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20h30 à Paris, la suite de l'Essentiel sur France 24. Dans un instant, on va plus loin avec Niagali Bagayoko. Bonjour, présidente de l'African Security Sector Network. Avec vous également ce soir Bruno Daroux, chroniqueur international France 24. Bonsoir également. Bonsoir Anthony. Le quartier des Halles est celui de la République à Paris, les villes de Lille, Douai, Ouattini, Denain, Nice ou encore Lyon. Les premiers couvre-feu partiels et localisés annoncés par le Premier ministre Sébastien Lecornu. Réponse de l'exécutif deux jours après les violences qui ont émaillé les manifestations contre la vie chère ici en France. Lyon, Marseille, Limoges, plusieurs villes de France portent encore les stigmates de la mobilisation de samedi. Entre 550 000 et 800 000 personnes, selon les sources, venues manifester pour défendre leur pouvoir d'achat et demander une réforme du système éducatif principalement. Des manifestations ternies par les violences, les pillages, dégradations, vols, incendies. Au total, des dégâts estimés à plusieurs centaines de millions d'euros. Prendre la main, retour sur cette journée de chaos avec Luc Lacroix.
Des groupes très mobiles, éparpillés, que ce soit à Paris ou ailleurs en France. Ce week-end, les casseurs ont mis en difficulté les forces de l'ordre. À certains endroits, elles ont même dû reculer. Le dispositif de maintien de l'ordre était-il suffisant ? Les techniques employées efficaces ? Face à l'ampleur des violences, le ministre de l'Intérieur a remis sa démission, refusée
par l'Elysée. Oui, ça me dit dans certaines grandes villes, vous ne pouvez pas regarder des commerçants en face quand vous avez des centaines de commerces qui ont été pillés et dire qu'on n'a pas perdu le contrôle sur certaines de ces grandes villes. Mais vous rendez compte l
'aveu d'échec ? Emmanuel Macron a demandé un changement de doctrine face aux casseurs. Mais pour l'instant, aucun détail n'a été donné. Le ministre de la Justice reconnaît lui des failles dans le renseignement en amont de la journée de samedi. Au cours du week-end, les forces de l'ordre ont procédé à 2331 gardes à vue. 70% de majeurs, très souvent connus des services de police. Les syndicats de policiers distinguent deux profils.
avez évidemment les anarchistes ultra-gauches, quasiment tout le temps, qui sèment la pagaille, le chaos, l'insurrection et qui veulent tuer du flic. Et derrière tout ça, vous avez les individus issus des quartiers difficiles, de banlieues parisiennes, mais de toutes les banlieues de France, qui viennent, eux, piller les magasins.
Pour 80% des gardes à vue, des poursuites judiciaires ont été engagées. Dans la plupart des tribunaux, les premières comparutions immédiates doivent commencer aujourd'hui à la mi-journée.
Nia Galé, avant de parler de la réponse de l'exécutif, peut-être un mot de l'image de la France que ça donne à l'étrajet. On a vu que la presse européenne n'était pas tendre ces derniers jours, ces dernières heures.
La presse européenne, la presse outre-Atlantique également, même la presse asiatique, ce sont des images qui renvoient à ce qu'on a pu projeter, notamment au moment des mouvements des Gilets jaunes, qui sont extrêmement effrayantes, en réalité, pour des personnes qui ne sont pas forcément coutumières de la tradition de... d'insurrections qu'il peut y avoir dans l'histoire française. Ce sont évidemment des images qui dégradent la façon dont le pays est perçu, qui auront certainement des retombées sur l'attractivité de la France, aussi bien en matière touristique qu'en termes d'investissement. Et ce sont également des images qui sont exploitées politiquement. On a vu les réactions de Donald Trump, qui considère que c'est l'immigration qui est à l'origine de ce que l'on a constaté dans les rues. On voit que ce sont des événements qui pourront alimenter un certain nombre de partis politiques. Les réactions en Allemagne, notamment, sont très intéressantes.
