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Marine Tondelier est avec nous ce soir. Bonsoir Marine Tondelier.
Merci d
'être la candidate écologiste à la présidentielle. Une image et une carte à vous montrer. J'ai commencé les trois interviews de la même manière. Pas de jaloux. L'image en direct de Marseille ce soir. Marseille qui fait partie des villes où les couvre-feux ont été introduits. Ici donc, Marseille avec ses camions de gendarmes mobiles. Mais vous allez voir la carte. Les couvre-feux ont essaimé ces dernières heures. Ils ont été reconduits dans un certain nombre de villes et ils ont essaimé. Vous voyez en orange les villes où il y a un couvre-feu pour les mineurs et en rose pour tous les publics. A chaque fois, ça concerne des quartiers précis et des zones précises, pas forcément toutes les villes. Est-ce que c'est la bonne réponse pour calmer les choses en urgence, Marine Pondelier
Juste pour commencer, petite réaction par rapport à ce que j'ai entendu, ce que j'ai écouté toute votre soirée. J'ai entendu Jordan Bardella répéter une vingtaine de fois la France des honnêtes gens comme s'il l'incarnait. Je dois vous dire que je trouve ça assez cocasse de la part d'un parti qui a le record de personnes condamnées dans sa direction et qu'il le répétait comme un mantra. Et vous aurez noté que
Jordan Bardella n'est pas là pour vous répondre.
Non mais comme si ça allait faire de lui quelqu'un d'honnête. Et en plus tout ça avec le logo du Parlement européen derrière lui, je m'étranglais à moitié donc je voulais vous le dire. Sur ce qui est de la déclaration de ces couvre-feux de multiples endroits du territoire, j'ai envie de vous dire que... l'aveu d'échec. La France n'a tellement pas réussi à maintenir l'ordre et la paix sociale qu'on en est là, avec des mesures qui touchent. Toute la population du coup, et pas juste les personnes qui s'apprêtaient à commettre des méfaits. Et j'étais cet après-midi avec des commerçants du 11e arrondissement, c'était principalement des restaurateurs et des gens qui tiennent des bars. Quand il y a un couvre-feu, ça n'aide pas non plus vraiment. Mais il y avait une urgence,
c'était d'arrêter les pillages. Samedi, dimanche, il y avait une urgence. C'est pour ça
que je ne vous dis pas, c'est le scandale du siècle non plus. J'en prends acte, comme l'ont fait les maires de Lyon, les maires du 11e arrondissement, avec qui j'étais cet après-midi, qui sont écologistes, qui n'ont pas forcément demandé ces couvre-feu. mais qui, maintenant qu'ils sont là, en prennent acte, les mettent en œuvre. Mais vous savez, à Lyon, c'était quand même extrêmement choquant, parce qu'il y a un couvre-feu, tout le monde s'y plie, les élus écologistes font en sorte qu'ils s'appliquent, et puis on voit des centaines de militants d'extrême droite le braver en organisant vraiment une manifestation comme s'ils étaient en censurement de toute puissance et que même les lois de République ne les respectaient plus. – Et le préfet le dénonce,
et dénonce notamment les propos xénophobes et islamophobes qui ont été tenus, c'est ce que dit le préfet. – Je n'ai pas entendu Jean-Denard Délard
les condamner alors que c'est… – Qui a déclenché un article 40.
Comme
quoi, vous savez, dans ce pays, on voit qu'il y a de fortes tensions. Mais je me dis, au moment où tous les Français sont extrêmement choqués, sont effarés par ces images, se disent, bon, couvre-feu, je pense qu'il y a une forme d'acceptabilité sociale de ces couvre-feu parce que c'est très temporaire, parce que tout le monde est choqué. Mais on voit, du coup, ces milices d'extrême droite qui se constituent et qui viennent braver les couvre-feu. Ça laisse un petit aperçu de ce qui nous attend quand même.
