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Clairement le retour à l'ordre, on n'y est pas ce soir, notamment à Paris. Philippe Poutou, tout d'abord votre réaction à ces images, ça continue encore ce soir, dans une moindre mesure évidemment, mais ça continue encore. Votre réaction
mais c'est normal, ça va continuer encore et encore. Après, il y aura des hauts et des bas, des révoltes, peut-être des fois un climat insurrectionnel, mais il n'y a pas qu'en France que ça se passe. On le voit en Albanie, on le voit en Espagne ou en Italie. Il y a beaucoup de mobilisation et ça peut quand même correspondre à... à la réponse à une crise profonde du monde capitaliste, avec des inégalités sociales, avec des injustices en permanence. Et puis à un moment donné, la colère, elle finit par passer à un endroit. Et puis là, en France, on est en train de vivre un moment de colère. On a vécu il y a quelques années le mouvement des Gilets jaunes, ça doit faire 7-8 ans, je ne sais pas exactement. On avait la bataille de retraite un peu après. Un peu avant, on avait le mouvement contre la loi travail, c'était sous Hollande. On a des épisodes comme ça où le ras-le-bol, la colère, arrivent à avoir un débouché dans la rue. Et après, c'est là où on voit aussi, c'est ce que vous dites, vous êtes tous surpris, vous ne comprenez pas. Qu'est-ce qui se passe ? Il y a des méchants, il y a des voyous, il y a des pilleurs et tout ça. Mais c'est aussi certainement le résultat d'une société qui est profondément injuste, où il y a une sous-estimation du ras-le-bol, une sous-estimation de la colère, une sous-estimation même de la misère, de la souffrance sociale. Et là, ça pète. Mais là, ce n'est pas tout. Non, non, mais je finis juste. petite idée ça ne sert à rien à mon avis de s'indigner ça ne sert à rien parce qu'en fait il ya une réalité du monde une réalité d'un monde pourri qui nous saute là aujourd'hui à la gueule et c'est ce qui est en train de se passer ça pète ça pète alors après évidemment il ya des magasins cassés donc ça veut pas dire que tout ce qui se passe c'est bien il ya une mairie qui brûle à limoges avec toutes les difficultés que ça voudra dire pour les salariés de la mairie de limoges par la suite et tout ça donc on sait très bien qu'il ya plein de choses qui sont pas terribles ou en tout cas mais ceci dit il ya Il faut mesurer qu'il y a un monde qui est en train de craquer et qu'il y a un moment donné, il y a une envie de relever la tête, de se battre. Et moi, je suis un des manifestants. Je ne sais pas s'il y a beaucoup de manifestants, peut-être toi. Je suis en doute, même toi. En fait, c'est des super moments. C'est des moments de démocratie directe. C'est des moments enthousiasmants. On est dans la rue, on exprime notre voix. Mais ces images
-là que je montre, vous n'en voulez pas. Vous appelez au calme.
Non, je n'appelle pas du tout au calme. J'appelle à la lutte, à la mobilisation. La différence qu'il y a, c'est qu'en fait, nous, ce qu'on aimerait... Nous, militants révolutionnaires, nous, militants anticapitalistes, et avec d'autres militants de la gauche radicale, c'est de faire en sorte que ce mouvement-là s'organise, que ce mouvement-là s'étende. Parce qu'en fait, ce n'est pas juste la jeunesse qui devrait être dans la rue, c'est toute la population, en tout cas le monde, ce qu'on appelle le monde des opprimés ou le camp des opprimés. Puisqu'en fait, vous avez entendu hier, le Premier ministre nous a dit qu'il faut choisir son camp. Mais évidemment, il y a deux camps dans la société. Oui, il y a le camp du pouvoir, il y a le camp de la brutalité des exploiteurs, des dominants, de tout ce monde de... mépris. Et de l'autre côté, il y a un monde des opprimés qui subit la crise depuis des années. Il ne faut pas s'étonner quand ça pète dans la rue. Et c'est normal que ça pète. Maintenant, nous, ce qu'on aimerait bien, c'est que ça s'organise, que ça devienne une véritable puissance et qu'on arrive à renverser à la fois ce gouvernement et ce monde capitaliste d'injustice. Le
message est très clair. Je pense que ça peut être clair. Mais du coup, quand vous dites non, je n'appelle pas aucun... Mais
hallucinant. Mais hallucinant. Mais bien sûr que c'est hallucinant. Mais comme vous, c'est hallucinant. Entendre dire que c'est normal, entendre parler... d'oppresseurs contre des opprimés, j'aimerais bien savoir, M. Poutou, les commerçants dont ce soir le magasin a été pillé, les employés du nettoyage de la ville de Paris vont devoir nettoyer, vous les mettez du côté des oppresseurs, c'est ça, si je vous comprends bien ? Ce n'est pas vous qui allez rembourser les commerçants qui ont été pillés aujourd'hui et hier.
