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Bruno Rotaillot.
Bonsoir Sonia Mabrouk.
Merci d'être avec nous ce soir, candidat à l'élection présidentielle, ancien ministre de l'Intérieur, président des Républicains. Votre toute première réaction, c'est couvre-feu partiel localisé. Nous savons, et vous le demandez depuis longtemps, l'état d'urgence. Je vous poserai la question sur le fait qu'il n'ait pas été décrété encore, mais c'est couvre-feu partiel. Monsieur le candidat, est-ce qu'ils sont de nature ? à répondre un temps soit pas à la gravité de la situation.
Non, c'est trop faible. Le problème quand la situation commence à échapper à l'autorité publique, c'est que si on ne tape pas fort tout de suite... On est en retard. Et quand on est en retard, on devra sans doute taper encore plus fort pour rattraper le retard. Donc j'ai proposé depuis hier l'état d'urgence. Pourquoi ? Parce que j'ai vu que dès hier après-midi, les troubles, les pillages continuaient. Nous savons qu'il y aura un acte 2 samedi prochain. Et nous savons qu'il y a aussi le samedi 5, à l'initiative des syndicats, c'est l'ordre le plus strict, une nouvelle manifestation. Donc on sait que l'état d'urgence ne peut pas servir ponctuellement. Mais en réalité, quand vous avez une situation dangereuse qui vous échappe, il donne des outils au préfet et au gouvernement, mais surtout au préfet, de reprendre les choses en main. En matière de perquisition administrative, en matière d'assignation pour des individus qui peuvent représenter une menace à l'ordre public, en matière de restriction de la circulation, etc.
D'ores et déjà, vous dites que ces premières mesures de couvre-feu ne sont pas. On va voir sur le terrain, on voit bien déjà à Place de la République que ça se passe. Il y a quelques personnes et on va voir que c'est des difficultés pour le force de l'ordre. Ce n'est pas à l'auteur. Mais pourquoi alors Bruno Retailleau ? Pourquoi cette gradation ? Pourquoi attendre ? Le Premier ministre a dit aujourd'hui que ça pouvait être envisagé. Pourquoi alors qu'on... On a connu quand même une journée de chaos. Attendre.
Vous avez dans votre question, je pense, l'explication de ce qui s'est passé ces dernières heures. Je pense qu'en France, notamment avec le président de la République, il n'assume pas l'ordre public. Je vais être très précis. Quand vous avez un président de la République qui indique, orbi et tourbi, qu'il faut faire preuve d'empathie, c'était avec le mouvement des lycéens, mais on savait parfaitement qu'il y avait déjà des casseurs. Des délinquants, je suis désolé. Un jeune qui est un délinquant, pour moi, ce n'est pas un lycéen, ce n'est pas un jeune, c'est d'abord un délinquant. Mais quand vous envoyez ce message à la police, à la gendarmerie, vous les désarmez. Et idem sur la décision du ministre de l'Intérieur de suspendre l'usage des grenades assourdissantes. Et quelques jours après, de la rétablir. Vous ne pouvez pas piloter l'ordre public par l'émotion. Une main coupée, c'est vrai, c'est grave. Et ensuite, la panique vous fait que vous revenez sur la décision. Donc d'un côté, vous interdisez, vous suspendez et ensuite, tout de suite, vous rétablissez.
On ne peut pas demander la fermeté et la retenue en même temps à nos forces de l'ordre ? Vous ne l'avez jamais demandé ainsi en tant que ministre de l'Intérieur ?
