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Emmanuel Macron a donc opté, Alix, pour des couvre-feux ciblés. Sauf que vous allez nous dire que l'hypothèse d'un état d'urgence n'a pas été écartée. Oui, effectivement, c'est absolument pas écarté à ce stade. Et cette option-là même, à un moment tenu la corde, un dimanche matin, Emmanuel Macron aurait eu en tête cette hypothèse avant finalement de changer d'avis, d'y renoncer dans l'après-midi. Hier, Sébastien Lecornu a reconnu effectivement que cette option reste tout à fait envisageable.
les outils qui sont à la main du gouvernement et singulièrement à la main du Premier ministre, sous l'autorité des compétences du président de la République pour ce faire, si c'est utile, je le ferai. Après, pour connaître un peu ces sujets, l'état d'urgence, ce n'est pas un objet politique. C'est quand même quelque chose qui est lourd, y compris dans sa mise en place. Donc si c'est nécessaire, évidemment que nous pourrions le faire.
effectivement, Emmanuel Macron, ce n'est pas la première fois qu'il fait marche arrière concernant l'état d'urgence. Il avait déjà renoncé à ce dispositif au moment des émeutes de 2023, mais également pendant la crise des Gilets jaunes. Pourquoi il a décidé justement d'opter pour une stratégie graduée et d'y aller étape par étape ? Sans doute pour éviter peut-être l'effet loupe ou l'effet dramatisation. On voit qu'il n'y a pas que la France qui regarde la France, il y a aussi les autres pays. Et parce que l'état d'urgence, c'est un régime d'exception. C'est celui qui renforce l'état, qui permet à l'état de renforcer ses pouvoirs lorsque l'ordre public est gravement menacé. Cette loi de 1955, c'est vrai, elle a toute une gamme de mesures. Interdire les rassemblements, autoriser des perquisitions administratives, fermer certains lieux. de limiter certaines activités. Et cet état d'urgence, il est décrété pour 12 jours. Et ensuite, il faut que le Parlement autorise par la loi sa prolongation. Et c'est vrai qu'à ce stade, Emmanuel Macron, il a sans doute voulu éviter de donner le sentiment d'entraver les libertés, et notamment les libertés syndicales. Mais va se poser à nouveau très clairement cette question. C'est pour ça sans doute que Sébastien Lecornu reçoit demain les organisations syndicales. Que va-t-il se passer ? pour la grande manifestation du 5 novembre qui est prévue depuis longue date. Il a déjà été décrété par le passé, cet état d'urgence ? Oui, à de nombreuses reprises même. Alors forcément, il y a longtemps, 1955, puisque c'est la date de la création de cet état d'urgence lors de la guerre en Algérie. Il a été utilisé deux fois en Nouvelle-Calédonie en 1985 et très récemment en 2024. Le précédent, sans doute le plus comparable avec ce qu'on vit aujourd'hui, sont les émeutes des banlieues de 2016. À l'époque, Chirac est président et après plusieurs semaines de violences urbaines, son Premier ministre, Dominique de Villepin, instaure l'état d'urgence. Le régime sera ensuite prolongé par le Parlement. Et puis plus récemment encore, 2015, après les attentats du 13 novembre, François Hollande décrète lui aussi l'état d'urgence qui sera prolongé à plusieurs reprises. Et on l'a peut-être oublié, mais cet état d'urgence de 2015, il a été prolongé jusqu'en novembre 2017. le réclame aujourd'hui cet état d'urgence ? Oui, notamment au sein du bloc central, sans qu'on sache d'ailleurs vraiment si pour eux, c'est par nécessité ou par communication. Parce qu'au-delà de l'opérationnel, c'est vrai que décréter l'état d'urgence, c'est aussi... Un signal politique et Emmanuel Macron aurait pu vouloir donner ce signal politique dimanche soir. Alors celui qu'il réclame sans réserve, c'est Bruno Retailleau. Il veut l'état d'urgence. Pour lui, cette crise, c'est l'occasion de faire la démonstration d'un pouvoir égalien qui serait beaucoup plus ferme. Pour Gabriel Attal, tous les moyens administratifs doivent être utilisés, y compris l'état d'urgence, mais sans formellement le demander. Et puis, Edouard Philippe, par lui, il n'a rien écarté. Il résume ainsi les choses. Après l'allocution d'Emmanuel Macron dimanche soir, notre pays a besoin d'être commandé. Et là, c'est quand même une manière de sous-entendre qu'il ne l'est absolument pas aujourd'hui. Merci beaucoup Alix.
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