Est-ce que l'État a failli ? complètement ce week-end, aussi bien la chaîne de commandement que ceux qui étaient chargés de maintenir l'ordre dans la rue. Je vais
poser la question
différemment
en reprenant les mots de Sébastien Lecornu. Qu'est-ce qui a merdé ce week-end
Manifestement, beaucoup de choses. Déjà, on avait un mouvement qui était annoncé. Je pense qu'à part le gouvernement et les pouvoirs publics, personne ne pensait que ce ne serait pas une réussite. Moi, dans tous les milieux où j'étais, tout le monde se donnait rendez-vous dans les manifestations, que ce soit à Paris, à Lille, chez moi, etc. Sous-dimensionnés, donc. j'avais même croisé la semaine d'avant quelqu'un qui est très haut placé dans la chaîne de commandement, comme vous dites, qui me disait, vous savez, ce mouvement est terminé, ce sera un flop. Moi, je me disais, bon, d'accord, si vous le dites. Mais en plus, il me disait ça avec un petit sourire, en mode, on a gagné. Parce qu'en fait, ils ont mis en place une stratégie de force. Il y avait des revendications des lycéens, eux, ils répondaient l'ordre, l'ordre, l'ordre, on en parlera sûrement après, mais avec vraiment beaucoup de brutalité envoyée envers le mouvement lycéen. Et ils pensaient vraiment que ça marcherait, que les gens seraient intimidés, effrayés, et qu'ils auraient réglé cette crise sociale. par de l'ordre. Résultat, bon, toujours aucune réponse sociale, toutes les revendications qui sont posées. Une manifestation en République où des tas de manifestants pacifistes, genre moi, les écologistes se rendent, et on est gazé, nassé, c'était complètement hallucinant. Et moi, ce que je retiens de ce week-end, c'est qu'il était plus difficile de manifester que de piller des magasins. Et ça, forcément, ça doit nous interpeller. Donc on se demande comment avaient été positionnées les forces de police, et surtout, Comment ont-ils fait pour ne rien voir venir ? Ni le nombre de manifestants records à République, ni ces organisations qui se préparaient. J'étais, je vous le disais, cet après-midi avec des commerçants du 11e arrondissement. Certains qui ont défendu leurs magasins eux-mêmes ou leurs restaurants eux-mêmes et qui ont préservé leurs magasins du pillage. D'autres qui ont été pillés. Je vous donnerai tous les détails si vous le souhaitez. Mais on me racontait des scènes où c'est du moins d'être un truc improvisé. On a l'impression des fois dans les médias que les gens sont chez eux, ils disent « tiens, il y a des pillages, du coup je prends le métro, j'y vais ». Eux, ils me racontaient des scènes d'une camionnette qui arrive, de 5 personnes qui descendent, la disqueuse, ils découpent, ils rentrent, tout est dans la camionnette en 10 minutes, ils partent à 23h. C'est-à-dire que ça, clairement, c'était prémédité. Mais vous dites que ça n'a
pas été anticipé, comment on anticipe ça ? Quelqu'un qui arrive avec une camionnette ? Les
renseignements, alors moi je ne veux pas accabler l'institution renseignement parce que... Je sais aussi qu'il manque de moyens. Et surtout que là aussi, en termes de priorisation, on les met parfois sur des missions... Vous êtes
contradictoire, parce que vous dites que l'anticipation n'a pas été faite.
Oui, mais ce que... Elle n'a pas été faite, mais c'est comme quand on dit les procureurs, les juges et la police avec les violences sur les enfants. Qu'à un moment, s'ils n'ont pas les moyens de travailler, ils n'ont pas les moyens de travailler. Donc ça sera regardé, je pense, de près. Mais je pense qu'il y a aussi une question de moyens. Et surtout, on leur dit, telle priorité, c'est maintenant. Et il y a aussi telle priorité, et il y a aussi telle priorité à un moment, quand tout est prioritaire, plus rien ne l'est. Donc je pense qu'ils n'ont pas anticipé. Mais une dame, tout à l'heure... Dans la réunion des commerçants, elle me disait, mais moi, mon fils de 14 ans m'avait dit, je sais, maman, ce week-end, fais attention.
Et elle
dit, comment vous expliquer que mon fils de 14 ans avait l'air au courant de l'UQ sur les réseaux sociaux
? Ils viennent d'où ces pilleurs ? Ces camionnettes, là, ils viennent d'où ? Moi, je ne suis pas anti de mon lieu.
Oui, c'est bien. Alors écoutez, eux, ils nous ont expliqué, y compris M. Retailleau d'ailleurs, qu'à Aubagne, quand il y a ce jeune qui tire sur des professeurs, ils disent que c'est la France insoumise. Bon, en fait, on se rend compte que c'était des réseaux masculinistes et un réseau de jeunes sur Internet qui est fasciné par les turismas. Comme à Annecy, quand il y avait eu cette attaque terroriste, on disait « Ah, c'est un syrien, donc c'est un musulman ». Bon, finalement, c'était un catholique. Vous vous dites que ce n'est pas des jeunes de banlieue ? Comme les journalistes d'ailleurs, soit on sait, on dit, soit on sait pas, on se tait et on attend. Et vous, vous
dites quoi ? Oui.