Ce n'est pas vous non plus, mais je suppose qu'il va y avoir du bénévolat et du volontariat, vous pouvez le faire.
Vous vous associez du coup à M. Corbière, je ne sais pas si M. Corbière valide tout ce que vous avez dit.
Je ne
dis pas que ce qui s'est passé dans le rue de samedi, c'est normal.
Monsieur
Poutou,
vous dites, je n'appelle pas au calme. Mais du coup, ça veut dire que vous appelez à continuer à piller, à casser. à attaquer les forces de l'ordre. C'est
marrant, ceux qui ne comprennent pas. D'abord, les médias, ce serait bien que les médias prennent un peu de distance par rapport à la parole du pouvoir. Le pouvoir, il a son job. On a vu Macron. On continue. On se fout du monde royalement. On opprime, on exploite et on appauvrit les gens depuis des années et des années. On va continuer. Et la défense de l'ordre, c'est fermer vos gueules. On va vous écraser. Ça, c'est le discours du pouvoir. Ce qui serait bien, c'est que les médias prennent un peu de distance. et qu'on réfléchisse et qu'on analyse sur ce qui se passe vraiment. Ça veut dire quoi pendant
un peu de distance ? Ça veut dire un peu
réfléchir. Ça veut dire que je ne réfléchis pas ? Je pense que non. En plus, la question comme vous l'avez formulée, je n'ai jamais dit qu'on appelait au pillage, ou en tout cas, je ne laisse pas entendre ça. Donc ça vous le condamnez ? Non, je ne suis même pas en position de condamner ça. Parce que ce que j'essaie d'expliquer, c'est déjà de comprendre ce qui se passe. Pourquoi il y a ça aujourd'hui ? Pourquoi il y a ces images-là, en grand, comme ça, des pas... Il y avait partout des policiers qui courent après tout le monde, qui insultent tout le monde. Mais vous l'avez dit, parce que ça pète de
partout, parce que les gens n'en peuvent plus, parce que les gens sont exacts. Ça, je l'ai entendu, mais je vous parle de la méthode. C'est important. On peut être désespéré, on peut être en colère, mais pour autant, faut-il tout casser ? Il faudrait
que ce soit propre. C'est ça, ma question. Mais à ce moment-là, on pourrait parler du pouvoir aussi. Pourquoi le pouvoir, il se comporte de cette manière-là ? Pourquoi les flics, ils insultent les jeunes ? Pourquoi ils ont frappé ? Comment ? Donc, en fait, on pourrait dire, mais pourquoi ça se passe mal ? dans tous les sens. Ce qui est sûr, c'est qu'il y a un système qui est profondément injuste et quand ça pète, ça pète comme ça peut péter. Mais quand vous voyez l'histoire du 19e siècle, par exemple, qui est une histoire d'insurrection, de révolution et tout ça, d'ailleurs la République s'est construite quand même grâce à des insurrections, grâce à des révolutions, parce que vous défendez tous la République. Mais cette République-là, elle est née grâce à des révoltes sociales et certainement qu'il y avait plus que des vitrines cassées à un courant du 19e siècle ou début du 20e siècle, jusqu'aux grèves générales de 1936 ou même jusqu'à mai 68. C'est comme ça qu'elle se construit la République. C'est ça qu'on vit selon vous,
le début d'une révolte sociale ?
