 70 000 euros de patrimoine. Donc c'est déjà un sujet qui ne concerne pas tout le monde. Premier point. Deuxième point pour démystifier, l'imaginaire qu'on a avec l'héritage, qu'est-ce que c'est ? Vous savez, cette idée qu'on va transmettre à un jeune actif qui se lance de la vie de quoi y aller. C'est vrai qu'en 1820, les gens héritaient à 25 ans. Ça existait au 19e siècle, cette idée-là. Aujourd'hui, vous héritez en pleine propriété à 60 ans. Donc vous transmettez à des jeunes retraités qui ont déjà fait leur vie un héritage pour se lancer dans la vie. Donc ça, c'est une image qu'il faut qu'on arrive à déconstruire et à se sortir de la tête si on veut réussir à faire quelque chose d'important sur cette question. Donc on a tous ces points-là qui sont importants. Et puis il y a la question aussi de l'opportunité, du moment dans lequel on est. On est dans un moment où, je vais essayer de le dire le mieux que je peux, la génération du baby boom, au Xe siècle, on disait, est en train de basculer. Ça veut dire, est en train de partir. Et donc, vous avez, dans les 15 ans qui viennent, 9 000 milliards d'euros qui vont passer de main en main. D'accord ? D'héritier en héritier. Et aujourd'hui, vous taxez le flux successoral à 5%. Si on passait à 9, on paye toute la transition écologique pour le pays. Toute la transition écologique pour le pays. De 5 à 9. Donc ça c'est le moment politique, c'est celui que les économistes appellent la grande transmission, ce moment qui va basculer avec nous. Et puis il y a aussi un moment politique parce que, ce que disait François tout à l'heure, il évoquait le séminaire qu'il organisait à l'Assemblée sur ce sujet, on est dans un moment où il y a une prise de conscience d'une partie des libéraux. Alors, ils ne le font pas sur les mêmes bases que nous, mais conceptuellement, ils ont aussi un problème avec l'héritage, puisqu'ils sont censés croire à la capacité. Ils sont censés croirent à ce que ce soit les meilleurs qui gagnent, etc. Donc ils ont un problème conceptuel avec l'héritage. Ils ont un problème. Et d'ailleurs, certains, même dans le camp macroniste, commencent à se dire qu'il y a un sujet de ce point de vue-là. Donc c'est un sujet sur lequel il faut que nous, nous puissions avancer et travailler parce que c'est un point qui me semble tout à fait capital. Et puis, il faut redonner du sens et de la philosophie politique à l'impôt, quelque chose de plus profond. Je ne sais pas si ça va faire plaisir à Fabien, mais en 1863, il y a eu un gros débat à Bâle entre Bakounine et Marx. Marx était complètement opposé à la question de fiscalité des transmissions. Il disait tout ça, c'est de la blague. La seule chose qui compte, c'est l'expropriation. Face à lui, il y avait Bakounine qui lui disait non. Non il faut un socialisme de la transmission. Et puis il prenait sa source chez Robespierre parce que Robespierre disait les transmissions ça a quelque chose de doux puisque c'est ce moment suspendu de la mort où les biens n'appartiennent plus à personne. On n'exproprie personne quand à la fin de la vie tout d'un coup les biens sont comme suspendus. Il n'y a rien de naturel à ce que cela vienne aux enfants immédiatement. C'est la question sociale. Et d'ailleurs, dans le droit français, il y a obligation faite de transmettre à ses enfants. On ne peut pas déshériter ses enfants. C'est donc la loi civile qui institue la manière dont les héritages sont partagés. Donc moi, je crois que nous sommes à un moment où il nous faut, je regarde le temps, ça va, j'en ai un petit peu, où il nous faut terminer la Révolution française. Aujourd'hui, on a acquis pour nous que... c'est ce qu'on a fait en terminant la monarchie, que le pouvoir politique ne se transmettait pas. On a acquis pour nous que les métiers ne se transmettaient pas de père en fils et que les gens étaient émancipés. Pourquoi il demeure la transmission du pouvoir économique ? Pourquoi ? Pourquoi ? Quand vous avez les 10%, le premier décile de la population qui hérite de 4,2 millions d'euros en moyenne. Je crois que les gens, si on leur explique ce qu'il y a derrière l'héritage, ce qu'il y a d'injustice, tout ce qu'on pourrait payer avec l'héritage, et qu'ils ne sont pour l'essentiel pas concernés du tout, ils peuvent y adhérer. Et puis le dernier argument peut-être pour convaincre ceux qui ont le cœur dur et sur les questions d'efficacité économique qui sont plus importantes pour eux. Je prends souvent cet exemple, c'est malheureux pour lui, mais c'est Lagardère, le fils Lagardère. Vous savez ce que c'est de transmettre des héritages à des gens qui sont des incapables ? Mais ça fait des destructions massives de richesses pour le pays. Vous donnez le pacte d'Utreil qu'il faut évidemment réformer. Donc vous êtes dans une situation où vous vous retrouvez à transmettre des sommes colossales à des individus qui dilapident des empires en quelques années. Et il y a des études très précises qui montrent que le taux de rentabilité dans les entreprises héritées baisse. parce que les gens sont évidemment moins capables, parce que ce n'est pas le système des capacités qui les a portés aux responsabilités. Donc voilà, moi je pense qu'il faut aller à la source de la réflexion philosophique presque sur cette question de l'héritage, qu'il faut terminer la révolution française et qu'il faut le faire avec un beau socialisme de la transmission. Voilà, je vous remercie.
