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messieurs, dames. Merci d'avoir répondu positivement à notre invitation. Alors, après un jour et deux nuits de violence sans précédent, la France s'est réveillée dimanche matin sidérée et même en colère. Malgré le courage de nos policiers, de nos gendarmes, de nos sapeurs-pampiers, l'État a reculé. La République a été submergée et la France a été humiliée sous les yeux du monde entier. Non, M. le ministre de l'Intérieur, l'État n'a pas seulement perdu le contrôle, il a perdu une bataille, car c'en était une. Premièrement, c'en était une parce que nous sommes désormais en guerre, oui, je dis bien en guerre, contre ceux qui veulent faire reculer la République par la violence. Cette armée de casseurs, de voyous, rassemble des groupuscules gauchistes et des bandes de délinquants dans une même haine, la haine des policiers, la haine de la République, la haine de la France. Cette haine est nourrie par des discours incendiaires, notamment ceux de la France insoumise qui désignent régulièrement et sans cesse les forces de l'ordre à la vindicte. La France doit se débarrasser de ce poison qu'est la mélanchonisation du débat public. Oui, la mélanchonisation du débat public. Mais le 17 octobre, le gouvernement ne s'est pas donné les moyens de faire face à cette violence. Les effectifs engagés, pas plus que les ordres donnés, n'étaient à la hauteur de la situation. Et nos forces de l'ordre se sont retrouvées en difficulté. En enjoignant justement ses forces de l'ordre, nos forces de l'ordre, à faire preuve d'empathie, le président de la République a pris une responsabilité grave. Il les a verbalement désavoués et désarmés. Quant à sa déclaration d'hier soir, Emmanuel Macron s'est montré incapable de rassurer les Français par une parole de fermeté, par une parole d'autorité. Les effectifs, donc, n'étaient pas à la hauteur, mais des moyens dont disposaient les forces de l'ordre n'ont pas été suffisamment utilisés, pas suffisamment visibles aussi pour être dissuasifs. C'est le cas, par exemple, des véhicules blindés de la gendarmerie, les Centaures, les canons à eau. Alors, on peut discuter, bien sûr, de la doctrine d'emploi, de leur emplacement, des circonstances dans lesquelles ils doivent être engagés. Mais on ne peut pas demander aux policiers de rétablir l'ordre si on ne leur donne pas les consignes et les moyens nécessaires pour le faire. Il y a eu une naïveté coupable. Je n'aurais pas donné aux forces de l'ordre les instructions en demi-teinte. J'aurais défini un objectif clair. Aller au contact. Aller au contact nécessaire pour protéger les personnes, empêcher les pillages. et rétablir l'ordre. Et surtout, j'aurai eu à cœur de défendre publiquement les policiers et nos gendarmes. Quand ils sont envoyés dans le feu de l'action, au péril bien souvent de leur intégrité physique, l'État doit les soutenir sans ambiguïté. Si nous ne redonnons pas très vite à l'État les moyens de rétablir l'ordre, le spectre, le spectre de la guerre civile peut surgir. Il ne s'agit pas simplement d'agiter une menace ou d'évoquer une hypothèse. Il s'agit de prévenir un engrenage. Un engrenage parce que si des Français se sentent abandonnés face aux pilleurs, face aux casseurs, si des bandes violentes pénètrent de main dans des domiciles, dans des immeubles, des habitations pour piller et pour agresser, certains pourraient être tentés parce qu'ils n'auraient d'autre choix que de se défendre par eux-mêmes. Eh bien, c'est précisément ce que l'État doit absolument empêcher. Deuxièmement, j'appelle le gouvernement à nouveau à se ressaisir et à décréter l'état d'urgence. Maintenant, sans attendre, le couvre-feu, c'est insuffisant. Il est incompréhensible que le président de la République soit passé à côté de cette décision. Quand l'ordre public est gravement