Je ne l'ai jamais fait et je vais vous dire une chose. J'entends est-ce que les consignes de maintien de l'ordre, là on était d'ailleurs au-delà du maintien de l'ordre, là c'était plutôt de l'émeute urbaine. Et on a un schéma que j'avais d'ailleurs préparé quand j'étais ministre de l'Intérieur. On est beaucoup plus sur l'hypothèse, non pas l'hypothèse, la certitude d'ailleurs, d'une question d'émeute urbaine plutôt que d'un simple maintien de l'ordre où on essaie de faire en sorte qu'une manifestation se passe bien. Ce que je veux dire c'est que quand vous êtes ministre de l'Intérieur, président de la République, Ce n'est pas seulement une directive ponctuellement, à 48 heures ou à 24 heures avant une manifestation, qui est importante. Pour que les policiers, les forts de l'ordre, qui risquent gros, parce qu'on a eu des centaines et même plus de mille blessés, c'est énorme, ils ont été frappés avec des marteaux, etc. Mais eux, vous écoutent tout au long de l'année, voyez ? Et si en permanence, lorsque vous vous exprimez, si votre parole est flottante, si vous n'avez pas le courage de l'autorité, le courage... de l'ordre public. L'ordre public, Sonia Mabrouk, pardon, c'est un rapport de force. — À quel
prix, M. Rotaillot ? Ici même, là, il y a quelques instants avec Thibault de Montbréal, on a évoqué le fameux syndrome, et ce fut un drame, évidemment, Malik Koussikine. Soyons clairs, c'est-à-dire un drame, et tout dérape vraiment, même si beaucoup de Français sentent que ça a dérapé samedi. Est-ce que vous, au pouvoir, vous prenez ce risque s'il y a une telle situation ?
— J'ai été ministre de l'Intérieur. J'ai connu des situations difficiles. Bloquant tout, j'avais donné une consigne très stricte. J'avais donné une consigne d'agilité, de mobilité, d'aller au contact. Et il savait que, comme ministre de l'Intérieur, je prenais mes responsabilités. Et que je n'irais pas chercher la responsabilité des forces de l'ordre, des policiers ou des gendarmes, mais que ce serait ma responsabilité politique. Il le savait. Il savait quel ministre de l'Intérieur j'étais. Et de ce côté-là, croyez-moi, ça a été efficace. Non seulement on n'avait pas 60 000, mais à l'époque 89 000 policiers et gendarmes mobilisés. Je n'avais pas caché les blindés de la gendarmerie. Je les avais montrés. Je voulais qu'ils soient visibles. Visibles pour dire à la voyoucratie, à ces casseurs, on vous attend pied ferme. Ben oui, c'est le rapport de force. Aujourd'hui, on est malheureux... Pourquoi l'État ne l
'assume pas ? Parce qu'il y a une
trouille. Parce qu'il y a une trouille. Donc au plus haut sommet
de l'État.
Il y a une trouille au plus haut sommet de l'État.
Donc est-ce qu'on préfère, et je pose la question, je l'ai posée tout à l'heure, au risque de... Mais c'est important de savoir. Est-ce qu'aujourd'hui, l'État préfère, dans une situation extrêmement tendue à laquelle personne ne veut qu'on arrive, un policier à terre qu'un casseur à terre
'hui, concrètement, c'est le cas, souvent. Regardez la balance entre le nombre de policiers, de gendarmes blessés, et de l'autre côté, les pilleurs, etc. Très peu en réalité. Quand on a vu les images, tous les Français le savent maintenant. Ils ont vu les boules de pétanque qui volaient à la tête des policiers. Ils ont vu les pavés, ils ont vu les barres de fer. Donc pardon, quand j'entends, pas seulement les filles d'ailleurs, des gens de gauche, y compris de gauche, des écologistes, dire « Ah oui, mais quand même, cette violence, etc. » Répression, oui. « J'appelle, Madame Rousseau, j'appelle au calme la police. » Mais de quoi se moque-t-on ? On devrait la mettre en première ligne. Elle verrait. ce qui se passe en première ligne. Ce sont des barbares. Ce sont des barbares, bien sûr. Ils sont totalement décivilisés. Et pour eux, une vie ne compte pas, vous voyez. Je voyais, vous avez vu cette image d'un de ces casseurs, de ces pilleurs, un commerçant. tentait de protéger lui-même sa boutique, parce que sans doute qu'il lui avait investi toute sa vie, toutes ses économies. Et il se retourne et le type lui donne un énorme coup de pied dans la colonne vertébrale. Mais ces gens-là, il faut la force. C'est le rapport de force.