Merci beaucoup. Et pour conclure ce premier tour de table, je vais donner la parole à Clémentine Autain, que je ne présente plus, mais peut-être juste en soulignant deux de ses travaux, ou en tout cas son travail qu'elle a mené de manière conjointe avec Eva dernièrement à l'Assemblée nationale, qui nous a permis d'avoir une première victoire sur la taxe Zucman, qui, je le rappelle, à l'occasion de la niche écologiste, a permis d'être adoptée en première lecture à l'Assemblée nationale. Merci. à Clémentine et à Eva pour ce travail et puis souligner le fait et elle nous en parlera certainement l'initiative qu'elle a prise hier je crois de solliciter un référendum puisque le président de la République nous avait dit au début de l'année vouloir mettre des sujets au débat directement au suffrage des Françaises et des Français bah chiche pourquoi pas les questions fiscales je te laisse en parler Clémentine
à toutes et tous D'abord, vous dire le plaisir que nous soyons rassemblés, l'après, debout, génération, pour cette première... journée d'été, on ne parle pas d'université d'été. Je suis très heureuse qu'on le fasse aujourd'hui à Châteaudun. Et le fait que nous ayons cette table ronde des gauches et des écologistes dans leur diversité pour tenir un discours qui est un discours commun, c'est fondamental sur la question qui est la question cruciale. Comment redresser notre pays ? Alors moi, je voudrais vous parler de deux niveaux. Il y a un premier niveau, c'est des solutions de court terme. face au blocage devant lequel se trouve notre pays. Et le deuxième niveau, c'est comment on arrive à enclencher une révolution de fond copernicienne dans la façon dont est aujourd'hui géré l'Etat. Donc d'abord, l'urgence budgétaire. Parce que, tu viens de le dire, j'ai pris une initiative hier, je réfléchissais, je me disais mais comment on se sort de là, là tout de suite on a quand même un budget qui doit être bouclé pour 2026, des français qui sont pour la justice fiscale et un gouvernement qui nous met la tête à l'envers en nous faisant passer des choix politiques pour de la fatalité, pour des évidences. Il n'y aurait pas d'alternative, on connaît la chanson depuis Margaret Thatcher. Or, si on en revient au peuple... Il y a une possibilité de dénouer la situation. Et donc je propose très simplement un référendum, pas avec le tout de ce qu'on raconte là, mais juste trois mesures. Trois mesures de justice fiscale qui permettent de faire rentrer de nouvelles recettes dans le budget de l'Etat. Pourquoi je veux faire ça ? D'abord parce que c'est l'aspiration des Français. On le sait, on l'entend, à la fois ils nous disent on paie trop d'impôts, le mot d'impôt est mal venu, et je les comprends, parce qu'on les ponctionne toujours plus et ils en ont toujours moins. Et deuxièmement, parce qu'il faut bien trouver une solution à la situation dans laquelle Macron, Bayrou nous ont mise, c'est-à-dire qu'ils ont pris dans la poche de ceux qui ont le moins, pour sans arrêt remplir celle de ceux qui ont le plus. A un tel point qu'aujourd'hui, Bernard Arnault ou François Pinault paient deux fois plus d'impôts, de taxes et de cotisations sociales que leurs secrétaires ou leurs chauffeurs. Deux fois moins. On aimerait. Je prends mes rêves pour des réalités. J'ai pris mes rêves pour des réalités. Deux fois moins. Deux fois moins. Ça dit quelque chose. Si on prend tous ceux qui sont dans cette salle, l'écrasante majorité des Français, nous payons nous 50% de taxes de cotisations sociales. et d'impôts, globalement, et les milliardaires, les ultra-riches, eux, n'en payent que 27%. Et bien cette situation, elle est inacceptable. Tout simplement, avec trois mesures de justice fiscale, non seulement on trouve les 44 milliards que François Vailrou veut prendre dans les poches des Français, à commencer par ces deux jours fériés. qu'il veut nous enlever après nous avoir enlevé les deux plus belles années de la retraite. C'est quand même le scandale le plus énorme qu'on ait dans la période, l'audace la plus folle, l'indécence la plus dingue. Mais nous pouvons même aller chercher encore plus d'argent. Donc ces trois mesures, c'est l'attaque Zuckmann. On commence par là. Elle a été adoptée à l'Assemblée nationale et rejetée par le Sénat. Nous l'avons portée avec Eva et moi, je veux saluer le niveau. C'est Eva qui a rapporté. la proposition de loi et je veux saluer sa technicité très grande qui nous a permis aussi de convaincre la majorité de l'hémicycle. En prenant juste 2% sur le patrimoine de ceux qui possèdent plus de 100 milliards d'euros, alors nous pouvons faire entrer... 