Chargement...
Chargement...
Vous me dites, hein ? Pour tout le monde ? Ça va ? Bonjour. Mesdames et messieurs, bonjour à toutes et à tous. Notre pays traverse... Une crise grave, extrêmement grave. Et je veux le dire avec netteté, avec clarté, le chef de l'État et ses gouvernements successifs emportent la responsabilité politique. La responsabilité politique en raison de l'absence totale de réponse face aux revendications sociales qui s'additionnent depuis maintenant 10 ans. et qui, avec la crise énergétique, deviennent tout simplement vitales pour des millions de nos compatriotes. Et une responsabilité politique aussi, face à une gestion aussi désastreuse du maintien de l'ordre. Je tiens d'abord ce matin à apporter tout mon soutien aux centaines de milliers de jeunes, de salariés, de retraités qui ont manifesté pacifiquement samedi dernier et ces dernières semaines. ouvriers, retraités, étudiants, pompiers, marins-pêcheurs, enseignants, associatifs, on pourrait en citer comme ça beaucoup, qui, issus de nombreuses professions de toutes les générations, se mobilisent partout dans de nombreuses communes de notre pays. C'est inédit par leur ampleur et par l'amplitude des professions concernées. J'apporte aussi tout mon soutien à celles et ceux qui ont subi des violences, des dégradations. Et je le redis encore une fois, aucune violence n'est légitime. Je veux redire toute notre solidarité, toute ma solidarité aux maires concernés, aux élus, aux agents communaux, mais aussi aux propriétaires de bâtiments privés, aux commerçants qui parfois ont tout perdu, toute une vie de travail, et à tous nos concitoyens qui ont été meurtris, peinés, choqués. par des pillages, par des violences gratuites. J'ai d'ailleurs appelé dès dimanche les militantes et les militants communistes à participer aux actions de solidarité et de remise en état de nos espaces publics aux côtés des agents communaux face au pillage, face au saccage, nous appelons, nous, à la fraternité, à l'entraide, à la solidarité. Le pillage et le saccage ne sont pas des actes politiques. Ce sont les ennemis des mouvements sociaux, des manifestants, qui se mobilisent, eux, pacifiquement. C'est pourquoi, je le redis, leurs auteurs doivent être à chaque fois et retrouvés et condamnés. C'est pour faire d'ailleurs le bilan de ces éléments et ceux accumulés ces dernières semaines. que Cécile Kuckerman, la présidente du groupe CRCEK au Sénat, a demandé au président Larcher une commission d'enquête parlementaire sur ce qui s'est passé ces derniers jours, pour faire toute la lumière non seulement sur les agissements de ces groupes de voyous violents, mais aussi sur les défaillances du dispositif du maintien de l'ordre. J'apporte tout mon soutien aux responsables syndicaux. qui ont été blessés, notamment à Marseille, où une grenade a été lancée sur le cortège de tête. Aux victimes aussi des forces de l'ordre parmi les manifestants, ces jeunes qui ont perdu là une main, une autre un œil, et à ceux qui auraient perdu la vie dans le cadre de ces manifestations, il y en aurait deux de recensées. La répression sans fin pour contenir les colères populaires n'est une perspective tenable sur le long terme par aucun pouvoir. Elle abîme aussi les femmes et les hommes qui sont censés l'appliquer. D'autant plus lorsque dans les commissariats comme dans les tribunaux, les effectifs et les moyens manquent pour faire appliquer la loi. Chacun le sait, le maintien de l'ordre ne constitue pas une réponse en soi à une mobilisation sociale d'ampleur. L'issue ne peut être que politique. La République, ce n'est pas le régime de la matraque. La République, ce n'est pas une lacrymocratie, comme j'ai pu le lire sur une pancarte. La doctrine actuelle est un échec manifeste en forme de double peine. Elle se révèle à la fois incapable de protéger les manifestants pacifiques, les établissements publics, les commerçants, mais aussi incapable de stopper les délinquants. D'autant plus que les fonctionnaires de police et de gendarmerie souffrent eux aussi du rôle que le gouvernement a choisi de leur faire