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Merci d'être là. Vous êtes candidat à l'élection présidentielle, ancien Premier ministre, ministre de l'Éducation, président du groupe Renaissance à l'Assemblée nationale. Les premières mesures sont en train de tomber et d'entrer dans l'aspect effectif. Nous avons des couvre-feu très localisés, partiels dans plusieurs métropoles, agglomérations, Lille, Lyon, Nice, Paris, pour certains quartiers. On entendait Sanislas Godon, syndicaliste policier, qui nous disait... Nous, ce n'est pas possible. On ne va pas pouvoir demander les cartes d'identité pour faire partir les uns et les autres des différents quartiers. Est-ce que c'est la hauteur de la gravité de la situation ?
moi, je pense qu'il faut faire confiance aux maires et aux préfets qui connaissent la réalité des différents territoires, ce qui est applicable ou pas. Maintenant, je vais vous dire, le fond de ma pensée sur la manière de ramener l'ordre à court terme, j'en suis absolument convaincu et je le dis depuis le début de ces épisodes, c'est qu'il faut des exemples. Vous avez des jeunes qui vont piller des magasins parce qu'ils voient des vidéos sur les réseaux sociaux de camarades à eux qui sont allés piller des magasins et qui manifestement en toute impunité font ce qu'on appelle des unboxings sur les réseaux sociaux à visage découvert en montrant ce qu'ils ont été volés. Il faut qu'en face de ça... il y ait des images de jeunes qu'on traque, qu'on va chercher chez eux par le col, parce qu'on les a identifiés. Mais bien sûr, et on a des moyens de les identifier, puisqu'il y a des annonces qui sont mises sur des plateformes de vente en ligne. Il y a des vidéos qui sont postées sur les réseaux sociaux à visage découvert. Il y a de la géolocalisation qui est possible à travers des matériels informatiques. Donc rétablir l'ordre par l'exemple. Mais bien sûr qu'il faut des exemples. Tant que vous donnerez le sentiment à des jeunes que vous pouvez aller piller... Qui donne ce sentiment, monsieur Attal ? La situation et les images depuis samedi. Qu'est-ce qu'on a vu depuis samedi ? On a vu ces images-là, des jeunes qui rentrent chez eux en toute impunité, qui rigolent, qui montrent, regardez, j'ai eu ça, ce sac, cette paire de baskets, etc. Vous avez d'autres jeunes qui voient ça et qui se disent, mais en fait, c'est assez facile et finalement... Comment vous avez
réagi ? Vous vous êtes senti humilié, comme nous tous ?
Mais c'est un traumatisme de voir ces images de commerçants. qui sont rendus à devoir défendre eux-mêmes leur commerce avec les moyens du bord, en prenant des risques pour leur vie. Des commerces qu'ils ont bâtis à la sueur de leur front, en y mettant toutes leurs économies, toute leur énergie, en bossant 80 heures par semaine pendant des années, et voir tout ça partir en fumée en l'espace d'une nuit, en appelant à l'aide et en se retrouvant tout seul à devoir se défendre soi-même, c'est un traumatisme pour tous les Français, évidemment. Et c'est pour ça que... Évidemment qu'il y a des enjeux de long terme. J'ai proposé un pacte pour la jeunesse. Évidemment qu'il faut un débouché au mouvement social des lycéens. Mais la priorité absolue, la première et la seule aujourd'hui, c'est de rétablir l'ordre. Ça doit être un préalable absolu.
