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Madame la Présidente, Monsieur le Premier Ministre, il n'y a pas de camp à choisir. Il n'y a rien qui puisse se construire dans la violence et le désordre. Il n'y a pas d'alternative à l'ordre et à la paix civile. La loi de la violence est la loi de la meute et la loi du plus fort. Et c'est l'exact inverse de la démocratie. La violence débridée, ce ne sera jamais une réponse aux inquiétudes des jeunes et de leurs parents qui s'interrogent sur leur avenir et celui du monde. Ni une solution à la crise du pouvoir d'achat ou à la peur du déclassement. Et leur désordre finit toujours, tôt ou tard, par engendrer la servitude et d'abord par frapper les plus faibles. La violence, c'est la paralysie. Ne rien y céder, c'est la condition même pour apporter des solutions concrètes. Ceux qui érigent la violence en alternatif politique ou ceux qui espèrent prospérer sur le chaos portent la responsabilité de désespérer un pays qui sait pourtant se dépasser lorsqu'il s'unit. S'unir contre la violence, ça ne devrait pas être une question. Et pour nous, députés démocrates, ça n'en est pas une. Rétablir l'ordre et la paix civile, c'est le moins que l'on doive aux Français. Mais nous devons aussi avancer pour bâtir, pour réparer, pour réconcilier. Monsieur le Premier ministre, vous réunissez jeudi les forces politiques à Matignon. C'est nécessaire. Mais les Français qui ressentent de la honte et de la colère attendent surtout des actes. Comment entendez-vous garantir durablement la paix civile et protéger les Français? Sans quoi rien ne sera possible. L'ordre rétablit comme préalable à tout. Quelles initiatives politiques comptez-vous prendre pour redonner des perspectives à notre jeunesse et engager notre pays sur le chemin de la réconciliation? Je vous remercie. La parole est à monsieur le Premier ministre.
Merci beaucoup, madame la présidente de l'Assemblée nationale. Mesdames et messieurs les députés, monsieur le ministre, monsieur le président Marc Fainaut, permettez-moi à travers votre question, mais aussi les questions qui suivront, de développer des thèmes assez différents. Au fond, votre question pose bien le débat. Oui, l'ordre public est le préalable à tout. Et dans une démocratie qui fonctionne, dans ce préalable à tout... contrairement à ce que nous venons d'entendre, nous croyons en la responsabilité individuelle. Lorsqu'il y a de la casse et des pillages, ce sont les casseurs et les pilleurs qui sont responsables et non l'introduction d'une rhétorique qui laisserait à penser que les pouvoirs publics seraient à l'origine de cette casse et de cette pille. Si l'ordre public est le préalable de tout... Monsieur le ministre, le soutien aux forces de sécurité intérieure est le préalable de tout. Mille policiers et gendarmes blessés le week-end dernier. Il faut que la représentation nationale leur apporte un soutien clair, franc et massif, car ils sont les policiers et les gendarmes, non pas d'un gouvernement, mais de la République, des gouvernements précédents, des gouvernements précédents. Et aussi des gouvernements qui suivront. C'est la permanence de l'Etat. Ce qui vaut pour les policiers et les gendarmes, vaut pour les enseignants, vaut pour celles et ceux qui rendent le service public. Je m'étonne de devoir rappeler à chaque fois cette évidence, car c'est la permanence de la République. Chemin faisant, monsieur le ministre, je vais me permettre, par votre question, puisque c'est la première, de revenir avec ordre et méthode sur plusieurs éléments. Le premier, c'est la transparence, car le gouvernement le doit aux représentants de la nation que vous êtes. D'abord, transparence sur l'état de la menace et ce qui s'est passé exactement samedi dernier. transparence sur ce qui n'a pas fonctionné pour y mettre aussi un tout petit peu de rationalité, de raison dans un débat politique préélectoral qui démarre aussi assez fort et dans lequel, je le sens bien, le Yaka Foucon est assez présent dans l'ensemble des matinales radio. La première des choses, il faut le comprendre, ça fait depuis très très longtemps et de manière structurelle qu'il n'y a pas eu autant de rassemblements non déclarés. non signalé. Et vous le savez, vous avez été ministre de l'Agriculture en plus. Dans l'organisation de l'expression de la liberté syndicale, on en parlera demain, il y a la nécessité pour sécuriser celles et ceux qui veulent manifester, y compris parce qu'ils ne sont pas d'accord avec la politique du gouvernement, des systèmes de déclaration