jouer. Et je le rappelle, ils souffrent aussi du gel des salaires qu'ils subissent depuis plusieurs années, comme l'ensemble des agents publics de notre pays. La sécurité est un droit pour toutes et tous. Elle exige des moyens, une stratégie cohérente, une police formée et présente, une justice qui puisse répondre dans des délais dignes de ce nom. Elle exige aussi des éducateurs, des enseignants, des perspectives pour la jeunesse. On ne peut pas demander à la République de protéger tout le monde en lui retirant, année après année, les moyens de le faire. La réponse républicaine doit être ferme à l'égard des actes délictueux, mais aussi ambitieuses. à l'égard des causes qui nourrissent la colère. Car cette violence, qui fait depuis 48 heures la une des médias nationaux et internationaux, ne doit en aucun cas effacer la mobilisation pacifique des centaines de milliers de nos concitoyens à travers tout le pays. Je l'ai dit, ils ont été nombreux, lycéens, étudiants, salariés, retraités, à porter ensemble une même volonté de mettre un coup d'arrêt aux politiques macronistes qui font tant de mal à la France. Ils portent une même aspiration commune à vivre au mieux. à construire un avenir collectif commun. Samedi, une colère profonde s'est exprimée sur tout le territoire. Une envie aussi, celle de tourner le plus vite possible et sans attendre l'élection présidentielle et la page du macronisme. A toutes celles et ceux qui ont manifesté samedi, à celles et ceux qui ont hésité à le faire, à celles et ceux qui veulent joindre leur voix à ce mouvement, aux dizaines de milliers de lycéens qui se sont mobilisés ces dernières semaines, et qui ont éveillé le pays de sa torpeur, je veux dire ceci, restons solidaires, restons unis, restons déterminés à faire entendre nos légitimes revendications. Pacifiquement, calmement, résolument, continuons à nous mobiliser pour obliger le gouvernement à répondre enfin aux urgences que nous exprimons légitimement. Seul un mouvement populaire, large, majoritaire, pacifique permettra de faire entendre notre voix. Ne laissons pas le président de la République mettre en œuvre, cette fois encore, la stratégie. du pourrissement social qui a été sa ligne de conduite et celle de ses gouvernements successifs depuis 10 ans. Ne laissons pas traiter aussi nos mobilisations, qu'elles soient sociales, syndicales, politiques ou climatiques, comme un problème d'ordre public. Il est encore temps d'ouvrir une autre voie, mais elle suppose d'entendre les revendications et d'agir, et d'agir maintenant. Nous demandons donc des mesures immédiates contre la vie chère. Une baisse de la TVA sur les énergies. Le carburant, l'électricité, le gaz. Il est urgent de s'attaquer au prix du carburant. Il faut pouvoir faire le plein pour aller travailler, se chauffer, sans se ruiner et payer ses factures, sans choisir entre l'énergie et l'alimentation. L'hiver arrive et donc les charges dans les loyers vont exploser si aucune mesure n'est prise. Il faut une augmentation du SMIC, mais surtout des salaires et des pensions qui ne sont pas indexés sur l'inflation. C'est pour ça que nous demandons l'ouverture d'une véritable conférence sociale avec les organisations syndicales et patronales. Nous demandons d'y associer les organisations de jeunesse. Pour les entendre, il faut mettre la question du partage des richesses au centre du débat. Les travailleurs créent des richesses, ils doivent pouvoir en vivre. Enfin, il faut répondre aux aspirations de notre jeunesse. Abrogation de parcours sup, embauche d'enseignants, mise en œuvre d'un plan d'urgence de 10 milliards pour améliorer les conditions d'études et garantir à chaque bachelier une place dans l'enseignement supérieur. Ces quelques revendications sont indispensables. Elles doivent être mises à l'ordre du jour rapidement. Bien sûr, à chaque fois, la question qui viendra, c'est où trouver l'argent ? Nous le disons. Nous le rappelons, l'argent existe et nous pouvons inscrire ces propositions dans le projet de loi de finances et réorienter le budget prévu pour 2027. Car pendant que les salaires stagnent, les grandes fortunes continuent de s'enrichir de manière indécente dans notre pays. Les dividendes atteignent des niveaux record année après année. Nous avons appris il y a quelques jours que les dividendes versés pour l'année 2026 par les entreprises du CAC 40 ont atteint plus de 100 milliards d'euros de dividendes versés. 