Chargement...
Chargement...
Sud Radio, l'invité politique. Au
cours de cette matinée spéciale, et d'ailleurs c'est une antenne spéciale que l'on vous propose depuis les événements et depuis samedi, nous sommes ce matin avec le porte-parole du ministère de la Justice, Sacha Stropkan. Bonjour. Merci d'avoir accepté notre invitation dans ce studio. On a besoin d'y voir clair sur les chiffres à la suite de l'intervention du ministre de la Justice, Gérald Darmanin, hier. D'abord, les premières comparutions immédiates ont eu lieu ce lundi au tribunal judiciaire. Quel est le bilan ?
Alors, effectivement, vous avez eu une première vague lundi. L'immense majorité des dossiers vont être jugés aujourd'hui et demain, puisque le temps de la garde à vue fait que la plupart des gardes à vue se sont terminées hier soir ou se termineront aujourd'hui dans la journée. En gros, vous avez 2500 gardes à vue depuis samedi qui sont gérés par la police et par la justice. Et vous avez ce matin environ 123 personnes déjà qui dorment en prison. pour les faits qu'ils ont commis, soit samedi, soit dans la journée de dimanche. Donc vous avez une partie, c'est de la détention provisoire, c'est-à-dire que c'est des gens qui attendent d'être jugés et condamnés éventuellement pour les faits qu'ils ont commis. Et puis vous avez une partie, c'est effectivement les premières condamnations qu'on a vues hier à de la prison ferme. Ça va jusqu'à plusieurs années de prison dans certains cas.
Alors le ministre, et ça c'est très important... a demandé une qualification spéciale qui pourrait permettre donc de poursuivre, de prolonger les gardes à vue. Mais on est bien d'accord que le ministre, il peut donner des indications, il peut orienter, il peut formuler des souhaits. Mais la justice est indépendante.
Tout à fait, la justice est indépendante. Et en gros, c'est très important que vos auditeurs le comprennent. Le ministre peut prendre des circulaires de politique pénale générale. C'est-à-dire, dans ce cas d'espèce, dire, au vu de ce qui s'est passé ce week-end, voilà la façon dont je vous invite, ou dont je vous suggère, à gérer les dossiers. Évidemment, dans chaque dossier individuel, les magistrats qui ont à les gérer restent indépendants. Il n'empêche que ce que vous évoquez sur la criminalité organisée, en gros, ça a deux objectifs. Un, prolonger les gardes à vue. parce que face à un afflux de garde à vue, on peut avoir besoin d'un peu plus de temps que 24 ou 48 heures pour les gérer, pour mener les investigations. Ensuite, la deuxième chose, c'est que ça permet, c'est un peu technique, mais ce qu'on appelle des techniques spéciales d'enquête. C'est-à-dire, typiquement, faire de la géolocalisation, exploiter aussi les téléphones portables, tout un tas d'actes d'enquête qui peuvent ensuite permettre de caractériser les infractions. C
'est très intéressant, ça, Sacha Stropskahn, parce que ça veut dire que s'il n'y a pas ce qualificatif de criminalité organisée, alors on ne peut pas utiliser les
outils... numérique ? Non, c'est pas impossible, c'est juste que ça simplifie, là, pour le coup, le travail des enquêteurs, et en plus, ça correspond aussi à une forme de réalité, c'est-à-dire que c'est aussi envoyer un message que quand... Vous, demain ou moi, ça ne nous viendrait pas à l'idée, mais on va casser une vitrine dans Paris, là, à 9h du matin, tout seul. On voit bien que ça n'a pas du tout la même portée, que si on est au milieu d'une bande de 200, 300 personnes qui, au cœur de la nuit ou au cœur de l'après-midi, samedi, déferlent dans un centre-ville. On voit bien qu'il y a une forme d'organisation, une volonté de s'organiser pour commettre des infractions. C'est typiquement ce qu'on appelle la qualification de bande organisée qui relève d'une forme de criminalité organisée.
Est-ce que vous avez des retours déparqués à ce sujet ? la demande ou le
vœu du ministre ? Oui, c'est utilisé par certains parquets. Pour certains faits, c'est très grave. Vous parliez de la mairie de Limoges, tout le monde comprend bien pourquoi. Mais ensuite, vous avez d'autres types de faits. Je tiens quand même à dire que si vous voulez, par exemple, commettre un vol... comme on l'a vu, des pillages, je ne vais pas rentrer dans la qualification pénale précise, mais que les gens comprennent, c'est quand même puni de 10 ans d'emprisonnement avec les circonstances aggravantes de la bande organisée, c'est-à-dire aussi lourdement que le trafic de stupéfiants. Donc, si vous voulez, ce n'est pas comme aller voler un carreau de chocolat dans un supermarché. On n'est pas sur la même chose. Sur ce
point, vous savez ce que pensent ceux qui nous écoutent, c'est que ces 10 ans, ils ne les feront pas. D'abord, il faut que les peines soient prononcées. Et ensuite, alors on a bien entendu une ministre de la Justice qui demande une extrême sévérité, mais encore une fois, les magistrats, ils décident.
Alors évidemment, ils décident, et en toute indépendance, et c'est normal. Moi, demain, on compare devant la Justice, on est bien content que ce ne soit pas le ministre de la Justice qui donne des instructions aux magistrats. Donc ça nous protège tous. Maintenant, il y a quand même une réalité, c'est pour prendre le seul exemple de Paris, par exemple. Normalement, tous les jours à Paris, vous avez deux audiences de comparution immédiate. Aujourd'hui, vous allez en avoir six. Donc, on triple le nombre d'audiences. C'est bien la preuve que la justice sait prendre la mesure. En fait, il y a une réponse à apporter. En vérité, si vous voulez, tout le monde se désole de ce qui s'est passé. Vraisemblablement et au plus haut niveau du gouvernement, on reconnaît qu'il y a eu une défaillance sécuritaire en termes de maintien de l'ordre. Maintenant, ça s'est acté. Maintenant, nous, le sujet pour nous, le ministère de la Justice, c'est comment est-ce qu'on répond à ce que les gens attendent en termes de réponse judiciaire.
Précisément, combien y a-t-il eu de plaintes et combien y a-t-il de dossiers ? Est-ce que ça, on a le chiffrage ?