rapport de force, dites-vous. On va parler aussi de la réponse pénale, puisque les premières sanctions sont en train de tomber. Mais il y a une question majeure, Bruno Rotailleau. On a vu des mairies attaquées. On a vu les symboles du cœur battant de la démocratie à terre. Est-ce que vous imaginez aujourd'hui, vous qui avez été au cœur de cette machine, qu'on ait pu laisser faire ?
mais qu'on ait pu laisser faire, on n'a pas laissé faire. Pardon, autant je peux émettre un certain nombre de critiques sur tel propos, sur telle attitude, mais personne n'a voulu laisser faire les dégâts.
Donc ça a failli ou à quel niveau ? Quand le ministre de la Justice dit les renseignements, vous imaginez que nos renseignements n'ont pas suffisamment averti sur une telle situation ?
Prenons les renseignements. Tant que vous n'autoriserez pas... les renseignements, à aller chercher ces voyous, notamment sur les messageries cryptées. Personne aujourd'hui ne s'étonne qu'on puisse faire des écoutes téléphoniques, y compris sur le téléphone satellitaire. Mais je me souviens, pour le narcotrafic, pardon, sur des narcotrafiquants, j'avais tenté, moi, de faire passer une disposition à l'Assemblée nationale qui avait été rejetée, y compris par le Rassemblement national, d'ailleurs. Mais tant qu'on ne fournira pas les moyens d'aller chercher l'information, où est la formation, on aura un vrai problème. Mais vous
entendez ce qui est dit par une partie de la classe politique, c'est liberticide, monsieur Rotaillot, on ne serait plus en démocratie, ça ne serait plus la France.
Ben voilà, vous touchez là le problème majeur. On est dans une société du chacun pour soi, des droits individuels poussés à l'extrême. Et il s'est produit progressivement, d'année en année, un glissement. Un glissement auquel les Français n'ont pas consenti d'ailleurs. Ils n'ont jamais voté pour ce glissement. Le glissement, c'est qu'on veut protéger beaucoup plus les droits individuels, y compris délinquants, plutôt que des droits collectifs de la société pour se protéger. On en est là. C'est la raison pour laquelle, dans les propositions que je fais, je veux une loi anti-casseur qui permette de condamner solidairement. collectivement, pénalement aussi et aux civils, des individus qui se trouvent dans un attroutement. –
Collectivement, oui, qui va contre le principe de l'individualisation des peines. Vous dites aujourd'hui qu'il faut dépasser ce cas ?
– Mais bien sûr, ça existait en France d'ailleurs. Ça existait dans notre état de droit puisque ça existait avant que la gauche ne prenne le pouvoir en 1981. Et aujourd'hui, pardon, on en est là. Donc je préfère quand même les gens qui se trouvent. dans un accroupement, et qu'ils ne peuvent pas apporter la preuve qu'ils s'en sont désolidarisés, ça veut bien dire qu'ils étaient solidaires. Vous
savez très bien qu'il y a des avocats spécialisés, et très spécialisés, et qui font très bien leur travail, et qui protègent aujourd'hui parfois certains des individus qui se retrouvent dans des groupes, et qui ensuite sortent et ressortent, tout simplement parce qu'on n'arrivera jamais à prouver. Avec évidemment le visage masqué, que c'était bien eux qui ont participé.