100 millions, décidément, j'ai un problème de suite, 100 millions, je les vois encore plus riches, 100 millions, donc son coût plus de 100 millions, moi je ne vois même pas à quoi ça peut correspondre, à quel type de besoin ça peut correspondre, et bien on peut faire rentrer dans les caisses de l'Etat entre 15 et 25 milliards d'euros. C'est pas mal quand même, il faut le faire. Ça c'est la première mesure. La deuxième c'est les aides aux entreprises grâce à l'excellent rapport du Sénat. piloté notamment par notre grand camarade Fabien Guay, nous avons donc pu apprendre que c'était 211 milliards d'euros qui sont donnés chaque année sans aucune contrepartie ni sociale ni environnementale aux entreprises. Et bien mettons de la conditionnalité sociale et environnementale pour que l'argent public ne soit pas dilapidé et serve finalement à des entreprises qui peuvent reverser des dividendes, voire pire, regardez le cas d'Arcelor. Le cas d'ArcelorMittal, il me met hors de moi. C'est 298 millions d'euros qui ont été donnés en aide publique en 2023 à Arcelor. Et que fait Arcelor en 2025 ? Il ferme des usines en France. Voilà le niveau auquel nous sommes aujourd'hui arrivés d'un État qui est incapable, d'un État qui est mauvais gestionnaire mais à un niveau pas possible et d'un État qui ne défend pas les intérêts des salariés, les intérêts des classes populaires et même les intérêts français tout simplement. Troisième mesure, c'est que les multinationales paient juste autant d'impôts que les entreprises françaises pour leur activité en France. C'est quand même pas sorcier, c'est simple, c'est basique. On est en train de se faire dépouiller par Donald Trump. On est en train de se faire dépouiller par Donald Trump. Il arrive avec ses droits de droite et nous on est là, les bras ballants. en train d'accepter, d'accepter de ne rien faire, de se laisser dans cette guerre commerciale qu'il faudrait refuser, parce que nous ne sommes pas du côté de la guerre commerciale. Et le projet de gauche ne peut pas être le protectionnisme, mais nous sommes bien obligés de nous protéger. Et donc nous protéger, c'est aussi faire en sorte que quand ils font des bénéfices en France, ils payent des impôts en France, comme les entreprises françaises. Voilà trois mesures. C'est pas le tout de la gauche, c'est pas le tout d'un projet de gauche. Il faudrait en plus en finir avec les niches fiscales qui vraiment n'arrêtent pas de se démultiplier. C'est des centaines et des centaines de niches qui ont été faites. Il faudrait arrêter qu'il n'y ait que cinq tranches d'impôt. Il faut que ce soit plus progressif, qu'on passe de 5 à 14 tranches. Il faut s'attaquer à l'héritage. Et je veux dire à quel point je suis vraiment 100% d'accord avec tout ce que tu as dit. C'est vrai que c'est l'Himalaya. C'est l'Himalaya parce que... Il y a quelque chose d'affectif, d'abord dans l'héritage. Les gens se sentent immédiatement touchés. C'est normal, c'est logique. Mais en même temps, ils ont une idée de l'héritage qui est une idée totalement erronée par rapport à ce qu'est la réalité. Donc il faudrait commencer déjà par s'attaquer au haut patrimoine, très haut patrimoine. Et ça, cette fiscalité, elle est accessible, elle nous rapporterait beaucoup. Et je veux terminer sur la question du long cours parce que c'est fondamental. Il faut des solutions d'urgence, ce référendum. S'il le met, nous pouvons le gagner. Et si nous gagnons, nous pouvons gouverner pour le faire. Mais il y a un état d'esprit. C'est un état d'esprit. S'ils font cette politique, c'est parce qu'il y a tout un personnel, à la fois gouvernemental, politique, mais aussi à l'intérieur de l'État, de technocrates, qui ont quitté totalement l'esprit public. C'est-à-dire qu'ils ne sont plus guidés par l'intérêt général, par le commun, ils sont... dans un état d'esprit qui brouille le public et le privé. D'ailleurs, ils vont, ils viennent, vous savez, ils vont dans le privé, puis ils retournent dans le public. Macron en est la quintessence, lui-même qui a fait l'ENA, puis ensuite était chez Rothschild, puis devient président de la République. On se sert, on se resserre, on se re-resserre. C'est ça, c'est ça aujourd'hui ce qui se passe au sommet de l'État. Et donc moi, je pense que si on veut changer en profondeur, redresser notre pays, il faut qu'au sommet de l'État... l'esprit public soit notre guide. Et cet esprit public c'est quoi ? C'est d'abord une économie de la mise en commun contre la marchandisation du monde. C'est un Etat qui soit capable de piloter la satisfaction des besoins et non pas sans arrêt de laisser faire le marché, laisser faire les intérêts privés. qui pilote, qui réindustrialise notre société, la France, il n'en est pas capable. Et troisièmement, la démocratie, et je terminerai là-dessus, parce que sans démocratie, il n'y a pas de possibilité de transformer en profondeur la société. Et la justice fiscale, de ce point de vue-là, c'est notre point d'appui. Parce que la justice fiscale, c'est la réponse au chaos social, c'est la réponse au chaos budgétaire, et ça tombe bien, parce que comme nous... On l'a démontré autour de cette table, mais aussi comme est la gauche depuis 1789. C'est au cœur de la gauche cette question de la justice fiscale. C'est pourquoi nous sommes les mieux à même de la porter. Et donc s'ils ne sont pas capables de régler le chaos budgétaire qui nous laisse les clés, nous on ira, on est prêts et on veut gouverner.
