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Donc c'est l'heure du 7h40 de France Info. Ce matin, Alix Boyaguet, vous recevez Otman Nassrou, secrétaire général des Républicains et
ancien ministre. Bonjour Otman Nassrou. Bonjour. On a appris ce matin qu'Emmanuel Macron avait refusé la démission de Laurent Nunez, le ministre de l'Intérieur, pour, par, je cite, « nécessité d'un commandement continu des forces de l'ordre ». Quelle est votre réaction
? Moi, je ne suis pas de ceux qui réduisent ce qui se passe, simplement une question de personne. Je crois que les images qu'on a vues tout au long du week-end montrent combien la main de l'État tremble et combien nous sommes aujourd'hui face à un sentiment d'impunité qui atteint des proportions incroyables. Je ne crois pas que ça tienne simplement à la personne de M. Nunes. Je crois que l'on paye des années de l'acheter. Vous
souhaitiez sa démission ?
viens de vous le dire, je crois qu'au-delà de la question de M. Nunez, c'est une question beaucoup plus profonde. Donc non, je ne suis pas là simplement pour dire qu'on remplace M. Nunez par quelqu'un d'autre, ça va tout régler. Non, nous avons des divergences avec M. Nunez. Quand nous étions au ministère de l'Intérieur avec Bruno Retailleau, nous avions d'autres orientations. Je crois que c'est assez évident, mais néanmoins, je ne réduis pas la situation qui arrive simplement à une question de personne.
Et comment vous expliquez que les forces de l'ordre ont été dépassées samedi ?
Je pense d'abord que, je vous l'ai dit, il y a des années et des années de lâcheté où la main de l'État a tremblé. Je pense que nous ne nous sommes pas donnés les moyens de mettre hors d'état de nuire les délinquants. On pourra y revenir sur la loi casseur-payeur, sur la réponse pénale. Et vous le savez, nous portons des propositions extrêmement fermes parce que je crois vraiment que l'autorité de l'État a beaucoup reculé dans notre pays. Et puis, il y a très clairement pour moi le fait que nos policiers probablement ne se sont pas sentis soutenus ces derniers jours, notamment quand on leur a indiqué qu'ils ne faisaient pas suffisamment preuve d'empathie. Je crois qu'on a vu ces week-ends combien ce qui était attendu d'eux n'était pas de l'empathie, mais bien de tenir tête à des délinquants chevronnés.
Vous faites allusion aux propos rapportés d'Emmanuel Macron. Emmanuel Macron qui s'est exprimé hier à la télévision, vous trouvez qu'il a été à la hauteur de la situation ?
pense que le président de la République a pris la parole, il a parlé, mais il n'a en réalité rien dit. Alors que cette prise de parole était très attendue, il n'a fait aucune annonce. Et il l'a fait au moment même où les pillages et les violences continuaient, notamment au sein de la capitale. Donc non, je ne comprends pas très bien cette intervention et j'aurais préféré qu'il prenne des dispositions fortes. Lesquelles ? Est-ce que vous
voulez l'état d'urgence ? C'est ce que propose Bruno Retailleau.
C'est exactement ce que nous avons proposé et nous avons vu d'ailleurs que... puisque les violences se sont poursuivies, oui, il aurait fallu déclencher l'état d'urgence, ce qui donne des moyens supplémentaires à la police, des moyens juridiques notamment, pour mettre hors d'état de nuire les casseurs et les mouvements d'ultra-gauche qui ont continué de sévir.
Parce que hier, Emmanuel Macron a semblé dire que finalement, la coordination préfet-maire pouvait suffire à interdire des rassemblements, des manifestations.
Oui, mais à ce moment-là, ça ne servait à rien de prendre la parole, puisque ce sont déjà des compétences aujourd'hui qui sont exercées. comme il le faut et de la plus belle des manières par nos préfets. Donc ça ne servait à rien de prendre la parole. Non, je pense que l'état d'urgence se justifiait parce qu'il faut que l'ordre revienne. On vient de le voir à l'instant dans votre sujet. Vous avez des images qui sont épouvantables, qui sont regardées dans le monde entier. Donc il faut que... l'ordre républicain soit une réalité et ne soit pas négociable. Et en l'occurrence, l'état d'urgence était pour nous la bonne disposition. Je regrette que le président de la République n'ait rien annoncé de tel.
