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Alors cette annonce est tombée, Laurent Nunez, ministre de l'Intérieur, fragilisé, a proposé sa démission, démission qui a été refusée, mais symboliquement c'est quand même quelque chose.
Symboliquement c'est évidemment quelque chose, elle était, j'allais dire presque, c'était presque incontournable qu'il le fasse. Enfin moi quand je lis la presse internationale, vous l'avez tous fait, les yeux du monde entier sont tournés vers la France, sous l'angle comment cela a-t-il été possible et comment le gouvernement peut avoir... à ce point perdu le contrôle. D'ailleurs, l'expression a été utilisée, semble-t-il, par le ministre de l'Intérieur lui-même. Donc la phase d'émission du ministre de l'Intérieur, elle était absolument logique. Après, il y a différentes interprétations. Pourquoi Emmanuel Macron le maintient ? Parce que le maintenir, c'est quelque part le cautionner. C'est cautionner ce qui a été fait. Or, à l'évidence, il y a eu des problèmes, des problèmes à la fois décisionnels. Regardez, hier, on écoutait le maire de Limoges. Le maire de Limoges, si vous l'écoutez stricto sensu, c'est accablant pour l'État et la manière dont les forces de police... Je rappelle que la mairie de Limoges
a brûlé.
Absolument, ont été déployées. Le maire de Marseille également. Donc, pourquoi Emmanuel Macron le maintient ? Soit parce qu'il a confiance et qu'il estime que ce n'est pas lui le ministre. qui a fauté, c'est l'ensemble du dispositif, ou soit parce que, et ce serait encore plus inquiétant, il n'a personne pour le remplacer dans un climat où tout le monde est sur une chaise, j'allais dire explosive, éjectable, mais explosive aussi.
Elisabeth Pinot, votre regard justement sur cette proposition, je démissionne, et ce souhait du président, je vous garde. Je
suis d'accord avec Richard, c'était inévitable de présenter cette démission après les images, après ce qui s'est passé samedi et hier, au moment même où le président de la République parlait, il y avait encore des pillages en Paris, je peux en parler, je les ai vus. J'étais aussi dans la manifestation qui était, elle, pacifique, donc le président a tenu à faire distinguo entre les deux, c'était même l'unique message qu'il a fait hier, beaucoup de déceptions, on l'a dit. Parce que beaucoup attendaient, alors d'un côté, de la fermeté, état d'urgence, couvre-feu, ce genre de choses. Le président parlait de honte, ça s'ajoute à la perte de contrôle dite par Laurent Nunez. Il ne faut pas sous-estimer la sidération et maintenant la colère, vous l'avez dit, l'incompréhension au-delà des frontières, mais aussi des Français. Évidemment, absolument accablant et évidemment, le Rassemblement national en fait son miel. C'est une évidence. Marine Le Pen n'a pas tardé à faire un message hier, toute présidentielle.
En tout cas,
du côté de l'exécutif, la démission du ministre de l'Intérieur refusait parce qu'en effet, Alix l'a dit tout à l'heure, on ne change pas comme ça un chef dans la tempête et nous sommes en pleine tempête. Unes est un professionnel et échanger un ministre, ça amène toujours un peu, ça affaiblit encore une fois ce secteur qui n'en a vraiment pas besoin ces temps-ci. Mais politiquement, c'était inévitable.
Alix Boudiaga, c'est vrai que la question se pose, c'est... Si le président de la République avait accepté la démission, par qui le remplaçait ? Finalement, il n'y a pas énormément de choix. Qui va se colter justement à ces événements, sachant qu'il risque d'être à répétition ?
c'est ça. En fait, il y a un petit paradoxe. C'est-à-dire qu'on a ce matin un ministre de l'Intérieur qui dit... Je suis responsable de ce qui s'est passé. Il y a eu une perte de contrôle dans certaines villes. Et on a un défaut massif d'anticipation, quasiment du simple au double, en termes de participants à cette manifestation. Donc lui en a tiré effectivement l'enseignement en présentant sa démission. Mais Emmanuel Macron, voilà, il y a un problème de ressources humaines. Et il y a aussi un problème d'agenda. Un agenda avec ce 5 novembre qui est le prochain point d'entrée des mobilisations. C'est une intersyndicale. Il y aura sans doute encore beaucoup de monde dans les rues. Et donc, entre aujourd'hui et le 5 novembre, il faut tenir. On a vu que maintenant, les mobilisations des émeutiers dépassent le cadre même des manifestations. Donc oui, c'est compliqué pour Emmanuel Macron. D'abord parce qu'il n'a sans doute pas les ressources humaines. Et en plus, parce que... parce qu'il y a encore des échéances à chaud et qu'il va devoir gérer. En revanche, on a bien compris la feuille de route de Laurent Nunez, tout changé. C'est-à-dire qu'on n'est plus face à des mobilisations type syndicales, on fait face à des guérillas urbaines. Et pour les guérillas urbaines, ce n'est pas la même chose en termes de maintien de l'ordre.