Merci beaucoup Clémentine pour ton intervention et merci à toutes et tous. Et pour la qualité de vos interventions et pour la discipline qui a été la vôtre, puisque le temps est à peu près respecté, même si, comme je vous le disais en introduction de cet atelier, on n'en a pas beaucoup. Donc ce qu'on a acté, c'est qu'on vous donnait la parole pour des questions et ou interventions, opinions, pendant 10-15 minutes. Et ensuite, on fera un retour qui sera plus bref que prévu, parce qu'on doit vraiment libérer la salle à 15h. Donc voilà, peut-être qu'on sera obligé de ne pas... tout prendre on va être les premiers à lever la main seront les premiers services je sais pas si un micro qui circule dans la salle demande juste en face de moi que je vois plus facilement bonjour
merci beaucoup pour l'intervention d'abord c'est hyper intéressant on a beaucoup parlé de la question du coup des des recettes, mais pas des dépenses. Moi, je trouve qu'il y a une question qui revient de plus en plus dans le débat, c'est la question de la défense. Et je trouve que la gauche, sur tous les programmes, n'a pas de convergence sur quelle est la réponse. Elles augmentent, elles défendent, elles descendent. Et j'ai l'impression que c'est quelque chose de crucial dans le sentiment d'appartenance, dans les besoins primaires. Est-ce qu'on doit se défendre ? Est-ce que la Russie, c'est une vraie menace, les autres guerres ? Et j'aimerais bien savoir s'il y avait une réponse un peu convergente de la part de la gauche sur ces dépenses en défense.
Merci. On va faire un homme, une femme, si vous voulez bien. Et donc là, j'aurai une femme là-haut qui avait demandé la parole. Bonjour.
Annie Gauthier de Nouvelle Force Populaire 37. Je vais commencer par la fin, monsieur du PS. J'ai cru qu'il allait parler de l'héritage du PS dans la situation actuelle. Donc c'était pas ça. Je pense qu'il va falloir faire attention avec cette histoire d'héritage parce qu'il ne vous a pas échappé qu'on a basculé dans un changement de paradigme, à savoir que les générations sont plus pauvres, la génération actuelle est de plus en plus pauvre par rapport à celle d'avant. Donc il va falloir effectivement bien gérer cette histoire d'héritage parce que ça rend la situation encore plus sensible. Et puis il y a aussi une question de préservation du patrimoine culturel. Moi je suis de l'Indre-et-Loire, donc c'est le pays des châteaux. Et il y a de plus en plus de ruines. Mais voilà, je sais qu'il y a des situations plus graves que les châteaux, mais il faut quand même prendre ça avec des pincettes. Madame Eva Sass, je n'ai pas compris ce que vous disiez sur l'apprentissage. Moi, j'en étais restée que les entreprises avaient une suppression de moyens, ce qui fait qu'on a qu'yrielle d'étudiants. qui sont en formation, qui ne peuvent pas accéder à leur formation parce qu'ils ne trouvent plus d'apprentissage. Donc j'ai peut-être mal compris. Je pense qu'effectivement, Mme Autain, il y a aussi la dégradation de l'esprit public au sein de l'État, mais il y a aussi un gros problème de concentration des médias. Ce matin, Mme Tandelier disait qu'on peut faire tout le porte-à-porte que l'on veut pour lutter contre le RN. Le RN entre à longueur de journée dans le salon par le biais de la télévision qui est allumée tout le temps. C'est un vrai sujet. Il se trouve que je suis infirmière, mais par rapport aux économies que l'on pourrait faire, on a tous des armoires pleines de médicaments. Donc s'il y a une négociation qui est faite avec les laboratoires, ça pourrait être justement des formats. C'est une perte, je crois que ça se chiffre là aussi en milliards, une perte colossale qui sont littéralement jetées. Je ne sais pas ce que monsieur le rapporteur pourrait en dire, mais voilà. J'en profite juste pour dire que, puisqu'on est dans le débat du redressement heureux, il y a eu un élan extraordinaire le 7 juillet dernier, enfin, il y a un an, et que ça, il faut absolument le remobiliser en ruralité et qu'il y a un gros travail à faire en local. Voilà.
beaucoup.
Avec 52 ans de militantisme syndical, je crois qu'il est important aujourd'hui d'associer les Français. Et j'ai été heureux d'entendre parler d'un référendum, mais on sait très bien que Macron ne le fera pas. Et moi j'avais l'intention de proposer au moins que tous les partis réunis ici lancent une grande pétition pour la justice fiscale. Ça, au moins, ça mobiliserait et peut-être qu'on aurait 2 millions ou plus de gens et là, ça marquerait l'opinion et ça dirait au peuple ce que nous sommes. Je veux dire deux autres choses rapidement. Donnez des milliards au patronat. Je les connais. Même si on met les contrôles, même si on dit que ça revient en cas de fermeture, ils trouveront toujours les moyens de ne pas rembourser et de faire ce qu'ils veulent. Et je trouve scandaleux que l'argent public soit donné à des capitalistes. Ils doivent être donnés à l'entreprise et non pas aux patrons de l'entreprise. Il faut créer un capital social dans l'entreprise avec l'héritage des patrons. Les 75% de Dutreuil, capital social de l'entreprise au lieu d'exonération fiscale. Les 211 milliards, capital social attaché à l'entreprise et géré par les salariés de l'entreprise. Et la troisième chose. Je viens de Perpignan, mais je suis aussi de la ruralité de Bretagne, où j'ai séjourné récemment. Si aujourd'hui les gens ne votent plus pour la gauche, c'est parce qu'ils se sentent abandonnés. Ils n'ont plus de services publics, ils n'ont plus de médecins, ils n'ont plus de postes, ils n'ont plus d'humains. Il faut remettre de l'humain à la base, remplacer les écrans par des humains.