Mais moi, je n'en sais rien, M. Tréhard. Je ne suis pas... J'ai vu les vidéos comme vous. On a du mal d'ailleurs sur Internet à savoir... Maintenant, quelles vidéos sont réelles et lesquelles sont de l'intelligence artificielle ? Mais les témoignages que j'avais tout à l'heure me disaient, c'est des personnes d'ailleurs qui pour certaines étaient dans la manifestation, les commerçants. Et ils disent, si il faut remanifester, on remanifestera. Et ils nous disaient, c'est fait n'en rien à voir avec les manifestants. Peut-être que les casseurs et les pilleurs ont profité de la manifestation en faisant les policiers seront occupés quelque part, on va y aller. Mais eux, ils me disent, le moment de bascule, où ça bascule dans le non-droit, c'est le moment où les policiers partent. Vraisemblablement, d'après le maire du 11e qui a eu un peu plus d'informations depuis. qu'il n'en avait aucun ce jour-là, toute l'après-midi, il n'a eu aucune information, parce que l'Elysée était en danger et que beaucoup de forces de police ont été rappelées pour aller protéger l'Elysée. Juste ce qu'ils me disent, il y a un point de bascule, c'est qu'il y avait quelques policiers ça et là avec les manifestants, et tout d'un coup, on les a vus tous partir. Et à ce moment-là... C'est devenu complètement hors de contrôle. Il me raconte des scènes, déjà faux d'âge sur les immeubles où les gens montaient, de gens qui étaient dans leur appartement, qui voyaient des gens les menacer à travers les vitres, mais au quatrième étage parfois. Et vraiment, c'est un miracle qu'il n'y ait pas eu de mort. Parce qu'en plus, entre les commerçants qui défondaient eux-mêmes leur commerce, ce qui est extrêmement dangereux, parce que vous ne savez pas comment ça peut se terminer, d'autres qui se faisaient menacer avec des couteaux sous la gorge parce qu'ils avaient pris les images. On commente, on commente,
mais il y a quand même des causes.
On commente, on
commente, on commente. Je décris
ce que j'ai appris.
Donc vous devez chercher les causes de ce mal parce que vous faites de la politique. Faire de la politique, ça veut dire apporter des réponses. Et ce qui est quand même extraordinaire, c'est qu'on n'arrête pas de dire oui, il y a eu des violences, des violences. OK, certes, mais les Français, ce n'est pas ce qu'ils veulent. Les Français, c'est ce qu'ils veulent savoir. Pourquoi il y a eu ces violences ? Pourquoi à Limoges on fout le feu à la mairie de Limoges ? Pourquoi on fout le feu à un bâtiment qui a 100 ans d'âge, qui est l'office du tourisme de Lyon sur la place Bellecour ? Pourquoi on s'en prend à la mairie de Marseille comme si on était au Moyen-Âge ?
Et pourquoi il n'y a qu'une compagnie de CRS à Marseille au moment des faits, alors que le maire depuis le matin... Ce n'est pas ce que vous voulez que je dise, mais je vais le dire quand même. Ce n'est pas votre clé d'explication à vous.
Vous pourriez avoir 10 000 policiers, ça serait pareil. Non, ce n'est pas vrai. Pour prolonger, là encore, la question d'Yves Tréhard. Tout à l'heure, on était avec Éric Coquerel de la France Insoumise, qui nous disait, y compris dans les pillages, il y a des causes sociales, il y a des causes politiques, il y a des causes sociales. Est-ce que vous voulez... Je parle des deux choses
différentes. Moi, je parle des casseurs. Les pilleurs, c'était dans un deuxième temps, finalement. Monsieur Coquerel, si j'ai bien compris, parlait d'effet d'aubaine aussi, de gens qui passent par là, dit tiens, ou alors qu'ils viennent exprès. Mais le début, c'est le début du ordre de contrôle qui sont les casseurs. Manifestement, il y avait plusieurs motivations, parce que vous voyez, par exemple, on parle parfois des black blocs. Les black blocs, les commerçants nous le disaient, on a l'habitude dans les manifs, puisqu'il y en a un certain nombre qui passent devant leur fenêtre au boulevard Voltaire, ils ciblent les banques, les McDo, ils ont des cibles de prédilection. Ils ne ciblent pas le bar à bière, comme c'était le cas où j'étais tout à l'heure, ou une librairie, ça ne leur était jamais arrivé. Et ils disent, les black blocs, on connaît les profils, on sait reconnaître un black bloc, on y a affaire. Mais là, ce n'étaient pas les black blocs. Et ils disent, on avait affaire à du grand banditisme. Dans le moment où ça devient hors de contrôle à 23h, où on débarque avec des disqueuses... Vous,
c'est du grand banditisme. Je
vous retranscris mot pour mot ce que les commerçants qui ont été face à face avec ces gens... Ils me disaient quand à un moment, quelqu'un voit à travers son carreau au rez-de-chaussée d'un immeuble, quelqu'un commence à mettre le feu et lui fait signe en disant... Il y a des gens à l'intérieur et que le mec, lui dit oui, balance son truc, part. J'ai vu toute cette façade d'immeubles brûlés. L'immeuble était rempli. Il dit ça, ça n'est pas des méthodes de gens des Black Blocs. Jamais il brûlerait un immeuble avec des habitants à l'intérieur. Ça a l'air de vous décevoir, mais je vous le dis quand même.