Je suis le seul à mettre une proposition de rupture sur la table par la révision de la Constitution, en annexant, vous savez qu'il y a une charte de l'environnement dans la Constitution. Eh bien, moi, je propose d'annexer une charte de l'ordre républicain où il y aura, par exemple, ce genre de mesures. Il y aura, par exemple, une mesure pour des peines minimales. Regardez le jeune bulgare, 15 ans. Il tabasse à Belfort avec des coups de pied sur la tête d'un policier qui est à terre. Et il va faire quelques jours de détention provisoire. Et il va ressortir libre. libre parce que mineur. Moi, je propose que la majorité pénale soit abaissée à 15 ans. Parce que, pardon, à 15 ans, on peut comprendre, on doit comprendre que lorsqu'on cherche à tuer quelqu'un, lorsqu'on va piller, ou pire, on doit le comprendre. En tout cas, on a l'esprit suffisamment formé et on est suffisamment mature pour pouvoir le comprendre. Donc... On est responsable.
Bruno Rotaio, je vais vous interroger sur la réponse pénale. On commence à avoir des informations par le ministère de la Justice, mais je vous entends depuis tout à l'heure. Fermeté, sanctions. Parfois, peut-être même force, répression, je ne sais pas si vous utilisez le mot. Assumer la force
légitime. Aujourd'hui, le problème de l'État régalien, c'est que l'État régalien a peur
d'assumer la force légitime. Est-ce que vous, au pouvoir, c'est la France apaisée ? Marine Le Pen met en avant, à la Rassemblement nationale, l'affiche d'une France apaisée. Est-ce qu'avec vous, avec la force, la répression, l'autorité, l'ordre, c'est la France apaisée malgré tout ? Mais bien sûr, parce que,
je vais vous dire, l'ordre républicain, c'est ce qui permet la liberté. Quand il n'y a pas d'ordre, le désordre... c'est l'asservissement. Vous ne pouvez pas circuler librement. Il ne peut pas y avoir d'égalité non plus, parce que ce sera la loi de la jungle. On l'a vu, les rues de Paris étaient livrées au plus fort. Et il n'y a pas non plus de fraternité. La fraternité, justement, c'est l'apaisement, c'est la concorde civile. Donc la devise républicaine, liberté, égalité et fraternité, n'est possible qu'à travers l'ordre républicain.
la réponse pénale ? Le gouvernement espère une réponse à la hauteur. Le ministre de la Justice, ça vous fait sourire ? Oui,
ça me fait sourire. Vous n'y croyez
absolument pas ? Non,
vous voyez, avant le 17, il y a eu 10 000 interpellations. 10 000. 8 000 gardes à vue, ça veut dire que pour garder à vue, il faut déjà commencer à constituer un dossier. 2 700 poursuites. Et sur les 2 700 poursuites, il n'y a eu que 26 individus qui ont fait... de la prison, de la détention provisoire. Donc on va nous endormir encore en disant voilà, on a poursuivi. Gérald Darmanin dit
à l'instant avec des peines de prison ferme qui sont effectives et annoncées.
On fera le compte. Moi je demande, je demande à ce que le Parlement, je demande à ce que le Garder des Sceaux renseigne les Français. Très précisément, avec une comptabilité très précise, pas seulement vague sur les poursuites. Vous pouvez avoir des poursuites. Voici ce qu'a annoncé
M. Darmanin. Il y a eu jusqu'à 50 prisons prononcées en mandat de dépôt.
je pensais que vous alliez déclencher une interview. Qu'est-ce que ça veut dire vous ai donné des chiffres. J'ai donné un cas. Ce bulgare, 15 ans. qui tabasse un policier, il n'y a rien. Donc
c'est de l'affichage, c'est de la communication, c'est une manière de se protéger aujourd'hui
? Pour la première fois depuis des années et des années, un syndicat de police, Alliance. a déposé une plainte contre l'État.
Vous la soutenez, cette plainte
Écoutez, je soutiens les policiers, je soutiens les forts de l'ordre, et je les connais bien, je les connais bien, je les ai pratiqués, et croyez-moi, souvent, je leur disais qu'au milieu du pire, ils étaient pour moi le meilleur.
Mais M. Peix, c'est inédit quand même une plainte contre l'État.
– Oui, mais c'est que… – Et sans doute que des commerçants pourraient même porter
plainte.
Pour
défaut de protection ?