Merci beaucoup. On va donner la parole à une femme pour respecter scrupuleusement l'égalité femmes hommes, y compris dans les interventions. Madame.
Bonjour à tous. Je vais faire très bref. Je voulais juste féliciter chaleureusement les initiatives de nos parlementaires parce que je pense que que ce soit la taxe Zuckmann ou le rapport Fabien Guay sur les 211 milliards, ça a joué un rôle énorme et qu'on ne serait pas arrivé à cette date du 10 septembre s'il n'y avait pas eu ces jalons parce que ça a été repris. Malgré tout, même avec les médias qu'on a, ça a scotché un petit peu tout le monde, ces propositions, parce qu'on a parlé chiffres, on a fait de l'éducation populaire. Et je pense qu'on ne sait pas ce qui va se passer le 10 septembre, mais nous, notre rôle, peuple de gauche un peu éclairé et militant, c'est d'aller dans la rue et de discuter avec les gens et avec les électeurs du RN pour leur faire comprendre les enjeux et l'arnaque du Front National. Voilà.
Merci. Juste en face de moi, monsieur qui demande la parole depuis tout début. Juste en face. Il a demandé la parole vraiment parmi les premiers.
Merci, bonjour à toutes et à tous. J'avais très envie de vous parler en effet. Pascal, je suis militant de l'Après en Loire-Atlantique. Ma question va essayer d'être globale. J'aurais une question, elle va essayer d'être globale, c'est-à-dire à vous toutes et à vous tous, parce que depuis le début, vous nous avez... extrêmement convaincu sur les pansements à mettre sur le système, maintenant, comment on s'attaque réellement au système, comment on fait vraiment une rupture avec le capitalisme. Et je pense que je fais une proposition comme ça en l'air, puisque vous en avez plein, parce que la question de l'héritage, on nous a tous coachés. Mais moi j'aurais été Marx, j'aurais répondu à Baconine à nouveau, et l'expropriation, parce que si nous taxons les successions et les héritages très forts, les riches se débrouilleront pour se faire passer l'argent avant de mourir. Donc à un moment c'est comment faire en sorte qu'ils n'accumulent pas autant de richesses ? Donc comment on s'attaque à la valeur ajoutée et à la marge ? Et peut-être que la meilleure proposition budgétaire qu'on pourrait faire c'est cadrer, limiter la marge. Il y a bien un salaire minimum, il y a des revenus sociaux minimum, il y a des plafonds sur plein de choses, pourquoi ne pas... plafonner la marge que fait l'entreprise. Une fois qu'elle a payé sa matière première, ses salaires et son immobilier, comment faire en sorte que de la baguette de pain à la voiture, on taxe, on limite, on cadre le fait que tu ne peux pas te faire plus d'argent que ça. Ça servira à quoi ? Un, ça servirait à ce que l'argent que les clients ou les usagers dépenseraient dans ce produit ou ces services irait plus en salaire, en emploi ou en reconversion écologique. Et deuxièmement, ça empêcherait l'accumulation de fortune et de richesse. Et donc, du coup, on serait dans une collectivisation douce, mais on serait dans un système socialisé. Merci.
Merci beaucoup. Est-ce qu'on a une femme qui lève la main ? Qui lève la main, en fait, tout simplement ? Et bien voilà, au-dessus, visiblement. C'est parfait.
pardon, le chien aussi. En vous entendant, je ne sais pas si vous avez eu l'occasion d'en parler parce que j'arrive juste, mais la place de l'économie sociale et solidaire, la place des sociétés coopératives, il y a déjà plus de 10% des salariés, des bénévoles, des personnes qui s'engagent et qui apportent un certain nombre de réponses à toutes les propositions qu'on partage. Et que l'économie sociale et solidaire soit la norme sera un moyen de redresser la France.
beaucoup. On va prendre deux dernières interventions. Je suis désolé, mais le temps presse. Il y aura des frustrés, mais fais au mieux.
moi je voulais juste dire quelque chose c'est pas une question c'est plutôt une intervention je pense que vous parlez de redressement heureux et pour pouvoir être heureux il faut de l'espoir et je pense que pour qu'on ait tous envie de se battre et d'être tous ensemble derrière une union de la gauche il faut avoir envie il faut avoir de l'espoir et pour ça je pense qu'il faut que tous ensemble on change de discours c'est à dire que après les législatives de 2024 on a entendu la gauche sur les plateaux dire on a gagné on n'est pas au pouvoir mais Il faut l'avouer, on n'a pas gagné ces élections, sinon on aurait une majorité et sinon on serait là pour gouverner. Mais pour autant, ce n'est pas grave de ne pas avoir gagné. Je pense que ce qu'on a réussi à créer en 2024, c'est ça qui est porteur d'espoir, c'est d'avoir dit tous les partis, on s'est mis ensemble derrière des idées, derrière un message. Et je pense que c'est le plus important pour les gens. Il faut leur donner envie d'aller dans la rue, il faut leur donner envie d'aller se battre. Et je pense qu'il faut changer tous nos discours pour avoir de l'espoir et qu'on puisse gagner. que ce soit sur des nouvelles législatives qui pourraient arriver bientôt ou en 2027. Bref, mais donnez-nous de l'espoir.