Ça ne peut pas être des causes sociales. Monsieur Bardella dit autre chose. Il dit que c'est l'immigration.
Pourquoi pour une cause sociale, on va brûler un immeuble avec des gens qu'on ne connaît pas à l'intérieur ? Ça n'a aucun sens. Revanche
sociale, par rapport. Vous n
'avez pas la réponse et je ne l'ai pas non plus. Il n'y a rien qui explique ce qui s'est passé ce week-end. Donc il y a des enquêtes qui vont avoir lieu, commission d'enquête à l'Assemblée, enquête de police. Sauf qu'il y a eu des ratés terribles dans ce pays. Ah ça c'est sûr. Il y a une responsabilité immense de gouvernement. Et moi je vais vous dire, je ne pense pas que les casseurs soient motivés par les causes des lycéens parce qu'ils desservent énormément la cause. Résultat, on ne parle plus que des casseurs, des pilleurs, parce que ça a ému tout le pays et que c'est historique, inédit et effrayant. Et donc on ne parle plus des lycéens. Mais ce qui est sûr, c'est que le fait... Le fait que depuis un mois, nous étions en lutte sociale, avec un début de révolte sociale dans le pays, et qu'une manif annonçait aller entamer la convergence des luttes, crée un espace pour ces casseurs. En disant que les forces de l'ordre seront occupées. Vous avez manifesté samedi ?
Vous recommencez samedi
? Bah oui.
me
demandez ça sur un air un peu communitoire parce que ce que vous présentez, c'est que c'est de la faute des gens qui manifestent, qu'il y a ce genre de... Non, c'est qu'il y a des risques à manifester. Mais vous m'avez un peu dit comme ça, et vous ? Non, non, non, vous avez manifester. Ça pourrait vous dissuader, Marie-Paul.
Il y a un certain nombre de Français aujourd'hui qui se disent qu'on ne peut plus aller manifester dans ces conditions étant donné le niveau de danger qu'il y a aujourd'hui dans les manifestations.
Moi, ce n'était pas la culture dans ma famille. Mais il y a des militants qui, depuis tout petit, allaient manifester avec leurs parents. Moi, j'ai emmené mes enfants parfois dans les manifestations. Vous étiez avec la poussette, là ? Non, je ne pouvais pas. Mais je suis arrivée à Gare du Nord avec mes enfants parce que j'allais être un petit d'un mois, je n'allais pas le laisser de sol et d'un, donc je suis née avec le papa et les deux enfants. À Gare du Nord, on devait se séparer pour qu'ils aillent au siège des Verts et que moi j'aille faire la manif. À Gare du Nord, c'était déjà le bazar. C'est-à-dire que même quelqu'un qui ne vient même pas manifester se retrouve dans des choses compliquées et le trajet entre Gare du Nord et République était compliqué et à République, je n'en parle même pas. Donc à un moment, je le dis, moi j'ai besoin d'éclaircissement sur ce qui s'est passé. Pourquoi l'orchestre du Nouveau Monde qui égaye les manifestations, qui rend ça chaleureux, c'est Il joue Place de la République à midi 20, il commence à se prendre des grenades lacrymo. C'était quoi le problème ? C'est qu'il ne fallait pas avoir d'images festives des manifestations ? Il ne fallait pas avoir de belles images de la ministre ? Il y a un sujet du maintien de
l'ordre, mais prends le problème dans l'autre
sens. On est même obligé d'interroger sur la manière dont cet État exerce son autorité. Mais ça fait quand
même, vous en conviendrez, plusieurs années qu'on ne peut plus manifester en France sans que ça dérape. En fait, il y a