Absolument, c'est vrai. Mais si on ne protège pas ceux qui nous protègent. S'ils ont été poussés à cela, ça veut dire qu'ils étaient démunis. Quand vous n'assumez pas le courage de l'ordre public, vous désarmez. Je pense que les propos du président de la République ont désarmé nos forces de l'ordre.
Il est le premier ingénieur du chaos à vous entendre.
ne dirais pas jusque-là. J'essaie d'être nuancé. En tout cas, il y a une responsabilité. Malheureusement, ce n'est pas la courte allocution d'hier soir qui a porté aux Français des preuves de rassérennement, d'apaisement.
Laurent Nunez, le ministre de l'Intérieur, c'est une information BFM TV en ce moment en déplacement à Marseille. Nous avons eu hier en direct le maire de Marseille, Benoît Payan. Lui, il demande, M. Rotaillot, des comptes. Il veut savoir. Il veut savoir pourquoi il y avait si peu d'effectifs à Marseille. Il veut savoir pourquoi des casseurs, des pilleurs, des émutiers sont rentrés dans sa mairie. Et ces images, elles font mal au cœur, tous les Français. D'ailleurs, tous les Français étaient, si je puis dire, marseillais quand ils ont vu ce bis de Marianne et quand ils ont vu ces mairies, comme à Limoges. Vous avez raison,
ce sont des symboles, les symboles de la France, les symboles de la République. Une mairie, des mairies, une résidence préfectorale, Marianne. Mais qu'est-ce qu'on
répond au maire de Marseille ? Est-ce que vous avez compris ? Est-ce que vous comprenez son interrogation et derrière même ?
Le sous-entendu
qu'il dit. Je la comprends cette
interrogation. Je pense qu'à l'avenir, malheureusement, on devra, Dieu sait si je pense qu'il faudra faire des économies, mais là où il ne faut surtout pas en faire, sans doute dans la santé en matière de personnel de soins à l'hôpital, mais aussi pour les forces de l'ordre. Bien sûr que là, du coup, on les envoie vraiment au front. Simplement, j'observe quand même que tous ces gens de gauche que j'entends aujourd'hui... Je les ai parfois aussi entendus. Il y a eu des Jean-Pierre Chevènement, il y a eu des Bernard Cazeneuve qui avaient ce courage, je le dis, et pourtant ils sont de gauche, d'assumer cet ordre républicain. Mais bien souvent, bien souvent, notre tradition dans notre pays, la gauche n'a pas souvent soutenu un certain nombre d'initiatives que nous voulions prendre précisément. Moi
j'ai posé la question à M. Payan, il m'a dit, moi, jamais, j'ai toujours dit que je voulais des forces de l'ordre, mais il y a une discussion sur l'armement. Mais ces images... Ces
images, comment elles sont
possibles ? Vous avez été ministre de l'Intérieur. Comment des symboles, des mairies, comment on peut rentrer dans une mairie comme on rentre dans un espace ouvert
qui est terrible aujourd'hui, ce qui a choqué les Français, c'est pour ça qu'ils sont en colère. Ils ont vu que l'État... étaient défaillants, qu'ils ne les protégeaient pas. Et ils sont d'autant plus en colère qu'ils n'ont jamais payé autant d'impôts. Et ils se disent, mais le premier boulot de l'État, là où on attend l'État, c'est au moins qu'ils nous protègent. Et ce que je crains, moi, et c'est la raison pour laquelle j'ai demandé, par exemple, l'État d'urgence, pourquoi est-ce que je veux être très ferme ? Pourquoi est-ce que cette autorité, on doit l'imposer ? Parce que si on ne l'impose pas, demain, il y aura des milices. Demain, vous allez voir, vous aurez des commerçants, on les a vus à main nue. Essayez de protéger leur boutique. Ils n'y sont pas parvenus. Qui vous dit que demain, si des individus rentraient dans des maisons, dans des logements, dans des immeubles, certains ne seraient pas tentés devant la défaillance de l'État de prendre des armes ? C'est ça que je crains. Il ne faut pas en arriver là. Surtout pas. Surtout pas. Et pour cela, justement, force doit rester à l'État et l'État doit l'employer.
