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On écoute Mathilde Panot, la présidente du groupe LFI.
Consacrer l'opposition comme toute puissante pour mieux la brutaliser, c'est la stratégie des régimes autoritaires. Les plus dangereux d'entre vous rêvent déjà de nous interdire. Peu importe que nous réprouvions la violence dans les manifestations, peu importe que notre candidat Jean-Luc Mélenchon les répétait dix fois depuis le début du mouvement, nous accuser vous épargne de tirer les conséquences politiques du moment que notre pays traverse. A présent, vous franchissez un seuil inadmissible. Parole de commissaire dans Mediapart, je cite, il y a des choses indicibles. Quand on nous demande texto d'écrire que c'est LFI qui est derrière le mouvement, alors que c'est objectivement faux de l'avis général des renseignements territoriaux, forcément, on a des décisions politiques. Vous en êtes réduit à faire mentir une administration. Monsieur le Premier ministre, si vous souhaitez tant nous prêter tous les pouvoirs, il fallait accepter le résultat des urnes lors des dernières législatives. Voilà ce que nous ferions à votre place, accéder aux revendications politiques car c'est le seul moyen de répondre à une mobilisation. Vous allez jusqu'à tenter des mises en scène grossières d'arrestations de parlementaires insoumis. Hier de Rima Hassan à l'aéroport, aujourd'hui de Raphaël Arnaud sur le quai d'une gare. Votre propagande politicienne est en train de s'effondrer. Monsieur le Premier ministre, vous êtes dangereux pour la démocratie. Vous ne gouvernez pas, vous vous contentez de durer. Quand on n'a plus rien à dire au pays, quand il ne vous reste que la répression, c'est le signe qu'il faut partir.
Merci Madame la Présidente Panot. La parole est à Monsieur le Premier ministre.
Merci beaucoup Madame la Présidente de l'Assemblée nationale. Mesdames et Messieurs les députés, Madame la Présidente Panot, il vous reste deux secondes. Condamnez-vous l'incendie de la mairie de Limoges dont ce matin un premier suspect a été interpellé et appartenant à l'ultra-gauche.
n'avez pas eu un mot pour le jeune qui a perdu une main à Saint-Etienne.
Madame la Présidente,
c'est le moment,
comme je vous le disais, de la grande clarification. Toujours la même rhétorique, celle qui consiste à semer le chaos et ensuite à se victimiser par le mensonge ou l'anathème. La manière dont vous avez instrumentalisé avec les membres de la France Insoumise cet article de Mediapart qui fait état d'un off d'un commissaire de police anonyme est absolument scandaleuse. Il n'y a pas de renseignements politiques. En France, la force de police ne travaille pas sur les oppositions. Mais comme à chaque fois, vous êtes obligés de mentir et de vous vautrer dans les grands outrages pour justement créer le désordre. Et maintenant, vous allez pour éluder la responsabilité d'un certain nombre de vos proches ou de vos membres jusqu'à jeter l'anathème sur la justice, comme Jean-Luc Mélenchon vient de le faire à l'instant sur Twitter. dans la réquisition du parquet contre Rima Hassan pour apologie du terrorisme. Rien que cela. Madame la présidente Panot, je ne cherche pas à vous interdire. Personnellement, je veux vous combattre politiquement, dans les urnes, dans le cadre d'un exercice démocratique, comme je le fais à chaque fois avec vous. Je ne m'abrite pas derrière les services de l'Etat. Je vous réponds à chaque fois, droit dans les yeux, pour une simple et bonne raison. C'est que nous n'avons pas peur. Vous ne nous faites pas peur. Et quand on regarde les différentes déclarations de vos proches, le NPA, M. Poutou, son tweet... Le gouvernement nous demande de choisir notre camp. Je poursuis. D'accord. Alors pour nous, ça sera le camp des manifestants, ça, normal, des émeutiers de la jeunesse révoltée, des opprimés et du désordre. Monsieur Poutou était candidat du NFP aux élections législatives. De la clarté, la jeune garde, le député Raphaël Arnaud, jeune garde dissoute par le Conseil d'État. pour valorisation de la violence, préparation aux affrontements violents, absence de canonisation des violences. Le député Raphaël Arleau, lui-même condamné définitivement pour violence volontaire en Réunion en 2024. Solidaires étudiants. dont vous êtes proche, communiqué de presse du 18 octobre dernier, les casses, je cite, sont réfléchies et faites sur des emblèmes du capitalisme. Je continue, les patrons ne pleureront pas quelques vitrines pendant qu'ils se goinfrent avec le fruit de notre travail. Nous, on vient enfin acheminer le ruissellement, je cite, écoutez bien, en venant se servir directement à la source, appel au pillage. Je crois que le député Aurélien Lecoq a commencé dans cette institution qui est solidaire, étudiant la réalité de fait. Je vous avais dit, après la mort tragique de Quentin... qu'il fallait faire effectivement le ménage dans vos rangs, dans vos paroles et dans vos idées. La réalité, c'est que j'étais bien naïf parce que votre agenda politique d'installer la violence et le chaos dans le pays est bel et bien là. Donc oui, vous avez effectivement choisi votre camp, madame la présidente Pannot. C'est le camp de la honte et nous vous combattrons.
