Chargement...
Chargement...
Alix, je disais, on vient de l'apprendre il y a quelques minutes seulement, Emmanuel Macron a refusé la démission de Laurent Munez, pourtant réclamée par bon nombre de politiciens, de membres de la classe politique. Dépassé, c'est le mot qui revenait le plus. Il a pourtant été
dépassé le ministre
de
l'Intérieur ? En tout cas, il a présenté factuellement sa démission hier. Effectivement, elle a été refusée par Emmanuel Macron. Emmanuel Macron, il a mis en avant la nécessité d'un commandement continu des forces de l'ordre. En clair, ce n'est pas en pleine guerre, entre guillemets, qu'on change les capitaines. Les comptes, ils seront sans doute faits avant. Et il a aussi chargé son ministre de l'Intérieur de mettre en place un nouveau mode d'action concernant notamment les casseurs. Parce que oui, l'État a été complètement dépassé. samedi submergé par un degré de violence qu'il n'avait pas vu venir, et puis par le nombre effectivement des meutiers, il y a sans doute une faille. Un minima dans les services de renseignement. C'est ce que dit Emmanuel Macron, défaillance d'anticipation et de renseignement. C'est ce qu'il avait déjà laissé entendre hier. Et puis il y a aussi peut-être un problème, je ne suis pas spécialiste de schéma de maintien de l'ordre, mais un problème de schéma, de modèle. C'est-à-dire que là, ce modèle était sans doute fait pour lutter efficacement contre des manifestations sociales, telles qu'on en voit le plus souvent en France. Là, effectivement, c'était des guérillas urbaines. Et donc probablement que Laurent Nunez va travailler sur un nouveau modèle pour correspondre mieux à ce qui se passe en ce moment dans les rues de France.
C'était ça qu'il fallait faire Jean-Mathieu, plutôt qu'une démission, travailler sur un nouveau modèle ?
C'est travailler sur un nouveau modèle, mais surtout là où Alix l'a dit, c'est vrai qu'on parle beaucoup des membres des forces de l'ordre, parce que là on les voit encore à l'écran, c'est les plus présents. Mais il est vrai quand Emmanuel Macron pointe... des failles du renseignement, c'est là où on fait véritablement où le bas blesse. Parce qu'après, en effet, les policiers comme les CRS, eux, ils attendent juste un déploiement, un ordre, en fait. Là, on parle de travail continu toute l'année. Ça voudrait dire que les services de renseignement n'ont pas pu anticiper sur leur veille numérique, parce que c'est comme ça qu'ils travaillent beaucoup aujourd'hui sur la veille numérique. C'est comme ça, par exemple, qu'on parle des interventions des hackers russes ou d'autres, des menaces sur la France, parce qu'ils surveillent beaucoup sur Internet. Mais aujourd'hui, on a l'impression... que le travail sur le terrain, eh bien, en fait, n'a pas été fait tout simplement qu'eux. En fait, de tous ces petits groupes... Pourtant, cette
date, elle était connue, le 17 octobre, ça fait des semaines. Et ça va même plus loin, c'est-à-dire
que sur les réseaux sociaux, vous aviez même des magasins ciblés. On le savait très bien auprès quand vous aviez des choses sur TikTok, sur Snapchat. Ce sont des réseaux sociaux bien particuliers et ils le savent très bien, le renseignement intérieur. Alors, est-ce que c'est une faille ? Est-ce que là aussi, on n'a pas pris en compte la mesure parce qu'on avait vu ces différentes dates déjà chaque année ? Vous savez, au moment des Gilets jaunes, on dit qu'il va y avoir une grosse manifestation et puis il n'y en a jamais. Est-ce que finalement, ils n'ont pas cru à cette date ? Ou tout simplement, il n'y a pas eu assez de personnes déployées autour de cette date pour surveiller ce qui allait devenir.
Je voudrais vous citer cette phrase, ces propos de Laurent Nunez qui ressortent, qui datent du 6 octobre. C'était sur France Inter. Perdre le contrôle, c'est si jamais vous aviez des hordes de personnes qui défilaient dans les centres-villes, qui pillaient des magasins, qui commettaient des exactions. Ils ont perdu le contrôle pourtant là, c'est bien ce que décrit Laurent Nunez, c'est ce qui s'est passé samedi et encore hier soir à Paris.