Qui sont les casseurs ? Qui sont les émeutiers ? Qui sont ces destructeurs et ces fauteurs de troubles ? Ultra-gauche, c'est ce que vous dites ?
Extrême-gauche, je dis extrême-gauche. — Extrême-gauche, vous dites par exemple le gouvernement, parce que vous estimez... — Oui, oui, je sais, je connais, vous voyez, la nuance de la sémantique. — Pourquoi M.
Lecornu utilise cette nuance, selon vous ? — Parce qu
'ultra-gauche, c'est pour faire en sorte qu'on dédouane un petit peu l'extrême-gauche, vous voyez ? Voilà. L'extrême-gauche, le Conseil d'État. il y a quelques mois, personne ne s'en souvient, à classer les insoumis avec cette qualification d'extrême-gauche. Moi, je dis l'extrême-gauche, pas seulement l'outra-gauche. Donc vous pensez que le gouvernement veut
épargner la France insoumise et M. Mélenchon ? Je ne vais pas jusque-là,
mais il y a des précautions de vocabulaire. Moi, je n'en suis plus là. J'essaie d'appeler un chat un chat d'ailleurs entre nous. C'est quand on dit la vérité, sur ce que l'on voit, qu'on est crédible. Et l'ordre public, ça commence aussi par ne pas biaiser. Il y a tellement d'hommes et de femmes politiques qui trichent avec la réalité, qui essaient de la masquer, de l'euphémiser, de la minimiser.
Quand il s'agit de parler de quoi ? Parce que certains ont évoqué et les informations sont confirmées de certains individus venant des quartiers, des banlieues. Est-ce que vous dites là, faillite de décennies de la politique migratoire ?
Bien sûr, mais bien sûr. Une droite et gauche comprise, alors ? Pardon, j'ai été le premier parfois à pointer les insuffisances de la droite. Quand j'entends encore les cris d'orfraie sur la politique de Nicolas Sarkozy, qui avait créé un ministère d'identité, d'immigration, j'entends, je connais les déclarations qui avaient été faites. faut être très clair. Ce mouvement, ça a été la convergence, la rencontre, à la fois de ces mouvements d'extrême-gauche, très organisés, très organisés, qui veulent détruire la République, qui ont en réalité un agenda révolutionnaire, insurrectionnel, et d'un autre côté, la racaille, les barbares des quartiers. Voilà. Et ce n'est pas, je veux dire, un amalgame de dire que malheureusement, la machine à intégrer, la machine à assimiler, elle est en panne. Et vous voyez, je connais beaucoup d'immigrés. D'ailleurs, il y avait un reportage, il y avait, qui tenait un magasin, un Français. sans doute issu de l'immigration, mais il était écoeuré. Mais il faut se battre pour cela. — Mais on en est là,
aujourd'hui, M. Taille, à dire qu'il y a des Français issus de l'immigration qui n'étaient pas avec ses payeurs et ses casseurs.
Mais heureusement, mais franchement. Hier à votre place, Éric Zemmour n'a pas
fait cette discussion. Non mais je sais,
mais c'est un idéologue. Moi je ne suis pas un idéologue. J'essaie d'être juste, mais de dire les choses. Et dire les choses aujourd'hui, c'est que vous avez malheureusement une partie... J'étais dans une famille franco-algérienne il y a quelques jours, et j'entendais la grand-mère qui s'exprimait, mais il n'y a pas plus française qu'elle.
'est savoureux que vous, vous y étiez dans une famille franco-algérienne quand on sait tout ce que vous avez dit sur l'Algérie. Ce serait intéressant de savoir dans quelles conditions vous êtes allé.
Vous verrez les conditions dans lesquelles j'ai... Vous ne pouvez pas nous en
dire un peu plus ce soir ? Non,
non, non. C'est
un cadre, je suppose, politique.