Alors ça, c'est encore un peu tôt pour le dire, mais c'est aussi un autre sujet, parce que je pense que c'est un sujet très important pour vos auditeurs. C'est qu'évidemment qu'il y a la réponse pénale, mais il y a aussi comment est-ce qu'on accompagne les gens qui ont été victimes de ce qui s'est passé ce week-end, notamment les commerçants, qui n'ont rien demandé à personne. Et là aussi, le ministère de la Justice a son rôle à jouer sous deux aspects. Un, l'indemnisation classique, c'est-à-dire que, par exemple, le ministre se rend aujourd'hui au parquet de Lille. Le parquet de Lille a, dès ce week-end, mis en place un circuit facilité pour les commerçants, dont on prend de façon quasi automatique les coordonnées, qui sont recontactées quand on a trouvé la personne qui, éventuellement, a commis les faits qui les concernent, et pour pouvoir les épauler, et que ça ne soit pas un enfer administratif dans l'enfer qu'ils ont déjà vécu. Et ensuite, il y a un deuxième aspect. c'est qu'on a la tutelle sur tous les tribunaux de commerce qui gèrent la vie économique du pays et que dès cette semaine, dès demain, le ministre va aller réunir tous les présidents de tribunaux de commerce parce qu'il souhaite se mettre à disposition des commerçants pour les aider.
'accord. Donc ça, c'est un point important sur le premier point sur la rapidité, en réalité, d'informations auprès du commerçant. C'est quelque chose qui ne se faisait pas, que vous mettez en place à Lille, mais j'imagine dans d'autres... Tout à fait.
En gros, l'instruction qui est passée, c'est que les procureurs se rapprochent des préfets, puisque les préfets, via les services de police, ont de toute manière l'identité, les coordonnées des commerçants qui ont été touchés par ces faits-là, et qu'en fait, si vous voulez, il y a une transmission automatique des coordonnées de la préfecture, au procureur de la République pour éviter, si vous voulez, que les commerçants aient besoin de faire le double du travail.
Oui. Alors, autre point dont on parle beaucoup, c'est la possibilité de prélever les prestations sociales lorsque l'on a des auteurs de dégradation qui sont identifiés, jugés et condamnés, évidemment, par la justice. On sait que la loi qui est en préparation ne sera pas effective avant début 2027. En revanche, le ministre a souhaité décider d'une circulaire, c'est ça, qui peut faire... que cette décision soit
prise ? Oui, alors vous avez deux sujets. Vous avez effectivement la loi casseur-payeur qui arrive au Sénat demain, qui de toute manière, même si elle est votée, ne s'appliquera pas de façon rétroactive au fait qu'il nous occupe aujourd'hui. Et vous avez donc cette instruction, qui est une instruction commune du gouvernement, qui est de dire que dans le calcul des prestations sociales, on va pouvoir intégrer les revenus illégaux. Typiquement, vous avez vendu 100 paires de pompes sur Vinted. parce que vous avez pillé un magasin, en vérité, si on vous attrape, on va rétroactivement considérer que c'était des revenus, des revenus illicites, certes, et donc on va le défalquer de vos droits sociaux.
Ça, c'est très important, Sacha Stropskane, parce qu'effectivement, c'est du gain qui, jusqu'à présent, n'était pas déclaré,
considéré par la justice comme un gain. Exactement. Éventuellement, c'était... pris en compte par la justice au moment de la condamnation. Et puis au moment de la condamnation, mais si vous voulez, pour le coup, la justice pénale, elle n'a pas la main sur les prestations sociales. Et là, pour le coup, c'est les prestateurs sociaux, c'est-à-dire vous, moi, puisqu'en fait cet argent, il vient de nos impôts et de nos prélèvements sociaux, qui vont pouvoir récupérer l'argent.
Et puis, évidemment, la justice a aussi besoin d'un cadre légal, d'où la circulaire. Autre point, Sébastien Lecornu a pointé du doigt des groupes d'ultra-gauche qui auraient organisé la violence. Le garde des Sceaux et le ministre de l'Intérieur également ont ciblé l'ultra-gauche et l'extrême-gauche radicale qui auraient, je cite, fait dégénérer les actions. Est-ce que vous, vous confirmez le lien entre ces pillages et l'ultra-gauche ? Et comment l'ultra-gauche aurait-elle organisé ce chaos ?
Alors, si vous voulez, il y a deux vagues, en vérité, dans ce qu'on a vu ce week-end. Il y a une première vague avec des professionnels de la casse, ce que maintenant on appelle les Black Blocs, qui en vérité est une... matière composite un peu plus complexe que ça. Mais en gros, des professionnels de la casse qui sont très bien organisés, qui à l'occasion de mouvements sociaux profitent de manifestations et ils ont un objectif politique derrière. Ça, pour le coup, c'est même revendiqué. Si vous voulez, vous allez voir les Black Blocs, c'est effectivement un objectif politique derrière. Et ensuite, vous avez une deuxième lame de gens qui profitent du chaos qui est créé par cette première lame, c'est de l'infraction d'opportunités pour ensuite aller mener... des pillages et d'autres casses dans des magasins. Mais si vous voyez, par exemple, les Black Blocs, eux, en général, ce n'est pas des paires de chaussures qui vont voler, c'est des banques auxquelles ils s'attaquent. Ce n'est pas pour autant que c'est
plus légitime. Donc, lorsque les ministres font ce lien, ils le font via les Black Blocs ou bien est-ce qu'ils pensent à d'autres groupes d'ultra-gauche ?
En tout cas, si vous voulez... Comme je vous ai dit aujourd'hui, Black Bloc, c'est un mot fourre-tout, mais de fait, vous avez des professionnels de la casse qui sont orientés à l'ultra-gauche et qui profitent effectivement des mouvements sociaux pour créer une forme de chaos et qui ensuite, et c'est là toute la perversité de leur mode d'action, c'est qu'ensuite, ils refluent. Et c'est pour ça qu'ils sont souvent moins interpellés que les autres, parce qu'eux, ils savent très bien le moment auquel il faut quitter le terrain. Mais pourquoi
la procureure de la République, Laure Beco, a assuré qu'elle ne peut, dit-elle, absolument pas confirmer ? ce que les ministres ont dit, qu'il faut-il croire ?
