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Bonsoir Gérald Darmanin. Vous êtes garde des Sceaux. Des millions de Français ont vu ces images d'extrême violence, de pillage à Limoges, entre autres, et dans d'autres villes. Est-ce que vous pouvez nous assurer ce soir que la réponse judiciaire sera à la hauteur de la gravité de ces événements ? Oui,
j'ai demandé à l'ensemble des parquets de France qui sont mobilisés, je les en remercie, depuis samedi, jour et nuit, d'avoir une extrême fermeté, d'être impitoyables envers les casseurs et sont ceux qui ont organisé l'attaque des bâtiments publics, l'attaque des commerces, l'attaque contre les policiers, les gendarmes, les sapeurs-pompiers qui sont intervenus. Pour Limoges, dont je veux dire ici que la chute de la mairie nous touche autant que Notre-Dame. En tout cas, ces images sont vraiment terribles pour la ville de Limoges et pour toute la France. Je veux assurer au maire, Guillaume Guérin, que j'ai eu plusieurs fois au téléphone, aux habitants de Limoges, que nous prenons ça très au sérieux. Et le parquet national antiterroriste s'est placé en position d'observateur et va savoir dans les prochaines heures s'il se saisit. Pour quelle raison ? Qu'est-ce qui différencie
ces exactions de d'autres que nous avons vues abondamment depuis trois jours ?
Le parquet national terroriste, ce sera à lui de communiquer. S'il se saisit, ça veut dire que c'est un acte terroriste. C'est-à-dire que des personnes, notamment d'ultra-gauche, auraient organisé de façon évidente ce passage à l'acte et cette destruction d'hôtels de ville de Limoges. Donc c'est vraiment quelque chose d'extrêmement grave, extrêmement important. Et je remercie l'ensemble des policiers qui enquêtent, la procureure de la République de Limoges et le parquet national antiterroriste qui prend ça très au sérieux.
Vous dites qu'il y a déjà des dizaines de personnes qui sont en détention provisoire. Évidemment, rien ne préjuge du fait qu'ils seront condamnés, lourdement condamnés. Donc c'est la limite de votre pouvoir.
Aujourd'hui, la justice est indépendante, mais elle rend la justice au nom du peuple français. Et le peuple français veut de l'extrême fermeté. Je l'ai rappelé à trois reprises depuis vendredi aux instructions que j'ai données directement aux magistrats qui sont sous mon autorité, c'est-à-dire les procureurs de la République. Il y a eu 2 513 gardes à vue au moment où je parle. Sur les 2 513 gardes à vue... L'immense majorité d'entre elles sont encore en train, les personnes sont encore d'être en garde à vue devant les services de police. Donc la réponse pénale, on la saura définitive en fin de semaine. Mais sur les 2513 gardes à vue, déjà plus d'un demi-millier de ces personnes, plus de 500 personnes, sous escorte policière, ont été déforées au tribunal pour être présentées aujourd'hui, demain et après-demain en comparution immédiate. Et au moment où je parle, il y a 67 personnes qui sont déjà incarcérées, alors qu'on n'en est qu'au tout début des condamnations. C'est un chiffre important. 34 rien que dans la cour d'appel d'Aix-Marseille. Et nous avons des dizaines d'informations judiciaires. C'est-à-dire que les procureurs de la République ont saisi le juge, le juge d'instruction, pour que les actes criminels soient poursuivis. Quelle est la peine la plus lourde qui a été infligée aujourd'hui ? Il y a des détentions provisoires, c'est-à-dire des gens qui sont en prison en attendant d'être condamnés. Et il y a eu jusqu'à 50 prisons prononcées en mandat de dépôt à la barre des tribunaux. Mais la peine pour vol aggravé en
réunion masqué ? L'article 311 du code pénal, c'est 10 ans de prison. Les Français ont vu ce qui s'est passé. Ils ont vu que certains étaient très facilement reconnaissables. Il n'y a
pas eu des peines de 10 ans de prison. On a dit que les coopérations immédiates ont commencé cet après-midi. J'ai vu votre reportage. J'ai demandé au procureur généraux et notamment à la procureure générale de Paris de faire appel systématiquement pour toutes les peines qui ne seraient pas à la hauteur de ce que nous avons vécu. Il faut être impitoyable envers les casseurs parce qu'ils trahissent la France. Ils trahissent bien sûr le travail des commerçants, ils trahissent bien sûr les policiers et les gendarmes qui font un travail absolument formidable et qui ont été molestés. 600 d'entre eux ont été blessés, 600 d'entre eux ont été blessés. Ils trahissent ces sapeurs-pompiers qui sont empêchés de sauver des bâtiments publics, des commerces, mais aussi des personnes qui ont été agressées. Et ils trahissent, je sais aussi, la voix des manifestants qui voulaient pacifiquement faire entendre leurs revendications. Est-ce que vous
allez leur donner ? à ces enquêteurs, à ces magistrats, des moyens supplémentaires ? Est-ce qu'ils vont être dans la grande misère habituelle de la justice française ?