'était un cadre politique et médiatique. Mais chapeau, je lui tire mon chapeau. Elle n'a pas de mes idées. Vous avez dû remettre une décoration ? Elle trouve sans doute que je suis trop dur avec le régime algérien. Peu importe. Mais croyez-moi, Elle aime la France. Le problème, c'est que vous avez des générations qui ne sont pas les premières générations d'immigration. Donc ça n'a rien à voir avec la couleur de peau. Ça n'a rien à voir avec la religion. C'est simplement que vous avez ce qu'on appelle une désaffiliation. C'est-à-dire qu'il y a une coupure. On n'aime pas la France. On veut brûler le drapeau français. On va prendre un drapeau étranger, etc. Vous vous souvenez, c'était Thierry Henry qui était le capitaine de l'équipe de France au moment de l'équipe du match français. où la Marseillaise avait été sifflée. Souvenez-vous, vous étiez très jeune à l'époque.
Le verre était déjà dans le fruit à cette époque-là. Il avait dit ce
soir, c'était en France, en Ile-de-France, dans le stade. Il avait dit ce soir, on a joué à l'extérieur.
Mais alors vous dites... — Donc ce sont
des décennies de lâcheté, oui.
Des décennies de lâcheté et auxquelles vous dites « moi, je n'ai pas participé ». Au contraire, dites-vous. Mais alors là, s'il fallait rétablir l'ordre, on va conclure Bruno Rotaille. On a compris état d'urgence, plus largement certaines politiques, donc autorité, politique migratoire et... Pardonnez-moi ?
Pour bien faire comprendre, l'état d'urgence est l'immédiat. Ensuite, pour pérenniser, il faut une loi anti-casseur qui soit beaucoup plus robuste.
Mais l'écosystème politique, expliquez-nous cette décision, cette volonté, cette proposition d'interdiction de la France insoumise. Personne ne la comprend.
Non, personne ne la comprend, c'est dommage. Vous avez un parti qui propage l'antisémitisme. M. Mélenchon a fait des jeux de mots douteux sur des noms à consonance juive, comme M. Le Pen avait fait en 1989. Vous avez, monsieur Raphaël Arnaud, député France Insoumise, qui a fondé la Jeune Garde, Jeune Garde que j'ai dissous, voilà, et Jeune Garde qui est impliquée notamment dans le meurtre de Quentin de Ranck, etc.
Mais là, on parle d'un parti politique, avec des millions, quoi, que vous le souhaitiez, de militants, de sympathisants, et dont un leader pourrait être. pourrait être au second tour de l'élection présidentielle. Vous vous rendez compte ? Ils
sont en train d'encourager la violence. Ils sont en train de brumiser la violence partout, partout. Ils sont en train de vouloir, là c'est la répétition générale, de ce qui se passera au troisième tour de l'élection présidentielle. C'est un galop d'essai
si Marine Le Pen parle ? Bien
sûr que c'est un galop d'essai. Il y a cela aussi, le mouvement avec les étudiants. Mais vous avez un parti politique qui... revendiquent la brutalisation, la conflictualisation et même la violence. Quand j'ai dissous la jeune garde, je me souviens les propos de M. Mélenchon. Allez-y, bravo, continuez. Continuez les jeunes, voilà, c'est lui.