menacé... que les moyens ordinaires ne suffisent plus à prévenir de nouvelles violences, l'État doit mobiliser les outils, tous les outils, que lui donne la loi. D'autant qu'un acte 2, samedi prochain, est à nouveau annoncé. L'état d'urgence ne suffit pas que tout serait permis pour les autorités, évidemment. Il permet, dans les territoires concernés, de prendre des mesures exceptionnelles pour prévenir les troubles. Restreindre la circulation dans certains lieux ou à certaines heures. Interdire des rassemblements. Assigner à résidence des individus dont le comportement constitue une menace, une menace pour l'ordre public. ou autoriser certaines perquisitions administratives et suspendre les réseaux sociaux, comme cela a été fait en Nouvelle-Calédonie. Encore une fois, un pilleur isolé, sans réseau social, c'est un pilleur désarmé. Ces outils doivent être utilisés avec discernement, bien sûr, mais il faut les utiliser lorsque la situation l'exige. L'état d'urgence donnerait aux préfets et aux ministres de l'Intérieur des moyens supplémentaires pour prévenir les violences, éviter que les pillages ne se déplacent d'un quartier à l'autre et protéger les habitants, les commerces, les services publics. J'assume, oui, j'assume de restreindre la liberté des casseurs, celle des pilleurs, pour protéger celle des honnêtes gens. Pour moi, le rôle de l'État, c'est bien de garantir que chacun puisse vivre et circuler sans craindre des violences. Pas de s'épitoyer, bien sûr, sur le sort des pilleurs. Le courage de l'ordre. Le courage de l'ordre, c'est également le courage de dire les choses clairement pour traiter les causes. Cette barbarie ne vient pas de nulle part. Elle est le produit de toutes les lâchetés. Lâcheté sur le maintien de l'ordre. qui, au nom d'une prétendue politique du risque zéro, ont désarmé nos policiers et nos gendarmes. Lâcheter face aux délinquants qui recommencent sans cesse, puisqu'ils connaissent une situation d'impunité. L'acheter face aux délinquants, bien entendu, mais l'acheter politique aussi. Des politiques qui excusent, qui minimisent, qui minimisent ou euphémisent les violences quand tout simplement ils ne les incitent pas comme le fait régulièrement LFI. Oui, il faut une nouvelle doctrine du maintien de l'ordre, une doctrine qui protège les manifestants pacifiques. mais qui assume aussi, et je n'ai pas peur de le dire, la répression ferme des violences, l'interpellation des casseurs et l'usage de la force légitime. La force ne peut plus être paralysée par la peur de l'assumer. Clémenceau, qui a été ministre de l'Intérieur, vendéen lui aussi, avait cette phrase, si l'État faiblit devant les ennemis de l'ordre, alors il n'est plus l'État. Troisièmement, il faut que l'État se donne durablement les moyens juridiques de lutter contre les casseurs. L'état d'urgence peut répondre à une crise immédiate, mais il ne remplace pas à terme une politique pénale ferme et durable. Nous avons besoin d'une véritable loi anti-casseurs qui instaure une responsabilité collective au pénal comme au civil. qui permettent d'identifier, d'interpeller, de sanctionner vraiment ceux qui organisent les violences, ceux qui pillent, ceux qui détruisent, ceux qui agressent. Les Français ne doivent plus payer. Ce sont les casseurs ou leurs parents qui doivent être mis à contribution. Et s'ils sont insolvables, l'État devra se payer sur les aides sociales qu'il reçoit parce que ces aides sociales sont payées par les cotisations, par les impôts des Français. Je propose aussi des peines planchées pour des actes les plus graves de violence et de pillage, afin que la sanction soit prévisible et réellement dissuasive, ce qu'elle n'est pas aujourd'hui. Je propose d'abaisser à 15 ans la majorité pénale pour les mineurs, pour des crimes et délits les plus graves commis. Je propose également la suppression