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On entend là le Premier ministre qui, ça fait plusieurs fois qu'il le dit, qu'il y aura un dispositif massif samedi. Après l'échec, après le fiesco de samedi dernier, ça va être une journée test pour le gouvernement samedi prochain.
mais test de quoi ? Test de nouvelles doctrines de force de l'ordre, d'être encore plus violents vis-à-vis de qui exactement ? Est-ce qu'ils vont réussir à empicher les pillages et la casse ? Ou est-ce qu'ils vont aussi s'en prendre aux manifestants et aux manifestantes qui vont venir parce qu'il s'agira d'un jour de mobilisation sociale et qu'ils auront des revendications ? C'est ça aussi ce qui s'est passé samedi, c'est que vous avez quand même entre 500 et 800 000 personnes qui se sont déplacées dans la rue et qui ont vécu en fait... aussi, Sénas, de la part de la police, ce qu'ils considèrent, à mon avis, tout à fait à raison, comme des violences policières, qui ont vu cette présence, en fait, dans l'espace public de policiers, alors qu'ils venaient juste dire, attendez, nous, on considère qu'on est dans un ordre injuste, les lycéens, c'est pas possible, genre, ce qu'ils vivent, etc. C'est-à-dire que le mélange, en fait, entre ces deux, on va dire... Ces deux sentiments, à la fois les images que l'on voit et parfois ce que l'on vit avec les commerces vandalisés, etc. Et d'autre part, la réalité de ce que c'est qu'aujourd'hui manifesté se mélange complètement.
Plusieurs fois, il a dit « je suis un républicain, démocrate, je veux défendre le droit à manifester, mais…
» Mais comment il le défend ? Le droit de manifester, c'est aussi le droit d'écouter ce que disent les manifestants. Le fait de dire aux gens, vous pouvez aller dans la rue, vous pouvez être des millions, comme par exemple pour la réforme des retraites. Et puis de toute façon, on ne vous écoutera pas parce qu'on fera quand même passer la réforme. Ça, ce n'est pas possible, ce n'est pas acceptable. Regardez, demain, il réunit les syndicats. Pourquoi il n'y a pas les syndicats patronaux ? Pourquoi est-ce que demain, il n'y a que la CGT, la CFDT, FO et les autres ? Il n'a pas invité les syndicats patronaux parce qu'en fait, il veut leur dire, écoutez, ce n'est pas bien, il va falloir que ça se tienne bien dans la rue. Mais il ne s'agira absolument pas demain dans la Réunion de dire, bon, en fait, les syndicats de salariés, c'est-à-dire ceux qui en partie... organise le mouvement social. Ce qu'il demande, c'est une augmentation des salaires et plus de justice fiscale. Voici les deux principales demandes. Mais ça, il n'en est absolument pas question. La seule chose, c'est qu'il va... J'imagine déjà... la réunion, où il va leur faire la morale, en leur expliquant que ça serait bien que ça se tienne bien le 5 novembre, et s'ils pouvaient donner un coup de main aussi samedi prochain, ça serait encore mieux. Ce n'est pas que ça, la démocratie sociale. Ce n'est pas comme ça que fonctionne un syndicat. Et d'ailleurs, ce qu'il a dit tout à l'heure en disant, non, non, mais les syndicats, là, ce n'est pas le moment de manifester parce qu'il faut attendre la présidentielle. Mais ça ne fonctionne pas comme ça, un syndicat. Mais c'est une absence de connaissance, en fait, de l'histoire de la démocratie sociale en France. Comme en l
'occurrence, l'idée était aussi peut-être de dire, avec un gouvernement que lui-même a dit le plus fragile, le plus faible de la Ve République, sur le départ, avec une présidentielle de six mois,
qu
'est-ce qu'ils peuvent obtenir ? Vous avez tout à fait raison. Mais la question se pose, ce qu'ils peuvent obtenir dans les six prochains mois.
Mais il est d'autant plus sur le grill qu'il assume dix ans de pouvoir macroniste. Et ce bilan-là, il en est comptable, même s'il n'est pas là depuis le début, Sébastien Lecornu. Il n'est pas à ce statut-là, à ce poste-là. mais il en est comptable. Et si vous prenez les négociations obligatoires annuelles qui vont arriver, les salariés, ils vont tous les avoir et ils ont besoin, les négociations par branche, savoir qui va être encore sous le SMIC à partir du 1er janvier prochain, parce que dans certaines branches, il y a des gens qui bossent sous le SMIC. Ça, c'est dès le 1er janvier prochain. Et les gens, ils n'ont pas la force ou la joie de pouvoir attendre le 2 ou 3 mai. prochain, je ne sais plus quand est le deuxième tour de l'élection présidentielle. Donc, il y a un vrai problème. Il y a une incompréhension, en fait, de ce qui est en train de se passer. Là, il y a un hiver, en fait. L'hiver, les gens, ils vont avoir froid. Ils vont devoir se chauffer. Ils ne vont plus pouvoir prendre la voiture. Et dans les écoles, il ne va toujours pas. Il va toujours faire aussi... Ça va toujours être aussi compliqué d'apprendre, de s'instruire. Donc, tout ça, c'est tout de suite, en fait, que les gens veulent des réponses. Pas après-demand.