70 milliards d'euros rien que sur les six premiers mois de l'année 2026, qui sera donc un record par rapport à l'année 2025. La France est le pays... Deuxième au monde à verser le plus de dividendes derrière les Etats-Unis et donc au-dessus de la Chine. Pendant que 11 millions de nos concitoyens dans l'Hexagone et dans les territoires dits d'outre-mer vivent eux sous le seuil de pauvreté. C'est pourquoi nous demandons, nous redemandons de faire contribuer davantage les grandes fortunes, les revenus financiers. Le capital. Nous refusons que le budget de la France sacrifie aussi les besoins humains à l'accumulation des dépenses militaires. Nous demandons donc de renoncer aux plus de 6 milliards d'euros supplémentaires prévus pour le budget militaire afin de donner la priorité à l'école, à la santé, au salaire, à l'emploi et à la transition écologique. C'est le sens de notre combat. pour l'emploi, pour le pouvoir d'achat et pour la paix, permettre à chacun et à chacune de vivre mieux, de vivre dignement et de vivre en paix. Nous voulons une France qui répare, qui protège, qui rassemble et qui redonne au monde du travail toute sa place et une France où l'égalité républicaine ne soit pas un mot mais une réalité quotidienne. Je veux pour conclure dire un dernier mot sur ce que j'entends depuis hier et alerter... sur les dangers que représentent les discours de l'extrême droite contre nos valeurs républicaines. Depuis 24 heures maintenant, ces porte-paroles veulent effacer les revendications sociales et faire basculer le débat sur les questions identitaires en choisissant un bouc émissaire, l'immigré. Et ils le font interview après interview. Ils rejoignent en cela les voix. de Donald Trump, d'Orban, du responsable national du parti Vox en Espagne, et il s'additionne en France, de Bardella à Zemmour en passant par M. Rotaillot, mais aussi des éditorialistes de chaînes d'info, avec un même discours qui fait un amalgame dangereux entre les immigrés et la violence, un discours... qui incite à la haine, un discours qui incite au racisme, un discours qui incite à la violence contre les immigrés. Bien sûr, je vois à quoi ce discours sert. C'est pratique, effectivement, de faire de l'immigré le bouc émissaire de la crise que nous vivons. Et c'est intéressant de se replonger dans l'histoire et de voir que c'est la même chose qui s'est passée dans les années 30. Cela permet d'éviter d'apporter des réponses aux problèmes. Hier, comme aujourd'hui, les mêmes discours peuvent conduire à l'arrivée des mêmes régimes. Et c'est pourquoi j'alerte sur le danger de laisser passer ces discours sans que personne ne s'y oppose. Il y a pourtant une autre voie qui existe, celle de la justice sociale, celle des libertés publiques, celle de la démocratie et de la solidarité. Alors je le dis solennellement, si le gouvernement veut désamorcer la colère, si le gouvernement veut désamorcer les mobilisations prévues ce week-end et le 5 novembre, comme il l'appelle de ses voeux, et bien qu'il apporte des réponses concrètes dès maintenant aux revendications légitimes de la jeunesse et contre la vie chère. Et dans l'attente d'avancer concrètement sur ces sujets, dans l'attente d'avoir des mesures concrètes par le gouvernement, nous maintenons nos appels à se mobiliser à des rassemblements pacifiques. et à faire du 5 novembre une grande journée de grève et de manifestation. Nous avons une responsabilité collective, faire en sorte que la colère ne se transforme ni en désespoir, ni en haine, ni en destruction. La France a besoin de retrouver le chemin du débat démocratique, de l'action collective et de la conquête de droits nouveaux. Je vous remercie. Et je suis disponible pour répondre à vos questions.
