Chargement...
Chargement...
grâce à des sucrés.
Marc Bourreau, sur Radio Classique.
Esprit Libre, deuxième partie de retour avec Cécile Cornudet et Jean-François Colosimo. Alors on parlait des violences du week-end dernier, de l'anticipation, des réponses de l'exécutif aussi. On a le retour, en premier retour, si on peut dire, des couvre-feux localisés de la nuit dernière. Bon, c'est une première mesure, il y en aura peut-être d'autres.
Alors, d'abord, la réaction d'Emmanuel Macron a beaucoup déçu, y compris dans son propre camp. Quand vous faites une allocution où 16 millions de personnes regardent, s'ils regardent, c'est parce qu'ils sont en attente. Ils ont vu un week-end d'horreur partout en France et ils ont eu le sentiment que c'était du blabla, il n'y avait rien. Donc hier, on a vu effectivement Sébastien Lecornu, Gérald Darmanin s'activer en mode on a raté l'anticipation. Je cite une phrase qu'on m'a dit à l'Élysée, on a raté l'anticipation, on va réussir la punition. Et donc, des arrestations, des gardes à vue, c'est ce que... On est passé de Laurent Nunez, le ministre de l'Intérieur, décrédibilisé, à Gérald Darmanin, qui fait tous les plateaux pour dire si, si, la justice est sévère, etc. Donc oui, il y aura des couvre-feu, il faut attendre voir samedi. comment il y a un nouvel appel à manifester pour voir s'ils sont respectés. Parce que maintenant, c'est un peu le problème, c'est que quand une mécanique est lancée, ce sentiment d'impunité totale où on ne nous fera rien... Là, par exemple, le gouvernement dit tous les jeunes qui se sont affichés visage découvert. Il y en a eu plein parce qu'ils sont en toute impunité, en toute puissance. Eh bien, on va les poursuivre, on va utiliser ce qu'il faut pour les reconnaître et les coffrer. On va voir. On va voir si c'est le cas, mais tant qu'il n'y aura pas une réponse ferme, ils auront le sentiment qu'ils peuvent tout se permettre.
-François ? Oui, moi je crois que ce que dit Cécile est pointe vers ça. C'est que vous avez d'un côté des techniciens. Comme Laurent Nunez, technicien d'ailleurs, prie un peu en défaut de technique. D'un côté, vous avez des politiques. Darmanin. On peut se dire d'ailleurs que peut-être que si Darmanin avait été ministre de l'Intérieur, ce n'est pas du tout pour lui tresser, je dirais, une auréole de gloire. Mais parce que c'est un politique, n'est-ce pas ? Donc il a aussi des échéances politiques. Il a besoin de garder, de conquérir un peu plus le pouvoir, n'est-ce pas ? Etc. Il est dans une dynamique. Donc, face au pays aussi, je dirais en quelque sorte... non seulement de responsabilité, mais de véritable démonstration, de force, de capacité. Donc, quand vous avez un gouvernement comme ça, quand vous avez un président dont le principal problème, quand même, est d'arriver au terme de ses six mois, des six mois qui lui restent, quand vous avez ce fameux gouvernement technique qui s'empêtre dans des conversations sans fin à l'Assemblée, au Sénat, pour boucler un budget dont tout le monde sait qu'il est fictif. Quand vous êtes arrivé à un tel point, en fait, hors sol, quoi, je veux dire, il ne faut pas s'étonner non plus qu'il y ait une telle faillite sécuritaire. Je veux dire, on est complètement hors sol. Ce gouvernement a pris sur quoi ? Sur qui ? Même pas sur lui-même.
Emmanuel Macron est parti pour trois jours sans remettre en question quand le pays vit des émeutes comme il n'a jamais vécu, avec une violence partout, c'est surtout partout qu'il est frappant, dans plein de villes dont on ne parlait pas forcément pour ce genre de choses. C'est un drôle de choix, disons.
Rappelez-vous 68, où part le général à Baden-Baden ? Ça peut arriver dans les démocraties qu'il y ait des heures gravissimes. En attendant, le seul résultat politique clair, c'est que ce mouvement était parti chez certains jeunes légitimement à réclamer plus de justice. La réponse qui va arriver politique, c'est plus d'ordre, parce que ça va être la demande, en fait, qui va sortir de ce magma. Je veux dire, la justice, ça ne va pas être la question première. L'ordre est la question première, et évidemment, ça va profiter. au parti qui dit incarner l'ordre, à savoir le Rassemblement
National. Et vous trouvez la transition parfaite, Jean-François, parce qu'il reste six mois avant l'élection présidentielle, ça va bouleverser la campagne qui s'annonce jusqu'au mois d'avril, jusqu'au mois de mai ?