Alors, si vous voulez, si vous prenez ce que dit précisément la procureure de Paris et la question à laquelle elle répond, c'est qu'elle dit qu'elle ne peut pas faire de lien entre l'ultra-gauche et les pillages. Ce qui est ce que je vous dis, c'est-à-dire que, si vous voulez, ce n'est pas des groupes d'ultra-gauche qui ont mené les pillages. Et objectivement, pour l'instant, les gens qui comparaissent devant la justice sont plutôt des gens qui ont commis des pillages. plutôt que des simples casseurs. Et c'est pour ça que je vous parlais de ces deux lames. Après que l'un est servi à l'autre, et inversement, ça pour le coup, c'est ce que disent de façon très claire les services de renseignement, maintenant, effectivement, c'est pas pour autant que c'est des groupes d'ultra-gauche qui sont allés voler à la FNAC ou chez Darty.
Beaucoup de gens ont été évidemment choqués de voir également qu'un certain nombre de ces casseurs étaient masqués, et on se pose la question de savoir comment les enquêteurs... font pour identifier finalement ceux qui sont masqués. Est-ce qu'il y a d'autres moyens de les identifier ?
Oui, il y a toujours des moyens de les identifier. Après, c'est aussi pour ça qu'on les appelle black blocs, c'est qu'en général, ils sont habillés en noir aussi, pour ne pas pouvoir être individualisés. Après, vous avez un autre sujet, au-delà d'identifier ceux qui sont masqués, même s'il y a toujours des moyens, je vous assure. pour avoir mené des dossiers de cette nature pendant des années, je vous assure qu'il y a toujours des moyens. Mais au-delà de ça, vous avez même des petits malins, maintenant, qui sont dans un tel sentiment d'impunité, qui répondent à vos confrères. Ce n'est pas la faute de vos confrères à visage découvert, qui publient des vidéos sur les réseaux sociaux, et donc eux aussi. Vous avez tout simplement des moyens très simples. Vous prenez la capture d'écran de la vidéo, vous la passez au tâche, c'est-à-dire au fichier police. Vous avez à peu près 17 millions de personnes qui sont au fichier police du tâche et vous faites des matchs, tout simplement, pour voir si cette personne est connue au tâche et, in fine, vous arrivez à les identifier.
Dernier point que je souhaiterais évoquer avec vous, Sacha Stropskahn, c'est que les émeutiers de 2023 étaient des hommes... de 25 ans de moyenne, sans emploi majeur pour les deux tiers, sans casier judiciaire. Est-ce que cette fois-ci, vous avez une sorte de topographie, ou plus exactement, de profil de ceux qui sont intervenus ? Qu'est-ce que vous pouvez nous dire sur les premiers qui ont été jugés ? L'analyse est
forcément moins fine, puisqu'il faut un petit peu de temps. Mais en gros, c'est une immense majorité d'hommes, puisqu'en gros, vous avez entre 95 et 98% d'hommes. vous avez 70% de majeurs, ce qui là aussi est important de préciser, parce que sur le mouvement lycéen des dernières semaines, c'était l'inverse, c'était une grosse majorité de mineurs, ce qui prouve bien que ce n'est pas le même public, puisque tout le monde maintenant oublie quand même qu'à la base c'était une manifestation à l'initiative de mouvements lycéens, on n'est pas sur le même public, et ensuite c'est globalement effectivement des jeunes hommes qui sont là aussi différences majeures par rapport aux mouvements lycéens, en général connus de la police, alors pas forcément pour des faits très graves. mais qui ont déjà eu des condamnations aux mailles à partir. Mais
pour qu'on comprenne bien, il n'est pas faux de dire que les populations n'ont rien à voir, que ce sont des profils très différents. Avec le mouvement lycéen
ou
avec ce qui s'est passé ? Avec le mouvement lycéen. Avec
le mouvement lycéen, ah oui. Sauf
que j'ai entendu quand même que parmi ceux qui ont été condamnés, notamment cette nuit, il y avait un lycéen qui avait profité de la situation. Après qu'à
la marge, vous ayez des mineurs, des lycéens qui se soient laissés emporter ou même qui sont venus pour casser ou pour piller, probablement, il y a toujours des réalités individuelles. En tous les cas, ce n
'est pas la majorité.
Mais ce n'est pas la majorité.
Merci infiniment Sacha Stropkan, porte-parole du ministère de la Justice, de nous avoir livré en détail les indications. sur cette réponse judiciaire aux événements de ce week-end. On se retrouve dans quelques secondes avec Noémie Allioua et Elisabeth Lévy pour La Vérité en Face. Vous nous appelez au 0826 300 300, que vous soyez commerçant, sur les thèmes que l'on a évoqués tout à l'heure avec Serge Papin et le président de la Chambre de Commerce et d'Industrie, mais également sur le franc-parler de Guillaume Casbarian ou bien encore sur la réponse judiciaire, quel que soit le sujet, vous nous appelez 0826 300 300 et on en débat avec Noémie. et Elisabeth. A tout de suite.
9h10, le Grand Matin Sud Radio, la vérité en face, Jacques Cardoz.
On est avec Noémie Allioua et Elisabeth Lévy. Rebonjour à toutes les deux pour ceux qui n'étaient pas avec nous tout à l'heure lors de vos chroniques respectives. Bien sûr, on sera très intéressé d'avoir votre regard sur la réponse puisque maintenant on parle essentiellement de réponses à la fois judiciaires, on vient d'en parler, mais aussi politiques tout à l'heure avec les solutions qu'évoquent. Guillaume Casbarian, qui nous dit très clairement que la loi permet de riposter. Et évidemment, là, on est sur un terrain qui est, j'ai envie de dire, très glissant, qui est celui de la riposte qui doit être proportionnée. Comment se faire justice sans tomber et sans soi-même devenir délinquant ? Ça fait partie des sujets sur lesquels vous pouvez nous appeler au 0826 300 300. D'abord, Albin Texera, avec vous. On va voir quel était le sondage du jour et la question posée.