du juge de l'application des peines pour que enfin les décisions prononcées par les tribunaux... soient des décisions réellement exécutées et qu'il y ait la certitude de leur exécution. Il faut aussi mieux protéger ceux qui protègent les Français, la République. Lorsqu'un policier intervient dans l'exercice de sa mission, son action ne doit pas être présumée fautive avant même que les faits aient été examinés. Les policiers ne doivent être ni abandonnés, ni placés au-dessus des règles. Simplement, ils doivent être soutenus et celui qui casse n'a qu'à s'en prendre qu'à lui-même s'il reçoit un coup de matraque. Et je rappelle qu'on ne ramasse pas avec une main une grenade assourdissante. Enfin, les enquêteurs doivent pouvoir remonter les réseaux qui préparent et organisent les violences. Les communications chiffrées. ne doivent plus être un refuge où les organisateurs échappent systématiquement à toute enquête. Parce que l'incapacité de nos services de renseignement à intercepter des messages précisément sur les messageries cryptées les rend absolument et totalement aveugles. Dans un certain nombre de cas, on nous a signalé le week-end dernier une application type Waze pour ces délinquants. Pour pouvoir être plus agile, pour se regrouper, pour pouvoir se mouvoir avec beaucoup plus d'habilité, eh bien, on peut, ça s'appelle l'OFAC, qui est à Nanterre, on peut parfaitement interroger et saisir les plateformes, envoyer des URL pour qu'elles puissent immédiatement, immédiatement supprimer ce genre de message. Il faut le faire impérativement et je propose enfin... que l'IA puisse être utilisée pour identifier tous les casseurs qui peuvent l'être. Quatrièmement, je vais dire ce que tous les Français voient. Deux Frances se font face aujourd'hui. Souvenez-vous, lors de la démission, il était à l'époque ministre de l'Intérieur de Gérard Collomb, la phrase qui a été imprimée dans bien des mémoires. Aujourd'hui, nous sommes côte à côte et demain, nous pourrions être face à face. Il y a ceux qui mettent leur réveil le matin pour aller travailler, qui n'agressent personne, qui cotisent et qui respectent les règles communes. Et puis, il y a ceux qui, au même moment, mettent en vente le produit de leur pillage. Il y a ceux qui contribuent à la vie du pays, honnêtement, et il y a ceux qui s'en prennent au service public et au bien d'autrui. Ce constat nous oblige à regarder en face l'échec de l'assimilation d'une partie des personnes issues de l'immigration. Il ne s'agit pas d'être systématique, mais il faut reconnaître ce que semble bien une très grande majorité de Français, que notre modèle d'intégration et à plus forte raison d'assimilation ne fonctionne pas pour tous. et que nous ne pouvons plus nous satisfaire de belles décréations de principes prononcées la main sur le cœur. La politique des bons sentiments n'a jamais fait une bonne politique. L'assimilation suppose une exigence claire. Respecter les lois de la République, parler notre langue, accepter son autorité et partager ses principes. Quand cette exigence recule, Quand des quartiers entiers ont le sentiment que les règles communes ne s'appliquent plus, quand certaines populations font sécession, c'est la cohésion nationale qui se défait. Ça doit nous conduire à une très grande fermeté sur l'accueil et le séjour en France. Il n'y a plus d'ailleurs en France de politique de migration. Le politique ne maîtrise plus rien. Et je serai amené dans les semaines à venir à faire un certain nombre de propositions très concrètes. Nous devons donc reprendre le contrôle de nos frontières et mettre fin à l'immigration massive, à cette immigration incontrôlée. Lutter contre les violences, c'est sanctionner les casseurs et démanteler leur réseau, bien sûr. C'est aussi mener une politique migratoire qui protège la cohésion du pays et rappelle que