Bonjour Samis Faxi pour BFM TV. Une première question d'abord sur les mesures prises par le gouvernement et les préfets ainsi que les maires sur ces couvre-feux qui ont été instaurés la nuit dernière. Vraisemblablement ça a été efficace dans un certain nombre de villes. Est-ce que vous soutenez cette mesure
beaucoup de ces communes où les couvre-feux existent et où d'ailleurs ils sont mis en place souvent à la demande des maires. Il y a eu des destructions importantes, des pillages importants, souvent le soir, bien après les manifestations. Ces scènes de pillages, ces dégradations ont provoqué un véritable traumatisme. Et dans la population et chez les maires. Et c'est la raison pour laquelle beaucoup d'entre eux ont appelé à ce que les préfets mettent en place ces couvre-feu. voire des maires ont décidé de le faire de même. Mais il représente aussi une forme d'échec de la part de l'État à conjurer ces scènes de pillage, à prendre en compte, à protéger les biens et les personnes. Et c'est regrettable d'en arriver à de telles mesures. Et c'est bien la preuve qu'il y a un problème profond dans notre pays auquel ce gouvernement qui est en place depuis maintenant 10 ans est incapable de répondre.
Bonjour. César Armand, la tribune. Je vais aussi m'adresser à M. le maire de Saint-Amand-les-Eaux. C'est une crise de l'énergie qu'on vit, une crise du carburant, une crise des prix du gaz qui va faire augmenter, une crise de la rénovation des bâtiments scolaires. Est-ce que vous trouvez que les moyens sont au rendez-vous pour rénover ces bâtiments scolaires ? Est-ce que vous pensez qu'on peut en faire plus sur les prix de l'énergie, essence ? Parce que vous avez parlé de la TVA, mais je suis sûr que vous avez d'autres mesures en tête.
Bien sûr que non, les moyens ne sont pas... au niveau pour soutenir les collectivités dans les immenses investissements que nous devons faire en vue de l'hiver et de l'été prochain. La canicule que nous avons vécue, y compris dans le nord, y compris dans ma commune de Saint-Avant-les-Eaux, impose à des investissements d'urgence et à des travaux de long terme. Le plan de climatisation que nous mettons en place dans ma commune, nous le faisons sur nos propres deniers sans moyens supplémentaires. Et donc c'est au détriment d'autres investissements. Et c'est pour ça que nous dénonçons que dans ce budget, le gouvernement prévoit de supprimer plus de 5 milliards d'euros aux collectivités. Les communes ont besoin de cet argent pour investir. Ils représentent, je le rappelle, 60% de l'investissement public. Priver les communes de leurs moyens, c'est priver les communes d'engager des travaux de rénovation énergétique et c'est priver des entreprises locales de travail. C'est des entreprises du bâtiment, des travaux publics qui vont être pénalisés. C'est pour ça que nous demandons qu'il n'y ait aucune ponction de mise en œuvre dans le budget des collectivités, mais nous demandons en plus. Que les dotations des collectivités soient à minima indexées sur l'inflation. Et qu'enfin, il y ait des budgets supplémentaires pour faire face aux défis climatiques. Et bien sûr, la baisse de la TVA et des taxes sur l'énergie, sur l'essence, sur le gaz, sur l'électricité, c'est important pour les ménages, pour les familles, c'est important pour les entreprises. Mais c'est aussi important pour les collectivités car ça représente un coût énorme dans le fonctionnement de nos collectivités. Les chiffres des régions de France et des départements de France là-dessus qui chauffent les collèges et les lycées sont édifiants. Or, il n'y a aucun moyen supplémentaire prévu dans les collectivités pour faire face aux hausses des prix du gaz. de l'électricité et de l'essence
Bonjour, Léo Morin pour l'AFP. Pour rebondir sur la question de mon confrère de BFM et sur les couvre-feux, est-ce que concrètement, vous, vous êtes favorable à de nouveaux couvre-feux ce soir, comme ça a été évoqué par le Premier ministre ? Et deuxième question, Sébastien Lecornu a dit qu'il réunirait jeudi les différentes formations politiques. Est-ce que vous, le PCF, vous serez de la partie ? Merci.
