Chargement...
Chargement...
Francis Lothelier, vous recevez ce matin le ministre de la Justice, Gérald Darmanin. Bonjour à tous les deux. Bonjour Maya, bonjour à tous, bienvenue dans les cas de vérité, mon invité Gérald Dermadin, bonjour, ministre de la Justice, garde des Sceaux. Laurent Nouniez, le ministre de l'Intérieur, a présenté sa démission hier soir au président de la République qu'il a refusé après les émeutes et les pillages qui ont eu lieu depuis samedi. Laurent Nouniez, c'est un de vos collègues, vous êtes rassuré de pouvoir continuer de travailler avec lui ? Laurent
Nouniez, c'est un très grand professionnel et c'est très dur d'être ministre de l'Intérieur. Je l'ai été pendant quatre heures et demi, je peux vous dire que c'est extrêmement difficile. Et il a fait des choses formidables pour la sécurité des Français. Il a organisé les Jeux Olympiques avec moi lorsqu'il était mon professeur de police à Paris. C'était un grand ministre de l'Intérieur. Il y a un moment difficile, nous avons failli incontestablement ce week-end. Il l'a reconnu lui-même. Mais je suis heureux de continuer avec lui pour protéger les Français. Je vais reprendre ces
mots. Il y a eu une perte de contrôle de la police dans certaines villes. Vous qui avez été ministre de l'Intérieur, vous l'avez rappelé, vous auriez imaginé ça il y a quelques années ?
'est toujours très difficile de lutter contre le désordre public et contre les pillages. Et donc il faut beaucoup de fermeté et pas être surpris. Non mais dire qu'il y a eu une perte de contrôle, vous auriez imaginé ça ? Je vous rappelle que quand j'étais ministre de l'Intérieur, on a eu à gérer pendant 5 jours des émeutes en 2023. 'est vrai que nous n'avons pas été surpris parce que nous avions des bons renseignements. Et ce qu'a dit le président de la République hier, ce qu'a dit aussi le ministre de l'Intérieur, c'est qu'il y a eu un défaut dans les renseignements. Et on ne fait pas de bonne police. sans bon renseignement. Il faut savoir ce qui a dysfonctionné pour permettre aux policiers, aux gendarmes, aux pompiers qui ont été pris à partie pendant deux jours. Moi, je vais apporter un soutien considérable à ces policiers, ces gendarmes, à ces pompiers de bien faire leur travail sur
le terrain. C'est terrible d'entendre dire qu'il y a eu des défaillances dans le renseignement puisque ces dernières années, on nous disait que le renseignement français était au top.
Le renseignement français est au top contre le terrorisme islamiste. Il n'y a plus d'attentats, je touche du bois ou quasiment plus. Il est fort contre la criminalité organisée, il est important contre les ingérences étrangères, mais manifestement, il ne sait pas lutter correctement contre l'ultra-gauche. Et c'est un point très important, parce que nous voyons que dans les années qui viennent, l'une des menaces qui touche notre pays avec la criminalité organisée et le terrorisme, ce sont les factieux d'ultra-gauche qui vont vouloir déstabiliser les
institutions. On va revenir justement au concret. 2400 interpellations depuis samedi. auxquels s'ajoutent depuis hier et la nuit dernière 350 interpellations à Paris notamment. Combien sont en garde à vue et quel est le profil de ces casseurs ? Alors aujourd
'hui, au moment où je vous parle, ce matin, à 7h du matin, il y a eu pendant tout le week-end 2331 garde à vue. 70% des personnes qui sont en garde à vue sont des majeurs. Donc il ne s'agit pas de lycéens qu'on aurait interpellés, contrairement à ce qui s'est passé les semaines précédentes, évidemment devant les lycées. Là, il s'agit de personnes majeures, très souvent connues des services. de police et de justice, et partout sur le territoire national. Et sur ces 2231 gardes à vue, l'immense majorité d'entre elles, les gens sont encore en garde à vue. Il y a plus de 80% de poursuites de la part des procureurs de la République. C'est un taux qui n'a jamais été égalé, ce qui montre la fermeté de la justice et le suivi de mes instructions. Et je remercie les jeunes membres du parquet qui, tout le week-end, ont travaillé. Et dès maintenant, alors qu'on a eu quelques heures de garde à vue, il y a déjà des dizaines de détentions provisoires. Alors, je prends l'exemple de Marseille. qui était une ville particulièrement martyrisée, en soutien aux commerçants marseillais, en