Niaghalé évoquait la presse tout-atlantique. La réaction aussi de Donald Trump, effectivement, il n'a pas pu s'empêcher de faire des commentaires. Bruno, il avait déjà d'ailleurs commenté les semaines précédentes, les différentes manifestations que la France a connues.
il y a deux choses, notamment dans la réaction de Donald Trump et aussi celle de son vice-président, Jay Evans. Il y a une réaction qui dit que ce qui se passe en France, c'est à cause de l'immigration. Ce pays et l'Europe, d'ailleurs, il est élargi à l'Europe, avec une immigration massive. Et vous voyez, au final, pas d'assimilation possible, c'est le chaos. Mais c'est aussi à des visées politiques internes, puisqu'on est à... à peine deux semaines des élections de demi-mandat. Et Donald Trump dit comme ça, vous voyez, moi avec ma force ICE, moi je remets les migrants à leur place, je sécurise les frontières, il faut fermer les frontières, comme j'essaye de le faire avec le Mexique. Et J.D. Vance, lui, il va plus loin dans l'utilisation politique. Il dit, vous voyez, si vous votez pour les démocrates, ce sera comme en France. Donc voilà, il faut voter républicain. Puis Donald Trump, il y a un deuxième, ça c'est plus fort que lui, il fait un petit tacle à la France, il dit ce pays qui autrefois fut grand, ça veut dire qu'aujourd'hui ce pays n'est plus grand et le grand pays évidemment c'est l'Amérique.
Alors le pays, comment il a réagi justement ? On va y revenir, mais réunion avec un S aujourd'hui en urgence, tous azimuts en tout cas, pour tenter de reprendre la main. Il y a eu cette annonce ce matin de Laurent Nunes, le ministre de l'Intérieur, qui a présenté sa démission, ce que lui a refusé Emmanuel Macron.
Je remets ma démission parce que je suis responsable de tout ce qui se passe. Voilà, j'ai remis ma démission au président de la République pour ces raisons. Moi, j'ai été haut fonctionnaire, j'ai un sens de l'intérêt général. Et vu les dégâts qu'il y a eu, il était normal que je remette ma démission. eu des prévisions de participation qu'on a terminé à 550 000, alors qu'on avait des prévisions qui n'étaient pas de 100 000, comme je l'ai entendu tout à l'heure, mais c'était un peu plus de 200 000, donc il y avait deux fois et demi plus de personnes, et ça s'est passé un peu partout sur le territoire national. Ça a été en partie un manque d'anticipation sur les forces disponibles, sachant, et je tiens quand même à corriger un certain nombre de choses, on a déployé l'ensemble des forces mobiles qui étaient disponibles sur le territoire.
Manque d'anticipation, perte de contrôle reconnaît Laurent Nunes, qui reconnaît aussi sa part de responsabilité. Pourquoi Emmanuel Macron le garde-t-il
qu'Emmanuel Macron, d'une manière générale, on le sait, n'aime pas se laisser dicter ses décisions par les événements. Donc il a choisi un ministre de l'Intérieur, il a choisi une équipe gouvernementale, souvent au mépris des résultats électoraux, qui avaient porté d'autres forces politiques sur le devant de la scène. Et je pense que c'est dans ce droit fil-là qu'il faut analyser le... de Laurent Lunez à sa fonction actuelle de ministre de l'Intérieur. Mais plus largement, il me semble que cette question du renseignement est absolument essentielle. On met beaucoup en cause le maintien de l'ordre et on va y revenir, bien entendu. Il y a beaucoup de questions à se poser à cet égard. Mais il me semble que cette question des services de renseignement qui n'ont pas été en mesure d'anticiper le caractère massif des revendications et la façon dont il y a eu une convergence des luttes, parce que c'est finalement la première fois... Qui était attendue
pourtant la convergence des luttes qui était annoncée. Oui, mais c'est
la première fois que l'on voit véritablement ressurgir les revendications des Gilets jaunes. On les a annoncées plusieurs fois. Là, il y a eu vraiment cette convergence de demandes en faveur d'une éducation et de... moyens dévolus à celle-ci, mais aussi ces revendications sur le pouvoir d'achat qu'on n'avait plus entendu, finalement, de manière aussi visible depuis cette époque-là. Et ça pose la question du démantèlement d'un certain nombre de services auxquels on a assisté au cours des 10 ou 15 dernières années. Il y a notamment les renseignements généraux qui ont été démantelés sous... Nicolas Sarkozy. Donc cette question de la façon dont on analyse les sociétés en général, elle me paraît être absolument centrale. Parce qu'on moque souvent les approches trop sociologiques, mais on s'aperçoit que partout, on n'anticipe pas ce qui se passe. Vrai des États-Unis d'ailleurs aussi. On n'a pas vu à quel point la vague MAGA était puissante parce qu'on s'est, à mon avis, attaché à des indicateurs qui n'étaient pas les bons.