On ne sait pas. Mais par contre, il faut comprendre que la colère, elle vient de loin. Et elle est profonde. Alors après, voilà, il y a une mairie qui brûle. Il y a des vitrines qui pètent. Pas une, pas une. Plusieurs. Plusieurs. J'étais au courant que pour celle de Limoges. Il y a des vitrines de commerçants qui pètent. Or souvent, c'est des cibles très politiques. C'est Vuitton, c'est du commerce de luxe. Moi, je n'ai pas de souci avec ça. Non, non, non. Du tout. Souvent, on peut arrêter. Allez-y,
François-Xavier Vellamy. Je sais que la gauche a vu le
monopole, mais le monopole de la parole, c'est quand même un peu... Ah ben là, vous avez passé quand
même. Moi, je suis invité une fois tous les... Bon, merci pour l'invitation quand même. Pas une fois tous les... On vous invite régulièrement. Sauf que vous habitez à Bordeaux, donc c
'est compliqué. Mais c'est pas ça qui prend le plus de place quand même. François-Xavier Bellamy.
Non, mais moi, je crois que ce qui est fascinant, c'est d'entendre avec une telle décontraction une gauche qui, en effet, a totalement perdu sa boussole. Parce que l'histoire de la gauche, c'est la lutte contre les injustices et ce qu'on est en train de vivre aujourd'hui. Aujourd'hui, c'est la réalité de l'injustice que subissent les Français. Et je le répète encore une fois, les Français les plus vulnérables. Parce que les gens qui ont vu leur vitrine cassée, M. Poutou... Les gens qui ont vu leur magasin dévalisé, le travail de toute leur vie détruit en quelques minutes, ces gens-là, ils ne sont pas en train de souffrir parce que la justice progresse. Ils sont en train de souffrir parce que vous incitez à la violence et au chaos. Et moi, je me pose une question très simple, M. Poutou, en fait. Je me demande pourquoi vous n'êtes pas en prison. Ce soir.
Non mais ça va pas ou quoi.
Non mais si bien sûr que si. Non mais ça va pas ou quoi. Mais parce que vous savez en fait. Mais ça va pas ou
quoi monsieur Bélanou. Vous voulez interdire des manies, vous voulez mettre tout le temps en prison. C'est très bien. Vous vous faites l'allier. Non non non mais moi c'est la question des libertés publiques. Mais oui bien sûr. Monsieur Reste vous êtes en train de dire. Les libertés publiques ça commence. Là vous dites que les confédérations syndicales de pointe qui ont manifesté. Vous allez mettre en prison un homme qui a été candidat à l'élection présidentielle. Mais attendez.
On va juste revenir à ce qui est en train de se passer. Aujourd'hui ce que vous expliquez. Il a le droit de réagir
à ce que vous dites. C'est pas anodin.
Vous avez dit. Je refuse. Vous avez dit. Parce que moi, je ne dis pas qu'il faut pratiquer la violence. Je dis que la violence, c'est interdit, que c'est interdit la démocratie, la violence. Vous êtes violent
socialement, vous ? La violence, c'est le fait. Vous avez un candidat qui a dit que l'État de droit, il devait être parfois abandonné. Monsieur Retailleau, je suis pour mettre en prison Retailleau ? Il
n'avait jamais dit qu'il fallait abandonner l'État de droit. Vous racontez n'importe quoi. Il a dit que justement, l'État de droit, ça devait vouloir dire d'abord le fait d'entendre ce que les Français ont à dire. Et le respect de la démocratie, ça commence par le refus de la violence. Quand vous dites aujourd'hui, vous avez publié un message qui dit « Je choisis mon camp ». Entre le camp des émeutiers et le camp du désordre et le camp des nantis affolés, je choisis mon camp. Vous avez le mérite de la clavier. Mais vous devriez en répondre. Vous devriez en répondre parce que les nantis affolés en réalité... Je vais bien répondre là,
si
vous voulez. Les nantis affolés... Alors juste la réponse... Ces gens de peu qui travaillent dur et qui n'ont pas grand-chose et qui viennent de tout perdre aujourd'hui. Parce qu'aller voler des magasins de chaussures de sport, ça n'a rien à voir avec une guerre pour la justice sociale. La réponse de M. Poutou, s'il vous plaît. Je termine juste parce que M. Poutou, c'est d'abord un récidiviste. Le 7 octobre 2023, il félicitait le Hamas pour le plus grand pogrom antisémite de l'histoire du XXIe siècle. Donc c'est une succession, le NPA. Vous voyez, c'est de ça que la France crève aujourd'hui. Elle crève pas seulement à cause des images qu'on voit. Elle crève à cause de tous ceux qui les ont préparées, à cause de tous ceux qui ont armé ces gens, de tous ceux qui ont préparé. le chemin vers cette violence. Et tant qu'on restera dans cette espèce d'impunité où on peut appeler à la violence, au saccage, au pillage, à l'incendie, où on peut appeler à détruire des mairies sans avoir aucune conséquence à subir, oui, c'est vrai, la démocratie dans notre pays sera vraiment en danger. J
'aimerais entendre la réponse de M. Poutou.