Il y a une question vertigineuse, mais elle est essentielle. Quand l'État régalien, Gabriel Attal, ne peut plus assurer la protection des citoyens, leur intégrité physique et leur bien, quelle est la suite ? Vous avez parlé de commerçants qui s'organisent, s'organiser pour se défendre. Vous le redoutez, vous le craignez
Mais ça ne peut pas être acceptable de laisser des personnes être contraintes de se défendre elles-mêmes. Je veux dire, la mission première et la mission régalienne de l'État en République, c'est d'assurer la sécurité des personnes. Est-ce que l'État a failli sur cette mission ? Bien sûr, dans ces événements. Évidemment, on ne peut pas dire le contraire. Le gouvernement lui-même l'a dit. La réalité, c'est aussi, et ça c'est un débat de plus long terme, que probablement depuis des décennies, à force de vouloir s'occuper de tout, l'État finit par en perdre. la priorité de ces missions régalières. Mais la mission première, on est d'accord, c'est la protection des citoyens. Déjà à l'époque, je crois que c'est François Mitterrand qui disait « à force de se considérer omnipotent, l'État en devient impotent ». C'est ça, et ça c'est un débat de plus long terme sur la réorganisation des pouvoirs publics. J'en parle souvent avec des personnes comme Jean-Louis Borloo, mais là à court terme, Sonia Mabrouk, la priorité pour les Français, c'est de rétablir l'ordre. Les Français, ils demandent une seule chose, pas une nuit de plus comme celle qu'on a vécue. Et avec ces couvre-feux localisés partiels, est-ce qu'on peut
dire « pas une nuit de plus » ?
Je vous dis un instant. Il faut des exemples. Deux, moi, j'avais plaidé davantage pour l'état d'urgence parce qu'il permet de prendre des mesures administratives. Mais pourquoi, selon vous,
il n'est pas décreté, monsieur Attal ? Vous
savez, moi, je ne suis plus le gouvernement depuis deux ans. C'est le gouvernement qui décide. Oui, mais est
-ce que vous pensez que la main de l'État tremble ?
Troisième chose, c'est... Une mobilisation exceptionnelle des forces de l'ordre sur les lieux où ces émeutes se déroulent. Je le dis ici, il y a un sujet de nombre. On l'a vu samedi, on le voit encore, on l'a encore vu ces dernières heures et on l'a vu hier soir. Je le dis ici, j'ai été Premier ministre, vous vous en souvenez, au moment des Jeux olympiques et paralympiques. J'ai organisé avec mon gouvernement à l'époque une mobilisation exceptionnelle des forces de l'ordre. Il n'y avait plus de congés, il n'y avait plus de repos, c'était tout le monde sur le pont pour assurer la réussite de ces Jeux olympiques. Donc c'est possible quand on en a la volonté politique et quand on le décide de mettre tout le monde sur le pont. On peut même aller plus loin. Je l'ai proposé également pour des missions, pour certains policiers qui relèvent aujourd'hui de la garde statique, de bâtiments ou de monuments qui ne sont pas exposés au risque des émeutes. Évidemment, il faut que ces policiers-là puissent aller s'occuper des émeutes, lutter contre la casse et contre les pillages et qu'ils puissent être remplacés par des réservistes, voire... par des forces armées, par des militaires.
Ce qu'on veut comprendre, mais vraiment tous, en tant que citoyens, c'est même plus une question de journalistes, c'est pourquoi, si c'est possible, ça n'a pas été fait.
Pourquoi ? Il y a une commission d'enquête qui a été annoncée. Monsieur Attal, vous devez avoir des premières réponses. Il y a des responsabilités qui vont être établies. Moi, je n'ai pas eu de contact avec le gouvernement ou le Premier ministre depuis le début de ces événements. Personne ne peut imaginer
qu'on puisse laisser une telle situation. Non,
