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Notre invité ce matin dans la grande interview sur CNews et sur Europe 1, c'est Gérald Darmanin. Bonjour à vous, vous êtes le garde des Sceaux, ministre de la Justice. Merci d'avoir répondu à notre invitation. On va évoquer le fiasco de ce week-end et la vague de violences sur toute la France. Vous avez demandé au procureur de la République une réponse pénale très ferme, avec des placements en détention provisoire, des comparutions immédiates pour les auteurs des violences urbaines qui ont attaqué les forces de l'ordre ou qui ont commis des pillages. Est-ce que vous avez été entendu, monsieur le ministre, combien sont en prison à l'heure où l'on se parle ?
Aujourd'hui, 123 personnes sont incarcérées, soit en détention provisoire, donc les procureurs ont demandé leur incarcération à la sortie des gardes à vue en attendant les condamnations, soit parce qu'ils ont eu des mandats de dépôt. Lundi, hier soir, il y a eu les premières comparutions immédiates. L'essentiel des comparutions immédiates, c'est aujourd'hui, demain et après-demain. C'est-à-dire qu'il y a eu beaucoup de fermeté de la part des procureurs de la République. Vous leur avez demandé d
'avoir la main lourde, Gérald Darmanin ? J
'ai demandé d'être extrêmement ferme, impitoyable envers ceux qui ont attaqué des policiers, des gendarmes, des sapeurs-pompiers, qui ont pillé des commerces et qui ont attaqué des bâtiments publics. Il y a également une cinquantaine d'informations judiciaires, c'est-à-dire des juges qui ont été saisis pour pouvoir faire des enquêtes criminelles. Je pense évidemment à la mairie de Limoges, mais je pense aussi aux attaques du bâtiment CNews, par exemple. Et puis, il y a bien sûr encore énormément de gens qui sont en garde à vue. Et il y a plus de 700 personnes qui, escortées par la police, sont déférées dans les dépôts, c'est-à-dire à l'endroit où on attend d'être condamné, dans les tribunaux en France, avec des condamnations extrêmement fermes. Est
-ce que vous avez justement réuni du quantum des peines ? Est-ce qu'il s'agit de sursis ? Est-ce qu'il y a des condamnations à des mois de prison fermes ? Et quel est le quantum ?
Oui, il y a beaucoup de condamnations avec des prisons fermes. de dépôt, c'est-à-dire que les gens vont directement en prison, y compris pour quelques mois, y compris pour des courtes peines de prison, mais je pense que c'est extrêmement important que cela a été prononcé. Moi, je voudrais remercier les magistrats, les greffiers, les agents qui ont travaillé tout le week-end et qui travaillent jour et nuit en ce moment pour rendre la justice, une justice extrêmement ferme et partout sur le territoire national. J'en remercie les agents, les magistrats du ministère de la Justice d'appliquer ce que demande le peuple, puisque la justice est rendue au nom du peuple, en toute indépendance, mais elle est rendue. nom du peuple, de la fermeté face aux pilleurs.
À Paris, il y a eu effectivement des condamnations. Deux mois de prison avec mandat de dépôt, six avec sursis pour un cuisinier, ancien pompier volontaire de 21 ans qui avait des produits inflammables dans son sac. Mais à Nantes, il y a des comparutions immédiates aussi. Quatre hommes jugés, notamment pour pillage. Trois condamnés à du sursis, aucun en prison.