deux problèmes. Premièrement, il y a le macronisme et 10 ans de macronisme qui sont une sorte de provocation. permanente pour tous les gens qui souffrent dans ce pays. C'est de l'humiliation, c'est du mépris, il n'y a plus de respect, et c'est des politiques qui n'écoutent rien, qui sont très verticales. Vous manifestez, on s'en fout. Ils perdent les élections, ils s'en fout. Donc à un moment, il y a plein de gens qui sont tellement en colère et qui disent « mais qu'est-ce que vous voulez qu'on fasse ? Comment il peut entendre ? » Donc ça, ça existe, une colère sourde qui dit « mais on va tout casser ». Moi, je l'entends parfois, au moment des Gilets jaunes, quand j'allais sur les ronds-points, c'est ça que j'entendais. Donc ça, il y a une vraie responsabilité du macronisme qui n'a rien voulu écouter, et ils ont voulu pas... C'est assez en force tout le mandat, mais là on voit bien au bout de 10
ans que ça ne marche plus. Ceux qui pillent, qui mettent le feu à la façade d'un immeuble, quel rapport avec le macronisme ? Il y a des gens à l'intérieur, ils balloncent un cocktail molotov sur la façade. Je ne peux vous donner aucun argument
pour justifier ça. Je ne sais pas comment on en arrive là. Monsieur Lecornu, vous voyez bien que le truc de dire confrontation. Les lycéens, au début, il dit qu'on ne veut pas de blocage. On ne veut pas de blocage. Et donc on comprend que par tous les moyens, il n'y aura pas de blocage. Quitte à envoyer l'artillerie lourde et à faire arrêter 8 militaires. Résultat, ça engorge aussi toute la chaîne. Ça engorge les tuyaux de la police, de la justice. Mais M.
Lecornu, cet après-midi, par exemple, à l'Assemblée nationale, devant la représentation nationale, accuse. la France insoumise d'attiser la colère, pour ne pas dire la haine, et d'attiser le désordre qui existe aujourd'hui dans la rue. On va l'écouter,
on va l'écouter Sébastien Lecornu. Alors c'est plus global que ça, lui il dit qu'il y a un combat à mener contre la violence, contre la culture de la violence. Écoutez.
'ai le sentiment que dans le moment dans lequel nous nous trouvons, il y a un combat politique et culturel à mener contre la violence. Oui, je le redis, M. le ministre, il faut une bonne fois pour toutes choisir son camp entre la violence et la République.
...
C'est un climat de guerre civile qu'il propage quand même. On dit qu'il faut choisir son camp comme si aujourd'hui en France, il y aurait deux camps. Il dit que
la guerre civile, c'est la France archobie. Je ne connais personne en France qui dit que
je suis dans le camp des casseurs. Vous connaissez des politiques qui sont dans le camp des casseurs ? Moi, je n'en connais pas. Je connais beaucoup de monde.
Quand
on défend la République, on défend la République, ses symboles et ses valeurs. Et ce gouvernement n'a réussi à protéger ni les symboles de la République, la preuve de ce qui s'est passé à Limoges, ni ses valeurs, notamment le droit de pouvoir manifester en sécurité. François Sureau l'explique très bien. La force publique, elle est là pour protéger les citoyens, y compris quand ils contestent le pouvoir en place. Mais qu'est-ce que vous dites quand la France est soumise ? C'est un double échec de leur part et c'est une double peine pour les Français. Qu'est-ce que vous dites ? Ils peuvent aujourd'hui expliquer que c'est de la faute des ordres qu'ils veulent. C'était de leur responsabilité. Jean-Luc Mélenchon, je ne pense pas que c'est lui qui a organisé des pillages dans Paris. Mais est-ce que vous êtes quand même toujours à l'aise ? Quand M. Mélenchon
parle de barbarie policière, de sauvagerie policière, quand M. Bagayoko dit que la violence peut être légitime, ça ne vous fait pas réagir ? On ne va pas faire ce soir
le débat philosophique sur la violence légitime. Je rajoute cet après
-midi le Premier ministre. interpelle Mathilde Panot dans l'hémicycle en lui disant « est-ce que vous condamnez l'incendie de la mairie de Limoges ?
» Elle
ne répond pas à Mathilde Panot. Moi je réponds oui, c'est terrible,
j'ai réagi immédiatement. Non mais c'est un allié,
vous comprenez, est-ce que vous êtes à l'aise avec cet allié tout le temps ?