mais c'est totalement, je le dis, choquant, impensable pour les Français. Je n'ai pas la réponse à vous apporter. Je ne suis pas au gouvernement. Je n'ai pas eu de contact avec le gouvernement à ce stade. Il y aura une commission. d'enquête. Mais l'important encore une fois, évidemment que le temps des responsabilités viendra. Il faudra les établir, ne serait-ce que pour éviter que ça se reproduise à l'avenir. Mais l'urgence aujourd'hui, c'est le rétablissement de l'ordre. Et donc, je le dis, mobilisation générale des forces de l'ordre, c'est pas très grave, vous savez, si dans les prochains jours, des gens qui roulent à 90 au lieu de 80 km heure ne sont pas verbalisés parce qu'on a envoyé les policiers, plutôt que de contrôler ça, gérer les émeutes, protéger les Français qui sont confrontés aujourd'hui. C'est ça l'unique priorité aujourd'hui. Mais quels
ordres faut-il leur donner ? C'est bien de les envoyer en nombre, mais la question c'est, en quelques semaines, on est passé d'une consigne... semble-t-il de fermeté, et une consigne de retenue. Le président de la République aurait dit que les policiers manquaient d'empathie. Vous au pouvoir, quelles consignes vous donnez ? Vous les mettez en ombre et vous leur dites quoi ? D'aller au contact ? Pas une seule vitrine brisée, quitte à ce qu'ils puissent malheureusement avoir le risque d'un drame
? Vous savez, il y a un schéma du maintien de l'ordre en France, historique. Je dis bien, qui consiste à dire qu'il faut à la fois garantir les libertés publiques et l'ordre public. Historiquement, la doctrine, c'était de ne pas aller au contact, en tout cas d'aller peu au contact. Et d'ailleurs, le maintien de l'ordre, c'était beaucoup des forces statiques tenues, éloignées des manifestants. Il y a eu des évolutions parce que, en fait, la réalité évolue. Et le fait est qu'on fait face aujourd'hui à des mouvements qui ont évolué, qui sont nouveaux. Et donc, qu'est-ce qu'il faut ? D'abord, il faut une très grande mobilité. Parce que qu'est-ce qu'on voit aujourd'hui ? On voit des petits groupes qui s'organisent, notamment via les réseaux sociaux. Il faudra peut-être qu'on y revienne. On va y revenir. Ils se déplacent très rapidement. Et donc le schéma où vous avez les grands camions, les grandes voitures, c'est ça qu'il faut faire aujourd'hui. J'entends, mais la magistrate,
juste à votre place, Béatrice Brugère, a parlé de groupes qui avaient des techniques paramilitaires. Bien sûr, mais c'est pour ça. On leur suspend les grenades, on leur remet les grenades, on leur dit fermeté, on leur dit retenu, vous. Mais il n'y a qu'une seule
ligne, c'est la fermeté, Sonia Mabrouk, et l'adaptation face à des menaces qui évoluent. C'est la seule ligne possible. Parce qu'on ne peut pas, encore une fois, se retrouver dans une situation où vous avez des Français qui craignent pour leur vie. On a aussi vu des images à Douai, je crois, de gens qui étaient menacés jusque dans leur hall d'immeuble parce qu'ils voulaient protéger leur voiture qui était en train d'être détruite et qui était menacée au marteau. Dans ces conditions-là, pardon, la seule ligne qui va, c'est la fermeté, la protection des personnes et des biens.
Vous, vous n'aurez pas la main qui trempe parce qu'il y a un syndrome que tous les gouvernants connaissent. Je ne l'ai jamais
eu, regardez dans mes fonctions. Oui,
mais vous étiez très jeune à l'époque. C'est le syndrome Malik Ousekine, c'est-à-dire un drame. C'est-à-dire la fermeté entraîne tout simplement un drame. Et dans ce cas-là, pardonnez-moi l'expression, mais tout dérape.
Il faut s'adapter à la menace que vous avez en face de vous. des groupes qui ont des techniques, comme ça a été dit, quasiment paramilitaires, qui sont extraordinairement organisées et méthodiques, vous devez avoir une fermeté absolue en face. C'est clair, c'est net.
Sur la manifestation du 5 novembre prochain, vous n'excliez pas, Gabriel Attal, l'idée qu'il faille bloquer en partie et de manière temporaire les réseaux sociaux. Depuis que vous l'avez dit ce matin, il y a eu des réactions en masse. Certains vous qualifient de, je cite, Pétain 2.0, quand je dis certains, c'est la France insoumise. Je voudrais préciser que le Conseil d'État avait retoqué cette interdiction à l'époque où vous étiez au gouvernement.