Je pense que ça y est, ça a déjà bouleversé la campagne. Il y a une telle faillite sécuritaire, comme disait Jean-François, que tous ceux qui ont gouverné avec Emmanuel Macron sont emportés par ça. On voit qu'Edouard Philippe a essayé de dire qu'il n'avait rien à voir et que lui aurait fait très différemment. Mais aussitôt qu'il dit ça, ressort le souvenir des gilets jaunes, du saccage de l'arc de triomphe au moment où il était Premier ministre. Donc pour l'arc central, comme on dit, c'est extrêmement difficile. Je ne vois pas comment ils s'en sortent. Et face à ça, effectivement, vous avez le Rassemblement National. Entre parenthèses, on ne parle plus du tout de Mediapart. qui joue en plus excellemment la partie, c'est-à-dire sans en rajouter, sans stigmatiser l'immigration, sans mettre de l'huile sur le feu, parce que Marine Le Pen veut incarner la paix civile, elle a très peur que dans l'esprit des gens, ce qui se passe aujourd'hui ne soit qu'une répétition de son élection à l'Elysée, avec une rue complètement en désordre. Donc elle veut montrer un visage très rassurant. très calme. Elle a fait une intervention deux heures avant celle d'Emmanuel Macron dimanche. Sincèrement, c'était très très présidentiel. On se demandait laquelle était la plus présidentielle des deux. Donc voilà, elle joue très très bien dans un moment qui la sert incroyablement.
Et je vous renvoie vers la chronique d'Olivier Beaumont, les coulisses de la politique, qui citait un cadre du RN. En ce moment, on déroule. Voilà ce qui se dit au sein du rassemblement national. Jean-François ?
Oui, et surtout que Jean-Luc Mélenchon finalement subi la torsion à laquelle il s'est exposé, c'est-à-dire que sa paranoïa se retourne contre lui, et désormais, je vous imagine, paranoïaque contre lui-même, parce qu'il se rend bien compte que désormais, après avoir engrangé en style les quelques pourcents qui lui manquent pour être au second tour, grâce aux jeunes, grâce aux casseurs, grâce à l'ultra-gauche, grâce aux banlieues, grâce à... à ce qu'il suppose être l'électorat musulman, etc. Bon, maintenant, il est toujours comme ça, Mélenchon. À l'approche des élections, d'un coup, il essaie de se refaire, en fait, une forme un peu de virginité démocratique et républicaine. Alors là, c'est mal parti, il va falloir qu'il mette des bouchées doubles, quitte à se déconsidérer, au fond, à ne plus savoir véritablement où il en est. Reste à savoir aussi qui, autour de lui, véritablement n'a pas eu peur. de voir ses manifestations, parce que lui, on le sait, n'est-ce pas, c'est son moteur, n'est-ce pas, la violence. Mais bon, les bons parts, etc., Bompano, tout ça, qui sont bien plus jeunes... ont-ils véritablement adhéré à fond, je dirais, à ce débordement, à cette hubris ? Parce que c'est ça, Mélenchon, c'est l'hubris, c'est la démesure. Est-ce que même cette démesure, on n'a pas fini par les inquiéter ? C'est ça sa véritable question, mais en tout cas, ce qui est sûr, c'est qu'il a montré là toutes ses limites par rapport à la nation qu'il prétend incarner. Il n'aime pas ce
pays. Esprit libre avec nous ce matin, la journaliste politique aux Echos, Cécile Cornudet, le théologien Jean-François Colosimo. Merci à tous les deux d'être venus. Bonne semaine et rendez-vous la semaine prochaine. Un peu de musique pour se détendre, malgré tout. Entre 9h30 et midi sur Radio Classique, Pauline Lambert vous propose de changer d'air. Ça ne fait pas de mal. Et vous entendrez notamment le virtuose Aldo Ciccolini qui a ressuscité l'œuvre du compositeur français Déoda de Sévrac. Et notamment, c'est...
Transcription automatique (Whisper + diarisation) — des erreurs d'attribution ou de transcription sont possibles. Vérifiez toujours avec la vidéo source horodatée.