– Je ne suis pas insoumise, vous avez compris, je ne suis pas socialiste non plus, je suis écologiste. Moi, je ne suis ni leur porte-parole ni leur avocate, je réponds pour mon parti. Ce qui est sûr, c'est que… –
C'est trop facile, ça. – Il
n'y a rien de facile dans la période actuelle. – À
partir du moment où… – Vous m'avez
posé plein de questions. – Oui, mais la question d'Anne, est-ce que vous êtes à l
'aise avec
cet allié ? – Non, non, je reprends la question
d'Anne, est-ce que vous êtes à l'aise avec
cet allié ? – Non, mais sur la question de la violence… Mon parti, là, toujours qu'on est, on a un parti non-violent. Alors, ce qui n'empêche pas parfois la désobéissance. Mais la désobéissance civile n'est pas la violence. Et dans ma lecture des choses, ne le sera jamais. C'est dans nos valeurs écologistes. Après, je vais vous dire, moi, je suis sidérée par ce que je vois, mais je suis sidérée aussi par l'incapacité de ce gouvernement à répondre à la crise sociale. Je vous repose la question, le gouvernement. Non, mais Sébastien Rocher, qui est chercheur au CNRS. Sébastien Rocher, chercheur au CNRS. C'est dommage, je ne voulais pas répondre, Madame Tandonnier. La police ne peut qu'accompagner le compromis politique qui permette la paix publique. elle ne peut être le socle de l'ordre public. Et c'est ça l'erreur qu'a commise le gouvernement. Mais vous êtes dans la conséquence, vous n'êtes pas dans la cause. Si, c'est exactement la cause. C'est que plutôt qu'adresser la cause sociale de cette crise qui dure depuis un mois... Ils n'ont voulu y répondre que par la force, avec des arguments de plus en plus sécuritaires et une vraie volonté d'intimider les étudiants et toutes celles et ceux qui les soutenaient. Résultat, la police, à un moment, elle ne s'était plus consombrée. Si c'était clair, vous
répondriez.
Vous les posez tous en même temps. Non, mais je l'ai posé trois fois.
J'ai répondu à très rare, maintenant allez-y. Est-ce que vous êtes toujours à l'aise avec cet allié,
la France
insolite, sur le sujet
de la violence ? Sur plein de sujets, ce n'est même pas que je ne suis pas à l'aise et que je ne suis pas d'accord. J'ai fait un tweet il y a trois semaines sur l'Ukraine, je n'étais pas gore, je l'ai dit. J'ai eu l'occasion de réagir sur des campagnes, parfois de communication qui menaient, que je trouvais abjectes. D'ailleurs, ce sont eux-mêmes des solidarisés. Mais voilà, ce n'est pas de la méthode, ce n'est pas mes mots. Après, on a beaucoup de points communs programmatiques. Monsieur Glucksmann,
il condamne... Franchement,
pas vous. Et monsieur Griezmann, c'est sûr, dès qu'il peut se faire la France insoumise, il est présent, il n'y a pas de problème. Mais moi, je vais vous dire aussi,
je
défends un programme politique clair, écologiste. Je constate qu'à gauche, on a 90% de points communs quasiment sur le fond, tous les partis insoumis, communistes, socialistes, écologistes. On fait des très beaux programmes, on les montre à nos électeurs, regardez ce que vous pourrez avoir en 2027, et ils n'auront rien du tout, parce qu'on n'est pas capable de travailler ensemble. Donc moi, je vois aussi que le discours des gauches irréconciliables... qui vient de Valls, en fait. Valls qui était tellement irréconciable avec la gauche qu'il a fini à droite. Bon. Eh bien, ça a été repris à la volée par Mélenchon, repris à la volée par Glucksmann, et ça... En fait, ça aboutit à poser comme un champ de mines sur notre champ politique. Ils posent des mines, et les uns et les autres, pour expliquer à quel point plus jamais de leur vie. Oui, mais il y a des réalités. Oui, mais c'est aussi attisé, parce qu'à partir du moment où vous les démontrez pourquoi vous ne travaillerez plus ensemble, chacun force le trait. Je pense que c'est ça aussi qui amène à certains à prendre des positions que moi j'estime, que je ne pourrais jamais suivre sur l'international. Moi, j'ai dit plusieurs fois sur ce plateau même, là où ils sont en train de partir, je ne pourrais pas les suivre. Et je l'ai dit, je l'ai redit. Je ne suis pas là pour jouer cette différence toute la journée. Mais quand je ne suis pas d'accord, je le dis. Bon, je l'ai déjà dit. Et s'il faut, je le redirai.