Il y a des décisions qui ne satisfont pas. J'ai demandé au procureur de faire appel systématiquement. Là, il ne fera pas appel, le procureur, il l'a dit dans le journal Le Correur. On a 48 heures et les procureurs généraux sont là pour faire appliquer mes consignes. Et le ministère de la Justice répond. Je donne des consignes générales au procureur généraux que je réunis tous les jours pour qu'il y ait des appels lorsque les condamnations ne sont pas à la hauteur de ce que j'ai demandé dans ma circulaire politique pénale. Mais par ailleurs, il y a aussi à Limoges, 10 manifestants qui ont attaqué des policiers. Les 10 sont en mandat de dépôt en prison. Et certains n'ont pas de casier judiciaire. Il y a dans un tribunal de province, quelqu'un qui portait un masque à gaz simplement, dans une manifestation, sept mois de prison ferme qui ont été prononcés. Il y a des peines extrêmement fortes et je souhaite qu'elles soient extrêmement fortes partout sur le territoire national. Vous
avez évoqué Limoges, monsieur Darmanin, après l'incendie de la mairie, le PNAT, parquet national antiterroriste, envisageait de se saisir. Est-ce que vous avez de nouvelles informations ce matin
Non, c'est une information que j'ai donnée hier soir au journal de 20h. Elle s'est mise en observateur. Le PASAT, c'est le parquet antiterroriste. En observateur, ça veut dire que les Français doivent se savoir. Nous pensons, les services d'enquête de la police, le parquet national antiterroriste, pense qu'il y a une possibilité que ce soit un acte organisé et terroriste. L'idée de mettre la terreur, pour des raisons idéologiques ou politiques, à la mairie de Limoges. C'est extrêmement important comme information. Cela montre l'organisation sans doute de l'ultra-gauche. qui auraient attaqué sciemment la mairie de Limoges et peut-être d'autres bâtiments en France. Et on va laisser le PNAT, qui est indépendant dans sa saisine, regarder l'évolution et puis peut-être des prochaines interpellations qui auraient lieu dans cette affaire. Les
premières enquêtes montrent qu'il a fallu planifier, organiser cela de façon méthodique, cet incendie.
En effet, il apparaît que dans plusieurs points du territoire et singulièrement à Limoges, il y a une organisation. Et elle serait la main d'un groupe qui sème la terreur, qui est l'ultra-gauche. Et moi, je voudrais redire à quel point, dans le début des manifestations, parce que comment ça s'est passé le jour et le samedi, il y a eu des ultra-gauches partout sur le territoire national qui ont été faire le coup de poing contre les policiers, qui ont organisé une situation insurrectionnelle et factueuse, comme l'a dit le président de la République, et qui a attaqué des bâtiments publics. Cette organisation d'ultra-gauche, ces organisations d'ultra-gauche, il faut les combattre. Ce sont des ennemis de la République. Bien sûr, j'en ai dissous beaucoup lorsque j'étais ministre de l'Intérieur. Je sais que Laurent Nunez fait pareil. Il faut les dissoudre et puis il faut surtout poursuivre pénalement leurs représentants et pour qu'ils soient traduits devant les tribunaux et je l'espère condamnés à de la prison.
Alors vous dites il y a eu l'ultra-gauche, les black blocs. Mais il y a eu aussi des pilleurs, des casseurs qui n'avaient rien à voir avec les mouvements d'ultra-gauche que l'on évoque.
Exactement. Il y a eu, après les mouvements d'ultra-gauche, des manifestations qui se sont passées à peu près correctement partout sur le territoire national. Il ne faut pas que ces violences trahissent non plus les manifestants qui ont voulu, dans le mouvement lycéen, dans les mouvements pour le pouvoir d'achat, dire ce qu'ils pensaient au gouvernement. Et c'est tout à fait légitime en démocratie. Ces manifestations se sont plutôt bien placées. Et puis après, vers 16-17h, puis toute la soirée, puis toute la nuit, des pilleurs.
Et dimanche encore, avant hier soir.