Rien qu'à Marseille, il y a eu 8 000 émeutiers et 30 000 pilleurs. Vous avez été secrétaire d'État à la citoyenneté sous Bruno Retailleau, donc au ministère de l'Intérieur. Qui sont ces jeunes qui pillaient hier soir encore des magasins à Paris
D'abord, pour moi, ce ne sont pas des jeunes, ce ne sont pas simplement des jeunes, ce sont bien des voyous. des délinquants, et il faut les traiter comme tels. Et de ce point de vue-là, la réponse de l'État ne peut être qu'extrêmement ferme. Et la réalité, c'est que nous payons là aussi bien une forme de laxisme, puisque ces individus, ces délinquants, visiblement, n'ont plus peur de la police. C'est ça qu'on observe. Au vu et au su de tout le monde, ils rentrent dévalisés et pillés des magasins alors qu'ils sont même filmés. C'est vous dire combien on a un sentiment d'impunité dans notre pays. Mais il faut faire quoi ?
Parce qu'on ne peut pas mettre un CRS devant chaque magasin ?
Non, il faut une réponse pénale très ferme. Il faut réformer la justice des mineurs parce que beaucoup sont mineurs. Nous ne cessons de le proposer et certains nous répètent qu'il ne faut pas toucher à l'état de droit. L'état de droit aujourd'hui, il est menacé par son impuissance publique. Ce qui fragilise aujourd'hui l'état de droit, c'est que nous ne puissions pas... un maître hors d'état de nuire, c'est délinquant.
Vous, vous voulez durcir l'excuse de minorité qui atténue les peines pour les mineurs et juger certains adolescents récidivistes dès 16 ans comme des adultes, de manière automatique ?
'étais secrétaire d'État et je voyais des mineurs qui en étaient à leur 20e comparution devant le juge et qui n'avaient toujours pas fait une seule journée de prison, même dans des prisons adaptées comme nous le proposons. Et donc ça ne fonctionne pas cette justice des mineurs. Les mineurs d'aujourd'hui ne sont pas les mineurs. C
'est quoi la différence ?
La différence, c'est qu'on est dans une société qui est devenue de plus en plus violente, avec des individus qui, pour un certain nombre, se sentent totalement impunis, qui n'ont pas connu l'autorité à l'école, qui parfois manquent d'autorité parentale. Nous avons une crise de l'autorité dans notre pays. Il faut donc que l'autorité de l'État soit respectée. Je réformais la justice des mineurs, une réponse pénale beaucoup plus ferme, avec des pleines de prison sévères et réellement et rapidement exécutées. C'est ce que nous voulons faire avec Bruno Retailleau.
Il y a aussi sur la table la loi Casseur-Payeur, qui est censée élargir le principe de réparation aux participants qui n'auraient pas commis eux-mêmes des dégradations. Elle permettrait aussi de prélever les prestations familiales pour rembourser. Vous pensez que c'est de nature à enrayer les choses, à améliorer la situation ?
C'est absolument indispensable. Je vous rappelle qu'une loi de ce type-là a été votée. D'ailleurs, j'entends le Rassemblement national réclamer aujourd'hui cette loi casseur-payeur. C'est Bruno Retailleau qui l'avait initiée à l'époque en 2019 et le Rassemblement national avait voté contre. Je vais le dire, donc au bout d'un moment, la démagogie, ça va. Il faut dire la réalité, il faut être sérieux. Cette loi avait été votée. Malheureusement, elle a été censurée sur un certain nombre de points, ce qui montre bien qu'on doit réformer notre État de droit pour que l'État se donne les moyens face à cette ultra-violence. face à ce sentiment d'impunité qui est devenu endémique, de durcir sa réponse. Et donc oui, nous avons besoin d'une loi où, quand on participe, même indirectement, à des violences, on est à la fois sanctionné et puis on est solidaire du paiement des dégâts, parce que ce n'est pas aux Français de payer toutes les dégradations et toutes les... Et tous les pillages que l'on a vus, malheureusement, ces dernières 48 heures.