Mais on
a ouvert des discussions. qu'on va mener parce que moi, je ne me résous pas à ce que nos programmes politiques se soient pour nos électeurs comme des promesses au Père Noël. C'est-à-dire qu'ils reçoivent les catalogues de Noël, ils disent « on va voir ça, on va voir ça, regardez leur programme, le SMIC à 1700 euros, c'est super, etc. » Et puis en fait, c'est comme le catalogue du Père Noël, vous regardez toutes les pages, puis en fait, vous aurez peut-être un truc et c'est terminé. Parce qu'on ne gagnera pas. Et donc, moi, je ne me résous pas à ça. Je mène une campagne pour l'écologie, pour l'Union Jolie-Dé depuis le départ. Il n'y a pas d'évidence à soutenir l'un ou l'autre. Puisque nous sommes écologistes et que ce n'est pas ça leur parcours politique, ce sont d'ailleurs tous des sociodémocrates au début, pas à la fin mais au début. Et donc voilà, moi je n'ai pas de chemin évident de victoire pour mon camp politique et je m'en désole parce qu'à la fin on fait ça pour nos électeurs. On ne veut pas que ce soit comme devant les vitrines des galeries Lafayette, à dire voilà tout ce que je pourrais avoir puis ils ne l'auront jamais. Ça devient une réalité. Et pour ça, il faut un chemin de victoire et qu'on arrive à travailler ensemble. Ce n'est pas le chemin que ça prend et ça me désole énormément.
Mais
je le dis à ceux qui nous regardent et qui veulent voter pour nous, ne perdez pas espoir, on va se battre. Je voudrais
revenir à une question qu'on a vite évacuée tout à l'heure. Est-ce que c'est bien raisonnable d'organiser une nouvelle manifestation ? Samedi qui vient écouter le témoignage d'Odélia, pharmacienne à côté de la place de la République à Paris. Pharmacie pillée, incendiée.
mon cas, je risque plus rien, il n'y a plus rien à voler chez moi. Mais je trouve que c'est une manifestation qui n'aura aucun intérêt. Mais parce que tout simplement, vous ne serez pas écouté. Il va y avoir des manifestations, ça va continuer. Il y a un risque de casseurs, il y a un risque. Et donc du coup, vous pouvez, en étant certain de n'obtenir aucun résultat, prendre le risque des casseurs et d'autres commerçants qui vivent ce qu'on vive. Mais quel enfer !
Nouvelle manifestation. Un, il y aura des risques de casseurs, ce qu'elle dit. Et qu'en plus, de toute façon, Emmanuel Macron ne vous écoutera pas.
Alors ça, c'est sûr qu'on a compris qu'ils nous écoutaient pas. — Donc à quoi bon manifester ? Deux arguments
pour vous demander à quoi bon manifester. — On
a compris qu'ils nous écoutaient pas. Écoutez, déjà, ce serait vraiment un aveu d'impuissance énorme que de dire maintenant, du coup, qu'est-ce qu'on fait ? On annule les manifestations. C'est-à-dire que les casseurs, ils auraient gagné. Il n'y aurait plus de manifestation. Et les lycéens auraient perdu. Ensuite, moi, je comprends, parce qu'elle est commerçante à République, elle a vécu ça. Son point de vue, il est logique et il est légitime. Mais enfin, le travail... Ils sont 3 000
comme elle.
C'est-à-dire ?
3 000 commerçants qui ont été touchés partout en France. Oui, mais moi, les commerçants
que j'ai rencontrés dans le 11e cet après-midi, ils ne sont pas à République même, ils sont un peu après. Ils ne me disaient pas, il faut arrêter les manifestations. Ils m'ont dit, dites bien. à tous ceux que vous verrez, que ces casseurs n'avaient rien à voir avec la manifestation. Ce ne sont pas ceux qu'on a reçus hier soir. Nous connaissons les manifestants. Je vous enverrai d'autres panels, si vous voulez, pour la fois prochaine. Il n'y a pas de problème. Nous, on va être reçus par Sébastien Lecornu. On a reçu son courrier. Vous savez, il avait dit qu'il l'a envoyé ce soir. Alors moi, j'étais un peu surprise par son courrier, quand même, parce qu'il nous dit qu'on va échanger en transparence sur le déroulement des événements du 17 octobre. Il était temps, je suis intéressée par cet échange. Il dit qu'on va examiner la doctrine du maintien de l'ordre. dont tout le monde s'accorde à dire qu'on a quand même un petit problème. Il y avait des journalistes de toute l'Europe, là, tout à l'heure, qui nous interrogeaient, qui sont très chauds, et les LBD, tout ça, il y a un truc qui leur échappe, qui devrait nous échapper aussi. Vous avez vu les
images de Milan
mais... Ah
non, vous ne les avez pas vues ?