soutien aux habitants de Marseille. Il y a déjà eu 13 détentions provisoires qui ont été prononcées. Les gens sont en prison parce qu'ils s'en sont pris à des commerces, parce qu'ils sont rentrés dans la mairie de Marseille. Vous ne craignez pas, comme la police qui a été débordée, que la justice soit débordée à son tour ? Non, je ne le crois pas. Nous nous sommes organisés très en amont. Il y a les moyens de la justice ? Oui, alors la justice évidemment est sous tension, mais nous le savons depuis plusieurs années. Mais nous avons des moyens supplémentaires et surtout elle s'est organisée. J'ai envoyé une instruction vendredi, c'est-à-dire la veille de la manifestation, pour que l'ensemble des parquets travaillent tout le week-end, ce qu'ils ont fait, jour et nuit. Je les remercie parce que ça me rend très important. Ce matin, je recevrai les procureurs généraux pour que la réponse pénale soit d'une immense fermeté. Hier, le président de la République, qui est le garant de l'institution judiciaire, a rappelé que la justice était indépendante, mais rendue au nom du peuple français. Le peuple français, il veut de la grande fermeté. Et je serai le garant de cette fermeté en accompagnement des procureurs de la République. Je voudrais
qu'on en vienne aussi aux arrestations au moment du mouvement des lycéens. Parce qu'il y a eu plus de 8000 interpellations pendant le mouvement des lycéens. Parmi eux, beaucoup de mineurs, beaucoup de lycéens. 80%. C'est la justice qui va dire s'il y a sujet ou pas de les poursuivre. Dans le cas contraire, s'il n'y a rien contre eux, est-ce qu'ils auront droit à l'oubli ou est-ce que
ce sera dans leur casier ? Non, s'il n'y a pas de condamnation judiciaire définitive, il n'y a rien sur le casier judiciaire. Voilà deux politiques pénales qui doivent être différentes. Nous avons en effet, la police a interpellé beaucoup de lycéens, sauf les cas les plus graves, ceux qui s'en sont pris aux policiers, ceux qui s'en sont pris au bâtiment public. Les interpellations des lycéens ont donné lieu à des gardes à vue et j'ai donné comme instruction au procureur de la République de ne pas requérir la prison. mais de recueillir des peines alternatives pour qu'il y ait sanction. Ce n'est pas bien de mettre le bordel dans la rue pour faire très vite, mais évidemment, à 17-18 ans, on doit être à l'écoute de cette jeunesse. Ce qui s'est passé ce week-end n'a rien à voir avec le mouvement des lycéens. Ce sont deux choses
différentes. D'ailleurs, j'ai posé la question en deux temps. Ce sont deux choses différentes. Vous vous dites que vous avez sur les mineurs ou sur les lycéens un
discours plus tempéré. J'ai rendu public mes deux instructions de politique pénale différentes. Pour les DC1, c'était il y a 15 jours. Et j'ai demandé au procureur de la République de poursuivre, mais de ne pas requérir la prison. Et c'est ce qui a été fait dans l'immense majorité des cas. Et les quelques personnes qui ont été en prison, d'ailleurs, sont des majeurs qui étaient là pour attaquer les bâtiments publics ou pour attaquer les policiers. Et depuis vendredi, et singulièrement, vous l'avez vu, samedi, j'ai demandé... de façon extrêmement claire au procureur de la République, de requérir la détention provisoire pour tous ceux qui pillent les commerces, attaquent les policiers, attaquent les pompiers. Deux mouvements différents,
deux cas
différents, deux réponses différentes. Mais la France a besoin de fermeté, d'une immense fermeté et de calme. Cette fermeté, elle doit être au rendez-vous contre les casseurs, contre les pilleurs, contre l'ultra-gauche. Avec la responsabilité politique, on le sait tous ici, de la France insoumise qui a mis, il est évident, une allumette sur un baril d'essence. Quel est le rapport entre l
'ultra -gauche