qui doivent être respectés. Il y aura une commission d'enquête parlementaire, je vois le président de la commission des lois, c'est la première des choses sur laquelle il faudra revenir, sans compter les difficultés liées à la scission des cortèges. La deuxième des choses, monsieur le ministre, c'est... et les services de renseignement y reviendront devant vous, j'imagine, pendant cette commission, c'est un mode opératoire inédit, dans la manière dont un certain nombre d'attaquants et de personnes violentes s'y sont pris samedi dernier. D'habitude, pour être un peu schématique et direct, vous m'en excuserez. Les violents s'insèrent dans les cortèges et créent la pagaille et le chaos, les gouvernements précédents ici en savent quelque chose, en fin de cortège et en fin de manifestation. Pour la première fois, on a un mode opératoire. On l'a vu dès le début du départ du cortège de la CGT à Paris. On l'a vu à Marseille, dès le matin, où un certain nombre d'individus violents de l'extrême-gauche radicale et de l'ultra-gauche ont décidé de fonctionner en essaim et de semer la violence avec... méthode avec une organisation numérique. Quand on parle de celles et ceux qui ont cassé, mesdames et messieurs les députés de la France insoumise, vous avez quand même une difficulté à l'entendre et à l'assumer. On y reviendra. La réalité, c'est que ce mode au territoire, évidemment, il a créé une confusion dans la manière de gérer l'ordre public tout au long de la journée. Troisième des choses, et nous en produirons les preuves, monsieur le ministre, c'est évidemment la planification en certains endroits d'un schéma insurrectionnel. menés par des groupuscules d'extrême-gauche et de l'ultra-gauche. Là, ce qui s'est passé sur la mairie de Limoges en est un exemple. Vous avez une première interpellation qui a été faite ce matin. Garde des sources exprimées, je n'y reviens pas. Cet individu interpellé est malheureusement connu déjà des services. Et particulièrement puisqu'il était fiché S. Donc on aura du mal à être dans une naïveté béante ou dans une forme de négation de la réalité de la participation de ces groupuscules violents dans cette affaire. Pareil sur l'ensemble des mouvements qui se sont organisés et qui souhaitaient notamment marcher sur l'Elysée. Et je crois que lorsqu'on est républicain ou démocrate, quel que soit son sentiment sur la personne du président de la République, dans notre démocratie, on ne tolère pas que des groupuscules factieux puissent marcher sur l'Elysée, sur Matignon, parce que c'est aussi le cas évidemment de l'Assemblée nationale ou le Sénat. Et l'ensemble de la démocratie représentative doit aussi défendre cette réalité, y compris celles et ceux qui sont... députés. Enfin, phénomène sur lequel nous aurons l'occasion de revenir, c'est le dernier mouvement dans la journée de samedi que l'on retrouve le soir du dimanche. C'est évidemment une rejointe par une délinquance plus générale, jeunes majeurs ou mineurs déjà confirmés, on va dire ça comme ça, avec là pour le coup beaucoup d'interpellations, j'y reviendrai dans un instant, mais dont le seul objectif n'avait rien de politique. Évidemment, c'était un objectif de pillage avec comme point commun une coordination par les réseaux sociaux. Ce qui n'a pas fonctionné... La première, la capacité de notre renseignement à tout voir. Notre renseignement a vu beaucoup de choses, mais pas tout. Ce qui vient encore créer une opprobre et une nouvelle infamie par les députés de la France Insoumise en laissant à penser que la police de la République se livre à du renseignement politique. C'est faux depuis les années 90. Vous le savez très bien. Il n'est pas besoin, là aussi, de... mentir et de faire circuler de fausses informations. Et comme le ministre de l'Intérieur l'a dit, il est impensable qu'un gouvernement puisse donner de pareilles instructions. Deuxième des choses, le dispositif mis en place, monsieur le ministre, Marc Fainaut, était un dispositif, au fond, trop statique et pas assez mobile. Et pour dire les choses aussi précisément, vous y reviendrez, j'imagine, dans le cadre de cette commission d'enquête, le ministre de l'Intérieur. a déjà pris la parole sur le sujet. On voit bien qu'à Paris, c'est la brave M qui a fait preuve de beaucoup d'efficacité parce que, précisément, face aux esseins de délinquants, de pilleurs ou de casseurs, c'est l'utilisation plus mobile des forces qui a été efficace. De cela, nous en tirerons évidemment un certain nombre de conclusions assez rapides. Troisième chose, le ministre