vivre ensemble implique d'en respecter les lois. Ces pillages traduisent aussi une véritable décivilisation. A cette barbarie, il faut opposer la force de notre modèle culturel, et cela passe notamment par la refondation de l'école. Ceux qui, depuis 30 ans, ont fait descendre symboliquement le professeur... de l'estrade, ont refusé toute idée de repère, toute idée d'autorité, de sélection même, porte une très lourde responsabilité dans ce qui se passe aujourd'hui et dans l'échec d'une grande partie de notre jeunesse. Les notions d'effort, de mérite, de respect, de respect de la règle, de respect d'autrui doivent être remises au centre de l'institution scolaire. Il est nécessaire de créer des établissements disciplinaires pour ces élèves qui posent de plus en plus de problèmes de violence et qui, bien souvent, sont récidivistes. Ils pourrissent véritablement la vie, non seulement des enseignants, mais en même temps de leurs camarades. Il ne faut pas avoir peur de le dire. Il y a une jeunesse à la dérive et il y a des jeunes qu'il faut rééduquer. Ce que nous vivons doit être... Bien entendu, un électrochoc. Nous avons très peu de temps pour briser cette spirale de la violence, de la décivilisation, de l'ensauvagement. Et c'est possible. Il n'y a aucune fatalité. C'est possible à condition de le vouloir. C'est possible et ce sera tout le débat de cette campagne présidentielle. Assez d'excuses, assez de demi-mesures, assez d'eau tiède. Nous devons réarmer l'État qui doit retrouver son autorité, protéger les honnêtes gens, soutenir les victimes, punir, sanctionner les violents, les coupables. C'est à cette condition et à cette condition seule que nous pourrons à nouveau faire régner l'ordre sans lequel il n'y a aucun avenir possible pour notre nation.
Bonjour, Oméa Gessoum pour TF1 LCI. J'avais une question sur les couvre-feux. Sébastien Lecornu a annoncé qu'il souhaitait qu'il soit pour l'instant partiel. Est-ce que vous trouvez que c'est une bonne idée, une bonne mesure ? Et est-ce que selon vous, il faut généraliser ces couvre-feux ? Merci.
Je pense, je l'ai indiqué, que le couvre-feu, c'est une mesure insuffisante. D'abord, certes, on peut le faire le jour. Mais en général, un couvre-feu, comme son nom l'indique, c'est plutôt la nuit. C'est pour restreindre un certain nombre de circulations. Moi, ma crainte, c'est la raison pour laquelle, depuis hier, j'ai proposé l'instauration d'un état d'urgence. Ma crainte, c'est qu'on tape trop peu et trop tard. Et plus on mobilisera des moyens puissants pour rédablir l'ordre public, plus il faudra monter, justement, dans la force de ces moyens. Ces hésitations-là, je pense, peuvent créer, non pas un appel d'air, mais en tout cas, elles peuvent envoyer des signaux de faiblesse de l'État. Je pense que l'état d'urgence, c'est aujourd'hui qu'il faut le prendre, d'autant plus qu'on a bien vu hier que les troubles se poursuivaient dans l'après-midi et surtout, on est averti, on sait qu'il y aura au moins un acte 2. Et d'ailleurs, une autre date a été annoncée le 5 novembre. Donc, il faut un état d'urgence, je l'ai dit. L'état d'urgence permet de réagir très vite, donne aux préfets des moyens importants en termes de perquisition administrative, en termes d'assignation, en termes de circulation, en termes d'interdiction de manifestation. Et je pense qu'il faut le faire dès maintenant et dans un autre temps. Faire entrer dans la loi ce que j'ai indiqué tout à l'heure pour faire en sorte, par exemple, en matière de déchéance de nationalité, quand on a des binationaux qui pillent, qui sont des violents, qui agressent les gendarmes ou des policiers, quand on est un binational, on doit pouvoir, autre exemple, être déchu de la nationalité française. On n'a pas le droit de créer des apatrides, mais quand on a deux nationalités, on ne crée pas d'apatrides.