Exactement, des pilleurs, des gens qui ont attaqué des policiers. Quel profil ? Il y a de tout. Il y a 95% d'hommes. Il faut quand même dire à tous les Français que c'est une délinquance, une criminalité qui a été masculine. 95% d'hommes. Il y a eu des mineurs. de 13 ans parfois, 15 ans, 16 ans. Il y a eu aussi beaucoup de majeurs, une majorité de majeurs, 70% d'adultes dans ces interpellations. Il y a de tout, des gens issus de l'immigration, des gens qui sont étrangers, mais il y a aussi des gens qui sont parfaitement intégrés, qui sont français. Il y a de tout dans les interpellations que la police a faite. Est-ce que c'est
une délinquance d'opportunité ou est-ce que nous sommes en face de jeunes qui effectuent ce qu'on appelle des razias ? J
'aime pas trop le mot de délinquance d'opportunité. Je sais qu'il est utilisé par les services de police. Moi, je pense que ce sont des délinquants. C'est-à-dire que j'ai été élevé par une maman seule, je suis issu de l'immigration. Même dans un moment de confusion, il ne me serait jamais venu à l'idée de rentrer dans un magasin et piquer des Nike ou un Polo. Ce sont des délinquants. Et qu'ils aient ou pas un casier judiciaire, qu'ils soient ou pas majeurs, il faut les sanctionner. Et la justice est là pour les sanctionner. Je voudrais aussi dire à quel point les policiers et les gendarmes, les sapins pompiers, ont été d'un extrême courage. Parfois en minorité sur le terrain, parfois molestés, parfois menacés. Ils ont été d'un extrême courage. Je voudrais aussi dire que nous avons eu affaire devant cette violence débridée à beaucoup de Français qui ont donné des informations à la police, à la gendarmerie, à la justice. Et moi, je les encourage. Il y a eu beaucoup de photos, il y a eu beaucoup de vidéos de continuer à en donner. aux policiers et aux gendarmes. Et
qui se sont eux aussi interposés, des simples citoyens qui se sont interposés face à la violence. Je pense aux commerçants qui ont tenté désespérément de défendre le commerce. Ils disent aujourd'hui que l'État ne nous a pas protégés et ne nous protégera pas. Qu'est-ce que vous leur dites ?
Je pense que quand il y a 3000 commerces pillés, ils ont raison de dire que l'État a failli. Évidemment que la sécurité n'a pas été constatée. Le ministre de l'Intérieur lui-même l'a reconnu. Donc il faut en tirer toutes les... On constate faillite. Oui, bien sûr. Évidemment, lorsqu'une manifestation dégénère alors qu'elle se déroulait correctement et qu'on ne peut pas manifester normalement sur un droit constitutionnel en France, c'est un premier problème. Et le deuxième, lorsque des mouvements d'ultra-gauche puis des pilleurs viennent saccager la vie d'un commerçant à bâtiment public, je pense à Lille, où je vais me rendre tout à l'heure, à Marseille, mais partout sur le territoire national, évidemment l'État a failli. Vous savez, on a, je crois, deux... C'est terrible
d'entendre ça, M. Darmanin.
Il faut d'abord le reconnaître. Le
week-end qu'on vient de passer et ce que nous avons peur de vivre encore. D'abord,
c'est très difficile de maintenir le public de manière générale. C'est vrai, on l'a vu, il y a des images en Italie, il y a eu des images en Espagne, il y a eu des images en Allemagne. Mais ce n'est pas une excuse. L'État doit garantir la sécurité. J'ai été ministre de l'Intérieur pendant quatre ans et demi. Je sais que c'est un métier extrêmement difficile. Vous
avez vécu des événements comme la finale de la Ligue des champions, l'examen de l'Aile. Exactement.
Après, moi, je constate, parce que j'ai entendu des discours politiques, j'ai rétabli l'ordre public. Par exemple, lors de l'affaire Naël, où il y avait des émeutes bien plus méchantes et puissantes que celle-ci. Mais avec moins de
dégâts que ce simple
week -end. Mais en trois jours, nous avons rétabli l'ordre partout sur le territoire national. Parce qu'on avait fait le choix de faire sortir le rail, le GIGN, de mettre des blindés, de pouvoir faire une grande fermeté dans les interpellations. On n'a pas besoin de l'état d'urgence. On n'a pas besoin de priver tous les Français de leurs libertés individuelles. Parce qu'on a quelques milliers de délinquants et d'emmerdeurs.