Merci, monsieur le Premier ministre. à M. Jordan
-Guitton pour le Rassemblement national. On vient d'entendre cet échange entre Mathilde Panot, présidente du groupe LFI à l'Assemblée, et le Premier ministre Sébastien Lecornu. Mathilde Panot qui dit accuser LFI, empêcher les manifs, c'est une stratégie des régimes autoritaires. Le gouvernement met en œuvre une propagande politicienne. Vous devez partir, vous êtes dangereux. Réponse de Sébastien Lecornu qui dit LFI a une stratégie, c'est semer le chaos et ensuite se victimiser. Vous avez un agenda politique. installer le chaos. Qu'est-ce que ça va donner dans les prochaines semaines quand on voit cet affrontement extrêmement virulent entre LFI et le gouvernement ?
J'ai du mal à comprendre la stratégie de Sébastien Lecornu. On voit bien celle de LFI. On commence par attaquer Laurent Nunez qui paraît être le plus agile. Il s'est regonflé au cours de la séance et on termine. par Mathilde Panot, la présidente du groupe, sachant que c'est le Premier ministre qui lui répondra, parce que la tradition, c'est que le Premier ministre réponde au président de groupe. Tout au long de cette séance, Sébastien Lecornu a de plus en plus accusé LFI en disant « on aura bientôt des preuves ». Ce qui veut dire qu'il ne les a pas encore. Donc quand il parle de planification d'un schéma insurrectionnel, où il a les preuves, où il ne les a pas. Tout ça paraît un peu confus ou prématuré, et en tout cas pas très précis. Or, dans une situation de crise, il faut être extrêmement précis. Et le Premier ministre ? n'a pas donné le sentiment de l'être, il n'a pas énormément parlé des revendications des lycéens, du problème du pouvoir d'achat, c'est ce qu'attendent les Français. En revanche, El Afi déroule son projet avec les pastilles qui pourront ressortir sur les réseaux sociaux dans la logique de leur mouvement. Et ce que je comprends encore moins bien de la part du Premier ministre, c'est qu'il dit « je ne cherche pas à vous interdire », ce qui aurait pu être la conclusion logique s'il dit qu'il y a... une planification insurrectionnelle pour semer le chaos, en disant, souvenez-vous, à l'extrême droite, on a aussi eu des attentats, ce qui sous-entend qu'on pourrait en avoir du côté de l'extrême gauche. Je ne cherche pas à vous interdire, mais à vous combattre dans les urnes. Mais les urnes, ce n'est pas son sujet. Il n'est pas candidat à la présidentielle. Son sujet, c'est de maintenir un pays qui part à feu à essence, de le maintenir dans la sérénité et de faire en sorte que la campagne présidentielle puisse se dérouler et se développer avec des arguments et des visions différentes et identifiées que les Français fassent leur choix. Donc, le positionnement de Sébastien Lecornu n'est pas extrêmement clair. Donc, la confusion est de son côté. On peut contester ce que dit LFI. Mais leur vision est claire. Leur positionnement est clair. Celui du Premier ministre, malheureusement, ne l'est pas.
Emmanuel Henriière, la position du Premier ministre est extrêmement délicate. Il n'est pas candidat, jusqu'à maintenant, pour 2027. Et en même temps, il est en train de faire de la politique. Il ne gère pas les affaires courantes, comme le suggérait Marie-Ève tout à l'heure.