Bonjour, M. Retailleau, Edgar Becket pour BFM TV. Vous l'avez dit, la coordination des Gilets jaunes annonce un acte 2 samedi prochain. Vous qui avez été ministre de l'Intérieur, qu'est-ce que vous demandez à l'État pour faire face à d'éventuelles nouvelles violences ? Et est-ce que vous demandez, par exemple, des interdictions de rassemblement samedi prochain ? Bien
sûr, mais vous voyez, les interdictions. Là, on n'est plus, en plus, on est sur une scène qui n'est pas seulement parisienne, qui est nationale. Souvent, ce sont les préfets qui les prennent par arrêté. Très fréquemment, elles sont contestées devant la juridiction administrative. Mais là où il y a une très grande différence, c'est que quand vous avez un état d'urgence qui est décrété, il est décrété sur une base légale que donne la loi d'avril 1955. Et du coup, il est beaucoup plus difficile à un tribunal administratif de défaire ce qu'un préfet aura fait. Donc là encore, tout se tient. Et je pense très franchement qu'en matière de ordre publique, quand on laisse les choses dériver... Quand on essaie d'y aller graduellement, au bout du compte, on risque d'encourager la violence. Il vaut beaucoup mieux prendre tout de suite un certain nombre de moyens les plus puissants possibles. Bloquant tout, j'avais mobilisé à l'époque 89 000 policiers. J'ai appris hier. Je les avais d'ailleurs annoncés avant. J'avais annoncé qu'aux sorties de métro, il y aurait des frouilles. J'avais demandé à la gendarmerie nationale de mettre ces blindés bien en vue et j'avais même d'ailleurs fait le matin même une conférence de presse devant un de ces centaures. Donc voilà, c'est un rapport de force. C'est un rapport de force et j'ai le sentiment qu'aujourd'hui, c'est d'ailleurs sans doute ce qui a amené le président de la République à parler d'empathie. J'ai le sentiment qu'en réalité, l'État hésite à s'emparer de la force légitime. Et à chaque fois qu'il y a hésitation, vous donnez du terrain d'avance au délinquant.
Maxime Leguay pour CNews. Vous employez ce soir des mots très forts. Vous dites, nous sommes en guerre, en guerre contre ceux qui veulent faire reculer la République. Or, généralement, lorsqu'on est en guerre, on a recours aux forces armées. En tout cas, c'est une hypothèse très probable. Est-ce à dire que vous assumez pour rétablir l'ordre à très court terme, si la situation l'oblige ? vous, d'avoir recours aux forces armées de manière temporaire, ciblée, délimitée. Gabriel Attal, ce matin, dit que lui, il serait favorable. Est-ce que vous, vous êtes favorable à cela
'ai fait mon service militaire, j'étais officier de réserve et tous les militaires vous diront qu'ils n'ont pas été entraînés pour cela. Si un jour cela devait advenir, croyez-moi, le danger serait encore plus imminent. Il y a des militaires aujourd'hui, les gendarmes. Les gendarmes sont des militaires. Tout à l'heure, je parlais de blindés. Je pense qu'à l'avenir, il faudra vraisemblablement des doctrines en matière de maintien de l'ordre, en matière d'hémotes urbaines, de violences urbaines, sans doute différentes, avec beaucoup plus de mobilité, en utilisant beaucoup, beaucoup plus, je l'ai dit un peu, les nouvelles technologies. en faisant en sorte que, là encore, on puisse traiter judiciairement très en amont, en y mettant encore plus de moyens à un certain nombre de dossiers. Mais encore une fois, ce qui est fondamental dans ce rapport de force, c'est qu'on dimensionne, évidemment numériquement d'abord, j'en ai parlé avec les 89 000 à Bloquantou, en leur donnant des ordres, des instructions qui soient claires. Vous savez, un pouvoir, un ministre ou un président de la République, C'est en permanence que les consignes passent. Au fil des déclarations d'un ministre ou d'un président de la République, les forces de l'ordre, les préfets, sentent parfaitement dans quelle direction, quelle cap, quelle boussole adopte l'exécutif. Et quand on voit, par exemple, un exécutif vaciller, un jour suspendre l'utilisation... des grenades assurdissantes, pour quelques jours, heures après les rétablir. Vous avez là la preuve que, en réalité, cette doctrine du maintien de l'ordre, elle n'est pas assumée. Parce que le maintien de l'ordre, il ne doit pas être guidé par l'émotion ou par la panique. Émotion quand il y a un pépin, et puis quand on voit venir le problème, panique, alors on rétablit. Vous avez là le condensé, la synthèse. du problème que nous avons eu ces derniers jours. Quand vous parlez aux policiers, croyez-moi vos gendarmes, ils vous le disent. Je n'ai pas dit cela, je dis simplement que le pilote dans l'avion ne tient pas ferme ses commandes, son manche.