C'est là où c'est toujours très difficile. On dit quelque chose et c'est vite déformé. Donc on n'appelle pas au pillage. De la même manière, là, par contre, autant j'assume le tweet dont vous parliez. Par contre, j'aimerais bien
entendre ces réponses.
Autant j'assume le tweet dont vous parlez sur la question de... Parce qu'en plus, hier, j'ai entendu, quand il s'appelle le Premier ministre, il a dit il faut choisir son camp. Je dis, ouais, en tout cas, ce qui est sûr, c'est que moi, je ne suis pas du camp du pouvoir. Donc si je ne suis pas du camp du pouvoir, visiblement, il n'y en a que deux. Donc je suis du côté des manifestants et des émeutiers. Oui, effectivement. Mais ça ne veut pas dire qu'on n'a aucun problème avec... la façon dont les choses se passent, ou que tout ce qui se passe, c'est super bien. Justement, quand la colère... Mais oui, mais bien sûr, je ne condamne pas les pillages, bien sûr, je ne les condamne pas, parce que je n'ai pas envie de les condamner, parce que le problème, il est plus compliqué que ça. Ce n'est pas A ou B dans la vie. Ce n'est pas noir ou blanc, il y a peut-être un moment donné... Est-ce que c'est justifié ? Pourquoi on ne réfléchit pas sur les causes de la colère ? Et puis même, il y a des sociologues comme, je ne sais plus comment il s'appelle, Sébastien Rocher, qui expliquent, lui, c'est ce qu'il explique, c'est qu'en fait, on en est... là aujourd'hui parce que le gouvernement a hyper mal géré la gestion du début du mouvement des lycéens, il a fait n'importe quoi, il a maltraité les lycéens et ça se paye aujourd'hui parce que c'est vrai qu'en fait la répression, on peut penser que la répression immédiate du mouvement des lycéens n'a fait qu'amplifier le mouvement, en fait ils sont plantés, ils ont pensé écraser le mouvement dans l'œuf et faire taire les jeunes et en fait ça s'est embrasé. Maintenant que ça s'est embrasé, maintenant que la police a montré qu'elle pouvait être violente et qu'ils justifient même leur propre violence, comment se plaindre qu'en face il va y avoir aussi une réponse violente. Nous ce qu'on aimerait bien, nous on pense que c'est pas terrible, que c'est pas bon de brûler de mairie, mais non ce que je dis c'est que ça arrive, il vaut mieux comprendre pourquoi ça arrive et après derrière la question qu 'on peut se poser parce que vous avez vu qu'il y a des policiers qui remplacent, qui sont des casseurs, qui jettent. des policiers qui vont piquer dans les magasins qui sont cassés. Donc on pourrait penser que des incendies derrière le pouvoir, il n'y a pas quelque chose. Monsieur Boutou,
merci. Merci d'être venu. En le cas, le Premier ministre a appelé à choisir son camp entre les casseurs et les forces de l'ordre. C
'est un peu simpliste. Et c'est ce qu'il a dit. Je rétablis les faits. Je rétablis les faits. C'est plus compliqué que ça. C'est simpliste et c'est con comme la lune. Merci.
Mais ça, ce sont vos mots. Philippe Boutou. On accueille Sébastien Chenu.
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