Parce que la question, effectivement, c'est là, que peut faire ce gouvernement sans majorité, sans
budget, pour le moment. La vérité, c'est qu'il peut faire très peu de choses. Je veux dire, je suis d'accord avec tout ce que vous dites sur la question de l'urgence sociale et le fait que gens qui nous écoutent ont sûrement des factures qui regardent en se disant comment je vais faire en décembre, est-ce que je vais acheter des cadeaux pour mes enfants à Noël ? Je suis d'accord, mais la vérité... C'est que ce gouvernement, et ça, moi, je trouve ça intéressant en termes historiques par rapport à d'autres périodes, on a atteint un degré d'impuissance étatique qui est absolument faramineux. Et contrairement à, par exemple, des moments où Emmanuel Macron pouvait être critiqué, là, les gens, je pense qu'ils ont conscience que c'est la bérésina. C'est-à-dire que financièrement, on ne peut pas aligner. Et ça, ça veut dire des choses très concrètes. Par exemple, il y a quelque chose qu'avait fait François Hollande. Moi, je m'en fiche, je n'ai pas d'action chez François Hollande. Par exemple, on pouvait encore faire... une prime d'activité, des petites choses qui pouvaient aider les gens. Aujourd'hui, tout le monde sait que ce n'est pas possible. Ensuite, sur la question des commerçants qui ont vu leur commerce complètement pillé, etc., ils savent qu'il n'y a pas d'argent. Ils
savent
que...
C'est des décisions politiques et ils pourraient revenir dessus. Ils pourraient dire, attendez, il y a tout le monde qui veut de la justice fiscale et de la justice sociale. Peut-être qu'on va enfin mettre un peu à contribution les patrimoines les plus riches et les entreprises qui font le plus de bénéfices. Et tout ça, là-dessus, ils ont une espèce de surdité, un logiciel qui les empêche de voir la réalité de ce que demandent les gens pour le coup. Et c'est ce justice-là qui crée une tension pas possible dans le pays.
Mais par exemple, moi je pense, mais bon là encore une fois je sors un peu de mon rôle de communicante, mais je pense que la question, pour moi il y a une question absolument pas fondamentale en France, c'est quand vous commencez à 1700 euros net, disons vous commencez à 1700 euros net, vous finissez 30 ans après à 2100 euros net. Ça c'est pas possible. Ça pour les gens c'est pas possible. Donc il y a une question. plus que juste la question de taxer les riches ou de taxer les grandes entreprises, il y a une question fondamentale en France qui est liée notamment au salaire minimum et à comment on gère autour du salaire minimum, qui est comment assurer la progressivité salariale. Quand vos enfants font des études, ce que je finis juste là-dessus, le grand luxe des études, c'est de savoir qu'on commence à 2004-2005 et qu'on peut finir à 5000-6000. La plupart des gens, ce n'est pas ça. Ils ont 400 euros nets d'augmentation entre le moment où ils commencent et le moment où ils arrêtent. Emmanuel Rivière, après je vous donne la parole, Serge.