Ça permet quand même des travails plus faciles pour les policiers. L'état d'urgence.
Il ne faut pas l'exclure par principe, mais l'état d'urgence, ça permet quoi de différent d'aujourd'hui ? Ça permettrait de faire des perquisitions administratives, c'est-à-dire on informe le juge après, lorsqu'on trouve des armes chez les gens. Est-ce que vous avez vu dans ces pilleurs, beaucoup de gens qui avaient des armes ? Non, ce n'est pas le cas. Il n'y a pas eu d'armes du tout. Vous nous le confirmez ? Il y a eu sans doute, ici ou là, pour l'ultra-gauche le matin, des armes, et souvent ce sont des armes qui sont des couteaux, des bombes lacrymogènes ou de l'ammoniaque. Ce n'est pas des kalachnikovs qu'ont les terroristes lorsqu'ils passent à l'action, puisque l'état d'urgence, quand il a été la dernière fois adopté, ça a été sous un gouvernement de M. Hollande pour lutter contre les terroristes islamistes. Je ne dis pas qu'il faut exclure par principe l'état d'urgence, je dis que comme ministre de l'Intérieur, j'ai rétabli l'ordre public. Sans aucun problème, sans l'état d'urgence, il faut juste beaucoup de fermeté, il faut beaucoup de démonstration de force, et il faut qu'une justice très ferme, ce qu'elle est aujourd'hui.
Gérald Darmanin, est-ce que le président Macron a envisagé cette hypothèse de l'état d'urgence ? Dimanche, il aurait envisagé cela, puis il serait revenu en arrière par peur des conséquences, peut-être d'abord financières, et aussi au vu des moyens policiers et judiciaires ?
Personnellement, je ne le crois pas. Vous ne lui avez pas
suggéré l'état d'urgence ? Non, non,
non, non, je n'ai pas suggéré l'état d'urgence au président de la République. J'ai eu un échange avec lui, puis j'ai assisté à une réunion avec lui. Il ne l'a jamais évoqué. Je ne suis pas dans toutes les réunions du président de la République. Je ne suis pas son ministre de l'Intérieur, je ne suis pas son Premier ministre. Mais comme témoin direct, non, il n'y a pas eu du président de la République l'évocation de l'état d'urgence.
Vous avez aussi demandé d'utiliser la procédure pour criminalité organisée. Ça permet quoi, Général Darmanin, exactement ?
'hui nous avons des qualifications pénales qui relèvent de la criminalité organisée, le vol en bande organisée par exemple, vos images le démontrent. Ça permet plusieurs choses, d'abord de passer les gardes à vue de 48 à 72 heures, laissant ainsi le temps à la police et à la gendarmerie qui a beaucoup de travail de faire les enquêtes. Ça permet de regarder dans les téléphones portables des personnes que nous avons interpellées pour voir s'ils étaient par exemple, puisqu'ils se filment souvent maintenant, dans un mouvement de foule et de violence. Ça permet aussi de faire des géolocalisations. Demandez à vos opérateurs téléphoniques si Mme X ou M. Y, souvent M. Y, était bien devant la mairie de Limoges, par exemple, au moment où ça a pris feu, parce qu'il dit évidemment qu'il n'y était pas. Et ça permet d'utiliser des techniques spéciales d'enquête, notamment des écoutes téléphoniques. Donc, bien sûr, les procureurs de la République font ce qu'ils veulent et ils appliquent aux personnes qu'ils ont devant eux. les articles du Code pénal, mais je les ai autorisés, je les ai engagés à utiliser ces articles. Ils le font d'ailleurs en ce moment même, ce qui permet une partie des preuves qui permettent la condamnation par les magistrats du siège.
Revenons sur les pilleurs et les pillages. Certains se sont montrés à visage découvert sur les réseaux sociaux en exhibant leur butin. Vous avez, avec Vincent Jambrun, ministre du Logement, annoncé une circulaire pour retirer. des APL ou des prestations sociales, le fruit de la revente de ces produits, c'est bien cela ?
