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7h36 avec Alba Ventura, nous accueillons ce matin Fabien Roussel, bonjour. Bonjour à vous deux. Vous êtes candidat du Parti communiste à l'élection présidentielle. Votre première intervention ce matin sur TF1 depuis le 17 octobre. Alors d'abord, les couvre-feux instaurés dans une dizaine de villes, c'est une bonne mesure selon vous
? Pour beaucoup de communes, ce qui s'est passé en marge des manifestations, même parfois la nuit, bien après les manifestations, ont provoqué un véritable traumatisme chez les maires, chez les commerçants qui ont été ciblés, chez les maires qui ont dû faire face à ça. Parfois, ce sont les maires qui demandent l'instauration de ces couvre-feu, mais pour moi, j'y vois aussi une forme de défaillance de l'État, un aveu d'échec, c'est-à-dire en dernier recours, c'est ce qu'il nous reste. pour faire respecter la loi et l'autorité. Et donc, c'est surtout un aveu d'échec.
Chez vous, à Saint-Amant-les-Eaux, dans le Nord, j'imagine qu'il n'y a pas de couvre-feu ?
Si, il y en a dans le Nord, à la demande de la commune de Denain, dans le Valenciennois, mais aussi du maire de Lille et d'autres communes où... je le redis, c'est le soir après des manifestations qui parfois ont eu lieu le matin, mais c'est le soir, la nuit tombée, que l'on a vu des pillards s'en prendre au magasin et des commerçants qui ont tout perdu. Et donc, je comprends l'émotion que ça suscite, mais c'est grave d'en arriver à ces mesures ultimes pour pouvoir faire respecter l'autorité.
L'état d'urgence, non, vous dites ça ?
dis que c'est un aveu d'échec. Il faut comprendre d'où vient cette violence, d'où viennent ces pillards, qui sont-ils, qu'est-ce qui les motive. La justice, justement, doit faire un gros travail pour connaître justement ce qui est à l'origine de ces magasins, de ces commerces qui ont été pillés.
Vous parlez de défaillance. Est-ce que le ministre de l'Intérieur, Laurent Nunez, aurait dû... démissionner ? Est-ce que le président aurait dû accepter ?
Ce qui est en cause, pour moi, c'est surtout... 'abord, la politique de maintien de l'ordre. Elle est aujourd'hui pointée du doigt par beaucoup. Les commerçants eux-mêmes qui disent qu'on ne nous a pas protégés. Et c'est les manifestants qui ont été gazés. Les maires qui disent qu'ils s'en sont pris au carré de tête à Marseille et aux syndicalistes et qu'ils n'ont pas protégé la mairie. Mais vous, Fabien Roussel, président de la
République, quel est votre déctrine du
maintien de l'ordre ? Et ensuite, ce que je mets en cause, c'est donc la politique de maintien de l'ordre et pas... La personne en tant que telle, il peut démissionner, mais si c'est la même politique derrière, ça ne changera rien. Le problème de fond, c'est que ça fait des années et des années que des salariés, des jeunes, des retraités manifestent, réclament de pouvoir vivre dignement, demandent du pouvoir d'achat, demandent à ce qu'il y ait des mesures contre la vie chère, ont refusé la réforme des retraites. Vous savez, tout ça, c'est un agrégat de colère qui s'additionne. Ça justifie les violences ? En aucune manière, madame. aucune manière. D'ailleurs, je n'ai entendu personne sur un plateau de télévision défendre et justifier les violences. On a entendu certains
dire que les violences étaient légitimes avant de se reprendre.
Je
pense au maire Bali
Bagayoko. En revanche, j'ai dit, moi, qu'il n'y avait aucune colère, aucune violence de légitime. Aucune violence de légitime. Je l'ai dit, je le redis ici. En revanche, tout... ces manifestations pacifiques qui se sont tenues ces dernières années et qui se sont tenues ces dernières semaines. La dernière manifestation des lycéens et des lycéennes, encadrée par les parents, les syndicats, les partis politiques, dont le mien, et qui se sont tenues pacifiquement. Mais vous voyez bien qu'à un moment, ça bascule, ça dégénère. C'est 800 000 manifestants qui manifestent pacifiquement. dans la plus grande partie du temps et qui ne sont pas entendus. Et c'est ça qui est grave. Et vous pensez qu'il n'y aurait pas de casseurs ? Ce qui est grave, c'est que depuis des mois, professions... des jeunes, des retraités, des salariés demandent des mesures contre la hausse des prix de l'essence pour protéger leur pouvoir d'achat, demandent des hausses de salaire. Et il n'y a rien qui bouge. Vous savez que ce ne sont pas forcément eux
qui sont les auteurs des violences. Ce n'est pas eux qui ont brûlé la mairie de Limoges, ce ne sont pas eux qui ont caillassé la résidence de la préfète de Bordeaux.
Et c'est une bonne chose qu'il les reconnaisse et que l'on fasse la différence entre les manifestants et les casseurs. Aujourd
'hui, à chaque manifestation, ça dégénère. Vous, président de la République, qu'est-ce que vous faites pour empêcher ça ?