'est moi qui l'avais décidé, bien sûr, mais je vais vous dire. Pourquoi est-ce que j'avais pris cette décision ? J'étais Premier ministre, et on a fait face à des émeutes extraordinairement graves en Nouvelle-Calédonie. Et on s'est rendu compte qu'une grande partie de ces émeutes étaient organisées via un réseau social, en l'occurrence TikTok. Parce qu'il y avait des appels à mobilisation, des appels à rassemblement via le réseau social et parce qu'il y avait des images qui entraînaient du mimétisme d'autres jeunes sur ce réseau social. Et donc effectivement, j'ai pris la décision, j'ai demandé à mon gouvernement d'appliquer une interdiction, un blocage temporaire de ce réseau social sur le territoire de la Nouvelle-Calédonie. Je l'ai fait. Et donc, comme je l'ai fait, je sais que c'est possible de le faire. Qu'est-ce qu'on voit dans ce mouvement ? On voit que vous avez des jeunes qui se rassemblent à des endroits qui ne sont pas des manifestations déclarées, mais qui le font de manière spontanée en s'organisant via les réseaux sociaux. Qu'est-ce qu'on voit par ailleurs ? On voit qu'il y a du mimétisme. Vous avez des jeunes, ils voient des images. Ah, regardez à Paris, ils sont en train de piller, ils sont en train de casser. On est à Marseille, on est à Lille, on va faire la même chose. Ça pourrait
être retoqué par le Conseil d'État, mais au-delà de ça, vous croyez qu'on rétablit l'ordre public républicain en interdisant les réseaux sociaux dans un pays
comme la France ? C'est une batterie de mesures, Sonia Mabrouk. Mais encore une fois, quand vous avez... un réseau social qui est identifié comme étant un des vecteurs de l'organisation d'événements violents, je considère que parmi les mesures que vous devez pouvoir prendre, il figure celle-ci. Ce serait une première dans une démocratie occidentale ? Je l'ai fait quand j'étais Premier ministre, on est quand même en démocratie en France, Sonia Mabrouk. Pourquoi la décision a été annulée par le Conseil d'État ? Elle l'a été par ailleurs un an après, elle a été appliquée. Parce qu'il n'y avait pas eu de limitation dans la durée, on n'avait pas mis la date de fin. pour cette interdiction. Il faut évidemment s'adapter. Si le gouvernement le décide, bornez les choses dans le temps. Mais encore une fois, ce n'est pas ça qui va tout régler. Mais quand vous êtes face à ce type de situation... Je considère que vous ne devez écarter aucune piste possible. Voyons
cette panoplie et cette gradation, Gabriel Attal. Vous dites mettre en nombre suffisant, en réalité, les forces de l'ordre. Vous dites donc potentiellement interdiction d'un réseau social, en tous les cas identifié. Vous dites également recours à l'armée, mais attention, pour sécuriser les bâtiments, pour ne plus voir ces images terribles de mairies attaquées.
Ce que je dis, c'est que si vous voulez avoir des forces de l'ordre en nombre pour faire du maintien de l'ordre, vous devez en décharger. de missions aujourd'hui qu'elles accomplissent. Vous avez des policiers, des gendarmes qui peuvent être à garder des bâtiments publics ou des monuments en statique devant ce bâtiment, qui ne sont pas particulièrement menacés. Si vous voulez qu'ils puissent aller participer au maintien de l'ordre et lutter contre la casse et les pillages, il faut pouvoir les remplacer. À ce moment-là, on peut avoir recours à des forces armées dont je rappelle par ailleurs qu'elles patrouillent régulièrement dans le cadre du dispositif Sentinelle dans nos rues. Pourquoi
est-ce qu'elles n'ont pas été convoquées ?
Ça
restera quand même. C'est abyssal, c'est vertigineux comme question. Je vais plus loin
sur les propositions. parce qu'on parle aussi de ce qu'on peut faire pour éviter que ça se reproduise à l'avenir. Je considère qu'on a par ailleurs un retard en France par rapport à d'autres pays sur l'usage de la reconnaissance faciale et de l'intelligence artificielle, à la fois pour identifier des mouvements qui sont en train d'apparaître et pour aller chercher des responsabilités. Il y a plein de pays qui le font, pas seulement des pays non démocratiques, au Royaume-Uni, ils sont beaucoup plus avancés que nous sur ces sujets-là. Il y a évidemment un enjeu aussi de recours et d'usage aux nouvelles technologies, la reconnaissance faciale. les drones. Et ça, il faudra un changement législatif. Je l'appelle de mes voeux depuis un certain temps et je pense qu'on devra pouvoir le faire.