Rotailleau, bonjour. Elle intervient pour France Info. Emmanuel Macron a chargé son Premier ministre de réunir syndicat, chef de parti politique, parlementaire également, pour échanger au sujet de ces violences qui ont eu lieu. Est-ce que vous, en tant que président du parti et candidat LR à la présidentielle, vous acceptez cette invitation ?
m'y rendrai, mais très franchement, j'aurais attendu autre chose du président de la République. Voilà, je l'ai indiqué. Je l'ai indiqué, je ne verrai pas le président de la République, je verrai le Premier ministre. Ce que je lui dirai, c'est ce que je vous dis actuellement. Je m'y rendrai.
Bonjour, M. Retailleau, Raphaël Delvolvé, Radio France Internationale. Est-ce qu'on peut se permettre de déclencher l'état d'urgence aujourd'hui en sachant que ça peut potentiellement émettre un très mauvais signal au marché qui nous regarde déjà et faire s'envoler les taux d'intérêt ? Et puis le Premier ministre a parlé tout à l'heure d'une forme de menace sur le processus démocratique, le processus électoral en cours. On est à six mois du premier tour de la présidentielle. Est-ce que vous craignez que l'ultra-gauche parvienne à ses fins et fasse dérailler le processus
le mal est fait. Grâce à l'intelligence artificielle, vous pouvez faire un exercice que j'ai fait hier matin, ce matin, en demandant de traduire les titres. notamment dans les langues les moins parlées, si j'ose dire. Et c'est une honte. Comme Français, j'ai honte de ce que la presse internationale dit sur la France, dit de la France. Donc, qu'est-ce qui est le plus grave ? De risquer des pillages, des désordres plus importants. Ou alors de prendre fermement des décisions pour éviter ces pillages, pour éviter ces dérives. Pour moi, les choses sont claires. Ensuite, la présidentielle. Franchement, le président de la République et son gouvernement ont choisi la plus mauvaise date pour le deuxième tour. Date à laquelle une grande partie des forces politiques s'étaient opposées. Le 2 mai, après le 1er mai, que cherche-t-il ? Que cherche-t-il ? On sait malheureusement aujourd'hui que chaque grande manifestation peut être un prétexte, un alibi pour le désordre. Il y avait d'autres choix. Je pose la question ce soir. Pourquoi le choix de cette date ? Pourquoi ? Imaginez un seul instant qu'entre les deux tours, une manifestation du 1er mai, se passe mal, dérive, et que le lendemain, les gens doivent aller aux urnes. Est-ce que vous croyez vraiment qu'ils iront aux urnes dans des conditions qui permettraient justement ce recul, ce vote, cette décision importante qui va engager l'avenir de notre pays ? C'est la question que je pose ce soir.