Je voudrais qu'on écoute Gérald Darmanin, le ministre de la Justice ce matin. Écoutez-le, c'est intéressant, ça rejoint un peu ce que vous dites et votre témoignage, Nathalie, va être extrêmement précieux après. On l'écoute.
a fait des choses formidables pour la sécurité des Français. Il a organisé les Jeux Olympiques avec moi lorsqu'il était mon préfet de police à Paris. C'est un grand ministre de l'Intérieur. Il y a un moment difficile. Nous avons failli. Incontestablement, ce week-end, il l'a reconnu lui-même. Il y a eu un défaut dans les renseignements. Et on ne fait pas de bonne police sans bon renseignement. Il faut savoir ce qui a dysfonctionné. Le renseignement français est au top contre le terrorisme islamiste. Il n'y a plus d'attentat, je touche du bois ou quasiment plus. Il est fort contre la criminalité organisée. Il est important contre les ingérences étrangères. Mais manifestement, il ne sait pas lutter correctement contre l'ultra-gauche.
là, on voit bien, chacun y va de son explication technique. Les renseignements ont failli. Il n'y avait pas assez de personnel pour assurer le maintien de l'ordre. La doctrine n'est pas la bonne. Alors, Nathalie Pérez, vous, tout le week-end, vous avez suivi, vous êtes en contact avec des policiers, des policiers de terrain. Quel est votre diagnostic ? Qu'est-ce qu'ils vous disent ? Qu'est-ce qui remonte du terrain, justement, sur
cette situation ? ce qu'ils peuvent dire eux sur le terrain, en tout cas les policiers de base, eux expliquaient qu'ils étaient dans les manifestations, qui recevaient des pavés, qui ont reçu des pavés pendant 48 heures pratiquement, eux expliquaient qu'il y avait effectivement un défaut d'anticipation, qu'on n'avait pas anticipé. C'est vrai qu'au niveau des renseignements, on avait eu accès à une note des services de renseignement, une note confidentielle vendredi, qui expliquait qu'il allait y avoir des groupuscules de black blocs, d'ultra-gauche et de jeunes venant de quartiers populaires de banlieue. Sauf qu'on n'avait pas imaginé le nombre de personnes qui allaient venir, de véritables armées qui se sont levées, et ça, on ne l'avait pas anticipé. Donc les policiers se sont retrouvés face à des milliers de personnes, ils n'étaient pas suffisamment nombreux, et donc ils ont dû encaisser des coups et des coups. Je les ai eus au téléphone à plusieurs reprises, certains, et eux me disaient, on est complètement paumé, on ne sait plus ce qu'il faut faire, on a des ordres, des contre-ordres, le silence de la hiérarchie. Certains, l'un d'eux me disait, non sans humour, on est des poules. On les sentait, on court partout et on ne sait pas où aller, on ne sait pas quoi faire. On est juste là pour se protéger, pour encaisser les coups. Et certains, on sentait dans leur voix la peur et même la panique. La peur et la panique alors qu
'ils étaient sur le terrain. Quand vous les aviez au téléphone, ils étaient face aux casseurs. Bien
sûr, il y a eu de nombreux blessés. Ils essayaient de se protéger entre eux, mais ils étaient de petits nombres face à des meutes. entière déchaînée et prête à en découdre avec eux. Donc ça a été particulièrement difficile pour eux. Et je vous le dis, il y a eu quand même des centaines de blessés. Parmi
les policiers, parmi les manifestants aussi, mais parmi les policiers. Votre regard, parce que ça c'est un témoignage précieux, des policiers qui disent qu'on était comme des poulets sans tête. Non sans humour, mais surtout le silence de la hiérarchie, le fait qu'on était très petit et face à une masse très démunie. On a vu des policiers qui n'avaient par exemple pas assez de munitions, de cartouches, pour notamment les fumigènes. On voit bien ce désordre, ce déséquilibre. Pourtant, Laurent Nunez, ce n'est pas un perdre de l'année, j'ai envie de dire.