Il ne peut pas faire ça. Le risque dans ce contexte, d'ailleurs, dans tout ce
contexte qui
est chargé émotionnellement... est aggravée par la perspective de 2027, c'est de poser des diagnostics rapides et simples sur des choses qui sont extrêmement compliquées. Quand on commence à regarder, ça ne vaut pas du tout étude les profils des premières comparutions immédiates sur des faits soit de pillage, soit de dégradation de biens publics. On voit que c'est difficile de mettre un qualificatif, une case ou une étiquette politique sur les personnes qui ont été interpellées et ensuite pour celles qui ont été condamnées ayant subi une condamnation. Et s'ajoute à cela, en élément de contexte, qu'on est aussi en pleine discussion budgétaire. La discussion budgétaire s'annonçait épouvantablement compliquée avant. Les élénements et le mouvement lycéen. Donc voilà, on ne peut que partager et d'une certaine manière s'inquiéter de l'état d'esprit de la France et des Français.
Et quel impact ça va avoir sur le vote ? Est-ce que ce à quoi on assiste avec une forme de radicalisation du discours de part et d'autre, est-ce que ça peut avoir comme effet de mobiliser les électeurs en fait ? De se dire effectivement, il va falloir aller voter parce que là, l'enjeu... est excessivement important quand on radicalise comme ça les discours. Est-ce que ça peut me mobiliser ?
D'ici le mois d'avril, il peut se passer énormément de choses. Il y aura une mémoire de cela, c'est évident. Mais si je vais m'avancer, c'est probablement sur cette hypothèse-là. C'est que finalement, la dramatisation de l'échéance de 2027 risque d'être importante de ce point de vue-là. Évidemment qu'on peut penser que le Rassemblement national tire ses marrons, parce qu'il a des réponses très simples, très rapides à tout cela. Maintenant, la mobilisation de la jeunesse peut être un élément... clé aussi, d'ailleurs, ce sur quoi compte beaucoup la France Insoumise aujourd'hui.
Ariane Amadi, un dernier mot ? Oui. Quel impact ça peut avoir effectivement dans l'opinion publique, ce type d 'affrontement
politique ? Moi, je pense que ça va contribuer, enfin, ça contribue à bipolariser entre la France Insoumise et le RN le match. J'attends de voir peut-être les premiers sondages. Vous savez, vous disiez, Sébastien Lecornu à un moment a dit je parle de violences urbaines et pas de manifestations lycéennes. C'était le premier clivage. Je vais vous dire un truc personnel. J'ai fait un sondage sur mon Instagram sur violences urbaines ou manifestations lycéennes. J'ai eu 70% manifestations lycéennes, mon compte Instagram professionnel, je parle, et 30% violences urbaines avec des gens qui m'ont écrit. personnellement, des choses disant que... Pourquoi je vous dis ça ? C'est pour aller dans le sens de la radicalisation
de
l'opinion publique, en fait. Donc moi, je pense que, oui, on est en train d'arriver à un match LFIRN.
Un dernier mot, peut-être, Serge ?
Oui, le Premier ministre... C'est une question au
gouvernement qu'on a suivie. Oui, oui. On voit bien
que... Le gouvernement est dans la difficulté par rapport à ce qu'il va essayer d'éviter ce week-end, après ce qui s'est passé le week-end dernier. Il n'a pas forcément les réponses parce qu'il laisse entendre quand même qu'il y a eu un certain nombre de ratés. Donc on verra comment les choses se passent. En parallèle, vous avez tout un tas de sujets qu'on a évoqués qu'il va falloir régler. La discussion budgétaire qui continue, la question de la sécurité qui va se poser. Mais clairement, le Premier ministre ne cesse de dire qu'il n'a pas d'agenda politique. S'il y en a un qui a un agenda politique, c'est lui. Il regarde les sondages aujourd'hui. La volonté de disqualifier la France insoumise, et comme l'a dit Marie-Ève Malouine, on peut après regarder ce que dit et fait la France insoumise, mais la volonté de disqualifier pour que le deuxième tour oppose éventuellement Marine Le Pen, comme il disait le sondage, à quelqu'un du Bloc central. qui ne soit pas Jean-Luc Mélenchon, est en cours. Et c'est une politique dangereuse, comme on dit, quand on ne sait pas lancer un boomerang, parfois il vous revient dans la figure.
Merci beaucoup à tous les quatre d'avoir été sur ce plateau dans le Filinfo cet après-midi.
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