casseur et la France insoumise ? Vous ne voyez pas le rapport entre l'ultra-gauche et la France insoumise. Il est évident que l'ultra-gauche avec la France insoumise veut déstabiliser nos institutions, s'en prend aux policiers. Quand M. Mélenchon, quand la France insoumise disent que la police tue... dit qu'il faut pouvoir se rebeller de façon légitime face à l'autorité, nous avons des policiers lâchés dans la rue. Et puis de l'autre, après cette fermeté, il y a le calme. Et le calme, c'est ce que fait M. le Premier ministre à la demande du président de la République d'entendre les manifestants, parce qu'il y a aussi beaucoup de gens qui ont manifesté samedi sans aucun problème. Les problèmes ont eu lieu soit avant les manifestations, souvent l'ultra-gauche, soit après les manifestations, souvent les payeurs. La loi casseur-payeur, elle va arriver au Sénat dans 10 jours. Si elle était appliquée aujourd'hui, qu'est-ce que ça aurait changé ? Beaucoup de choses. Aujourd'hui, quand vous interpellez quelqu'un, quand la police interpelle quelqu'un dans un magasin qui est en train d'être pillé, ou ceux qui, imaginons demain, seront interpellés parce qu'ils en sont pris à la mairie de Limoges. et je suis sûr qu'ils vont être interpellés, j'y mets énormément de moyens pour retrouver les auteurs de cet acte ignoble, et j'ai un soutien profond pour tous ceux qui habitent Limoges et qui sont touchés sincèrement par cette magnifique mairie qui s'est écroulée, eh bien on aurait pu trouver leurs responsabilités individuelles. Il fallait que les policiers, ou il faut que les policiers, détaillent tout pour dire que c'est vous, monsieur Le Tellier, qui avez attaqué le magasin Nike ou la mairie de Limoges. Demain ? J'entends bien. Demain, cette personne sera solidaire. C'est-à-dire qu'il suffira qu'elle soit dans un groupe qui attaque la mairie de Nioge ou qui attaque des magasins pour lui faire porter financièrement la responsabilité de son acte. C
'est la campagne présidentielle. On est en pleine campagne actuellement. Et vous avez vu, il y a eu des réactions à l'intervention d'Emmanuel Macron hier, y compris dans votre camp, j'allais dire, dans le bloc central, sévère. Il y a Bruno Retailleau, candidat à l'ère présidentielle, qui estime, lui, qu'on devrait décaler... débloquer l'article 16 de la Constitution pour l'état d'urgence. Et puis Edouard Philippe... Alors l'article 16
d'état d'urgence n'ont rien à voir. Ce sont deux choses très différentes et on peut très bien rétablir l'ordre sans état d'urgence. Je l'ai fait
à
plusieurs reprises
comme ministre de l'Intérieur. Et Edouard Philippe, ancien Premier ministre, que vous soutenez à la présidentielle, dit qu'il regrette le manque de décision qui aurait amené un retour au calme. Qu'est-ce que vous lui répondez ? Moi
je suis dans l'action.
En
tant que ministre de la Justice, j'applique les ordres du président de la République qui, hier, lors de la réunion qui a précédé son intervention, était extrêmement claire. Mais ce que dit Edouard Philippe, donc il n'a pas bien compris le président de la République. Il m'a demandé, le président de la République, d'avoir une grande fermeté, de passer les consignes, l'ordre de grande fermeté pour les procureurs de la République. Et moi, je ne suis pas un commentateur politique, je suis ministre de la Justice. Je suis sous la responsabilité du président de la République. Et j'ai vu hier le président de la République me donner des consignes extrêmement claires de fermeté. Je vais les appliquer. Toute dernière chose, vous êtes
garde des Sceaux. donc de la Constitution, le RN, a réclamé la décision de Richard Ferrand parce que Richard Ferrand dit qu'un référendum sur l'immigration est impossible dans l'état actuel des choses. Est-ce envisageable ? La
démission de Richard
Ferrand
? Oui. Ou la mise à l'écart de Richard Ferrand. Le Rassemblement National ni aucun autre parti ne doit faire pression sur les institutions. Et le président du Conseil constitutionnel a été désigné par le Parlement de façon indépendante pendant 9 ans. Et il n'a pas à subir les pressions d'importe quel parti politique. On voit bien ce qui se passe à quelques mois de la présidentielle. Et les filles comme le RN essayent de déstabiliser d'une manière ou d'une autre. L'un dans la rue et les filles, l'autre nos institutions, le Conseil constitutionnel, notre système démocratique. C'est extrêmement grave ce qui se passe et je suis sûr que les Français le verront et choisiront à la fin un candidat d'un parti de gouvernement.
Merci Gérald Darmanin d'être venu sur le plateau. Décale vérité ce matin avant une cellule interministérielle autour de Sébastien Lecornu à laquelle vous allez assister tout à l'heure.
Transcription automatique (Whisper + diarisation) — des erreurs d'attribution ou de transcription sont possibles. Vérifiez toujours avec la vidéo source horodatée.