Sur le constat, c'est encore pire que ce que je pensais, ce que je viens d'entendre. Parce que moi, je m'en tenais à ce que j'ai entendu du maire de Limoges, du maire de Marseille, à ce que j'ai entendu aussi par ailleurs, mais là, c'est encore pire. Ça veut dire que la désorganisation était massive, massive, et à tous les niveaux, à tous les étages. Donc là, c'est plus le problème de la police, c'est le problème de l'État. C'est l'État qui n'a pas fonctionné. C'est la structure même de l'État, la police étant vraiment la quintessence d'un État. Par définition. Après, je regarde, vous voyez sur l'écran, il y a une dépêche. Benoît Payan met en doute le chiffre de 30 000 casseurs à Marseille. Je ne sais pas à quoi joue la préfecture, dit le maire de Marseille. C'est-à-dire qu'il ne croira pas dans les chiffres de la préfecture. Donc là, on est devant une crise. Alors, je crois que certains ont parlé de crise de régime, en tout cas une crise systémique. Il y a quelque chose qui ne marche plus. Après, quand même, une fois tout ça dit, ce que je comprends encore moins, les épisodes de casse, il y en a eu. Il y en a eu même assez récent, avec à peu près le même type de population. Alors semble-t-il moins nombreuse, moins organisée, mais c'était le même type de population. C'est le nombre. Mais comment se fait-il qu'en amont, d'une manière ou d'une autre, on n'ait pas réussi à les stopper ? Gardons quand même en tête, parce que sinon on va finir par, je parle à titre personnel, être totalement déprimé, et je vais demander à rentrer d'urgence en Suisse plutôt que de continuer à trouver la France. Vous allez vous exiler. Mais on a eu des réussites. Des belles réussites. Les JO en ont été une. Oui, ce que disait Gérald Darmanin d'ailleurs en réussissant l'ordinateur. Comment fait-il que toutes les leçons d'un événement bien organisé comme les JO, semble-t-il, n'ont pas pu être appliquées ou n'ont pas été retenues ? J'avoue, là, mon incompréhension.
Je pense aussi parce que le parcours de la manifestation a été révélé seulement la veille, c'est-à-dire... Très peu de temps avant le samedi, c'est-à-dire vendredi soir, ce qui fait que les riverains n'ont pas eu le temps d'aller garer leur voiture ailleurs, ils n'ont pas eu le temps de s'organiser, les policiers n'ont pas eu le temps de s'organiser. Et puis il y avait deux parcours, ce qui est quand même très particulier. Vous aviez deux parcours et notamment un parcours qui partait de la République à la place de Clichy, qui est une petite place et où là, évidemment, ça allait forcément déborder.
Alors justement, une organisation qui visiblement ne tient pas la route, des renseignements qui remontent mais qui ont mal anticipé. Qu'est-ce qu'on vous dit, vous, dans les coulisses gouvernementales ? Est-ce qu'ils reconnaissent que ça a été le bazar et que ça a été mal géré ? Ou est-ce qu'effectivement, pour le moment, on est encore dans l'idée qu'on n'avait pas le choix face
à cette masse de casseurs ? On ne le dit pas que dans les coulisses. Le président a parlé de honte et le ministre de l'Intérieur a parlé de perte de contrôle. Donc c'est quand même un aveu d'échec. On sait qu'hier, toutes les options, il y avait une réunion à l'Elysée hier après-midi. Il y en a eu de nombreuses depuis. C'est aussi la question qui se pose. C'est-à-dire que ça fait quand même un mois qu'il y a cette manifestation de lycéens avec de nombreuses violences déjà. Moi, j'ai parlé à des policiers directement hier et encore ce matin. Ils disent parfois on veut nous tuer quand on voit un manifestant. Enfin, ce n'est pas un manifestant, c'est un casseur qui lance une cheminée d'un toit. C'est pour tuer. Ce n'est pas juste pour revendiquer quelque chose. Ce n'est même pas pour piller. Donc ça, le gouvernement
en a conscience. Alors
le gouvernement a conscience de tout ça et c'est pour ça que ce manque d'anticipation est difficile à exprimer. Donc il y a eu une réunion hier après-midi autour du président de la République avant qu'il parte dans le Golfe parce qu'il quitte le pays pendant trois jours. Donc ça veut dire qu'il laisse les troupes et Sébastien Lecornu à la manœuvre. Donc ils ont envisagé différentes options. En effet, un couvre-feu ou un état d'urgence qui dure 12 jours je crois et qui permet d'interdire les manifestations. Tout bien pesé, c'était réclamé par Bruno Rotaillot notamment, tout bien pesé, ça pouvait aussi mettre de l'huile sur le feu. Ça montre aussi que ça donne l'image d'un État dur. Et c'est quand même ce qu'on reproche en partie face à ce que les manifestants ont exprimé. Et d'ailleurs, ce qui se passe rejoint les révendications des manifestants. Moi, j'étais dans la manifestation samedi. Plus rien ne va. La santé ne va pas, l'éducation ne va pas. Et maintenant, les forces de l'ordre... La sécurité, l'intérieur ne va pas.