Ce week-end, ils ont travaillé 24h sur 24 et il y avait du monde partout. Mais dans l'avenir, avec cet afflux de prévenus. Partout dans tous les parquets. Il y a le moyen, même s'il y a beaucoup de travail, il y a le moyen de travailler. Il y a surtout des moyens juridiques à obtenir. J'ai envoyé ce matin une instruction à tous les parquets de France pour leur demander de passer en qualification de criminalité organisée ce qui s'est passé. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire d'abord qu'on pourra passer les gardes à vue de 48 à 72 heures pour que les services de police puissent faire leur travail vu l'afflux de gardes à vue. Ça veut dire aussi qu'on va pouvoir faire des géolocalisations, des écoutes téléphoniques qui vont nous permettre de savoir, en regardant les téléphones des personnes qui sont en garde à vue, s'ils ont participé et comment ils ont participé, où ils étaient au moment où on a pillé des magasins, attaqué des mairies. Et puis surtout, on va utiliser le moyen de la reconnaissance faciale sur l'otage, c'est-à-dire le fichier des policiers. Il y a des millions de personnes qui sont dans ce fichier pour regarder si, sur les réseaux sociaux, on n'a pas les mêmes images. Parce que ce que j'ai vu aussi, c'est des personnes qui, maintenant, à visage découvert, témoignent du pillage ou des attaques de mairie ou des attaques de commissariat. Et nous allons utiliser les qualifications que nous permet le Code pénal. Et pour la première fois, nous qualifierons, j'espère que les procureurs le feront dès aujourd'hui, en criminalité organisée, ces personnes qui ont fait ces attaques factieuses contre la République.
Justement, vous avez vu ces commerçants, ces élus, ces maires. qui demandent justice, vous avez dit, on va vous aider. Comment vous allez les aider concrètement ? Qu'est-ce que vous allez faire avec eux
et pour eux ? Alors, il se trouve que demain matin, je serai à Lille, auprès du maire de Lille, qui a vu aussi sa mairie saccager, la ville de Lille saccager, auprès des commerçants, avec le procureur de Lille, avec le préfet. D'abord, nous allons accompagner ces victimes. Sachez qu'à Lille, par exemple, les victimes que sont les commerçantes sont accompagnées pour déposer plainte, pour demander la responsabilité civile, pour être dédommagée. Ce qui se passe à Lille, il faut que ça se passe partout sur le territoire national. Et mercredi, je réunirai l'ensemble des tribunaux de commerce, de toutes les professions économiques, avec le ministre Serge Papin, pour accompagner tous les commerçants. pour qu'on puisse non seulement recouvrer les sommes qu'ils ont perdues, faire entendre aux assurances raison et les accompagner du juste fruit de leur travail. Nous allons, et grâce à la loi Casseur qui arrivera bientôt, permettre de faire rembourser tout ce qui s'est passé, tout ce qui est terrible pour eux, c'est-à-dire le fruit de leur vie de travail.
Question très simple, est-ce que vous êtes favorable à l'instauration de l'état d'urgence ? Quelqu'un qui appartient à votre famille politique, Bruno Rutailloudi, c'est sans doute la dernière solution à notre disposition. Est-ce que vous y êtes favorable ? Il faut rien exclure par principe. Est-ce que vous êtes favorable ? Ce n'est pas tout à fait une question.
Pendant trois jours, j'ai eu à gérer des émeutes en 2023 où j'ai rétabli l'ordre en trois jours quand j'étais ministre de l'Intérieur. Il y avait bien plus de garde à vue et rappelez-vous, c'était après l'affaire Naël, beaucoup plus de violence. En trois jours, par l'intervention du RAID, du GIGN, de la BRI, des blindés et puis d'une politique extrêmement ferme que j'ai faite à l'époque avec Eric Dupond-Moretti, nous avons rétabli l'ordre. Donc nous pouvons le faire sans état d'urgence. La police républicaine, elle sait le faire sans l'état d'urgence, mais il faut soutenir nos policiers et nos gendarmes. Et il faut demander aussi à la France insoumise. Si elle met encore de l'huile sur le feu, vous essayez d'accepter du côté de la République.
Merci Gérald Darmanin d'avoir répondu à nos questions.
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