Posons aussi les questions qui dérangent. Pour une partie de l'opposition, Gabriel Attal, ce sont des années de faillite, en réalité, que nous payons. Faillite sécuritaire, faillite sur l'autorité, faillite migratoire, dit également la droite et le RN. Donc, votre faillite aussi
Témoins dans toutes les fonctions qui ont été les miennes. J'ai toujours montré que j'avais une ligne particulière sur ce sujet-là. Je suis rentré au gouvernement comme secrétaire d'État à la jeunesse. Ma priorité, ça a été de rétablir le service national pour les jeunes. Malheureusement, mesure qui a été abandonnée ensuite. Ensuite, en tant que ministre de l'Éducation nationale, ma priorité, parmi mes priorités, faire respecter les règles et rétablir l'autorité à l'école. A commencer par l'autorité de nos lois, de la laïcité, mettre fin au pas de vagues. Arrivé à Matignon. Quelques jours après ma nomination, ma déclaration de politique générale solennelle à l'Assemblée nationale, j'établis parmi les principales menaces pour la sécurité en France la délinquance des mineurs et une violence adolescente. Ça a été dit il y a un instant. Je dis cette fameuse phrase. qui a été beaucoup dite depuis. Tu casses, tu répares, tu salis, tu nettoies, tu défies l'autorité, on t'apprend à la respecter. Aujourd
'hui, elle devient tu casses, on paye, tu casses, on subit, tu casses, la France est à genoux.
Quatre mois après avoir dit cette phrase, qu'est-ce qui se passe ? Je suis à Viry-Châtillon, où il y avait eu un drame épouvantable avec des jeunes qui avaient tué un autre jeune. J'annonce des mesures extrêmement fermes, extrêmement claires contre la délinquance des mineurs. Création d'une comparution immédiate, fin de l'excuse de minorité automatique, responsabilité permanente et automatique des parents. J'annonce un projet de loi qui doit être transmis au Parlement à l'été 2024. Qu'est-ce qui se passe entre-temps
La
dissolution. Donc
pas de responsabilité, c'est ce que vous dites ce soir.
Encore une fois, j'ai été aux responsabilités, j'ai été ministre. Ce que je dis ici, Sonia Mabrouk, c'est que je ne découvre pas le problème de la délinquance des mineurs et d'une banalisation de la violence de plus en plus jeune. C'est aussi pour ça que je me suis toujours battu. pour l'interdiction des réseaux sociaux au moins de 15 ans, parce qu'il participe à cette banalisation de la violence. Ça fait des mois maintenant qu'on attend le nouveau texte du gouvernement, il faut très vite avancer sur ce sujet-là. On a perdu du temps depuis la dissolution. Regardez, le texte qui arrive... Donc
pardonnez-moi, parce qu'à un moment, il y a bien des responsabilités, on ne va pas attendre une commission, il y a des responsabilités politiques.
Le Premier ministre a annoncé récemment un texte de loi qui arrive fin octobre au Parlement, la loi Casseur-Payeur. ça fait plus de deux ans en tant que Premier ministre que je m'étais exprimé sur ce sujet-là. Vous vous rendez compte du temps perdu depuis la dissolution ? Regardez cette affiche,
M. Attal, celle du Rassemblement national, qui pointe des responsabilités selon ce parti.
C'est le grand classique du Rassemblement national. Vous savez, le Rassemblement national, il se nourrit, il prospère sur les problèmes.
Là, s'il se nourrit sur les problèmes, il est déjà au pouvoir. Bien sûr,
mais ils passent leur temps à ça. Vous savez, à chaque fois qu'on a pris des mesures, des lois, pour chercher à donner plus de moyens à nos forces de police, à nos forces de gendarmerie, on a voulu prendre des mesures pour durcir notre arsenal. En général, ils n'ont pas été au rendez-vous. La droite
et le RN pointent des émeutiers venus des banlieues. Aujourd'hui, les différents services de police, justice et surtout dans notre chaîne, évoquent une conjonction, effectivement, à la fois de l'ultra-gauche, comme l'a dit le gouvernement, et effectivement de pilleurs, de casseurs d'opportunités venus des quartiers. Est-ce qu'il y a une faillite de la politique migratoire ?