On va parler évidemment de ces manifestations de samedi parce qu'il y avait aussi là ces revendications contre le Vichard. Je vous propose de rejoindre tout de suite Jordan Klein. Il est à Châtelet parce que figurez-vous, cette nuit encore, des exactions ont été commises. Jordan, vous êtes avec un habitant du quartier.
je suis avec non pas un habitant du quartier, mais quelqu'un qui a pu observer ce qui s'est passé à la fois samedi et également hier. Timothée, bonjour. Vous êtes étudiant en infirmier, donc vous avez été également mobilisé sur toutes les manifestations. Les blocus également ou pas ? C'est quoi votre sentiment quand vous observez ce qui a pu se passer hier à Châtelet et ici ?
Il y a eu beaucoup de casses. Alors je pense pour moi, la manifestation, elle a été bonne dans le sens où... Vous parlez de celle de samedi. La cause est bonne, mais les cassures, il y en a eu beaucoup trop. Je pense qu'il y a eu une partie des Français qui se sont mobilisés pour des bonnes causes, comme je l'ai dit. Mais il y a eu aussi beaucoup de cassures. Il ne faut pas excuser ça, parce qu'il y a des gens qui sont venus juste pour casser. Mais il y a aussi des gens qui sont venus juste pour des bonnes causes, comme la hausse des prix. Il y a eu beaucoup de choses. Voilà.
Est-ce que justement tous ces pillages qu'on voit, la casse qu'il y a eu un peu partout dans Paris et dans d'autres villes, ça brouille pas un peu le message justement des manifestations ?
Si, sauf que les gens qui ont cassé, c'est pas la cause principale de cette manifestation. Non, c'est pas ça que je voulais dire. Les gens qui ont commencé la manifestation ne voulaient pas qu'il y ait autant de cassure. Par exemple, j'ai vu, il y a plein de manifestants qui insultaient les gens qui cassaient, qui n'étaient pas pour cela. Après, comment dire, les gens qui ont cassé... Je ne sais
pas comment dire. En tous les cas, vous étiez là hier, en tous les cas, ici. Et vous avez pu observer également ce qui s'est passé samedi. Comment vous pourriez décrire ce qui s'est passé ? Notamment, par exemple, hier, ici, au hall. C'était très, très, très violent.
Après, par contre, d'un autre côté, moi, par exemple, j'étais juste en train de marcher à Châtelet, vers 3h du matin. Moi, je n'avais rien cassé, rien volé, etc. Il y a un policier qui s'est approché de moi, qui m'a insulté, qui m'a dit « Hey, toi, nique ta mère ». Il est arrivé et il m'a mis une droite, gratuitement comme ça. Ça veut dire, pour moi, des deux côtés, que ce soit les flics ou que ce soit les jeunes, il y a eu des débordements. Maintenant, toutes les cassures, c'est pas le message que les gens voulaient montrer. Il y a eu des débordements, comme par exemple les blocus dans les lycées. Toutes les cassures, c'était pas le message qu'on voulait faire passer. Maintenant... Pour moi, il y a eu des torts des deux côtés. Merci beaucoup. De rien.
En tous les cas, un chiffre à vous communiquer qui a été donné il n'y a pas très longtemps, puisqu'une trentaine de boutiques ont subi des pillages, c'est ce qu'ont annoncé les autorités très récemment.