là-dessus, je ne suis pas d'accord sur tout. Je pense que ce n'est pas tellement la convergence des luttes. Ça, c'était au niveau des revendications. Oui, des revendications. Oui, mais ce n'est pas la convergence des luttes qui explique les scènes de chaos et de violence. Je parlais de
ce que disait Laurent Nunez, qui disait qu'ils avaient mal évalué le nombre de manifestants.
Mais en fait, ils l'évaluaient surtout en termes de risque d'atteinte aux biens et éventuellement aux personnes. Il y a quand même les renseignements territoriaux. Moi, j'ai lu qu'en fait, les renseignements territoriaux, ils avaient, et certains préfets, avaient alerté. l'échelon au-dessus, et que visiblement, ils n'ont pas été totalement écoutés. Il faudra voir, on en saura plus évidemment dans les prochaines semaines, notamment avec la commission d'enquête parlementaire qui a été déclenchée. Après, bon, en gros, finalement, il y avait une convergence des luttes pour les... Pour ceux qui ont manifesté, parce qu'il faut quand même rappeler que l'essentiel des défilés, c'est vrai que c'est dur à dire aujourd'hui, mais l'essentiel des défilés s'est déroulé de manière pacifique. Et il y a des images qui le prouvent. Mais il y avait les manifestants, étudiants, lycéens, salariés, etc. contre la cherté de la vie. Il y avait quand même les casseurs. Niagalet parlait d'approche sociologique. Moi, ce qui m'étonne, c'est que ces casseurs d'ultra-gauche, on en entend parler depuis 30 ans, et en fait, on n'arrive toujours pas vraiment à saisir qu'ils sont. Alors, quelles sont leurs motivations ? Bon, il y a pas mal d'anarchisme, voire de nihilisme. Alors, c'est sans doute pour ça que ce sont des symboles de la République aussi qui ont été pris pour cible, des mairies, des préfectures, etc. Là, on est dans de l'idéologie. Et puis, dernière catégorie, c'est les pilleurs, ce qu'on appelle les délinquants d'opportunité, qui sont venus essentiellement de ce qu'on appelle les quartiers sensibles et qui... qui s'en sont donnés à cœur joie pour piller les magasins, et dans une logique d'ailleurs essentiellement, il n'y a pas de message politique, c'est une logique essentiellement consumériste. C'est-à-dire, là c'est aussi des phénomènes de jeunesse, et une des seules valeurs finalement qu'ils ont, c'est d'avoir le dernier, je ne vais pas citer le nom de marque, ou la dernière paire de baskets, etc. Ou le dernier iPhone. On a eu ces trois types de profils. Ils n'ont pas tous convergé, mais en tout cas, ils étaient mêlés. Les spécialistes disent aussi que parfois, c'est compliqué. Il y a eu aussi des passages, mais que c'est compliqué à établir. Parce qu'il y a sur le moment le phénomène de foule aussi. On est attiré, surtout quand on est jeune. Il y a l'adrénaline, c'est excitant, etc. La transgression. Donc il peut y avoir des manifestants qui sont devenus un peu casseurs, voire un peu pilleurs. Et puis il y a eu des manifestants qui sont restés vraiment des manifestants. En revanche, il n'y a pas beaucoup de pilleurs, je pense, qui sont allés manifester. Et les casseurs, bon. Il y a des chiffres, moi j'ai lu et entendu plusieurs fois aujourd'hui, on les estime autour de 5-6 000 personnes, dont pas mal sont connues, défavorablement connues des services de police, comme on dit. Et en fait c'est ça qui a été notamment mal anticipé, alors à cause notamment, on parlait de renseignements, mais des réseaux sociaux. Et là il y a tout un débat qui est déjà en cours, les plateformes d'ailleurs comme TikTok, notamment Instagram, etc. sont convoqués ce soir par le gouvernement pour dire qu'il faut faire quelque chose. Alors, il y a plusieurs pistes qui sont sur la table. Soit interdire momentanément ces réseaux, c'est comme ça qu'ils se regroupent, qu'ils sont très