Encore une fois, pour les couvre-feu, c'est pour moi un aveu d'échec et d'impuissance du gouvernement et je me remets au choix des maires. Et il faut respecter ce que disent les maires de la situation dans leur commune et ce sont eux qui sont les mieux à même d'apprécier la réalité et des besoins auxquels ils doivent faire face. Et concernant la réunion à laquelle le Premier ministre nous invite jeudi après-midi, nous avons appris la date ce matin même et que nous allons avoir l'ordre du jour cet après-midi. Et c'est en fonction de cet ordre du jour que nous nous déciderons. Parce que si, comme l'a laissé entendre le président de la République... Nous étions convoqués à un conseil de discipline pour être sommés de dire qu'il faut appeler à manifester dans le calme. Je ne vais pas à Matignon pour un conseil de discipline. Et les appels au calme, cela fait des semaines et des mois que nous les lançons à manifester dans le calme et pacifiquement. Et je regrette que le gouvernement... n'entendent pas ces manifestations qui se déroulent la plupart du temps dans le calme et pacifiquement. En revanche, si le Premier ministre nous invite avec les présidents de groupe à travailler ensemble aux meilleures réponses à apporter dans la situation pour désamorcer la crise et faire en sorte que nous nous mettions autour de la table. pour mettre en place des mesures contre la vie chère, pour soutenir le pouvoir d'achat, pour faire face à la crise énergétique, nous serons présents. Et je voudrais vous faire passer une lettre que j'ai adressée au Premier ministre en mai dernier, je dis bien en mai dernier, dans laquelle nous tirerions déjà la sonnette d'alarme sur la crise du pouvoir d'achat, sur la vie chère, sur les prix de l'énergie et de l'essence, que j'ai cité ce matin. Je me suis permis de renvoyer cette lettre au Premier ministre hier pour lui rappeler que la crise que nous vivons et les propositions que nous formulons, ça ne date pas d'aujourd'hui. Nous avons le mérite de la constance et de la cohérence. Vous pourrez en juger. Et ce courrier était co-signé des deux présidents de groupe de l'Assemblée nationale et du Sénat, Stéphane Peu et Cécile Kukerman, pour justement demander hausse de salaire de 5%, blocage des prix de l'essence à 1,60€. Tout ça, ça date du mois de mai. La nationalisation de Total Energy est une décision que prend un gouvernement de rentrer partiellement ou... totalement dans un groupe quand ils jugent que c'est ou stratégique ou pour défendre les intérêts de la nation. Ça a déjà été fait par le passé, ça a été fait ces dernières décennies pour des entreprises stratégiques comme Alstom, dernièrement il y a quelques semaines comme Eramet, stratégique dans la filière nucléaire. Est-ce que l'approvisionnement de notre pays en diesel, en essence et stratégique ? Je le pense. Est-ce que nous avons besoin de reprendre la main sur ce grand groupe qui était public avant pour pouvoir bloquer les prix, réduire les marges et garantir à nos entreprises comme aux Français des prix bas en matière de carburant malgré la guerre ? Oui. Et c'est pour ça que je ne parle pas d'une nationalisation, mais je parle d'une renationalisation d'un groupe qui, avant, appartenait à la France et qui nous permettait de pouvoir fixer les prix et les marges sur une matière première qui est essentielle pour faire fonctionner notre économie. Le gouvernement fait preuve d'impuissance. Et c'est ce qui suscite beaucoup de colère dans notre pays.