de l'Intérieur et le ministère de l'Intérieur ont fait un choix. Et moi, je le respecte, pour aussi d'ailleurs avoir porté l'uniforme, c'est le fait de ne pas avoir annulé les congés longue durée pour les policiers et les gendarmes qui avaient été largement sollicités en Hexagone et en Outre-mer. Et je le rappelle, s'il n'y a pas de bavure ou de nombreuses bavures hors celles que l'IGPN est en train de regarder au cas par cas et qui ne sont pas la majorité du genre, contrairement à ce que certains veulent bien raconter, c'est aussi parce que le repos physiologique du fonctionnaire de police et du militaire de la gendarmerie fait aussi partie des décisions de commandement. De cela, je voulais aussi vous en rendre compte. L'objectif est assez simple, c'est le retour à l'ordre immédiat. La première des choses, ce sont ces couvre-feux. Et ces couvre-feux localisés sont efficaces. En tout cas, cette nuit, ça a permis de ramener le calme dans le cadre d'un dialogue entre les maires et les préfets. Et cela, évidemment, nous y reviendrons aussi dans les jours qui viendront. Ensuite, la judiciarisation. Deux types de judiciarisation, le garde aussi a pris de nombreuses fois la parole et je le remercie depuis maintenant plusieurs jours. Une judiciarisation à chaud, nombreuses interpellations, nombreuses gardes à vue évidemment samedi et dimanche dernier, mais aussi une judiciarisation à froid, notamment sur les pillages. Nous avons enclenché des moyens judiciaires et d'enquête notamment du côté du ministère de l'Intérieur. inédits parce que nous disposons d'énormément de pièces à conviction, d'images, de vidéos qui vont nous permettre de multiplier dans les jours qui viennent beaucoup d'interpellations, notamment sur l'ensemble de celles et ceux qui ont volé pour la plaque parisienne pour vous donner un chiffre. C'est 200 enquêteurs qui sont mobilisés uniquement pour ce faire. Ensuite, il faudra avancer sur la réparation civile. Bien nous a pris de présenter en Conseil des ministres le projet de loi Casseur-Payeur. On ne peut pas au moment... où nous avons autant de difficultés d'argent public. à chaque fois faire appel aux contribuables et à la solidarité nationale pour réparer ce que les casseurs ont cassé. Cette responsabilité civile, la capacité à aller chercher sur les comptes bancaires de celles et ceux qui ont cassé, y compris sur les allocations sociales, en tout cas certaines d'entre elles, est absolument indispensable. Je veux que ce texte aille jusqu'à son terme. Beaucoup se payent de mots dans la campagne présidentielle. Il y a l'occasion de faire oeuvre utile. avant cette élection présidentielle. Ensuite, il y a les manifestations à venir. Le ministre de l'Intérieur a déjà donné des instructions aux préfectures. Le dispositif de samedi prochain sera massif, monsieur le ministre. On y reviendra. Il sera présenté au ministre de l'Intérieur. J'aurai l'occasion moi-même de me le faire présenter jeudi prochain. On y reviendra avec les formations politiques que je réunirai jeudi à Matignon. parce qu'un certain nombre d'entre elles m'ont saisi, de la sécurité de la campagne présidentielle. Beaucoup de candidats se sont rapprochés de moi pour le dire. Ça pose la question de la sécurisation d'un exercice démocratique absolument majeur. Demain, avec les organisations syndicales, on reviendra sur la sécurisation aussi de la liberté d'expression des syndicats. Il n'y aura pas que ce thème-là à l'ordre du jour, mais j'y reviendrai dans les questions gouvernement qui viendront avec un agenda de fond. Évidemment, je reviendrai tout à l'heure dans d'autres questions. sur aussi la question des lycéens et sur les réponses que le gouvernement entend apporter. Enfin, vous l'avez dit vous-même, le retour à l'ordre est le préalable de tout. Et lorsque, aux côtés des forces de l'ordre, dans la nuit de samedi au dimanche, policiers et gendarmes, je me suis rendu, j'ai effectivement dit cette phrase par laquelle vous avez commencé. Et j'y crois beaucoup parce qu'on peut toujours compter le nombre d'escadrons de gendarmes mobiles, on peut toujours déposer tous les amendements, toutes les propositions de l'un de la terre. J'ai le sentiment que dans le moment dans lequel nous nous trouvons, il y a un combat politique et culturel à mener contre la violence. Et donc oui, je le redis, monsieur le ministre, il faut une bonne fois pour toutes choisir son camp entre la violence et la République.
Merci beaucoup, monsieur le Premier ministre.
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