Demandez après les violences survenues samedi. Sébastien Lecornu promet une réponse pénale massive. Y croyez-vous ? Et vous nous répondez à 96%. Non, vous ne croyez pas en ce que Sébastien Lecornu promet. Dans les commentaires, vous êtes nombreux à réagir. Et vous allez dans le sens de ces 96% qui ne croient plus en Sébastien Lecornu. Par exemple, on a Jean-Christophe qui nous dit très clairement qu'on n'y croit plus. Au contraire, l'État pousse au chaos. De l'autre côté, on a aussi Quentin qui dit, à chaque fois, c'est la même chose avec ses politiciens. Ils nous font des promesses, mais rien ne bouge.
En tous les cas, vous n'y croyez pas et c'est déjà une indication. Surtout, le chiffre est évidemment très impressionnant, 96%. Je commencerai avec vous, Elisabeth. C'est là toute la difficulté de la réponse judiciaire. En général, on a des chiffres dans les premiers jours et on peut estimer qu'on aura des chiffres toute la semaine. Mais c'est la question que vous posiez hors micro tout à l'heure à Sacha Stropskan, c'est qu'on a environ à peu près 30 000 personnes qui auraient été casseurs, et on n'a pas 30 000. Je crois que la
distinction entre les deux est assez importante, parce que c'est ce que j'ai essayé d'expliquer hier, c'est l'entrée en scène de plusieurs vagues. Vous avez d'abord les gentils manifestants, bon ils brûlent parfois quelques poubelles, voire un lycée, mais bon. disons qu'à la louche c'est les gentils manifestants, ensuite arrivent en renseiller les black blocs qui eux cassent du flic mais violemment. Et sont chargés de faire basculer la manifestation d'une certaine façon. Et après, alors, comment ils sont coordonnés ça j'en sais rien, j'aimerais que les services de renseignement territoriaux nous le disent, mais après dans la foulée, quand les black blocs ont en quelque sorte attendri la viande, c'est-à-dire déjà épuisé pas mal les policiers, parce que c'est vraiment leur cible, les bâtiments les policiers. Ensuite, vous avez les pillards. Les pilleurs, les pillards, vous les appelez comme vous voulez. Et effectivement, on peut dire que plusieurs dizaines de milliers de personnes ont participé. Donc là, il y a deux choses. Un, il n'y en a pratiquement tous, aucun n'est arrêté sur place si on considère qu'il y a 2500 arrestations. aucun n'est arrêté sur place. Deux, une fois qu'ils sont arrêtés, que vous allez devoir, non seulement vous allez devoir prouver qu'ils ont participé, bon maintenant on a beaucoup de vidéosurveillance, des téléphones, vintage, tout ce que vous voulez, mais après, qu'est-ce que vous allez voir ? Nous on est encore sous le choc des images, dans 15 jours, ou dans un mois, ou dans 6 mois, selon le délai, vous allez avoir des gentils gamins qui auront mis des cravates, et qui diront, pardon madame, je ne voulais pas le faire, je ne l'avais pas fait, je n'ai pas fait exprès, et on vous dira qui sont primo -délinquants, je finis juste cette phrase, donc, beaucoup de juges diront, on va quand même pas condamner des gosses, et moi, ce que je pense, je pense aux commerçants, je pense aux victimes, à la société, je pense à eux. S'ils n'ont aucune sanction, 'est-à-dire, on les abandonne à eux-mêmes. Ce que doivent les adultes aux enfants, comme dit le syndicat de la magistrature, même aux grands-enfants, même aux gaillards violents, ce qu'on leur doit, c'est de leur poser des limites. Ça, c'est notre devoir envers eux. Voilà, pardon.
Noémie Alliouin, est-ce que la réponse judiciaire peut nous surprendre par rapport à ce qu'on a connu par le passé ?
aimerait bien. On aimerait bien, c'est ce qu'on attend, c'est ce qu'attend sans doute une grande part de l'opinion publique. Mais ce qu'on sait aussi, c'est qu'il va y avoir une grande part d'impunité. On parlait des chiffres tout à l'heure. Rien que pour Marseille, c'est la préfecture des Bouches-du-Rhône qui a annoncé qu'il y a eu 30 000 pilleurs. 30 000 pilleurs juste sur Marseille. Vous imaginez sur toute la France ? Oui, mais c'est-à-dire qu'on parle de dizaines de milliers au moins sur toute la France. C'est ce que je viens de dire, ça donne une indication.
Si vous
mettez ça en comparaison avec les 2000 personnes interpellées, combien vont être littéralement condamnées ? Là, on se rend compte quand même qu'il va y avoir une part d'un public qui va être immense. On est grosso
modo déjà sur un schéma de 1 sur 10. Déjà de 1 sur 10 et encore c
'est au bas mot. Je vais vous dire. Là, avant-hier soir, j'ai été place de la République pour regarder un peu ce qui se passait. J'ai assisté à votre travail de journaliste de terrain. Je trouve ça toujours intéressant de voir les choses de ses yeux. J'ai mis une petite casquette, etc. Je me suis habillée en noir et je me suis couverte avec un bandeau. Tu aurais pu être arrêtée comme Black Black. Exactement, oui, tout à fait. Je suis rentrée dans la peau du personnage pour essayer de voir comment ça fonctionnait. Et en fait, vous voyez des mecs courir. Déjà, c'est quand même des spécialistes du sprint. En termes de course, j'ai vu les mecs courir, je pense qu'ils pourraient s'inscrire au triathlon, ils ont des bonnes chances d'y arriver. C'est-à-dire que vous voyez les mecs, ils pillent, ils courent comme des fous, et vous avez ensuite les forces de l'ordre qui essayent de les rattraper, mais on comprend très bien qu'ils ne vont pas y arriver. Et donc ce sont des types qui cassent, qui pillent, qui rentrent chez eux tranquillement en coursant, en traversant plusieurs rues de Paris, et c'est tout. Et donc vous avez ensuite des commerces qui sont volés, et vous comprenez le sentiment d'injustice immense qui touche à la fois les commerçants, ceux qui assistent à ces scènes-là, ceux qui sont volés, et puis le commun des mortels qui se dit « Attendez, moi, j'ai pas pris mon ticket dans le métro, je dois payer mon amende. » C'est-à-dire qu'on ne me pardonne rien, et ces types-là qui ne respectent rien, eux, on leur pardonne tout ?