mobiles, etc. Et ça pose des gros problèmes à la police. Soit les interdire. Pour quelques heures, quelques jours, on ne sait pas, ça risque de poser des problèmes en termes de liberté dans une démocratie. Alors j'entendais tout à l'heure, par exemple, à des candidats, Gabriel Attal, pour ne pas le nommer, qui disait qu'il l'avait fait en Nouvelle-Calédonie, que ça avait été retoqué par le Conseil d'État. Mais un an plus tard, la mesure a quand même été appliquée, mais simplement parce qu'ils n'avaient pas mis de date de fin. Évidemment, dans une démocratie, si on prend une mesure comme ça, il faut qu'il y ait une date de début et bien sûr une date de fin parce que c'est une restriction à l'accès à une liberté et une autre piste suivie. C'est certains mots-clés, vous savez, les plateformes peuvent, notamment pour lutter contre, par exemple, la pédopornographie, quand certains termes apparaissent, les messages sont bloqués. Et donc, il y a tout un débat qui est lancé sur le mode, quand on voit, voilà, saccage, pillage, etc. pourrait peut-être intervenir. Donc le débat est lancé ce soir aussi avec les plateformes, parce que c'est ça qui est très très difficile, même si on a des très bons renseignements, le jour J, quand ils sont sur TikTok, Instagram, tout ça, ça va très vite, et ça fait des petits groupes hyper mobiles, et bon après on en reparlera peut-être, il y a aussi la technique du maintien de l'ordre, pourtant depuis les Gilets jaunes on en a beaucoup parlé, les forces de l'ordre doivent être bien plus mobiles. Visiblement, elles ne l'ont pas été assez. C
'est ce qui ressort effectivement qu'on n'a pas forcément retenu les leçons des crises des différentes manifestations liées aux Gilets jaunes.
Et juste, pardon, on entendait Laurent Nunez qui parlait de l'heure en disant mais si, on a déployé tout ce qu'on pouvait déployer. Donc on parle à environ de 60 000 policiers et gendarmes qui ont été déployés samedi. Alors les capacités maximales, en tout il y a 250 000 policiers et gendarmes en France. Et il y en a 90 000 qui sont opérationnels pour le maintien de l'ordre. Alors évidemment, d'autres, comme Bruno Rotailleux, ont dit « Oui, mais moi, quand j'étais ministre de l'Intérieur, j'avais déployé le maximum, etc. » Donc voilà. C'est aussi un des reproches qui a été fait à Laurent Nunez. C'est pourquoi n'est-il pas allé au maximum du déploiement ? des forces de l'autre ce jour-là.
Il y en avait plus de 80 000 en décembre 2018. Oui, par exemple, au plus fort du mouvement
des Gilets jaunes.
Effectivement. Je voudrais revenir sur l'ultra-gauche qui a été aussi pointé du doigt par Emmanuel Macron lors de son allocution, par Sébastien Lecornu tout à l'heure qui a même dénoncé un agenda de bordélisation. Ce sont les termes du Premier ministre. Pointé du doigt comme ça l'ultra-gauche et aussi, parce qu'on l'a vu, la France insoumise, c'est une stratégie facile, entre guillemets, de la part de l'exécutif ? À quelques mois de la présidentielle ?
C'est une stratégie qu'on peut considérer comme facile, mais qui s'alimente aussi d'un certain nombre de déclarations pour ce qui concerne la France insoumise et d'un certain nombre de symboles qui ont aussi été brandis pendant les manifestations. très à gauche, il ne faut pas faire non plus l'amalgame entre la France insoumise et l'ultra-gauche, mais quand même, cette idée selon laquelle les forces de l'ordre sont devenues des ennemis du peuple, c'est une rhétorique. qui effectivement a cours depuis un certain nombre d'années maintenant. On a vu l'interview hier soir de Jean-Luc Mélenchon sur une chaîne concurrente, où il considère que le slogan « ACAB », donc… «
All
cops are bastard ». Voilà, B pour bâtard, disons les choses. « All cops are bastard ». Donc l
'acronyme anglais, voilà.