De fait, il y a un malaise profond qui a plusieurs dimensions. La plupart des Français pensent que la société est injuste. Ils n'ont pas la même lecture de ces injustices. Mais donc, nécessairement, quand on leur dit qu'on peut aller marcher dans la rue pour le dire, s'ils retrouvent finalement des profils et des mots d'ordre et des revendications extrêmement disparates. Il y a ce que a rappelé très bien Ariane Hamadi. une crise de l'État dans la perte de ses moyens. Et ça n'est malheureusement pas que l'État. Les collectivités locales aussi sont exemptes, qui pourraient prendre le relais sur la question des centres-villes. Et cette impuissance des moyens financiers est doublée d'une impuissance politique, comme ça a été rappelé. Donc on fait quoi de ça ? Il y a le grand débat qui s'ouvre, et puis il y a les petits débats qui ferment. On ne peut pas dire que la gestion du mouvement par le gouvernement ait été de ce point de vue-là exemplaire. La tentation de qualifier très vite le mouvement des lycéens de violences urbaines, pour le disqualifier en quelque sorte, n'a pas vraiment arrangé les choses. Samedi, je crois qu'on a bien vu la différence entre
un
mouvement lycéen avec des débordements très condamnables, la Samedi des lycées, c'est absolument pas acceptable. et un mouvement massif de violences urbaines. Sauf qu'on a dit pendant trois semaines, ce mouvement s'est devenu des violences urbaines, donc on nous donne le sentiment de ne pas écouter. Il se trouve qu'avec quelques-uns, on a lancé une association qui s'appelle Écoutez-nous, qui a commencé par une grande enquête, qui organise partout en France des débats, où on voit des gens de tous bords, de tous horizons, de toutes origines, se retrouver dans des salles et discuter posément. de l'avenir de pays, y comprendre que les solutions de court terme, ça ne marche pas, que les solutions radicales, ça marche moins bien que le compromis, etc. Donc, en fait, on crée des salles, on a exactement le contraire de ce à quoi on est en train d'assister à l'Assemblée nationale. Est-ce que ces personnes ont l'espoir
que là, en 2027, les choses changent
souhaite que l'échange change, mais il nous dit tout simplement, passons-nous, en fait. Donc la solution, il la propose, c'est en écoutant les Français, en considérant qu'ils ont des choses à dire et que ça mérite d'être entendus pris en compte, on arrivera à s'en sortir parce que ce pays a énormément d'atouts. Mais passons-nous.
Oui, Serge. ce qui est quand même assez étonnant, si on enlève ce qui s'est passé ce week-end. C'est quand même un Premier ministre qui a lui-même mis en scène son incapacité à gouverner en disant « je suis le Premier ministre le plus faible de la Ve République ». Et il ne cesse de renvoyer un certain nombre de sujets, sans doute de manière sincère, à la présidentielle. Donc qu'est-ce qu'il reste ? Il reste des affaires courantes, voire des affaires galopantes, dont un budget dont on ne sait pas s'il sera voté. Et un certain nombre de revendications qui arrivent avec les lycéens. Il n'a pas réglé tous les problèmes des agriculteurs. Le problème de la vie chère, alors qu'il n'est pas du fait... de la France, mais de la crise internationale, mais quand même, ça ne fait pas baisser pour autant, pour l'instant, le prix des carburants. Et il redit devant l'Assemblée nationale, il essaye quand même de raccrocher les wagons en disant, il y a des revendications, je recevrai les syndicats, mais les syndicats, par rapport, Pablo le rappelait, à la sécurité des manifestations, à la sécurisation des manifestations, pas pour une espèce de grenelle contre la vichère. Donc on voit bien que cette manière de mettre en scène cette incapacité lui revient comme un boomerang. Il ne lui reste que quoi aujourd'hui à dire ? C'est clairement... Je vais essayer de régler un certain nombre de problèmes et puis on verra la présidentielle. Mais pour autant, le débat budgétaire, je ne dis pas que j'ai la solution, mais il y a un certain nombre de sujets qui vont être réglés autour, par exemple, de l'éducation nationale. Il y a une façon de changer le logiciel. Il y a moins d'enseignants dans le budget, dans le projet de loi de finances. Peut-être que ça peut inverser les choses. Est-ce que les régions vont accepter de mettre un peu plus au pot pour le bâti des lycées dont c'est la compétence ? après avoir perdu sur trois ans près de 3 milliards d'euros. Donc il y a un certain nombre de choses comme ça qui peuvent être amorcées. Ça ne va pas régler le contexte global, mais cette animosité dont on parle, cette volonté d'apaisement appelée de ces voeux par Emmanuel, clairement, dans une assemblée morcelée comme cela, avec ce qui s'est passé le 17 et 18, et on verra ce qui se passe le 24, et avec une présidentielle, pardon, mais effectivement, sans mauvais jeu de mots, la mèche est allumée et on s'est rapproché du baril avec une grande vitesse. Et un dernier point. On a parlé pendant des jours et des jours avant le 17 de la convergence des luttes. Et on a vu quoi ? Une confusion des genres. Et ça, pour le gouvernement, il l'a dit le Premier ministre. C'était inédit. C'était une capacité. On n'avait pas la capacité à tout voir. Quand on parle de services de renseignement, ce n'est pas un aveu de faiblesse. Pardon, c'est que clairement, quelque chose n'a pas fonctionné. Comme disait Emmanuel Macron, ce n'est pas un échec, ça n'a pas fonctionné. Donc on a tous ces éléments-là qui font que l'apaisement, il pourra venir de mesure. de liberté par rapport aux manifestations, mais aussi de mesures palpables en termes budgétaires. Et le débat qui est un peu reporté sur les recettes, l'éducation nationale, je crois que c'est mi-novembre. On verra bien s'il n'y a pas un moyen là aussi de gouverner.
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