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veux bien sûr revenir sur le 17 octobre et les perspectives que nous avons. D'abord pour dire que cette journée a été quand même... D'après le gouvernement, il y avait plus de 550 000 manifestants. C'était deux fois plus que le nombre du 6 octobre. C'était en fait dans beaucoup de villes une espèce de marée humaine avec beaucoup de jeunes, des moins jeunes, qui réclamaient à la fois des moyens d'études dignes et puis aussi qui disaient leur ras-le-bol d'être réduits à de la survie permanente alors qu'il y a tant de richesses dans la société. Alors voilà, c'était une ambiance extrêmement enthousiasmante, un élan de solidarité. des revendications dans tous les sens. Mais évidemment, maintenant, ce n'est pas de ces revendications-là et ni même de cet élan dont on parle et qu'on commente aujourd'hui. On ne parle que des pillages de magasins, des lieux qui ont brûlé et des affrontements avec la police. Alors d'abord, je tiens à dire que ces deux aspects ne sont pas séparés. En fait, ils reflètent une seule et même rage contre... une situation de plus en plus inégalitaire de plus en plus injuste et qui révolte qui révolte à juste titre beaucoup de jeunes et puis aussi des moins jeunes et puis de fait il y a de plus en plus de jeunes mais même des travailleurs qui explique finalement pour changer les choses et pour se faire entendre du pouvoir il n'y a pas d'autre solution que de casser Il est certain que le gouvernement et le grand patronat sont toujours sourds et muets aux souffrances des classes populaires. Ils s'en moquent littéralement. Et pour arracher ce qui nous est même vital et un minimum, il faut toujours se battre et se battre avec beaucoup de détermination. Mais qu'est-ce qui est essentiel dans ces combats ? C'est le nombre. Ce qui est essentiel, c'est que les mobilisations deviennent l'affaire de millions. de femmes et d'hommes, de millions de travailleuses et de travailleurs. Et de ce point de vue-là, la casse pour la casse ne nous aide pas. Beaucoup de travailleurs n'aiment pas la casse. Quand on construit les logements, quand on connaît le prix des choses, on sait ce que ça coûte, ce que ça coûte de fabriquer, d'entretenir. Et évidemment, on est tous quand même écoeurés de voir tout ça partir en fumée ou être détruit. Mais surtout, il y a un autre aspect, c'est que toute cette casse et ces violences, elles font le jeu du gouvernement. un climat de guerre civile. Il a multiplié la répression, les violences policières, et puis tout simplement parce qu'il a laissé pourrir la situation. Parce qu'en réalité, il ne veut pas mettre les moyens vers les classes populaires. En fait, le gouvernement répond à des revendications, mais quand elles viennent du grand patronat, des actionnaires et des milliardaires, et ça c'est visible par exemple dans le budget, parce que dans le budget, on a en effet le gouvernement qui a redonné 2,5 milliards aux entreprises qui sont richissimes. Il continue en fait les cadeaux aux plus riches. On ne peut qu'avoir la rage par rapport à cette situation. Et bien sûr, il faut continuer. Alors aujourd'hui, on voit quand même qu'il y a beaucoup de femmes et d'hommes dans le monde du travail qui, parce qu'ils pensent qu'on ne pourra pas gagner, qu'on ne pourra pas l'emporter, ne se lancent pas dans le combat. Et puis, il y a aussi ces batailles rangées qui contribuent à faire peur. Mais je tiens à dire qu'il faut réaliser... la force que nous avons en tant que travailleuses et de travailleurs. Et en réalité, cette force, elle est bien plus grande que tous ceux qui essayent de monter des barricades ou qui veulent s'attaquer au capitalisme en brisant quelques vitrines. Nous, notre force de travailleuses et de travailleurs, c'est que nous sommes au cœur même du système productif. Et les profits et les capitaux, ils dépendent de notre travail en fait. Et nous avons donc un immense pouvoir. Et c'est ce pouvoir-là qu'il faut actionner, en fait, pour défendre nos intérêts et pour faire avancer toute la société. Dans le moment présent, il faut réfléchir aux faiblesses qui ont été celles du mouvement du Gilet jaune, parce que je pense qu'on peut faire bien plus utile que de multiplier les manifestations le samedi après-midi ou occuper les ronds-points. Et on peut aussi contrôler notre propre mouvement et tout ça à partir du moment. où on s'appuie sur les armes des travailleuses et des travailleurs, c'est-à-dire sur les grèves et sur les occupations. Et puisqu'on parle beaucoup de mai 68, il faut quand même avoir en tête que si c'est une date qui est restée dans l'histoire et qui a ouvert en effet beaucoup de perspectives aux travailleurs, aux femmes, à la jeunesse, c'est qu'après plusieurs journées de barricades et de voitures brûlées au quartier latin, il y a eu un débouché. Et le débouché, ça a été précisément une grève générale qui a entraîné 10 millions de travailleuses et de travailleurs. monde du travail entre dans la contestation, il peut décider de l'avenir et du succès de cette mobilisation qui ébranle aujourd'hui le pays. Alors il faut en discuter partout dans les entreprises et il faut que nous nous organisions dans cette direction-là.
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