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Malgré la crise en France, Emmanuel Macron a maintenu sa tournée dans les pays du Golfe. Quatre pays en trois jours. Après le Koweït et les Émirats arabes unis, le président est attendu aujourd'hui au Bahreïn avant une dernière étape. La France veut faire entendre sa voix dans une région que la guerre entre les États-Unis et l'Iran a plus que déstabilisé. Emmanuel Macron veut aussi obtenir un approvisionnement supplémentaire en pétrole pour tenter de faire baisser les prix du carburant en France. Bonjour Tarekhaï, vous suivez le déplacement du président français dans le Golfe. Vous êtes à Abu Dhabi. Qu'a obtenu le président de la République pour l'instant ?
vous l'avez dit, il s'agit donc du deuxième jour de cette tournée au Moyen-Orient. Après le Koweït et les Émirats, Emmanuel Macron se rend aujourd'hui au Bahreïn et au Qatar. Et donc, après deux jours de négociation, l'Elysée vient de nous annoncer quelques chiffres concernant ces exportations qui arriveraient en France. Comme on l'a déjà dit depuis hier, l'un des buts principaux de cette tournée d'Emmanuel Macron, c'est... de sécuriser des approvisionnements en France et de faire baisser le prix à la pompe. Il s'agit donc, en ce qui concerne ces annonces, d'exportation supplémentaire en ce qui concerne le diesel. Pourquoi le diesel ? Puisque c'est un carburant d'une grande importance pour faire tourner la machine économique, des industriels jusqu'aux agriculteurs. Et en ce qui concerne les chiffres, l'Elysée vient de nous confirmer que le Bahreïn et les Émirats arabes unis exporteraient 200 000 tonnes. par mois complémentaires de diesel par mois. Et l'Arabie saoudite exporterait 95 000 tonnes pour les mois d'octobre et de décembre. Et les discussions sont toujours en cours pour que ces exportations saoudiennes soient reconduites dans les prochains mois. Tout ce volume-là, donc on parle de 295 000 tonnes par mois complémentaires, constitue à peu près plus de 10% de la consommation. de diesel en France, ce qui serait de nature à faire baisser le prix du diesel en France. C'était justement l'un des objectifs de cette tournée d'Emmanuel Macron.
La prochaine étape après le Bahreïn, ce sera le Qatar. C'est un moment important de ce déplacement ?
Absolument, comme toutes les autres étapes, la différence près que le Qatar est l'un des plus grands exportateurs de gaz naturel liquéfié. C'est le deuxième exportateur après les Etats-Unis. Mais sauf qu'Emmanuel Macron arrive à Doha dans un contexte très particulier, puisque le Qatar exporte 90% de son gaz naturel liquéfié à destination d'Europe et d'Asie par le détroit d'Hormuz. La difficulté commence à se faire ressentir. Avec le blocage actuel, les exportations sont passées de 20 millions de tonnes par trimestre à 2 millions entre avril et juin. Le produit intérieur brut devrait chuter de l'ordre de 15% en 2026. C'est dans ce contexte-là qu'Emmanuel Macron arrive à Doha, sans qu'il n'y ait encore d'annonce. qui a déjà été fait sur le désengagement en ce qui concerne le gaz qatarien.
Tarek Haï, depuis Abu Dhabi, aux Émirats Rabuni, merci beaucoup Tarek. Vous allez continuer de suivre cette tournée dans le golfe du président Macron, dont on va aussi parler avec vous, Anne Corpé. Bonjour Anne. Bonjour Pauline. D'abord pour recoller les morceaux et évoquer le contexte, le timing dans lequel a lieu cette tournée qui a été annoncée. avant les émeutes du week-end dernier. C'est une tournée sous haute pression pour le président français ?
Oui, mais Emmanuel Macron s'en est expliqué dimanche soir. Il a lié les revendications sur le coût de la vie portées par les manifestants à la crise en cours au Moyen-Orient. Et son objectif, comme vient de l'expliquer Tarek, c'est bien de sécuriser et de diversifier les approvisionnements énergétiques afin de limiter. dit l'Elysée, les conséquences sur le quotidien des Français. Le trafic dans le détroit d'Hormuz avait repris jusqu'à atteindre 80 % de son niveau d'avant-guerre. Mais ces dernières semaines, sans doute du fait de la proximité des élections de mi-mandat, l'Iran a repris ses frappes sur les navires marchands. Et il n'y a pas tellement d'alternatives à ce passage stratégique. Il y a bien le pipeline saoudien qui traverse le pays pour arriver en mer rouge, mais il reste sous la menace des outils, même s'il a été remis en état de fonctionner. Il y a aussi, et c'est sans doute... là-dessus que mise la France, ce pipeline émirati de Fujaira, qu'on voit à droite en jaune sur l'écran, qui contourne le détroit d'Hormuz, et Total Energy, dont le patron accompagne Emmanuel Macron, veut justement investir dans un second oléoduc prévu par la compagnie nationale émirati pour doubler la capacité de ce pipeline. Et puis une autre voie possible, c'est... les oléoducs qui traversent l'Irak au nord du golfe Persique. Le président de la République disait espérer des engagements concrets en termes d'approvisionnement. L'Elysée vient d'annoncer 200 000 tonnes par mois de diesel en provenance des Émirats et de Bahreïn. Ça représente 10% de la consommation mensuelle française de diesel. L'Elysée parle de quantité significative.
n'est pas question que de pétrole dans cette tournée. Emmanuel Macron vient aussi parler partenariat stratégique entre la France et des pays du Golfe en matière de défense dans le contexte de la guerre engagée par les États-Unis contre l'Iran.
Oui, parce que ces pays ont été durement éprouvés par les représailles iraniennes et ils ont une forme de frustration à l'égard des États-Unis qui ont entamé cette guerre sans tenir compte de leurs avertissements et qui n'ont pas réussi à les protéger. entièrement de ces ripostes iraniennes. A contrario, la France, qui est liée par des accords de défense avec les Émirats Arabes Unis, le Qatar et le Koweït, a pleinement joué son rôle, avec notamment l'envoi du porte-avions Charles de Gaulle, de frégates, de rafales et de défenses antiaériennes. Cette tournée présidentielle s'inscrit donc dans la continuité de cet engagement militaire concret, avec bien sûr à la clé des objectifs commerciaux. Elle souhaite la France... concrétiser de nouvelles coopérations industrielles, notamment dans la défense aérienne, les radars, la lutte anti-drone. La France, il faut le rappeler, dispose déjà de positions importantes sur le marché de la défense dans le Golfe, avec notamment cette commande de décembre 1921 des Émirats concernant 80 Rafales. Le Qatar est aussi un client important. d'assaut aviation et le Koweït a lui passé des commandes d'hélicoptères et de véhicules tactiques légers. A priori, aucune signature définitive de contrat attendue pendant cette tournée, mais sans doute des lettres d'intention et cette volonté affirmée de renforcer la coopération de la défense. Il y a d'ailleurs la ministre des Armées et sa ministre déléguée, ainsi que plusieurs industriels du secteur qui accompagnent Emmanuel Macron.
Merci.
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