Merci. Une dernière intervention. Bravo. La personne qui donne le micro.
C'était juste pour vous demander comment on peut faire en sorte que toutes ces bonnes idées puissent participer plus. Comment on peut avoir un mode plus horizontal ? Parce qu'on a des idées. Là j'entendais sur l'héritage, je suis une petite paysanne. Moi j'ai bénéficié des réductions de cotisations sociales, mais j'ai embauché. Mais après... Sur l'héritage, quand on voit l'excellence mime de... En fait, l'exploitation est intransmissible s'ils ne trouvent pas une solution. Donc on est vraiment dans un monde où on a... Plein de particularités, comment on fait pour ensemble chercher des solutions, mais que ce soit horizontal, qu'on puisse vous passer les informations. Par exemple, Fabien Gué, est-ce que vous avez compté aussi dans les grandes surfaces l'argent, le pognon de fou qui se fond grâce au fait... Non, non, non, c'est pas la négociation, c'est qu'en fait, l'argent, enfin, j'arrive plus à trouver mes mots, j'essaie de faire bref, dans les grandes surfaces, quand il y a du surplus, ils le donnent à la banque alimentaire, mais en fait, grâce à ça, ils ont des réductions d'impôts, et un petit paysan comme moi, on peut pas le faire, mais est-ce que cet argent, il a été compté aussi ? Il vaudrait mieux une sécurité sociale de l'alimentation, par exemple.
Merci. On arrête là les interventions. Je suis désolé, on n'a plus le temps de... d'en prendre davantage et je sais que c'est frustrant mais j'avais dit deux dernières interventions, on les a passées et on doit rendre la salle vraiment dans dix minutes et j'ai promis au moins deux minutes pour les intervenants pour qu'ils puissent réagir à vos questions, interventions mais merci à toutes et à tous pour la qualité de vos interpellations. On avait dit dans l'ordre inversé donc je donne sans plus tarder la parole à Clémentine pour un message de deux minutes, deux, trois minutes maximum.
il y a beaucoup de questions. Je vais aller très vite. Concentration, une loi anti-concentration dans les médias, c'est ce qu'il nous faut pour garantir le pluralisme. La difficulté, c'est que... La loi, on l'aura faite quand on aura gagné. Et donc le problème, c'est comment on fait jusqu'à ce qu'on gagne. Et donc il va falloir quand même aller retourner des portes. Voilà, c'est ça que je voulais dire. Deuxième élément, sur la défense, le budget de la défense, peut-être personne ne va s'y coller parce qu'on n'a que deux minutes. C'est très important, c'est fondamental. Il faut qu'on se mette d'accord là-dessus. Et moi, je pense que la situation ayant changé... Tout le monde ne peut pas continuer à être sur les positions d'avant. Il va falloir trouver une proposition politique commune sur ces enjeux internationaux et sur ces questions de défense. Mais si on prend acte du fait qu'avec Trump, la question de l'OTAN ne se pose plus comme autrefois et que même les atlantistes d'hier ne peuvent plus être atlantistes comme hier... Alors on peut réfléchir autrement à comment on investit dans notre indépendance en termes de défense et comment on a une proposition politique à l'échelle internationale qui valorise le droit, la coopération, de nouvelles alliances pour avoir une stratégie. sur le terrain international. Et donc, je ne suis pas aussi pessimiste que vous, même si à l'instant T, on voit bien que ce n'est pas le sujet sur lequel on est le plus d'accord. Je pense que c'est un sujet sur lequel il faut qu'on invente la doctrine du 21e siècle sur la scène internationale. Et c'est à nous de le faire et je pense qu'on peut le faire. Voilà. Et je termine parce que c'est deux minutes. En disant que je suis très très d'accord avec la sécurité sociale de l'alimentation et que pour le référendum, si Macron n'en veut pas, d'ailleurs plein de fois on a eu des idées, on s'est dit ça ne va pas marcher avec Eva, si je vous parlais des réunions qu'on a eues ensemble. Quand on a commencé sur la taxe du Pag, jamais on n'a imaginé que l'Assemblée nationale la voterait. Jusqu'au dernier jour, on n'a pas pensé. L'Assemblée nationale l'a votée. Ce référendum proposé dans l'urgence, il a le mérite que quand je fais France Info hier, on m'interroge là-dessus, donc je fais 15 minutes sur les 20 minutes sur les propositions de fonds fiscales qui sont en phase avec ce que souhaitent les Français. Et nous disons au président de la République qu'il y a une solution sur les recettes. Et rien n'empêche qu'on le reprenne. pour un référendum d'initiative partagée. Et quand je vois ce qui s'est passé avec la loi Duplon, qui l'eut cru ? Ça a été fait, nous avons fait reculer le gouvernement et l'acétamipride, ce poison a pu être enlevé de la loi. C'est quand même pas rien. C'est quand même pas rien. Donc soyons audacieux, n'intériorisons pas l'esprit de défaite. Ayons confiance dans notre force et dans le fait que nous sommes la solution dans ce moment-là. Et effectivement, on n'a pas gagné. Il faut qu'on vous donne de l'espoir. Donc moi, je vous donne rendez-vous à 16h parce que vous allez voir, pendant deux heures, vous allez en avoir de l'espoir.