Et même ceux qui se font passer, parce que, vous dire, pourquoi moi ? Et les autres, tous les autres, tous mes copains, eux, ils n'ont rien eu. Alors moi, j'ai vu d'autres scènes, si vous voulez, d'un balcon. C'est-à-dire, vous avez des groupes à partir le dimanche soir, notamment, vous avez des groupes qui recommencent au moment où Macron parle, qui recommencent à se former Rodrigo Li. Alors, ils sont très autour d'une bijouterie. Donc, par moment, il y a des policiers devant, donc ils n'y vont pas. Dès que les policiers s'en vont, machin. Après, en réalité, les policiers n'essayent même plus de les rattraper. et alors moi j'y étais pas mais un ami qui m'a raconté m'a dit c'est la première fois qu'il voit autant de filles donc il est clair si vous voulez qu'une grande partie ce sera l'impunité mais surtout si le monde des adultes qui devraient quand même, si vous voulez, moi je peux comprendre qu'on a le droit d'être de gauche, ça ne me choque pas. Les avocats, c'est un peu normal qu'ils dépendent de leurs clients, on ne va pas non plus. Je veux dire, c'est le boulot des avocats. Mais si le monde des adultes, si vous voulez, les encourage, utilise leur code, il faut voir comment parle le syndicat de la magistrature quand même, Noémie. Vous les connaissez. Oui, les fameux juges
rouges, oui, vous avez raison.
Qui représentent quoi ? On peut dire à peu près un quart ? Je dirais 20%, 25%. Mais par exemple, dans la fameuse soirée des avocats qui étaient en ligne contre l'invitation faite à Charles Lalonde. Ces gens, vraiment, détestent le pluralisme. C'est-à-dire, donc, ils ont accueilli, il y avait la fameuse contre-soirée, ils avaient leur pancarte débile, Bismillah, c'est les ténors. Donc, si vous voulez, c'est vraiment de la démagogie. Or... Ce dont ont besoin ces jeunes, y compris de leurs avocats, c'est que leurs avocats leur disent, t'as déconné ! C'est pas bien de faire ça ! Les parents doivent dire, les parents qui voient arriver des mômes, avec des trucs, des palettes hier avec Juliette Ruyon, il faut le regarder sur Vintage, il y avait des palettes de crème encore sous cellophane.
Mais le ministre nous l'a confirmé tout à l'heure. Alors, l'information qui est tombée dans le courant de la matinée, et on va la commenter dans quelques secondes, et qui est une information majeure. L'une des personnes qui a mis le feu à la mairie de Limoges apparaît dans les fichiers comme fiché S. et apparemment serait sur le coup de plusieurs condamnations, ou en tous les cas poursuivies pour des faits de terrorisme. Tout ça demande à être évidemment confirmé. Parce qu'il
est poursuivi pour des faits de terrorisme et qu'il est encore en mesure. En
tous les cas, il est poursuivi par le SDAT, donc c'est l'antiterrorisme. On en parle dans quelques secondes.
Vous nous appelez au 0826
300 300, on l'a appris il y a quelques secondes. L'une des personnes interpellées, l'un des suspects dans l'incendie de la mairie de Limoges, a été interpellé avec l'aide de l'antenne du RAID de Bordeaux. Et il s'avère qu'il s'agit d'un homme de 40 ans, décrit comme activiste d'ultra-gauche, déjà affiché S et connu pour des faits de violence sur personne. Propositaire de l'autorité publique, c'est ce qu'indique une source policière à la presse. Voilà, ça confirme évidemment un certain nombre de choses et un certain nombre d'éléments. Et notamment ce que nous disait le maire lui-même de Limoges hier matin sur cette antenne, qui avait des indications selon lesquelles cette opération avait été menée, disait-il. Notamment avec la complicité de certains groupuscules d'ultra-gauche. D'ailleurs, information qui a été confirmée et reprise par Gérald Darmanin hier dans le 20h de TF1. Noémie Allioua, ça va être l'une des données, j'ai envie de dire, à travers ces enquêtes. Ces enquêtes vont nous permettre d'en savoir un peu plus sur les profils, sur qui est derrière. Et effectivement, c'est passionnant, mais je reprends la discussion que nous avions. Encore faut-il qu'on ait suffisamment de dossiers, parce que pour le moment, 2500 gardes à vue, on est très loin des 30 000 dossiers. susceptibles de pouvoir arriver sur les bureaux des juges.
Très loin encore, faut-il qu'on ait les moyens. On parlait de dizaines de milliers de pilleurs. Et tout à l'heure, sur votre antenne, il y a quelques minutes, le porte-parole, c'était le porte-parole du ministère de la Justice, qui se réjouissait qu'on ait actuellement 123 personnes qui dormaient en prison. Alors, il nous expliquait aussi qu'ils avaient triplé le nombre de comparations immédiates. un dispositif, objectivement, qui a été mis en place par le ministère de la Justice, mais on comprend bien que ce dispositif est sous-dimensionné par rapport à ce qui se passe. Il est sous-dimensionné par rapport au nombre de pilleurs, de casseurs, de gens qui n'ont pas respecté la justice, du nombre de gens qui ont, que ce soit brûlé des poubelles, incendié la mairie de Limoges, que ce soit... entrer dans les commerces et avoir volé, donc il va y avoir différents dossiers, différentes enquêtes, et c'est vrai que malgré toutes ces enquêtes, on n'aura peut-être pas beaucoup de réponses, c'est pour ça d'ailleurs que... En tous les cas,
ça fait partie des dossiers qu'il va falloir suivre, j'ai envie de dire, sur le long terme, parce qu'on sait que la justice met du temps parfois à répondre, et on peut le comprendre, il y a des enquêtes qui sont difficiles à mener, mais j'insiste sur ce point, c'est-à-dire qu'on a les chiffres là dans la première semaine, parce qu'on est tous un peu groggy. Encore faut-il qu'ensuite les informations soient données, et j'espère qu'elles le seront à moyen terme.