Mais la première chose que je fais, c'est de respecter la démocratie et de respecter le peuple. Le président de la République est celui qui doit être le garant de l'autorité, des institutions, du bon fonctionnement de la démocratie. Mais le président de la République, c'est aussi celui qui doit être en phase avec son peuple, qui doit aimer le peuple, qui doit être le peuple, qui doit comprendre ce qu'il vit, qui doit avoir de l'empathie pour le peuple. Or, aujourd'hui, nous n'avons pas un président de la République... Nous avons un méprisant de la République, quelqu'un qui méprise le peuple. Et donc, il y a besoin d'un président de la République qui aime le peuple et qui l'entend et comprend qu'aujourd'hui, les travailleurs, les retraités, les jeunes ont besoin d'être entendus et respectés. Est-ce que cette phrase-là, est-ce que ça, ça peut être entendu ? Et le problème, c'est que toutes les violences que l'on a vues et que nous dénonçons, nous ne parlons... que de ça. Et du coup, on ne parle plus de l'essence qui reste à 2,40 euros aujourd'hui. Et ça, c'est quand même le problème qui reste à traiter. On ne va plus parler de cette question sociale, on va parler des violences, on va parler des immigrés, mais on ne va plus parler de la question de l'essence et de l'énergie. Est-ce que vous demandez des sanctions
exemplaires contre ceux qui saccagent
et qui pillent ? Mais je vais... Demandez, bien sûr, à ce que la justice fasse son travail, à ce que les auteurs de ces faits soient condamnés, à ce que l'on connaisse exactement d'où ils viennent. Est-ce qu'il faut amputer les aides
sociales, comme le prévoit le ministre du Logement, le ministre de la Justice, Vincent Jean Brun et Gérald Darmanin, qui s'apprêtent à signer une circulaire pour amputer les aides sociales de ceux qui ont pillé ? Mais il faut une réponse à ça aussi. Les Français attendent ça.
Mais bien sûr, la réponse à ce qui se passe en ce moment... Ce n'est pas d'aggraver des sanctions contre les casseurs. La question n'est pas celle-là. Il faut qu'il y ait une sanction pénale. Il faut que la justice fasse son travail. Mais déjà, il faudrait qu'il y ait des moyens dans les tribunaux. Il faudrait que la police ait la capacité de faire son travail de maintien de l'ordre. Il faudrait qu'il y ait des greffiers, des juges. Il faudrait qu'il y ait tout ça pour que la justice au moins puisse être appliquée. Ça, c'est la première chose. La deuxième chose concernant les allocations familiales. dont vous me parlez, les allocations familiales dans notre droit. Jusqu'à maintenant, on parle des allocations familiales. Jusqu'à maintenant, elles ont été considérées comme insaisissables parce que quand on saisit, on ampute les allocations familiales à une famille, à une maman, ce sont parfois des enfants, des bébés qui en pâtissent. Est-ce qu'il faut condamner des enfants, des bébés parce qu'un père, un grand frère a commis un délit ? Moi, je ne pense pas que c'est juste. Au contraire, il faut que la sanction soit individuelle, concerne la personne qui a commis les faits et que la justice soit implacable et qu'elle condamne ceux qui ont commis ça. Mais encore une fois, Madame Ventura... On parle de toute cette chaîne pénale qu'il faut mettre en place. On ne parle pas de comment on bloque les prix de l'essence, comment on fait en sorte que le travail puisse vous permettre de vivre dignement, de donner des moyens aux lycéens de pouvoir apprendre dignement. C
'est
ça, la
question. A la fête de l'UMA, vous avez appelé les citoyens à occuper les ronds-points, à manifester devant les préfectures. En 2023, vous avez appelé à occuper les stations-services, les supermarchés. Est-ce que vous renouvelez cet appel ? pour le 24 octobre, nouvel appel à manifester, et pour le 5 novembre.
J'appelle le gouvernement à apporter des réponses immédiates contre la vie chère. Le meilleur moyen que l'on arrive aujourd'hui à la désescalade, à retrouver l'apaisement, à répondre aux urgences sociales, c'est justement... C'est ce que j'ai demandé au président de la République. C'est qu'il convoque une conférence sociale avec les syndicats, les organisations de jeunesse et patronales pour trouver des réponses tout de suite à la question des salaires et du pouvoir d'achat. Qu'il y ait des mesures fortes pour l'éducation nationale et nos services publics. Que l'on bloque les prix de l'essence. C'est ça l'urgence. Et c'est de cela dont nous devons parler et au Parlement et à Matignon.
Merci. Et j'ai pas compris, vous serez dans la rue samedi ou pas ? Nous, nous appelons
à y être partout où les conditions le permettent et où il y a des appels. à se rassembler pacifiquement, pacifiquement, pour porter les mots d'ordre contre la vie chère.
Et le 5 novembre aussi, j'imagine, dans les mêmes conditions. Et
c'est surtout le 5 novembre à l'appel des organisations syndicales que nous appelons à défiler si le gouvernement, d'ici là, n'a pas répondu aux attentes qui s'expriment légitimement dans le pays.
Je précise que pendant cette interview, le Premier ministre a fait une déclaration. Il indique que les couvre-feux se sont bien passés, enfin, ils ont été respectés cette nuit et qu'il y en aurait d'autres la nuit prochaine. le temps que ce sera nécessaire. Merci beaucoup Fabien Roussel.
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