Exactement. est un slogan comme les autres, qui vaut celui, les vaches retournent au pré. – Ils
disaient, oh, puis c'est le côté gaulois. – C'est le côté gaulois. – C'est le côté comme ça, d'aller bon.
Et c'est effectivement quelque chose qui ne peut que prêter le flanc aux accusations qui ont émané non seulement du président de la République, du gouvernement, mais aussi d'autres partis politiques qui pointent du doigt ce parti qui aujourd'hui se retrouve quand même... assez isolés sur la scène politique intérieure. Il n'y a pas eu beaucoup de solidarité de la part de ces anciens alliés de la NUPES et du Nouveau Front Populaire. Donc oui, aujourd'hui, il y a cette question qui se pose et aussi des stratégies qui sont déployées par ce parti, notamment auprès des populations des quartiers. populaire ou difficile, qui semble vouloir en être le port étendard, ce qui aujourd'hui, étant donné les scènes auxquelles on a assisté, se retourne contre ce parti et sa rhétorique.
Alors vous avez évoqué justement la récupération par plusieurs parties. Il y a celle évidemment du Rassemblement national qui a saisi la balle au bon et qui récupère d'une certaine manière les événements en la voie notamment de Marine Le Pen. écouter.
pays est pris en étau, voire en otage, entre la violence et l'impuissance. 'un côté, les forces de la destruction qui banalisent la violence avec sa branche politique, LFI. De l'autre côté, nous avons un pouvoir macroniste à bout de souffle, épuisé, désorienté.
C'est un extrait de cette vidéo qu'elle a publiée sur les réseaux sociaux. C'est une stratégie qui peut s'avérer payante pour la présidente, enfin la présidente, non, pour la chef de file des
députés de Marine Le Pen. Oui, puis on a entendu Jordan Bardella dès hier, qui s'est rendu sur place, etc. Oui, c'est du pain béni pour le Rassemblement National à six mois du premier tour de l'élection présidentielle.
Qui lui-même a des difficultés du fait de la condamnation de Marine Le Pen aussi.
Il faut le rappeler. Oui, mais ça je pense que pour les... Franchement, je pense que pour les électeurs, en tout cas du premier tour du Rassemblement National, ce n'est pas quelque chose qui va jouer un grand rôle. En revanche, ça, ce bordel, le Premier ministre a employé le terme, donc voilà, je m'autorise à l'employé, ce chaos, évidemment, fait les affaires du Rassemblement National, parce qu'il y a les deux thématiques quand même qui... qui lui sont chers, c'est la faute à l'immigration, et nous, nous allons rétablir l'ordre, nous sommes le parti de l'ordre. Donc d'ailleurs, moi j'attends de voir dans les prochains jours les sondages qui vont paraître, et si ça profite au Rassemblement National, qui est déjà très élevé dans les intentions de vote, entre 30 et 35% des voix, on verra, mais je pense qu'il est possible, on va dire. que le score de Marine Le Pen au premier tour augmente encore parce qu'il y a évidemment dans la masse de la population, beaucoup de gens que ces images effraient, qui ont peur. Il y a les commerçants qui ont été littéralement terrorisés par ce qui s'est passé. Et donc oui, c'est un moment grave. Alors le gouvernement, là aussi il y a débat, vous l'avez indiqué, a annoncé les premiers couvre-feu. Ce n'est pas le gouvernement, c'est les préfets localement en accord avec les maires. Il a annoncé qu'il y aurait des couvre
-feux et les préfets ont précisé lesquels.