En effet, c'est une instruction extrêmement importante puisque la loi nous le permet, c'est la première fois que nous allons l'utiliser et nous allons pouvoir retirer des prestations sociales de ceux qui sont des recelleurs de ces produits qui ont été volés. indument, bien sûr, aux commerçants. Et ça se passe très bien. Le procureur de la République, la CAF, vont pouvoir échanger des informations et nous allons pouvoir retirer ces prestations sociales.
Il n'y a pas besoin de passer par une nouvelle loi, c'est pas le seul moyen juridique que vous arrivez à faire cela.
Exactement.
Et ça a commencé à être mis en œuvre ? Ça a commencé
depuis hier.
Concernant le maintien de l'ordre, votre homologue, Nora Nouniez, a présenté sa démission. Elle a été refusée par le président de la République. Il a admis que la situation avait échappé au contrôle de l'État. Vous aussi, vous avez dit, on l'a entendu, nous avons... Comment les Français peuvent-ils encore vous faire confiance
'hui, vous savez, c'est très difficile de mise à l'intérieur. Et moi, je ne tire pas sur quelqu'un qui a commis peut-être des difficultés, comme l'a dit Laurent Nunez. C'est un grand professionnel, Laurent Nunez. Il a organisé la visite du pape. Vous avez dit vous-même que c'était formidable, pendant trois jours ici, sans aucun problème.
Les foules étaient pacifiques, accordez-le-moi. Il
y avait des risques terroristes, bien sûr, mais ce n'est pas la question. Il faut organiser des centaines, non, il faut organiser des millions de personnes. C'est facile de dire à partir de votre chaise et à votre micro, je peux vous dire que c'est, pour avoir été mis en intérieur, extrêmement difficile d'accueillir des millions de personnes. Il l'a fait, et il l'a fait très bien. Et vous l'avez dit vous-même que la police et le ministre d'Intérieur avaient très bien fait son travail. Quand j'étais ministre de l'Intérieur, il a organisé les Jeux Olympiques à Paris. Vous n'avez pas arrêté de dire sur tous les plateaux de télé que ce serait dramatique. Ça a été très bien organisé et le préfet de police qui était Laurent Nunez est un grand professionnel. Vous savez, le nombre de personnels de force d'ordre ont été
déployés et pour les Jeux de la République et pour la visite du travail. Combien ont été déployés le week-end dernier ?
Nous avons mis fin, lorsque j'étais ministre de l'Intérieur, nous avons mis fin aux émeutes urbaines. Il était mon préfet de police à Paris dans l'affaire Naël. Laurent Nunez, c'est un grand professionnel. Oui, il y a eu une faute samedi, il l'a reconnu lui-même. Qui ne fait pas de faute ? Il a reconnu, il a proposé sa démission au président de la République, alors qu'il n'a évidemment aucune ambition politique, Laurent Nunez. C'est un haut fonctionnaire qui sert à la République. Il a lié au président de la République, si vous voulez me retirer de mon commandement, vous me retirez. Est-ce que quand il y a des émeutes, est-ce que lorsqu'il y a des pillages, est-ce que lorsque la police va être commandée, on doit changer de mise à l'intérieur ? La réponse est non. Et moi, j'ai confiance en Laurent Dunez, même si nous avons... On en a vu d'autres qui ont sauté pour moi. Mais moi, je vous dis, et je pense que c'est... Je sais que vous préférez que je fasse de la politique politicienne et que je dis que Laurent Dunez devrait partir. Ce n'est pas le cas. Il a très bien travaillé. Il a eu raison de présenter sa démission au président de la République. Le président de la République a pris sa décision de le maintenir en poste. C'est un ministre de l'Intérieur qui est respecté et respectable.