Oui, ils ont clairement perdu le contrôle. Après, la différence, parce que parfois on compare ça au mouvement des Gilets jaunes, à ce qui a pu se passer à certains moments, la différence c'est effectivement les réseaux sociaux et notamment l'immédiateté. C'est-à-dire que non seulement il y avait des choses qui étaient avancées, annoncées, donc ça on peut quand même vérifier, mais une fois que les casseurs, les émeutiers sont sur place, Une vidéo peut provoquer un mouvement de foule, un changement de cap. Un appel sur TikTok fait que tout d'un coup, ils sont extrêmement mobiles et ça c'est très compliqué. Jérôme Fourquet, qui est politologue, qui a essayé de comprendre qui sont ces jeunes, il dit qu'il y a deux objectifs différents et qui, à mon avis, ne demandent pas le même maintien de l'ordre. C'est-à-dire qu'il y a des militants d'ultra-gauche qui sont dans la... la mouvance des Black Blocs, eux, ils veulent s'attaquer aux bâtiments publics, ils veulent aller à l'assaut des mairies, ils veulent « démonter » les symboles du capitalisme. Ils ont un agenda politique. Bon, ben ça, c'est une catégorie de maintien de l'ordre. Et puis, il y a une deuxième catégorie, ce que rappelait Jérôme Fourquet, ce sont des casseurs, effectivement, des casseurs souvent issus des quartiers, et eux qui viennent faire leur course. Voilà, ils viennent piller les magasins pour après revendre. Et ça, c'est une autre façon de maintenir l'ordre. Et
on l'a bien vu, je trouve, samedi. C'est en effet, aujourd'hui, la vraie interrogation à se poser, la vraie question, c'est de savoir est-ce que ce sont les mêmes qui ont incendié les mairies que ceux qui ont pillé ensuite les boutiques. Et on l'a bien vu. En effet, quand vous parliez des black blocs, c'est toujours les mêmes cibles, en effet, qui sont attaquées. Les banques, les symboles, en effet, de l'État. Là, ce qui est marrant, c'est que les banques... n'ont pas été trop attaqués. Vous voyez, on parle même des boulangers. Il y a eu un siège
quand même à Paris de Quanto, un tout nouveau, qui a été brûlé, complètement dévasté à l'intérieur d'une banque un peu symbole. Exactement.
Alors ça, ça peut être en effet. Mais sinon, les Black Blocs, quand vous les voyez, en effet, sinon c'est toujours ça. Et là, en effet, on a l'impression que c'est des petits commerces, c'est du pillage en ligne. Est-ce que ce sont les mêmes qui ont mis le feu aux mairies ? Ça, maintenant, c'est l'enquête qui va le définir.
Et on a même vu le lendemain des annonces postées sur les plateformes de revente d'objets volés de la veille.
Justement, Claire, on va parler de ces commerces ravagés, saccagés, pillés avec vous. Une cellule de crise se tient aujourd'hui pour mobiliser les aides les plus rapides. Ça, ce sont les mots d'Emmanuel Macron hier soir. Ils appellent en fait ces commerces, ainsi que les municipalités, l'État à les aider. Concrètement, aujourd'hui, c'est l'État qui va devoir payer la facture, Claire ?
Jean-Luc Mélenchon, il a employé le mot, c'est le premier, directement. Il faudrait une indemnisation publique des commerçants touchés. Je l'expliquais précédemment, les assurances ne vont pas tout couvrir. Là on voit, c'est au moins 2000 commerces touchés, des dégâts qui chiffrent à plusieurs centaines de millions d'euros. On imagine bien qu'il n'y a pas que Jean-Luc Mélenchon qui va poser cette question-là sur la table. Et puis du côté des destructions des bâtiments publics, effectivement que là aussi l'État est appelé. Et on le voit par exemple pour la mairie de Limoges, Sébastien Lecornu a immédiatement envoyé une lettre au maire de Limoges où il l'a dit, les seuls contrats. On comprend bien que, de toute façon, à un moment, l'État va devoir payer une partie des reconstructions. Et la liste, elle est longue. On a vu aussi une office de tourisme à Lyon. L'état de mobilier urbain, c'est difficile de chiffrer précisément l'ampleur des dégâts. Mais ça veut dire que l'État va devoir payer au pire moment. François Eccal, ancien magistrat de la Cour des comptes, le disait dès hier sur le réseau social X, qui va payer les réparations ? Sûrement pas les casseurs. Et comme d'habitude, on va emprunter en reportant à plus tard la réponse à cette question. Et cela coûte de plus en plus cher, car cette semaine, la France est dans l'œil du cyclone. Elle attend le jugement de l'agence Moody's. Ce sera juste quelques jours, parce que début novembre, ce sera autour de Standard & Poor's, autre agence qui doit donner la note sur la dette française. Et malheureusement, il faut se préparer à ce que la note française soit dégradée. Et qui dit note dégradée ? Ça veut dire prime de risque supplémentaire, ça veut dire investisseurs qui peuvent se détourner de la dette française. Donc ça veut dire quoi ? Qu'on va payer toujours plus cher pour soutenir notre endettement. C'est quand même le risque qui se présente devant nous. Ça veut dire que les violences de ce week-end, ça pourrait être le coup de grâce pour notre dette ? En fait, ce n'est pas... Une journée de violence elle seule qui déclenche la méfiance des marchés, mais c'est peut-être le signal de trop. Déjà, à court terme, ça veut dire des dégâts et la facture dont le gouvernement va devoir s'acquitter. Et puis en plus, vous ajoutez à ça la perte d'activité des commerces fermés, même des commerçants aujourd'hui qui ont peur de reprendre leur activité, un impact sur le tourisme et puis en plus, le coût du maintien de l'ordre. Et ça donne aussi un dernier mot, l'image. d'un gouvernement qui n'est pas capable de tenir son pays et donc de mener les réformes nécessaires pour redresser la situation des finances publiques.
Transcription automatique (Whisper + diarisation) — des erreurs d'attribution ou de transcription sont possibles. Vérifiez toujours avec la vidéo source horodatée.