'ai plusieurs questions. D'abord pour rebondir sur celle de mon confrère de la tribune. Emmanuel Macron est en voyage au Moyen-Orient alors qu'on est en pleine crise sociale. Il est là-bas pour sécuriser les approvisionnements énergétiques. Est-ce que pour vous c'est une bonne chose ? L'objectif selon lui c'est de faire baisser les prix, ça c'est ma première question. Deuxième question, Marie-Lise Léon de la CFDT explique ce matin qu'on paye cash, ce sont ses mots, 10 ans de verticalité. Alors elle fait bien la différence bien sûr entre les manifestants et les casseurs, tout le monde le fait. Est-ce que vous reprendriez ces mots pour expliquer aussi les violences de samedi ? Et puis ensuite, une dernière question, est-ce que samedi prochain, vous appelez à manifester ? Beaucoup de messages sur les réseaux appellent à un nouveau rassemblement samedi.
Alors, je vais répondre à vos questions dans l'ordre. Sur le président de la République en déplacement au Moyen-Orient, je ne pourrais pas dire que ce n'est pas important quand on voit... La gravité de la situation provoquée par les guerres menées par M. Trump et Netanyahou au Moyen-Orient, la situation est extrêmement grave. Et nous subissons une crise énergétique, effectivement, qui est en partie liée à ces guerres et à la raréfaction de l'approvisionnement en essence, en diesel. Mais l'autre cause, c'est aussi les taxes énormes. qui pèsent sur le prix de l'essence dans notre pays et les marges énormes que réalise Total. Et c'est pour ça que je veux tenir les deux bouts. Je ne suis pas d'accord avec le président de la République qui dit que c'est la faute à la guerre au Moyen-Orient. Trop facile. C'est une manière de se dédouaner. La France a la possibilité de baisser tout de suite la TVA et la mettre à 5,5. La France a la possibilité de supprimer tout de suite les certificats d'énergie qui pèsent sur les prix de l'énergie. La France a la possibilité tout de suite de bloquer les marges et de bloquer les prix. Donc la France peut agir. Ensuite, oui, la France doit agir et mettre toute sa diplomatie à l'œuvre pour faire en sorte que ces conflits... Ces tensions cessent, au Moyen-Orient notamment. Et donc, je ne souhaite pas, en ce sens, que la France s'aligne derrière les États-Unis, qui est responsable de la guerre. Et donc, je ne souhaite pas que la France s'aligne derrière les États-Unis, qui est responsable de la guerre. Et je souhaite plutôt que la France... mobilise sa diplomatie et fasse en sorte qu'un cessez-le-feu puisse rapidement s'établir dans cette région du monde dans lesquelles il y a plusieurs conflits. En Palestine, dans les territoires occupés, en Iran, en Arabie saoudite. Faut-il ajouter de la guerre à la guerre ? Faut-il envoyer des troupes françaises sur place ? Je ne le pense pas. Et c'est pour ça que je vous réponds que je souhaite que la France mobilise sa diplomatie, plutôt pour créer des conditions avec d'autres pays, à ce qu'il y ait un cessez-le-feu en Iran, en Arabie Saoudite. Et à ce qu'on respecte le peuple palestinien à vivre libre et en paix aux côtés de l'État d'Israël. Voilà. Donc je suis pour une politique diplomatique de la France et de ne pas ajouter la guerre à la guerre comme l'a rappelé le pape. Concernant les propos de Marie-Lise, on vous m'excuserait si je ne l'ai pas écouté, mais je comprends dans les propos que vous rapportez ce qu'elle veut dire. Et ce que je comprends, c'est que Marie-Lise Léon regrette dix ans d'absence de non-respect de la démocratie sociale, de non-respect des corps intermédiaires, comme on dit dans le jargon, c'est-à-dire notamment les syndicats. Et c'est ce dont nous souffrons aujourd'hui. Dix ans de réformes imposées brutalement. malgré malgré des mobilisations exceptionnelles et exemplaires je pense