Merci beaucoup, Jordan. Donc une trentaine de boutiques hier soir, effectivement, dans ces nouvelles exactions. C'est très intéressant, je trouve, ce que disait ce jeune homme. C'est parce qu'Alix, on voit bien d'un côté... un soutien aux revendications des manifestants et la volonté de beaucoup de Français de vraiment faire la part des choses. D'ailleurs, ils nous reprochent dans les médias. de ne pas la faire, de faire beaucoup trop sur les émeutes et pas assez sur les revendications ? En fait,
il y avait quasiment trois catégories de personnes. C'est-à-dire, il y avait naturellement les lycéens, les étudiants, qui manifestaient avec des revendications qu'on peut entendre, qui sont légitimes, et avec une réponse nécessaire de l'État. Il y a une deuxième catégorie qui sont les militants de l'ultra-gauche, qui sont donc dans cette mouvance black bloc, et eux qui ont un agenda politique. Et en général, ce sont eux... qui ont pris d'assaut les mairies, tous les symboles de l'État, du capitalisme. Et puis la troisième catégorie, ce sont beaucoup de jeunes issus des quartiers qui sont venus faire leurs courses à Paris notamment ou dans d'autres régions. C'est eux qu'on voyait effectivement vandaliser les magasins, repartir avec des sacs qu'ils vont revendre aussitôt sur Internet. Eux, ils ont zéro agenda politique, ils ont zéro revendication. C'est juste des pilleurs et des casseurs. Et c'est pour ça que sans doute que le maintien de l'ordre, il doit réussir à gérer ces trois combinaisons-là.
Effectivement. Et justement, Alexis Corbière a demandé, lui, à ce qu'une commission se réunisse, notamment une commission parlementaire, pour essayer de faire le tri de ce qui s'est passé et de comprendre ce que l'on peut faire pour changer les choses. Écoutez-le.
Au vu de ce que j'entends, des questions qu'on se pose vous et moi, comment ça se fait qu'ils ont sous-estimé les choses ? On a un sentiment de force de l'ordre débordée, d'un ministre de l'Intérieur hier soir affolé, qui cherche des boucs émissaires. J'écoute M. Payan, maire de Marseille, le maire de Lyon qui est mécontent, le maire de Paris qu'on a entendu. Moi je demande la clarté, comment dirais-je, objectif de ce qui s'est passé. Et pourquoi pas une commission d'enquête parlementaire ? Nous sommes là pour ça. Nous sommes là pour contrôler l'action du gouvernement. Et on voit bien qu'il y a une confusion dans ce qui a eu lieu hier. Je pense, y compris Mme Bronte-Pivet, la présidente de l'Assemblée nationale, c'est à elle de prendre l'initiative pour que tout groupe confondu puisse entendre les acteurs.
on vient d'entendre ce député écologiste. En fait, ce qu'il veut comprendre et ce que beaucoup de gens souhaitent comprendre, c'est comment on a pu se retrouver avec une manifestation qui a des revendications, qui a été suivie quand même par 500 000 personnes en France. C'est énorme. Et en même temps, que les policiers aient eu à affronter, effectivement, comme vous le disiez très justement, à la fois des émeutiers et des casseurs. En fait, le message brouillé, en principe, des policiers, Nathalie, ils sont là pour protéger
une manifestation.
Oui,
bien sûr, mais il faut qu'ils soient suffisamment nombreux. Ils n'étaient pas assez nombreux. Et c'est là que le bas blesse, c'est là où il y a eu un problème. C'est qu'ils étaient en petit moment face à la masse énorme de casseurs venus perturber ces manifestations. En fait, si le président de la République dit qu'il veut restructurer, qu'il faut refaire les choses correctement pour pouvoir éviter ça... Alors qu'est-ce que demande la base Eh bien, eux, les policiers, eux, ce qu'ils demandent, c'est... Plus de monde, plus de visibilité. Il faut qu'il soit visible, il faut qu'il soit présent. En France, il y a 250 000 policiers et gendarmes. C'est énorme. Donc on peut mobiliser tous ces gens-là. Je vois, par exemple, à la manifestation de samedi, il n'y avait pas énormément de gendarmes, par exemple, des compagnies mobiles de gendarmerie. Il y avait des policiers et des gendarmes. Il y avait la Bravem qui est venue en renfort. Il y avait énormément la CRS8. Ils sont venus en renfort aussi, ils sont mobiles. Mais il n'y avait pas suffisamment de monde. Et c'est ça le problème. Le problème, c'est qu'il n'y a pas... à ces policiers. C'est ce qu'ils demandent. Ils ne demandent pas à faire plus de répression, ils ne demandent pas à tirer des grenades de désencerclement. Ils demandent à être plus nombreux, plus visibles et pouvoir nasser tous ces fauteurs de troubles. Et votre
ressenti, justement ?
Moi, je me souviens, pardon, je me souviens justement des Jeux Olympiques, et je crois que c'est ce qui avait fait le succès
du
maintien de l'ordre durant les Jeux Olympiques, ou plus exactement, le succès du fait qu'il n'y ait pas eu de maintien de l'ordre parce que l'ordre était respecté, c'est que le déploiement était absolument massif. Je crois qu'on parle de 40 000 policiers.