Il y a des couvre-feux, donc deux couvre-feux à Paris, autour de la place de la République et du quartier des Halles. Bon, certains disent, mais non, il fallait frapper plus fort, le pouvoir hésite, il aurait fallu… certains préconisent l'instauration de l'état d'urgence, qui est une loi qui a été votée… Bruno Rataillot, par exemple. Bruno Rataillot, voilà, par exemple, qui a été créée en 1955 sous la Quatrième République. Bon, pas par des excités nationalistes, c'était Edgar Ford et Pierre Mendès France. Mais effectivement, l'état d'urgence, là, on passe une étape. Donc il y a tout un débat sur est-ce que le pouvoir doit prendre des mesures graduelles et surveiller tout ça comme le lait sur le feu, ou est-ce qu'il doit… frapper très très fort tout de suite pour mettre un terme définitif, espère-t-il, aux violences.
Alors on est en pleine campagne, c'est incontestable, et c'est ce type d'événement qui le montre d'autant plus quand les anciens fidèles d'Emmanuel Macron se mettent à tacler à boulet rouge. Je parle évidemment de son ancien premier... Alors je parlais pour le coup d'Edouard Philippe, parce que c'est son ancien Premier ministre, son premier Premier ministre, avec qui il a géré la crise des Gilets jaunes. Écoutez ce qu'il disait ce matin. Hier soir. veut dire ce que ça veut dire, notre pays a besoin d'être commandé.
Ça veut dire qu'il ne l'est pas en creux. Il me semble que cette déclaration est quand même moins agressive pour le président de la République que celle que j'ai entendue de la part de Gabriel Attal, qui explique que du temps où lui était au gouvernement, le maintien de l'ordre s'était parfaitement bien déroulé, notamment… pour les Jeux olympiques de 2024. La question du rôle d'Emmanuel Macron, qui est parti à l'étranger, là, au lendemain de ce qui vient de se produire, donnant quand même l'impression d'une cabine du commandant. Il aurait dû annuler, selon vous, sa visite ? Il affirme justement que ce déplacement, a pour but de faire baisser les prix de l'essence, notamment, qui sont au cœur des revendications.
Assurer les approvisionnements de la France. Alors,
on serait ravis qu'Emmanuel Macron ait la capacité de faire baisser ces prix du marché qui sont dus, notamment, à ce qui se passe en Iran. Mais il me semble que c'est une décision qui est quand même assez surprenante, qui aurait peut-être pu attendre. quelques jours, parce qu'effectivement, le sentiment d'absence de contrôle des autorités au pouvoir aujourd'hui est quelque chose de très anxiogène, à mon avis, pour l'ensemble des Français en réalité.
Il a dû estimer que la situation n'était pas encore suffisamment grave pour qu'il annule un déplacement à l'étranger. pour lui, de cette importance, puisqu'il va quand même être beaucoup question de pétrole, d'approvisionnement, etc. Mais de toute façon, je pense que dans sa situation, il n'y a pas vraiment de bonne solution, parce qu'il serait resté là, bon, c'est quatre jours, c'est jusqu'à jeudi. Or, l'acte 2, c'est samedi. Le 24 octobre, le samedi, l'acte 2 des Gilets jaunes. En tout cas, de la part des Gilets jaunes. Donc, à priori, ça peut aussi bien se passer. Et puis après, il y a encore une date, là cette fois-ci c'est l'intersyndicale, le 5 novembre. Donc a priori, il n'y aurait que le week-end du 31 et 1er qui serait calme, on verra bien. – L'Halloween,
donc il peut y avoir des risques d'ailleurs. – Il y en a tout ça, les Français vont se
recueillir dans les cimetières. Bon bref, on verra bien, mais moi je trouve que les deux s'entendent, c'est-à-dire que… Une des revendications, c'est aussi la charreté de la vie. Donc que le chef de l'État dise, bon job, c'est aussi d'aller là-bas dans la région aux produits du pétrole, pour essayer. Après, on verra ce qu'il en ramène, ça aussi. Il faudra voir ce qu'il en ramène, si il en ramène des bonnes nouvelles. Et qu'il reste là, personne ne sait vraiment ce qui va se passer dans les jours qui viennent.
on en parlera dans notre prochaine édition de la visite d'Emmanuel Macron. Et oui, malheureusement, le temps passe vite dans les pays du Golfe. Merci Nia Gallet, merci également Bruno, merci à vous. Restez avec nous, la suite de L'Essentiel, donc dans un instant.
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