Si, si, je les ai vues.
Ah bon ? On vous tape avec... J'ai pas dit que c'était bien, monsieur Tréhard. Il n'y a pas que la France.
Et donc il dit ensuite qu'on va parler de sécurisation de la campagne présidentielle, autre sujet, ok. Mais à aucun moment de page... Il nous parle de comment on sort de la crise sociale, environnementale. Nous, on a des propositions quand même. La fin de Parcoursup, remettre des moyens pour mieux payer les professeurs, avoir moins d'élèves par classe, avoir des portes dans les toilettes et assez de tables et de chaises dans les classes. Et ça, on en parle où, on en parle quand. C'est dingue ce refus qu'ils ont d'adresser des problèmes politiques. C'est une crise politique qui a besoin de réponses politiques et je veux qu'on puisse parler des solutions politiques. En fait, il nous convoque parce qu'il y a ce dernier paragraphe qui correspond à ce que Macron disait. Cette discussion n'aura de sens que si nous partageons une exigence sans ambiguïté, la condamnation de la violence. Je l'ai fait sur... Sur votre plateau, je l'ai fait tous les soirs depuis qu'on est dans cette crise-là, je n'aurais pas de problème à le faire. Mais on ne nous convoque pas comme des élèves au tableau pour venir s'expliquer un parrain devant les autres et voir si on condamne bien. Moi, je dirais à Matignon parler des solutions politiques de sortie de crise. Donc la
solution, c'est d'accorder aux étudiants tout ce qu'ils réclament, c'est-à-dire les 10 milliards ? Ça
s'appelle le dialogue social, si on veut de l'apaisement social. Vous pouvez envoyer autant de policiers que vous voulez. Si vous voulez de l'apaisement social, il faut des réponses sociales. Et là, je parle des réponses aux manifestants, pas aux casseurs. Les casseurs, c'est un autre problème. Ils profitent de la crise sociale et des manifestations pour aller semer le désordre. Il y
a ceux qui manifestaient pour le pouvoir d'achat aussi.
Oui, alors ça, nous on a aussi... Plein de propositions, notamment il y a une niche écologiste au Sénat cette semaine, et les écologistes proposent, parce que vous savez que les supermarchés quand même, ils vous vendent très très bas des produits pas très bons pour votre santé, et ils surmarchent sur les produits qui sont bons pour la santé, les fruits, les légumes, le bio, etc. Nous on veut un panier de 100 produits, qui soient des produits de première nécessité mais de qualité, à prix coûtant. Parce qu'aujourd'hui, dans les supermarchés, le Coca, les Oreos... pas vous faire la liste de toutes les marques qui ne sont pas bonnes pour la santé. Ça, c'est à prix coûtant, quasi. C'est là-dessus qu'ils se font la concurrence entre les différents supermarchés. Par contre, vous achetez des fruits et légumes bio, ils sont surmargés à 40-60%. C'est pas possible. Donc nous, on va déposer cette proposition de loi. Alors le Sénat, vous savez que c'est pas là où on est ultra majoritaire, donc ça va être compliqué, on le sait, mais il y a une niche à l'Assemblée nationale en décembre sur laquelle on reviendra là-dessus. Et entre-temps, on va faire campagne là-dessus, plus sur le SMIC à 2 000 euros brut, etc. On a tout un tas de propositions qu'on va continuer de porter. Ça me paraît essentiel. Budget difficile à boucler. Eh bien, on ira taxer les très riches et je sais que ça vous fera plaisir, M. Tréhard.
Merci, Marine Tandonnier. Ce serait
temps, si on l'avait fait plus tôt. Excusez-moi, moi, je veux bien payer des impôts comme vous, vous le faites. Mais si je me rends compte que les 1% les plus riches, ils en payent moins que moi proportionnellement leurs revenus, ça rend l'impôt moins acceptable pour moi. Là, c'est pareil. Merci beaucoup. Abolition des privilèges climatiques.
Marine Tandonnier, merci d'avoir été en direct avec nous ce soir dans cette soirée spéciale que l'on poursuit avec, comme tous les soirs, tous les débats qui agitent la...
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