Mais d'abord, ça correspond au témoignage de beaucoup de commerçants. Moi, j'en ai eu beaucoup, j'ai échangé avec eux. Ce qu'ils disent, c'est dans un premier temps, samedi. On a vu plutôt des militants qui avaient des revendications politiques et qui venaient casser nos boutiques. Et ensuite, on a vu des jeunes qui n'étaient pas des militants qui arrivaient pour nous piller. Et donc, il y a effectivement cette rencontre entre des militants d'ultra-gauche et puis des jeunes issus notamment des quartiers. Et donc, évidemment, que quelque part, on se dit que c'est probablement 30 ans de lâcheté et de laxisme aussi. Donc, vous en prenez
votre part, monsieur Attac. C'est difficile aujourd'hui de...
En 2005, qui était au pouvoir ? Je veux dire, il y a eu combien de majorités et de couleurs politiques différentes depuis ? Donc droite et
gauche se sont tenus la main pour arriver à un tel fiasco ? Moi ce que je
suis en train de vous dire ici, c'est que dans toutes les fonctions qui ont été les miennes, à chaque fois qu'il m'en a été donné la possibilité, que ce soit encore une fois en cherchant à rétablir le service national à la jeunesse, encore une fois en rétablissant l'autorité à l'école avec des mesures très claires, notamment sur la laïcité, en cherchant à agir sur la délinquance des mineurs à Matignon. malheureusement interrompu par la dissolution qui ne m'a pas permis de faire voter la loi que j'avais annoncée. J'ai toujours cherché à briser des tabous sur ce sujet-là, y compris dans ce qu'on appelle le macronisme, parce que j'ai toujours considéré que la défense des valeurs de la République, que les questions de sécurité, de justice et d'autorité étaient au moins aussi importantes que le reste, voire plus importantes que le reste.
Est-ce qu'il y a un ingénieur du chaos dont la responsabilité est déjà établie, comme disent certains ? Bruno Retailleau, qui nous rejoindra tout à l'heure, pointe directement Jean-Luc Mélenchon. Et vous ?
avez une formation politique, la France insoumise, qui par ses déclarations depuis plusieurs mois maintenant, a légitimé une forme de violence. Quand vous avez la présidente du groupe à l'Assemblée nationale qui dit et qui poste sur les réseaux sociaux, je cite, je n'appelle pas au calme. Quand vous avez un maire de la France Insoumise qui dit que la violence peut être légitime, comment vous voulez ? Même s'il faut l'éviter, oui. D'accord, la violence peut être légitime, il faut l'éviter. Et après, on ne peut pas être surpris qu'une semaine plus tard, il y ait une mairie qui brûle. Quand vous avez un maire de la République qui dit ça avec une écharpe, vous imaginez le message qui est envoyé un certain nombre de gens. Maintenant, je le dis ici, c'est... Quand j'entends certains qui se défautent exclusivement, qui disent exclusivement que c'est la responsabilité de la France insoumise, quand j'en entends d'autres qui disent que c'est exclusivement la responsabilité du gouvernement, pardon, il y a une première responsabilité, et il ne faut pas les dédouaner, c'est des jeunes et des casseurs qui vont plier de Sonia Mabrouk. Il y a beaucoup de tabous, on a refusé de faire tomber depuis des années, notamment sur la question de l'autorité de la société. Vous me dites qu'il y a
ingénieur du chaos, qu'est-ce que vous faites ? Vous le constatez ? C'est tout ? On passe à autre chose ?
On combat politiquement, bien sûr. Donc, quand
Bruno Retailleau dit interdiction de la France insoumise...
Personne ne croit que c'est possible de faire ça. C'est un parti politique. Encore une fois, il faut le combattre. Et je ne veux pas leur donner une forme de gloire de pouvoir dire on est des grandes victimes, ce n'est plus une démocratie, on est interdit, etc. Moi, je suis convaincu qu'on peut les battre dans les urnes. Je suis convaincu que le scénario du pire que certains essayent de nous vendre comme inéluctable entre la France insoumise et le Rassemblement national au deuxième tour de cette élection présidentielle... Monsieur Attal, qui récolte
les fruits d'une telle situation ce soir ? Ce n'est pas vous.
ben ça je vous confirme, bien sûr. Bien sûr que c'est le Rassemblement National qui récolte les fruits de cette situation. Et bien sûr qu'il y a une forme de tenaille qu'on veut nous imposer entre LFI et le Rassemblement National qui se font à la courte échelle sur tous ces sujets-là, qui sont pour chacun le carburant de l'autre. Pour le Rassemblement National, c'est le péril de la France insoumise. Et pour la France insoumise, c'est le péril fasciste du Rassemblement National. Les commerçants
qui vous écoutent, enfin plus largement les Français, ils veulent savoir, vous au pouvoir, si vous étiez là, dans ce décor à l'Élysée d'Air, ce soir, vous décrétez l
'état
d'urgence ?