notamment celle contre la réforme des retraites à 64 ans il faut mesurer je ne sais pas si vous allez dans les cortèges à l'écoute des manifestants mais vous entendez parfois celles et ceux qui disent on en a marre parce qu'on manifeste et puis on n'est pas respecté on n'est pas entendu on n 'est pas écouté et quand vous entendez toutes ces colères s'additionner à la fin Ça devient un cocktail explosif, qui ne justifie en rien la violence. Et d'ailleurs, ces mêmes personnes qui sont en colère et qui s'additionnent aujourd'hui ne sont pas ceux qui les provoquent, ces violences. Mais ce sont ceux qui grossissent les rassemblements. Et c'est pour ça, à mon avis, qu'il y a eu des rassemblements aussi importants le 17 octobre. Mais les pompiers, ça fait longtemps qu'ils manifestent. Les agriculteurs, ça fait longtemps qu'ils demandent à être respectés et avoir les moyens de travailler. Ils ont eu des rassemblements chacun dans des formes diverses, parfois dures. Quand les agriculteurs ont bloqué les autoroutes. Ou quand ils ont jeté des sauts de purin sur les préfectures, au canon. On n'a pas dit que c'était l'ultra-gauche. Et quand vous additionnez tout ça, au bout d'un moment, ça fait un cocktail explosif. 10 ans de verticalité, 10 ans de non-réponse aux exigences de toutes ces professions. 10 ans de mépris. La France a besoin d'avoir un président de la République qui aime les Français. La France a besoin d'un président qui aime le peuple, qui le respecte et qui l'écoute. La France en a marre d'avoir un méprisant de la République. Et concernant samedi, vous avez entendu dans mon propos qu'on appelle d'abord à ce que le gouvernement apporte des réponses. C'est le meilleur moyen. qu'on range les appels à manifester. Et donc moi, c'est ce que je demande d'abord, qu'il apporte des réponses. S'il n'apporte pas de réponses, on maintient les mobilisations. Les premières mobilisations à laquelle nous appelons sont celles du 5 novembre prochain. Et je sais, puisque nous en parlons entre nous, nous sommes en contact avec les organisations locales, des citoyens, département par département. Et concernant les appels et les jeunes... La jeunesse communiste notamment est présente dans de très nombreux lycées et à l'initiative de rassemblements qui auront lieu ce samedi. Et donc, en fonction des conditions, en fonction des appels qui seront faits, nous participerons à ces rassemblements. Et les conditions que nous posons, c'est que ces rassemblements soient déclarés en préfecture. Et c'est de la responsabilité des préfectures de les autoriser et de les garantir. Le droit à la manifestation doit être garanti. Mais nous, nous ne voulons pas de rassemblements anarchiques et qui ne seraient pas déclarés. Des déclarations en préfecture et ensuite des appels à se rassembler ou à manifester, des appels qui soient clairement des appels pacifiques, mais déterminés. Et dans ces conditions, nous appelons, nous aussi, à y participer et à s'y joindre. J'aurai d'ailleurs, moi, une réunion avec l'ensemble des responsables départementaux du Parti communiste français demain soir, pour faire le point, département par département, sur ce qui va se passer samedi et dans les jours qui viennent. Et nos fédérations, nos responsables départementaux qui sont eux-mêmes en contact avec les organisations de jeunesse, avec les unions départementales, les unions locales des syndicats. Et donc on apprécie à chaque fois en fonction des villes, des lieux, des départements, des organisations qui appellent si nous nous y joignons ou pas. Donc il est difficile de vous dire un mot d'ordre général. Merci.
Transcription automatique (Whisper + diarisation) — des erreurs d'attribution ou de transcription sont possibles. Vérifiez toujours avec la vidéo source horodatée.