Plus de 40 000 policiers, effectivement.
Alors, disons-le quand même, c'est extrêmement triste un pays. De devoir se dire qu'à chaque fois qu'une grande manifestation va avoir lieu, on doit complètement ceinturer la capitale de policiers. Il ne faut quand même pas s'en réjouir. Ça prouve que quelque chose dysfonctionne. Mais le fait est que ça marche. Et c'est là où c'est étonnant que ce type de mesures n'aient pas été répétées. Alors il y a sans doute des raisons qu'on va nous donner dans les jours qui viennent. Après, un autre élément, là quand même, et je crois que ça a surpris tout le monde, c'est les violences qui ont essaimé dans d'autres villes. que Paris, y compris Limoges. Qui aurait pensé que Limoges se retrouverait asséger de cette manière ? Et il y a beaucoup d'autres villes. Donc c'est vrai que là, pour le coup, quand vous avez un mouvement qui semble organisé au point, décémé dans plusieurs villes, mais je rappelle aussi, il faut s'en souvenir, que les Gilets jaunes, durant l'hiver 2018-2019, moi je me souviens avoir suivi plusieurs manifestations en province, elles étaient très violentes. Il y avait de la violence en marge des cortèges. pour être très précis, mais une violence très sérieuse. Donc encore une fois, il y a trois sujets. Il y a les décisions qui ont été prises ce week-end du côté du ministère de l'Intérieur et de la police. Il y a le fait que les grandes manifestations en France deviennent peut-être, entre guillemets, ingérables. Et puis, il y a cette question de la violence inhérente maintenant à tout mouvement. Parce que pour une partie de la population, soit pour se servir, soit pour se faire entendre...
Et effectivement, Emmanuel Macron demande maintenant à son ministre de l'Intérieur de tout remettre à plat, de réfléchir à un nouveau maintien de l'ordre. Alors Bruno Retailleau qui s'est exprimé, lui, il a une autre proposition. Il propose effectivement clairement l'état d'urgence. On l'écoute.
J'ai qu'un mot à lui dire. Ça suffit là, Chianly. Il est président de la République. Il est le garant de nos institutions. Et je lui demande de protéger la France des honnêtes gens.
France des honnêtes gens. Je ne sais pas de qui il parle exactement. Est-ce que ce sont des manifestants qui ont voulu manifester calmement ? Est-ce que ce sont ceux qui regardent avec un œil extrêmement critique et qui pâtissent des émeutiers ? L'état d'urgence, c'est la proposition extrême. C'est une mise en place que... On a fait pendant la période des attentats à des moments très forts de catastrophes républicaines. Quel est votre regard ? Est-ce que c'est anticipé par le gouvernement, cela ? Ça a été étudié
par le gouvernement, mais ils ont estimé que c'était une mesure trop dure. À l'heure où nous parlons, ça aurait donné raison à ceux qui disent que plus rien ne va et ceux qui disent que la France est dictatoriale. On entend des choses comme ça dans les manières. Là, la réponse pour l'instant, et Emmanuel Macron l'a exprimé hier, c'est encore d'essayer le dialogue et de réunir tout le monde en tapant pas mal sur l'extrême gauche, une fois de plus, et sans la nommer, il ne l'a pas nommé, mais on l'a bien compris, la France insoumise de Jean-Luc Mélenchon. Mais ça, c'est quelque chose qui est répété depuis longtemps, y compris par Sébastien Lecornu à chaque fois qu'il va à l'Assemblée nationale. Mais visiblement, ça ne suffit pas. Là, l'État a failli dans sa protection. des honnêtes gens, dit Bruno Rotao, en tout cas des Français dans leur ensemble. Et il ne faut pas sous-estimer la colère, l'incompréhension d'une très grande majorité de Français. Il y avait entre 500 000 et 800 000 personnes dans les manifestations samedis qui ne voulaient pas de violence. Et puis ces violences sont le fait de quelques dizaines de milliers. Mais ça c'est pareil, il faut voir la proportion. S'il y avait 30 000, le chiffre est contesté, mais néanmoins le nombre d'émeutiers est quand même énorme. Comparé à quelques 2500 personnes arrêtées, ça aussi, le RN ne va pas manquer de le rappeler. On verra ce que dit Jean-Anne Bardella, il fait une conférence de presse spécialement dans une heure pour dire ce qu'il ferait lui.
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