Alors il faudra une commission d'enquête parlementaire, c'est ce qu'a appelé d'ailleurs à faire la présidente de l'Assemblée nationale, il y a Edronne Pivet, et ce serait bien que ça s'organise et que tous les partis politiques acceptent de jouer le jeu. pour essayer de comprendre ce qui s'est passé, parce qu'effectivement il faudra que la lumière soit faite sur cette fameuse journée du 17 octobre, qui continue d'ailleurs, il continue d'y avoir des violences, la situation n'est pas complètement réglée, c'est la raison pour laquelle d'ailleurs il a été décidé de mettre en place des couvre-feux partiels, d'interdire des rassemblements, on voyait encore ce matin qu'il y avait un hélicoptère au-dessus de la place de la République à Paris, donc on voit bien que les autorités continuent de regarder sur le terrain très précisément ce qui est en train de se passer.
Avec des demandes précises, Noémie, parce que ce matin, le président de la Chambre de Commerce et d'Industrie nous disait « Moi, je demande l'interdiction des manifestations pour ce week-end, au nom de la protection de mes commerçants, parce que, précisément, ils ne pourront pas se défendre. » Alors, on va accueillir Cécile et Richard, parce que vous êtes nombreux à nous appeler sur ces sujets. Bonjour Cécile ! bonjour. Vous nous appelez de Marseille, bonjour. Noémie est là et vous écoute également. Vous souhaitiez nous parler de Sébastien Lecornu de la réponse pénale
Alors, la réponse pénale, j'y crois pas, évidemment. Si on pouvait, on aurait quand même des solutions. Je suppose que tout le monde sait quand même que le président du Salvatore s'est adressé à la France. En disant qu'il y avait des... Il a fait de son pays quelque chose d'absolument extraordinaire. Donc si on avait ne serait-ce qu'une personne un peu motivée, qui est vraiment en vie, et qui... J'arrive même plus à m'exprimer tellement je suis désenparée par tout ce qui se passe. Du coup, j'ai pleuré toute la journée de samedi. Pourtant, j'étais à un mariage. Un mariage qui était beau, qui était plein d'amour, qui était plein de joie. Malheureusement, l'info nous rattrape et je n'ai fait que pleurer. Donc la répression, je n'y crois pas. Nous étions avec une petite serveuse qui travaillait pour le traiteur lors de ce mariage. Elle était également dans la police. Elle savait depuis le matin qu'elle allait le soir. Après le service au mariage qu'elle a commencé au cocktail, donc tôt, elle savait qu'elle allait être appelée. Elle n'a pas fini le service du mariage et elle est retournée à Marseille. Tout ça, c'était connu. Il savait que ça allait être très, très violent. Quand la police reste en faction jusqu'à recevoir les ordres qu'elle ne reçoit jamais, on se demande toujours pourquoi les policiers restent sans bouger, parce qu'ils n'ont pas d'ordre d'intervenir. Et vous dites que les couvre-feu, mais qui va respecter les couvre-feu ? Les gens qui sont dans la rue, ils ne respectent rien. On a perdu de toute façon le respect naturel pour les figures d'autorité. Ça n'existe plus. Le professeur, le flic, le médecin, on n'a plus aucun respect naturel pour toutes ces figures d'autorité. Si on ne change pas les choses d'une manière drastique. La répression, ça fait des années qu'on dit qu'elle n'existe plus et c'est bien ce pourquoi il se passe tout ce qui se passe. Un couvre-feu hier, j'entendais un couvre-feu. Mais ça va servir à quoi ? Alors Payan, il a été fort, évitable. Quand il a défendu l'intrusion dans la mairie de Marseille, il a eu des mots absolument formidables. Les gens qui ne connaissent pas Payan et qui ne pensent pas que tout ça c'est pour faute, ils doivent se dire mais qu'est-ce qui est bien ce maire ? Non, pas du tout. Si on en est là, c'est parce que c'est lui qui a laissé faire ça. C'est lui qui possède ce genre
de... Il n'a pas forcément, je ne peux pas vous laisser dire, qu'il a incité ou qu'il a laissé faire. Après, il savait peut-être, et peut-être qu'on peut dire les choses de cette façon-là, Cécile, c'est-à-dire que peut-être qu'il a trop tardé à demander des renforts.
Non, non, non, excusez-moi, alors je me suis mal faite comprendre. Je ne disais pas qu'il avait laissé faire, qu'il avait laissé rentrer dans la mairie et qu'il avait laissé cette insurrection dans toute la ville de Marseille. Non, non, pas du tout. Je dis que si on en arrive à ce point, c'est parce que c'est lui qui est maire de la ville. Déjà, il n'est pas maire de la ville depuis dix ans, c'est un hold-up, la première prise de la mairie. Ils ne vont pas voter pour ce maire-là. Donc déjà, c'est un hold-up qui était sans doute bien élite. Ah non, c'était prévu. On a été élu quand même démocratique. Non, non, non, non. La première fois, pas du tout. La première fois, c'est la démission
de la mère qui avait été élu. Mais allez-y, qu'est-ce que vous vouliez dire par là
? Mais c'est lui qui pousse à ça. C'est sa politique de ville. Maintenant, je ne parle pas des émottes en soi, sauf que qui s'insurge sur le résultat.
C
'est comme tous les politiques du moment.