Merci beaucoup Alexandre pour 2-3 minutes maximum.
donc sur l'héritage qui est beaucoup revenu, bon sur l'héritage du PS il faudrait une journée entière. Et j'aurais moi-même beaucoup à dire, donc je passe sur celle-là. Mais sur la question de l'héritage, plusieurs éléments, parce que c'est revenu dans plusieurs interventions. D'abord, évidemment, il n'est pas question de s'attaquer aux petits héritages. J'ai tenu une position très dure, philosophique, pour qu'on essaye de repenser aussi ensemble les choses. Le sujet, c'est de s'attaquer aux grands héritages. Et ce que vous disiez, Madame, qui est très juste, c'est que dans un moment d'effondrement des services publics, la crispation patrimoniale, elle est d'autant plus forte, puisqu'on se dit qu'on n'a que la famille, ce cadre-là. pour défendre et nous défendre. Donc évidemment, l'objectif, c'est de ne pas commencer par les petits héritages, mais se poser la question philosophiquement pour justifier ce que nous faisons sur l'héritage. Et ça, ça me semble très important. Et je mets un point dans la discussion qui me semble important. En 1789, la Constituante a traité des questions d'héritage. Pourquoi ? C'est une matière législative. Parce que la Constituante considérait qu'il y avait un lien entre le régime politique, entre le régime politique et la question de droit des successions. Qu'est-ce que c'est que l'ancien ? un régime, un régime de primogéniture mâle. Pas les filles, pas les cadets, pas les enfants naturels et pas les curés, mais ça c'est autre chose. Donc vous voyez... Et pourquoi la révolution a échoué sur ce point ? En 1820, les 10% ont 80% de la richesse nationale. Pardon, en 1789, 80% de la richesse nationale. Un siècle plus tard, ils ont 90%. Donc là, on a, je crois, un fil de l'histoire de France à reprendre et à travailler qui est important. Ensuite, sur la question qui a été posée de l'espoir, qui pour moi est le point de sortie de cette discussion entre nous. Bérou a dit le 15 juillet, pour fêter la nation à sa manière, je suis dans le moment de vérité. Mais c'est pour nous, là, maintenant, le moment de vérité. Est-ce qu'on est en capacité, et on sait qu'on en a besoin, de la mobilisation populaire qui est en train de s'arrêter, de s'organiser, de la mobilisation syndicale qui est en train de s'organiser, est-ce qu'on est en capacité de faire en sorte qu'Emmanuel Macron renonce à ce dont il n'a jamais renoncé, sa politique économique ? Il n'a jamais renoncé. Si, une fois, une fois, quand des gens ont été chantés sous ses fenêtres, on est là. C'est la seule fois. Il a donné 10 milliards parce qu'il a eu très peur. Donc la question, c'est que si nous voulons, comme le disait Clémentine, être appelés aux responsabilités pour pouvoir engager un certain nombre de choses et ne pas repartir de la copie de Bérou, mais de la copie qui sera le fruit de notre travail collectif. Nous, socialistes à Blois, on vient de présenter notre projet alternatif. Si on repartait de cette copie collective, là, on a une chance. Mais on a besoin de la mobilisation populaire parce que sinon, il ne bougera pas dans les iotas comme il ne l'a jamais fait. Voilà. Merci beaucoup.
Merci. Je laisse la parole à Fabien, bien qu'il met la promesse tout
à l'heure d'être hyper court. Moi, je ne crois pas qu'il y aura de victoire politique sans bataille idéologique. Et nous perdons du terrain et l'extrême droite en gagne parce qu'elle mène une guerre idéologique. Et là-dedans, la bataille médiatique, et en tant que directeur de l'humanité, j'y suis très sensible, est un des points d'appui. Si nous ne prenons pas cette question extrêmement au sérieux, notamment sur une question d'une nouvelle loi anti-concentration, qui ne permet pas à des multimillionnaires de posséder plus de deux médias, et si la gauche... dans son ensemble, ne met pas les moyens, pour notamment une chaîne d'information en continu, de progrès social et écologique, alors je pense que nous passons à côté de la langue. La deuxième chose, c'est que j'invite chacun, entre-temps, à s'abonner à l'humanité. Et enfin, pour être très court, rendez-vous le 10, rendez-vous le 18. Puis rendez-vous le 12, 13, 14 septembre prochain à la grande fête de l'humanité. On pourra répondre à toutes les questions auxquelles on n'a pas répondu à l'Agora. Et François m'a confié tout à l'heure qu'il payait l'apéro à toute la salle, vendredi à 18h à son stand. Merci à tous. Merci beaucoup.
Eva.