vous ai dit que c'est ce que j'aurais fait. Je l'ai appelé, ça fait un moment maintenant que j'ai appelé à cet état d'urgence. Maintenant, ça n'est pas le choix qui a été fait par le gouvernement. Le gouvernement a fait un autre choix. Donc c'est un choix dangereux ? Ce n'est pas ce que je dis. Le gouvernement a fait un autre choix. Mais comment vous qualifiez ce choix ? Dans une telle situation ? Je vous ai dit que moi j'aurais fait un autre choix. C'est le choix qu'a fait le gouvernement. Mais la seule chose que je peux espérer, Sonia Mabrouk, c'est que dans les mesures qui ont été annoncées, notamment le couvre-feu, la seule chose que je peux espérer, c'est que ça va contribuer à ramener l'ordre. Maintenant, ce que je dis, C'est qu'il y a besoin de beaucoup d'autres choses et que ça ne va pas assez loin pour rétablir l'ordre. Et que donc, ce qu'il faut, c'est les mesures que je vous ai évoquées avec la mobilisation générale de l'ensemble de nos forces de l'ordre, des exemples dans les sanctions. Il faut des images de jeunes qu'on va traquer, qu'on va chercher chez eux, parce qu'ils ont été identifiés a posteriori. Vos mots vont faire beaucoup réagir,
des images de jeunes qu'on va traquer chez eux, de jeunes, c'est-à-dire qui sont soupçonnés de pilleurs, de casseurs, d'émetiers, etc. Mais bien sûr,
mais pardon, mais aujourd'hui, les images... que l'on voit, les images qui circulent, et ça a un impact évidemment sur une partie de la jeunesse, c'est des jeunes qui rentrent chez eux peinards, tranquilles, avec ce qu'ils ont volé dans des magasins et ce qu'ils ont pillé, et qui font des unboxings en montrant ce qu'ils ont pillé, sourire aux lèvres, en donnant le sentiment d'une impunité totale. C'est la France qui est humiliée ? Moi je crois que la sanction, elle a aussi une vertu éducative. Évidemment qu'il faut investir dans nos services publics, dans l'accompagnement des jeunes, dans l'école, c'est tout l'enjeu du mouvement des lycéens, et évidemment que je ne confonds pas les casseurs. les pilleurs, avec le mouvement des lycéens qui s'est exprimé et des jeunes qui n'ont pas cherché à casser, mais qui expriment des revendications. Et il faudra y répondre. Et j'ai fait un certain nombre de propositions sur ce sujet-là. Donc évidemment qu'il y a cet enjeu d'investissement, de service public, mais il y a aussi un enjeu de répression. Et la répression, ce n'est pas un gros mot. Et la sanction, ce n'est pas un gros mot. Et je ne l'oppose pas à l'éducation, puisque je pense qu'elle a une vertu éducative. Si on ne fixe pas un cadre et des règles, ce que j'ai voulu faire quand j'étais ministre de l'Éducation nationale, ce que j'ai cherché à faire comme Premier ministre, malheureusement, n'ayant pas le temps d'aller jusqu'au bout de mes projets à cause de la dissolution, c'est exactement ça. Si les Français m'en donnent la possibilité, c'est ce que je ferai demain pour le pays.
Merci, Gabriel Attal. Il reste six mois. Ça va être long, dans une telle situation.
La priorité, c'est qu'on maintienne l'ordre jusqu'à l'élection présidentielle. Qu
'on le rétablisse,
puis qu'on le maintienne. Qu'on puisse avoir un budget pour éviter la crise financière, parce que c'est aujourd'hui aussi une menace très lourde qui pèse sur le pays. Évidemment que la situation aujourd'hui contribue à accroître cette menace. Et enfin, trois, qu'on puisse avoir un vrai débat démocratique dans le cadre de cette élection présidentielle pour que les Français puissent faire leur choix en conscience.
Merci Gabriel.
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