Mais monsieur, dissoudre la jeune garde est une chose, la France insoumise. Non
mais je dis aux médias, je dis à la classe politique,
je dis à la classe
politique, réveillez-vous, regardez ce qu'ils sont en train de faire. Bien sûr monsieur Mélenchon, mais le microcosme, jamais on ne tire. Écoutez, si un autre parti, de l'autre côté de l'échiquier politique, faisait 1% de déclarations ou des actes. de ce que les Insoumis font aujourd'hui. Et ce serait dans les rues, mais des millions à juste titre. Vous dites quoi,
qu'il y a une complaisance politique, médiatique d'un écosystème pour la France ? Il y
a un privilège rouge. Quand vous êtes à gauche ou à l'extrême gauche, vous êtes excusé d'avance. Vous êtes excusé dans le milieu politique, vous bénéficiez de circonstances atténuantes. C'est ce que je dis. Et remarquez bien que j'avais indiqué les montants en ce que je mettais cette question sur la table. Je connaissais parfaitement les difficultés, mais il faut réveiller le pays là-dessus. Croyez-moi, les Français, ils savent ce que c'est. Bien sûr, M. Mélenchon, c'est un peu un docteur Jekyll. Vous avez une face un peu patelin, un peu sympathique, souriant à souhait. Et puis de l'autre côté, vous avez ses déclarations. Vous avez un parti... Mais regardez, même M. Ruffin, qui l'a approché de très près, François Ruffin, il a fait un livre. Eh bien, il a indiqué que dans son livre, il y avait un comportement qui, par exemple, géographiquement, avait une approche qui était ethnique. –
J'entends, M. Rotaillot, mais le combat politique restera quand même, c'est la primauté dans une démocratie. D'ailleurs, en parlant de démocratie, est-ce qu'il y a un risque sur l'élection ? Il y a eu ces propos du Premier ministre Sébastien Lecornu qui parle d'une sécurisation des candidats et des meetings. De quoi parle-t-il de menaces particulières ? – Je vais lui
renvoyer la politesse. On a été convoqués il y a quelques semaines, c'est mon directeur de campagne qui est allé. pour savoir quelles étaient les dates de l'élection présidentielle, notamment pour le second tour. Et la très grande majorité ne disait surtout pas le 2 mai, on ne va pas faire le 1er mai, on va prendre le risque de manifestation et de troubles à l'ordre public, et le lendemain, aller aux urnes. Comme par hasard, le gouvernement, le président de la République, ont choisi d'organiser le 2 mai, c'est-à-dire après le 1er mai, le second tour de l'élection présidentielle. Mais si on voulait... bordéliser le second tour, mais on ne s'y prendrait pas différemment. Avec
ce qu'on a vécu, ça peut remettre en cause les dates
les remets en cause. Et j'aimerais que le président de la République et le Premier ministre...
Mais bien
sûr, et alors ? Est-ce que tous les Français, les Françaises qui ont vu ce triste spectacle honteux d'une France humiliée, 'une France pillée, saccagée... voit bien le risque qu'il y a à faire une organisation du second tour alors qu'on va être sur une élection présidentielle qui va déterminer... du destin de la France, vraiment. Pour moi, c'est une élection la dernière chance. Je pense qu'on peut encore, c'est pour ça que je me présente.
Donc la date choisie est une date de bordélisation ?
C'est une date qui est une mauvaise date pour l'expression de la démocratie.
Il serait encore temps de la changer. L'expression de la
démocratie mérite du calme, mérite de la sérénité. Vous pensez bien que si la veille, vous avez, et jusque tôt le matin, vous avez des exactions, ce que l'on a connu, vous vous rendez compte ? Mais c'est totalement contraire à l'idée qu'on se fait dans les démocraties des organisations des votations, notamment des scrutins. Franchement, vous vous imaginez des mairies qui sont des bureaux de vote par ailleurs ? Pourquoi, je pose la question ce soir, je suis encore stupéfait, pourquoi a-t-on choisi sciemment alors que la majorité des partis politiques à cette réunion avait déconseillé cette date-là ? Pourquoi c'est curieusement cette date-là qui a été choisie
un mot et pour conclure, Bruno Rotaillot, si vous deviez qualifier la fin de règne d'Emmanuel Macron, que diriez-vous
'est triste. C'est triste.
Merci Bruno Rotaillot. Merci d'avoir été notre invité ce soir. Et avant de nous quitter, regardez l'actualité à Marseille également, puisque le ministre de l'Intérieur Laurent Nunes se rend sur place. Il est attendu, c'est peu de le dire.
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