Monsieur Rotaillou, Julien Fautra de RTL. J'ai deux questions à vous poser. La première, vous faites un lien direct entre immigration ou problème d'assimilation et les casseurs. Est-ce que vous avez des éléments qui vous... permettent de dire cela ? Est-ce que vous êtes certain que les casseurs étaient des personnes issues de l'immigration ? Et puis la deuxième question, ce matin, Jordan Bardella, dans un exercice assez comparable à celui-ci, a fait lieu aussi des propositions, et notamment la majorité pénale l'a fixé à 16 ans, vous 15 ans. Qu'est-ce qui vous permet de dire aujourd'hui que vous serez plus ferme, vous, au pouvoir, que le Rassemblement national
Les Français les ont. Les retours des interpellations nous les donnent. Tout le monde, y compris d'ailleurs jusqu'au chef de l'État, y compris du reste, ce matin, le ministre de l'Intérieur en parlant de délinquants de la banlieue. Ce qui s'est passé hier, c'est cette convergence entre l'extrême gauche et aussi des racailles. Voilà, délinquants venant de banlieue. Eh bien, j'ai cité tout à l'heure Gérard Collomb, mais beaucoup d'hommes et de femmes politiques, ceux qui acceptent de voir la réalité telle qu'elle est. Et les Français le savent. Eh bien, oui, il y a un lien entre une immigration massive qui crée des désordres sécuritaires et ce qui s'est passé dimanche. Oui, je le dis, je l'affirme. C'est ce que je viens de vous dire. Les remontées, les remontées des interpellations, par exemple. Mais ce que l'on a depuis 2023 et avant. La sociologie des banlieues, d'autres, Jérôme Fourquet et bien d'autres, ont fait des études sociologiques. Alors moi, je ne suis pas un sociologue, mais j'ai des yeux. Et les Français aussi, ils ont des yeux. Et je vais vous dire ce qui ne supporte plus du tout. C'est le petit microcosme politico-médiatique qui cherche à tricher avec la réalité. Quand j'étais mis sur l'intérieur, je m'étais donné une ligne, ne jamais mentir, d'écrire la réalité telle que je la voyais. C'est ça aussi le maintien de l'ordre. C'est de ne pas tricher avec ce que l'on voit, avec la réalité. Parce que quand on ne fait pas les bons diagnostics, on n'apporte pas les bons remèdes. Je n'ai pas généralisé, évidemment, il y a... Un certain nombre, comment dirais-je, d'immigrés, y compris dans les générations suivantes, qui sont formidablement assimilés. Mais aujourd'hui, les flux ont été tels qu'on a verrouillé, bloqué et mis en panne la machine à intégrer, sans même parler d'assimilation. Et puis, vous m'avez... Ah oui, alors, moi, je ne suis pas dans une course. Vous savez, ce que je dis aujourd'hui... Je le disais pour celles et ceux qui me connaissent ici depuis des années. Je l'ai même écrit, non pas dans mon dernier livre, mais dans un livre précédent. Donc j'ai mon cap, j'ai ma ligne. Le Rassemblement national sur plein de choses, il varie. Hier, en 2011, ils avaient contrôle nucléaire, maintenant ils sont pour. Ils voulaient sortir de l'Europe, maintenant ils sont pour, etc. Ils voulaient l'immigration zéro, maintenant ils ne veulent plus. Non, moi j'ai un cap. C'est ce qui me distingue. notamment, entre autres.
Marc Luzel pour RMC. Laurent Nunez a présenté sa démission. Emmanuel Macron l'a refusé. D'abord, vous comprenez cette décision du président ? Est-ce que vous estimez que Laurent Nunez est toujours légitime en tant que ministre de l'Intérieur
Écoutez, alors moi, vous avez pu l'observer, je n'aime pas... Il y a des gens qui sont les spécialistes des demandes de démission. C'est leur truc, c'est le réflexe. Dès qu'il y a un problème, on demande une démission. Moi, j'ai toujours essayé de poser sur la table des solutions. Laurent Nunez a dû sentir sans doute une forme de responsabilité puisqu'il a présenté cette démission. Après, c'est le président de la République qui voit et il l'a refusé. Et moi, ce que j'aurais préféré, c'est que le président de la République, hier soir, ne parle pas pour rien dire et invite notamment son gouvernement à prendre de vraies mesures. Et pas seulement à faire la clarté. Très bien, la clarté. Très bien, il y aura une commission d'enquête parlementaire qui devra établir les conditions dans lesquelles le maintien de l'ordre a été exécuté ces dernières heures. Mais je pense que ce que l'on demande à un chef, et notamment à un chef d'État, c'est une parole d'autorité. Et ce n'est pas seulement une parole. Ce sont des décisions. Est-ce qu'il y a d'autres questions s'il n'y en a pas d'autres ? Merci en tout cas. Merci et à très bientôt.
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