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Philippe Devilliers, parlons à présent des questions internationales, des géopolitiques, et notamment ce fameux deal entre Donald Trump et Vladimir Poutine. Il y a quelques instants, ce vendredi soir, Emmanuel Macron a temporisé, après la demande d'une rallonge de 70 milliards de l'Ukraine, à l'Union européenne. 70 milliards en plus pour financer la guerre. La Russie a indiqué ce mercredi s'attendre à la signature dans les prochains jours des premiers accords portant sur l'exportation de diesel russe sur les marchés. Ça a été le brambac combat dès le week-end dernier, avec d'ailleurs des parfois députés européistes. qui ont perdu leur nerf, perdu leur sang-froid. J'ai lu par exemple le tweet de Nathalie Loiseau, députée européenne, dire la corde pour les pendre en parlant de Donald Trump de Vladimir Poutine. Voilà une nouvelle manière de faire respecter l'état de droit. Le deal préfigure-t-il, Philippe de Villiers, selon vous, une redéfinition des rapports de force et un tournant dans le conflit russo-ukrainien, oui ou non ? Oui, je pense que c'est un
tournant. Un tournant historique dans la guerre russo-ukrainienne. C'est un tournant, c'est le deuxième tournant. Le premier tournant, c'est quand l'Amérique a décidé de plus financer directement l'Ukraine. mais de confier à l'Europe de le faire à sa place en vendant à l'Europe les armes que l'Europe ensuite donne à l'Ukraine. Sachant qu'une grande partie de tout ce marché va à la corruption ukrainienne, parce que c'est le pays le plus corrompu du monde, il faut quand même le dire au passage. D'ailleurs, écoutez bien, gardez bien cette séquence-là, parce que dans quelques mois, on en reparlera. Alors, c'est le deuxième tournant, c'est un tournant essentiel parce que c'est un double tournant en fait. D'une part, Trump dit l'Amérique ne veut plus entrer en belligérance, elle sort de la belligérance, donc l'OTAN en fait, puisque l'Amérique c'est l'OTAN, l'OTAN c'est l'Amérique, et ensuite il dit il faut changer de président. Il faut une élection. Donc il récuse Zelensky, qu'il considère comme usé. Face à cela, quelle est la situation de l'Europe ? Telle une nuée de libellules qui s'affole dans le halo d'un abat-jour, les vingt ans guerres européens, dont Macron, continuent. à vouloir que la guerre continue, parce que c'est le viager pour eux, pour fédéraliser une Union européenne otanisée. Donc ils vivent ça comme une catastrophe, la position de Trump. Alors, ils ont multiplié les fautes historiques. J'en citerai simplement deux. Je parle des Européens, ce qu'on appelle les euro-faucons, ceux qui veulent la guerre, ceux qui nous entraînent à la guerre. Première faute, c'est d'entrer en co-belligérance en Ukraine, dans un pays qui est extérieur au périmètre de l'Union européenne, et dans une guerre qui est une guerre entre cousins germains, comme disait Solzhenitsyn. Une guerre entre peuples slaves, avec des liens inextricables entre l'Ukraine et la Russie, parce que, par exemple, le berceau, le baptême de Vladimir. C'est Carsonaise, 948, en Crimée. Le baptême de la Russie, c'est Kiev, sur le Dnieper. Et ensuite, il y a toute la partie orientale de l'Ukraine qui est russophone, voire russophile. Donc c'est compliqué, l'Ukraine et la Russie. C'est une relation très complexe. Et la deuxième faute historique, qui est plus grave encore, c'est d'avoir considéré... que la Russie était une menace existentielle pour l'Europe et pour la France. C'est faux. C'est pour cacher aux Français et aux Européens qu'il y a une menace existentielle. Ce n'est pas la Russie. La Russie est à 2500 km et n'a aucune vocation à envahir l'Europe ou à faire la guerre à l'Europe, même si on met du persil sous le nez à l'ours russe. Non, la menace existentielle, c'est le califat. La menace existentielle, elle ne vient pas de l'Est, elle vient du Sud. Alors, en fait, il faut bien comprendre ce qui s'est passé depuis 50 ans, même plus que ça. Il y a le docteur Brzezinski, qui est un grand politologue, qui a influencé les présidents américains jusqu'à Trump. Et qui a dit, celui qui tient l'Eurasie... Donc il s'agissait pour les Américains, il s'agissait