C'est la réaction qui vous trouble, c'est vrai qu'il a eu une réaction en défense, et c'est vrai qu'il y a beaucoup à dire sur la politique de la ville à Marseille. Cécile, vous restez avec nous, on accueille également Richard, qui souhaitait lui réagir aux propos de Guillaume Casbarian ce matin. Bonjour Richard. Oui,
bonjour. Soyez le bienvenu. Oui, en fait, heureusement que Jacques Caradoz a rappelé que c'est un homme qui a été ministre de la majorité, qu'il y est toujours dedans. Et M. Gasparin, en fait, il a dit des inepties. La plus grosse, c'est de dire aux commerçants, vous pouvez vous défendre de manière proportionnée, vous avez 50 jeunes qui rentrent, qui attaquent le magasin. Soit vous avez une arme automatique et vous pouvez peut-être y arriver, soit vous prenez une batte ou autre et vous finissez à l'hôpital lâché. C'est soit la prison, soit l'hôpital ou le cimetière. Il est irresponsable cet homme. L'autre point, c'est un pompier pyroman. M. Casparian, il fait partie d'une majorité qui a cassé le thermomètre du nombre de places en prison en ne faisant pas des places en prison, tout simplement parce que le gouvernement a décidé de ne pas en faire parce que sinon... Ils auraient été obligés d'afficher que notre immigration incontrôlée faisait exploser la délinquance. Donc aujourd'hui, un commissaire de Toulouse, je le rappelle, il a dit à quelqu'un de ma famille, c'est simple, il faut 80 000 pas de plus. Donc en fait, on est vraiment dans une foutaise. Gérald De Darmanin
a quand même annoncé il y a quelques mois qu'il allait créer des pas de plus. Mais c'est 80
000 ! Donc en fait, je pense que l'autre point, c'est que les Black Blocs ont été instrumentalisés pour casser le mouvement des Gilets jaunes. Je crois qu'il faut être idiot pour ne pas le voir. On a une loi anti-hooligan. Je connais des jeunes qui l'ont vécu. On peut être bloqué à son domicile. Je pense qu'aujourd'hui, il y a eu une grosse instrumentalisation. Les gens qui, aujourd'hui, viennent nous faire des morales font partie de ceux qui ont mis le feu. Ils font partie de ceux qui mettent le feu. Et je trouve qu'il y a une grande bienveillance dans les interviews. Je dis ça pour Jacques.
Merci en tous les cas de votre franchise, et vous savez, vous connaissez la règle, c'est Parlez Vrai sur Sud Radio, et merci de votre intervention Richard, bonne journée à vous Cécile et Richard. On se retrouve dans quelques secondes, on marque une toute petite pause, vous revenez au 0826 300 300 pour intervenir sur les événements. On apprend à l'instant que c'est bien l'antiterroriste qui a été saisi à Limoges et qui s'occupera de cette enquête, donc le souhait de Gérard Darmanin est suivi des faits. puisque les policiers antiterroristes sont maintenant saisis de cette enquête. Et en plus, c'est justifié par le fait que l'une des personnes interpellées est un fichier S. A tout de suite.
Le Grand Matin Sud Radio, la vérité en face, Jacques Cardoz.
Vous êtes nombreux, vous commerçant, à nous appeler au 0826 300 300 et à nous parler des difficultés que vous traversez aujourd'hui. Le président de la Chambre de Commerce et d'Industrie, qui était notre invité ce matin, nous disait... que certains sont dans le désespoir total, Noémie Allioua, dans le désespoir total, et que malheureusement, certains évoquent même, et utilisent le terme de suicide, et utilisent des termes de fermeture d'établissement. C'est plus grave que ce qu'on ne pense qui est en train d'arriver.
Vous savez Jacques, ça ne concerne pas que les commerçants. Depuis ce matin, on entend des auditeurs qui nous appellent et qui nous racontent leur détresse. C'est-à-dire qu'il y a aussi une détresse. Aujourd'hui, après ce qui s'est passé, que l'on ressent chez une part de l'opinion française qui est complètement désemparée et qui se sent abandonnée, disons-le, par l'État. C'est-à-dire, vous savez, c'est la base du contrat social, c'est qu'en tant que citoyen, nous acceptons de renoncer à certains de nos droits en échange d'une seule chose, la sécurité. L'État doit une seule chose à ses... concitoyens, la sécurité. Or, aujourd'hui, on sent bien que la sécurité n'est pas une donnée qui est absolument que l'on peut obtenir, qui n'est pas tenue. Le contrat n'est pas tenu. Et donc, vous avez, on a entendu Cécile il y a quelques minutes, qui nous disait qu'elle avait pleuré hier. Je suis convaincue que cette détresse, beaucoup de Français la ressentent aujourd'hui.
Alors, vous êtes nombreux à nous appeler. Dans un instant, on sera avec Frédéric qui veut nous appeler et qui veut nous parler des défis CHS. Mais d'abord, j'accueille Yannick. Bonjour. Oui, bonjour. Bonjour Yannick, vous nous appelez de Paris avec Noémie Allioua, on vous écoute. Vous aviez un restaurant, vous, et vous avez décidé de le vendre
Ah bien bien sûr, oui, parce que la situation, pas que celle qui vient de se produire ce week-end, mais bon, ça s'est déjà produit avant, et c'est vrai que j'avais déjà un peu d'anxiété à chaque fois qu'il y avait une manifestation, parce que maintenant c'est que des pillages. Et donc ça devient un rituel. Et en fait, c'est juste inadmissible. Et de vivre dans l'angoisse, c'était un petit peu... Parce que ça peut arriver à n'importe qui. Je plains sincèrement tous ceux qui ont perdu leur outil de travail. Moi c'est dramatique quand je vois ça. Mais il
faut bien se rendre compte d'une chose Yannick, c'est que lorsqu'on détruit, pardon de le dire comme ça, mais lorsqu'on détruit un magasin qui appartient à une grande chaîne, ça n'est pas du tout la même chose que lorsqu'il s'agit d'un indépendant. L'indépendant il a mis toute sa vie dans le commerce.
C'est vrai, mais malgré tout, les deux sont condamnables. Il faut que ça s'arrête, ça, en fait. Et vous parlez tout à l'heure de l'État qui doit assurer la sécurité. Certes, l'État ne l'assure plus. Et ne l'assure plus, pourquoi ? Parce qu'il ne donne pas... les moyens à sa police de faire le nécessaire. Moi, je voyage beaucoup et nulle part je vois ça à l'étranger. On respecte la police. En France, on ne respecte plus la police. Donc quand est-ce qu'on va remettre ça en place ? Et donc, j'ai une de mes amies qui m'a envoyé un petit message avec une photo du général de Gaulle où il disait « Il y a deux camps. » ceux qui veulent détruire l'ordre, et puis ceux qui veulent l'imposer, l'État doit imposer l'ordre. Et à un moment donné, le message était très clair, il dit on fait une sommation, on interdit aux gens, parce qu'on n'a pas le droit de faire ce qu'ils font, d'aller détruire des choses, c'est un crime, c'est pas normal de faire ça. Donc à partir du moment où on informe les gens en leur disant à partir de maintenant c'est terminé, ça ne se reproduira plus, et si ça se reproduit, et bien... Il y aura des sommations, on va tirer. Et puis, à vos risques et périls. Mais ça va être la seule solution pour y arriver. Je ne souhaite évidemment
pas qu'on en arrive là. Et effectivement, ce serait absolument dramatique qu'il y ait des réponses isolées, des tirs sporadiques. Et tout le monde le craint. Tout le monde l'a en tête et tout le monde sait que ça peut déraper. Vous restez avec nous, Yannick. J'accueille Frédéric qui souhaitait intervenir. Bonjour Frédéric. Oui, bonjour, bonjour tout le monde. Vous souhaitiez intervenir également sur l'info qu'on vient de donner, ce fichier S qui a participé à l'incendie de la mairie de Limoges.