Ce matin, Sébastien Lecornu souligne que les couvre-feux ciblés ont fonctionné cette nuit. Il y en a eu à Paris, à Lille et au Bordeaux. Ça va se reproduire et on va vers des manifestations comme ça et des couvre-feux en permanence dans les mois qui viennent. Gérald Darmanin
les mois, je ne sais pas, mais dans les prochains jours, sûrement. Je trouve que les mesures de couvre-feu qui ont été respectées par la population française, et surtout que les policiers et les gendarmes ont fait respecter, c'est une très bonne chose. Je regrette qu'il y ait des communes qui ne l'ont pas mis en place, qui ne souhaitent pas le mettre en place, à Rennes par exemple. Vous les incitez ? Bien sûr, quand on voit qu'à Rennes, il n'y a pas de couvre-feu, ça a été refusé par la mairie et qu'il y a eu encore des exactions hier soir, je m'inquiète. Et il y a des maires de gauche, par exemple, je pense à la mairie Lille, qui ont été très courageux, accompagnés par le préfet du Nord et qui ont pu faire respecter.
Gérald Darmanin, les locaux de notre rédaction CNews ainsi que les rédactions qui se trouvent dans ce bâtiment, Europe 1 et JDD, ont été attaqués samedi par des activistes violents. Combien d'interpellations ont eu lieu et qu'est-ce qu'il va se passer ?
Il y a eu 25 interpellations dans les attaques inacceptables contre les locaux de CNews. Et la liberté de la presse doit être garantie pour tout le monde. Et aucun journaliste, aucun agent qui travaille, aucune personne ne travaille dans une maison de rédaction, quelle que soit son orientation, quel que soit le prix parti pris de son éditorial, doit être menacé. Donc les interpellations ont eu lieu. Je remercie les services de police. Le procureur de la République à Paris a été extrêmement ferme. Les 25 personnes, les 25 interpellés sont déférées en ce moment même devant un juge puisqu'une information judiciaire est ouverte. Et je l'espère que beaucoup d'entre eux connaîtront des mises en examen, des détentions provisoires. Et demain, quand l'information judiciaire sera finie par le juge d'instruction, des condamnations extrêmement fermes. Est
-ce qu'on a une idée du profil de ces individus qui sont mis attaquer nos locaux
? Ce n'est pas à moi de le dire. Des activistes violents
? Je pense que
la justice communiquera dans cette enquête très particulière. Ces news, comme toutes les rédactions, doivent être intégralement protégées. Exactement,
et de nombreux journalistes sur le terrain, quelle que soit leur chaîne, sont attaqués. Ça traduit quoi, selon vous, cette volonté de s'en prendre à ceux qui filment, ceux qui rapportent les faits ?
Je pense que ça traduit une attaque contre toute une forme de personne qui parle dans le poste. C'est évidemment le vrai des journalistes, c'est vrai des élites économiques qui sont aussi menacées. Quand je vois que sur une radio, Radio Nova, on attaque personnellement Bernard Arnault ou Vincent Bolloré, quel que soit ce qu'on pense de ces deux personnes, on les attaque le même. On appelle au meurtre. Évidemment, c'est extrêmement préoccupant. Et puis ça veut dire qu'on attaque aussi des politiques, qu'on attaque des hauts fonctionnaires, des personnes qui viennent témoigner parfois. Et moi, je suis frappé. de cette violence qui touche toute la société française, et en touchant les journalistes, en touchant les acteurs économiques, en touchant les représentants politiques, les élus, on touche à la démocratie et sa liberté d'expression. Donc longue vie à ces news, à tous ceux qui veulent, par le débat d'idées, créer le débat, et parfois il est excessif, et c'est normal, la démocratie de chaque côté, personne ne doit par la violence faire taire une voix.
Merci beaucoup Gérald Darmanin de votre fermeté ce matin sur ce sujet. Merci de cette interview. Merci à vous. Vous avez accordé tout de suite la matinale sur CNews et sur Europe 1.
Transcription automatique (Whisper + diarisation) — des erreurs d'attribution ou de transcription sont possibles. Vérifiez toujours avec la vidéo source horodatée.