pour l'OTAN, depuis 50 ans, de casser l'Europe en deux, en deux morceaux, pour ramener l'Ukraine dans la portion occidentale et affaiblir la Russie. Alors, vu d'Amérique, ça ne pose pas de problème, mais vu d'Europe, c'est très différent. Pourquoi ? Parce que, qu'est-ce que l'Europe ? L'Europe, c'est le petit cap du promontoire asiatique, comme disait Paul Valéry. Et donc, une Europe coupée en deux, c'est une Europe très faible, c'est une Europe fragile. Et c'est la raison pour laquelle je pense que nous sommes dans une situation très délicate. En effet, les pays européens, aujourd'hui... ont affaire à trois puissances plus ou moins hostiles. La première puissance, c'est l'Amérique, qui ne considère plus les Européens comme des partenaires, même pas des protégés, juste des consommables. Ensuite, la deuxième puissance, c'est la Chine, qui, elle, aspire en ce moment toute notre industrie. dans le silence général des Européens, qui font mine de rien voir. Et troisièmement, la Russie. La Russie, du temps de De Gaulle, on disait qu'il faut absolument arrimer la Russie. Il faut faire l'Europe de l'Atlantique à... L'Oural. Après, on a eu une génération de politiciens qui ont voulu faire l'Europe de l'Atlantique à l'Aral, avec la Turquie. Et maintenant, on a une génération d'hommes politiques qui veulent faire l'Europe de l'Atlantique à la Vistule. Non. Talleyrand disait très justement, en histoire, c'est toujours la géographie qui l'emporte. Et donc, la géographie nous impose à nous, la France, Trois choses. Premièrement, de redevenir une puissance médiatrice dans ce conflit auquel il faut mettre fin. La France peut y mettre fin. Puissance de contrepoids, puissance d'équilibre, c'est sa vocation historique. Deuxièmement, sortir de l'OTAN. On n'a rien à faire dans l'OTAN. Comme De Gaulle en 1966. Il faut partir. Tous les autres sont dans l'OTAN parce qu'ils achètent tout leur matériel dans un armement à l'OTAN, pas nous. On n'a pas besoin de l'OTAN. Et on a une diplomatie propre. Et troisièmement, il faudra faire la grande Europe que la géographie commande à l'histoire. Oui, je le dis aujourd'hui, il faudra faire la grande Europe. Pourquoi ? Parce que sinon, on jette la Russie dans les bras de l'Asie, de la Chine, et on a en face de nous 153 pays sur 193 qui composent des BRICS, le Sud global, qui s'est donné une double vocation. La dédollarisation du monde, ça, ça ne vous dérange pas beaucoup, mais... un nouvel ordre international post-occidental. Et donc si jamais on continue à errer comme le proposent Macron et les eurofaucons, l'Europe va disparaître.
Dernière chose qui est tombée il y a quelques instants ce vendredi soir, Philippe Devilliers, je vous ai dit, Emmanuel Macron temporise concernant les 70 milliards d'euros qui devraient être donnés à l'Ukraine, qui sont réclamés par Volodymyr Zelensky. Ça va vous plaire, von der Leyen confirme le trou de 70 milliards d'euros de l'Ukraine en 2027, un trou qui devra, je cite madame von der Leyen, qui devra être comblé.
on n'a pas le temps de parler de la contribution européenne, mais juste, je réponds à ce que vous venez de me dire. 70 milliards qui s'ajoutent aux 25 milliards pour la France. Et pendant qu'on a donné 25 milliards pour l'Ukraine... On a expliqué aux infirmières et à tous les grands rouleurs qu'on ne pouvait pas baisser la TVA à 5,5 sur l'essence. Mais ça coûte beaucoup moins cher que ça. C'est-à-dire qu'en fait, on donne aux Ukrainiens ce qu'on refuse aux grands rouleurs français. C'est un scandale. C'est-à-dire qu'en fait, aujourd'hui... Écoutez-moi bien. On dit aux jeunes Français, ne soyez pas souverainistes, ne soyez pas nationalistes, ne soyez pas patriotes français. Ça, c'est dépassé. Soyez des vrais Européens. Ah, si vous voulez être nationaliste, oui. Si vous voulez défendre des frontières, ah oui, les frontières de l'Ukraine. Si vous voulez défendre l'indépendance d'un pays, ah oui, l'indépendance de l'Ukraine. C'est-à-dire qu'en fait, on demande aux jeunes Français d'en finir avec tout ce qui les attache à la France pour devenir des Ukrainiens, de passage, tout ça pour tuer l'âme française.
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