Oui, merci Tristan. Déjà, je voudrais dire qu'Alexandre et moi, on a peut être eu les parties les moins populaires à défendre, mais sur les économies, parce que j'entendais sur l'apprentissage. Je ne suis pas étonnée qu'il y ait des réactions sur l'apprentissage parce que tout le monde trouve que c'est sympa l'apprentissage. Il faut encourager l'apprentissage. On est pour l'apprentissage. L'apprentissage, c'est bien, mais il y a eu évidemment des abus. Il y a eu 14 milliards, et c'est le chiffrage de la Cour des comptes, donc je pense que c'est pire que ça. Il y a eu 14 milliards d'euros par an qui ont été déversés sur les entreprises pour payer l'apprentissage. C'est évidemment trop. On a vu que dans les entreprises, les apprentis venaient remplacer les salariés. Moi, j'ai même vu des apprentis qui embauchaient les apprentis, qui étaient au service RH, qui embauchaient les apprentis d'après. Donc quand on arrive à un tel niveau où l'apprentissage... malheureusement on veut dire trop encouragé où il ya des abus et bien il faut resserrer les boulons et c'est pour ça que nous on était pour évidemment réduire les les primes à l'embauche Aujourd'hui, c'est 2000 euros par apprenti pour une entreprise de plus de 250 salariés. On revient dans des proportions qui sont un peu raisonnables. Donc, oui, à l'apprentissage, mais non aux abus qu'il a pu générer. Deuxième chose, les médicaments. Là aussi, en général, il y a des réactions un petit peu crispées sur la question des médicaments. Ce qu'il faut cibler, c'est ce qu'on appelle les médicaments innovants. C'est en l'occurrence des traitements anti-cancéreux. Alors quand je vous dis ça, vous allez me dire qu'il faut défendre les traitements anti-cancéreux. Mais le problème, c'est là aussi les abus. Ça n'a plus que doublé depuis 2018. Et la moitié de cette augmentation, c'est en raison du prix. Et les industries pharmaceutiques s'en sont mis plein les poches avec ces traitements qui sont dits innovants. Je regardais là le Pimbrolizumab. Je ne sais pas ce que c'est, mais c'est un traitement qui coûte 72. Il faut avoir conscience de ce que l'industrie pharmaceutique facture aujourd'hui à l'assurance maladie. Et l'industrie pharmaceutique est aujourd'hui le troisième secteur en termes de distribution de dividendes. Donc on voit bien qu'aujourd'hui, il y a des abus et qu'on peut faire des économies en revoyant les tarifs de ces médicaments là. Donc là, sur ces deux sujets là, comme sur beaucoup de sujets, je crois qu'on est d'accord sur le fait qu'il va falloir chasser les abus et les rentes et que nous sommes tous mobilisés sur le fait d'avoir un système. plus juste. Et plus juste, ça veut dire, oui, aller traiter la question des abus des industries pharmaceutiques, les abus dans l'apprentissage, et aussi, on va en parler peut-être, la fraude sociale et fiscale, et quand je dis la fraude sociale, je pense aux employeurs, parce qu'il faut redire que c'est les employeurs qui sont les premiers à frauder les cotisations sociales. Donc voilà des sujets sur lesquels on peut faire des économies.
Merci beaucoup, Eva et François, pour... Deux ou trois minutes de conclusion.
Tout simplement, Fabien, tu disais la bataille idéologique. En l'occurrence, quand on réussit des choses, il faut le dire aussi. La bataille idéologique sur la question fiscale, nous l'avons gagnée. Peut-être que nous n'avons pas gagné la guerre, mais nous avons au moins gagné une bataille idéologique. Pourquoi nous l'avons gagnée ? Aussi parce qu'on était comme aujourd'hui. On est comme aujourd'hui, c'est-à-dire que voilà, communistes, socialistes, écologistes, les unitaires, les insoumis aussi, et ce front commun fait que, évidemment, ça donne une force dans le débat public quand on s'appuie sur des intellectuels, quand on s'appuie sur des associations, et que, voilà, on a gagné la bataille de l'hégémonie culturelle sur la question fiscale. Et ce n'est pas rien, parce que la question fiscale, ce n'est pas une question technique, c'est une question éminemment politique. Et les grandes crises dans notre pays, elles naissent d'abord par la question fiscale. 1789, c'est la question fiscale. Les caisses sont vides, comment on va lever l'impôt ? Eh bien, on va convoquer des États généraux, et on espère prélever sur la bourgeoisie, et puis les choses se compliquent, et finalement, c'est l'abolition des privilèges. Mais beaucoup plus récemment, on parle des Gilets jaunes. La crise des Gilets jaunes, ça naît sur une crise fiscale. C'est le gasoil. Et ça débouche sur une crise sociale, ça débouche sur une crise démocratique. Et je veux dire que ma conviction est qu'on est sur la même pente là. On est sur une pente où on entre par la crise fiscale et il va y avoir un élargissement et la crise sociale va être posée, la crise politique va être posée. Et je dis, je viens de le développer après, mais il faut le prendre comme une chance pour nous parce que là on a un débat qui est sur notre terrain et on sent bien. Alors, ils nous font de la pédagogie à Gécontinu sur ton rapport et le démontrent par tous les sens, par des fake news ou des petits bouts de machins. Mais c'est eux qui sont sur le reculoir. C'est eux qui sont obligés de se justifier tous les jours dans les médias. Donc nous avançons, nous avançons, nous avançons. Et moi, j'ai la conviction que sur ce terrain-là, oui, nous avons le moyen de bâtir une large majorité idéologique qui existe déjà dans le pays. Mais notre travail, nous, c'est de transformer en majorité politique. Et c'est ce que nous devons faire avec les unitaires, en élargissant les unitaires en dehors de ce... qui pour l'instant ont encore un pied dehors et en espérant qu'on soit de plus en plus large et large et large pour gagner cette bataille de la majorité demain.
Merci beaucoup à toutes et à tous. Cet atelier est terminé et à 16h on se retrouve pour le meeting de clôture de ces journées.
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