Oui, tout à fait. C'est pour ça qu'on a un crainte pour les prochaines manifestations. On voit très bien, c'est la démonstration par la preuve, que c'est l'extrême gauche qui est à la manœuvre depuis déjà un bout de temps. Donc, toute la frange extrémiste de la gauche française à laquelle Héléfi participe, c'est le bras armé de Héléfi, on va dire. C'était un garçon fichéesque et fort connu de la police. Donc on oublie de dire qu'il y a un attentat de l'extrême-gauche par semaine en France. Mais ça, la presse est relativement silencieuse là-dessus.
Qu'est
-ce
que vous voulez dire par
là ? Chaque semaine, il y a un attentat qui est commis par l'extrême-gauche, contre une antenne de téléphone, contre une source électrique, contre de l'alimentation... Attentat, peut-être le mot est un peu fort. Vous voulez dire peut
-être sabotage, ce genre de choses ? Un
attentat, un sabotage. Oui, enfin, il faut préciser. C'est la définition, le sabotage est un attentat. Et par contre, je ne suis pas d'accord quand on dit que le police... pardon, excusez-moi, n'a pas les moyens, etc. Les forces de police et de gendarmerie ont tout à fait les moyens, la formation, l'entraînement et les capacités à gérer ce genre de manifestations. Le problème, c'est que samedi dernier, les directives données étaient de ne pas aller au contact. Le président Macron a une peur viscérale de la banlieue et sa grande crainte... c'est qu'un des membres de la banlieue soit tué lors de... Oui, c'est ce qu'on
appelle le syndrome Malek-Ousekine, c'est-à-dire, effectivement, tout le monde a ça en mémoire, cette manifestation qui, à l'époque, avait effectivement mal tourné avec un jeune issu des quartiers d'origine maroquaine, je crois, si je me souviens bien, qui était décédé à l'occasion des interventions de la police. Sur les attentats, Frédéric, ça ne me paraît pas être documenté. Peut-être que vous faites effectivement allusion plutôt à des sabotages. On va juste poser la question à Yannick, justement, qui intervenait sur ce sujet du maintien de l'ordre. Vous avez vendu votre restaurant à cause de cela, à cause de ce climat également, Yannick
spécialement à cause de ça, mais parce que d'abord, le business n'est plus le même, compte tenu de la conjoncture, les gens ont moins de moyens, ou les gens n'ont pas envie de défendre, c'est parce qu'on ne sait pas où on va. Mais voilà, moi je me sens libéré depuis que j'ai arrêté mon activité.
Et vous pensez à tous ceux qui aujourd'hui, la boule au ventre, sont effectivement à la fois à la tête de commerce et qu'ils ont du mal pour les raisons économiques qu'on connaît, et en plus avec des difficultés maintenant de sécurité.
Je voyais une pharmacie, la pauvre pharmacienne, elle voyait sa pharmacie complètement détruite, mais c'est juste inacceptable. Et comment on va pouvoir empêcher ça ? Parce que, vous voyez, quand je disais le mot moyen, je rejoins le monsieur qui vient d'intervenir, bien sûr que la police a les moyens, mais c'est nos gouvernants qui ne leur donnent pas l'autorisation. À un moment donné... C
'est ce que vous nous dites. C'est ce que vous nous dites tous. Merci Frédéric et Yannick. J'accueille Stéphanie Demuru qui est dans le studio. Bonjour Stéphanie.
Bonjour mon cher Jacques.
Bientôt à vous de le dire. 10h midi. Qu'est-ce qui sera au programme aujourd'hui ? Belle matinale en
tout cas. J'ai écouté. Il y a eu pas mal d'annonces de Serge Papin notamment. On va y revenir parce que les commerçants attendent évidemment beaucoup de réponses de l'État. On vous en est en parler. Ils sont dans un état de... désarroi même psychologique. J'ai entendu d'ailleurs sur Sud Radio ce matin, dans votre matinale, même des risques de suicide chez certains, beaucoup de déprime et on le serait pour moins. Vous parliez également des policiers. Dans la première partie, on recevra Marc Silvera, c'est le fondateur et le directeur général de l'Amicale de la Police Nationale parce que c'est vrai que certains les accusent de trop en faire, de ne pas assez en faire. On était frappé
avec Noémie, l'une de nos intervenants ce matin. il y a quelques secondes, nous disait qu'elle était à un mariage samedi et qu'il y avait une policière qui travaillait à l'occasion du cocktail. qui servaient au moment du cocktail et qui étaient obligés ensuite le soir d'aller sur les interventions. C'est ça aussi la réalité de la police. Ce sont des gens qui ont du mal aussi parfois tout simplement à vivre. Et on ne parle pas
assez d'eux, donc on va parler de 10h à 10h30. Et vous, qu'en pensez-vous ? Est-ce que vous trouvez ça normal parfois qu'on les critique, qu'ils soient en première ligne sans en avoir toujours les moyens ? N'hésitez pas à venir nous dire ce que vous en pensez. 0 826 300 300.
Dans un instant, Stéphanie Demeuru pour à vous de le dire. 10h midi sur Sud Radio. Merci à Juliette Riouffole, Joseph fruits pour la préparation de ce grand matin. Anthony à la réalisation et Emmanuel Galasso, je vous souhaite une bonne journée, je vous dis à demain.
Transcription automatique (Whisper + diarisation) — des erreurs d'attribution ou de transcription sont possibles. Vérifiez toujours avec la vidéo source horodatée.