Tout au long du week-end, il y a eu une passe d'armes entre le Premier ministre Sébastien Lecornu et Jean-Luc Mélenchon. Sébastien Lecornu qui pointe l'ultra-gauche derrière les émeutiers, de même qu'Emmanuel Macron hier soir. Il pointe plus précisément Jean-Luc Mélenchon qui, selon lui, instrumentalise la colère à des fins électorales. Est-ce que vous partagez la même analyse ?
pense que la France insoumise est un parti dangereux. Je pense que c'est un parti qui ne respecte plus les lois ni les règles. Je pense que c'est un parti qui est totalement en dehors de l'arc républicain. Et on le voit puisque derrière cette violence, il y a eu des appels, des incitations à la violence. Par M. Mélenchon qui parlait d'attaquer la citadelle. Par M. Bagayoko qui disait que la violence pouvait être légitime. Je note qu'ils ont été entendus puisque nous avons eu des scènes de violence parce que des gens se sont sentis autorisés à basculer dans la violence. Donc je pense que la France insoumise est un parti à combattre à tout prix. Nous nous sommes même... poser la question avec Bruno Retailleau de son interdiction. Puisque quand vous avez un parti qui ne respecte plus les règles du tout, qui n'est plus dans le jeu démocratique, il faut au moins étudier cette question-là, parce qu'il y a des choses qu'on ne peut plus accepter dans notre pays.
Comment vous faites pour interdire un parti qui a des élus, démocratiquement élus ?
Quand on a un parti qui incite... En lui-même, en tant que parti à la haine ou à la violence, sa responsabilité pénale peut être engagée. Nous l'avons fait sur d'autres structures. personnes morales, d'autres associations de faits. Donc il existe des outils juridiques. Moi, je ne vous dis pas qu'il faille nécessairement le faire. Je vous dis qu'aujourd'hui, la nature de la France insoumise, sa dérive totale aujourd'hui, qui est en fait un parti quasiment factieux, nous amène à nous interroger sur la bonne réponse à lui apporter et une réponse qui pourrait aller effectivement jusqu'à l'interdiction ou la dissolution d'un parti. Je sais. que néanmoins nous n'interdirons pas les idées de la France insoumise, qui gangrènent un certain nombre d'esprits, qui sont parfois des idées de détestation de la France. Et donc là-dessus, il faudra malgré tout mener notamment une bataille culturelle et idéologique, et c'est ce que nous faisons contre la France insoumise.
À six mois de la présidentielle, à qui profite cette crise ? Est-ce que ça ne profite pas au Rassemblement national
Écoutez, peut-être, mais moi ce que je vois, c'est que le Rassemblement national n'a pas les bonnes solutions et qu'il ne suffit pas de dénoncer une situation pour prétendre la résoudre. Je vous ai pris l'exemple de la loi Castor-Payer, ils avaient voté contre, ils ont changé d'avis sur tous les sujets. Je crois que ce dont on a besoin pour l'élection présidentielle… C'est un homme, d'une femme qui soit d'abord sérieux et qui soit déterminé à rétablir l'ordre, mais qui ne raconte pas non plus n'importe quoi sur la manière pour y arriver. J
'imagine que vous faites allusion à Bruno Retailleau qui a été populaire lorsqu'il était à l'intérieur. Et là, dans les sondages, ça ne décolle pas. Comment vous le percevez ? Pourquoi ça ne décolle pas ?
Je pense qu'il va se passer encore beaucoup de choses dans cette élection présidentielle. Malheureusement, entre ce qui se passe là, la violence dans nos rues, le prix du carburant, la crise financière qui nous guette, on a besoin d'avoir au sommet de l'État des gens qui ont un cap et qui sont constants surtout sur leurs convictions. Et effectivement, tout le monde se souvient bien de Bruno Retailleau, ministre de l'Intérieur, de sa très forte détermination et de la manière dont il commandait. à l'époque, nos forces de l'ordre. Et je crois que c'est ce dont on a besoin pour rétablir l'ordre dans notre pays.
Il ne peut pas se faire doubler par sa droite, par David Lysnard, qui a une petite poussée sondagière, petit phénomène en ce moment.
j'apprécie beaucoup David Lysnard. Je le connais. C'est d'abord un ami. C'est quelqu'un qui est forcément un partenaire. Et je souhaite qu'on puisse travailler avec lui. Il aura évidemment un rôle important à jouer.
Merci, Othman Nassou. Bonne journée à vous. Merci beaucoup. Merci beaucoup d'avoir été notre invité du 7h40 de France Info.
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