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Vincent Jambrun, bonjour. Lorsque vous voyez ce qu'il s'est joué, évidemment, je pense aussi, lorsque je vous reçois, vous êtes ministre de la Ville et du Logement aujourd'hui, vous étiez aux premières lignes en tant que maire de la Île-et-Rose lors des émeutes urbaines de 2023. Votre habitation avait d'ailleurs été prise pour cible. Votre femme, vos enfants avaient été obligés de fuir dans la nuit. Lorsque vous voyez ces images, lorsque vous entendez votre propre confrère, le ministre de l'Intérieur, qui dit « a perdu le... » Quel est le constat que vous dressez aujourd'hui
'abord, vous avez rappelé à quel point tout ça m'avait touché en 2023. Moi, ma famille, mais aussi des millions de Français. Et évidemment, il y a un côté cauchemardesque à revivre ça. Ce déjà-vu est juste insupportable. Et croyez bien qu'on est beaucoup à avoir vécu un week-end d'enfer uniquement parce qu'on se demande comment on en arrive là. Le ministre de l'Intérieur l'a dit, on vit quelque chose qui est malheureusement nouveau, c'est-à-dire une conjonction de forces du chaos qui s'additionne, avec désormais les Black Blocks, l'ultra-gauche, qui essayent de revivre la Commune, cet esprit insurrectionnel. La Commune, c'est
1830.
Exactement. Et au fond, on
veut
revivre la révolution. Ce n'est pas étonnant d'ailleurs quand on voit que maintenant, aux universités d'été de la France insoumise, on a le portrait de Robespierre qui est dessiné dans le ciel avec des drones et que tous ces personnages... Pour vous,
il y a une responsabilité politique
? Oui, évidemment, il y a une responsabilité politique. Après les émeutes, on avait été nombreux à dire que les flammes s'étaient éteintes, mais que les braises couvaient toujours. Certains se sont amusés depuis des semaines, pour ne pas dire des mois, à souffler sur ces braises pour recréer cette vague de colère, cette vague insurrectionnelle. Vous avez en plus de ces mouvements d'ultra-gauche des criminels de banlieue, et pas que de banlieue d'ailleurs, des criminels qui sont venus piller, saccager, ça a été très bien dit sur votre antenne juste avant, et le tout venant perturber des manifestations. qui elles sont légitimes, qui ont mobilisé énormément de nos concitoyens et qui par leur masse justement sont venus aussi... – Ministre de la ville
et du logement, lorsque vous voyez l'état de nos villes aujourd'hui, la liste est extrêmement longue. Outre Paris, Lyon et Marseille, il y a bien sûr, il y a Mulhouse, il y a Brest, Rennes, Poitiers, Bordeaux, Toulouse, Montpellier, Perpignan, Strasbourg, Besançon, Grenoble, Valence, Nîmes, Nice, Angers, Caen, il y a eu absolument Rennes, on y était il y a un instant. Quasiment toutes les villes de France qui ont été deux cibles, les commerces pillés, mais également les symboles de la République, la mairie de Limoges, les mairies qui ont été prises pour cibles, les bâtiments publics, les commissariats. Comment vous expliquez avoir à ce point perdu le contrôle ? Vous disiez, c'est terrible parce que pour nous, c'est un air de déjà vu. Mais lorsque vous entendez le président de la République hier qui dit, nous serons infrétables en parlant au futur. L'ont-ils été assez ?
'abord, pourquoi au futur ? Parce qu'il y a eu des interpellations, et la justice doit passer, elle doit être d'une fermeté exemplaire, et en cela, Gérald Darmanin a envoyé une circulaire au préfet pour que nous soyons intraitables. Moi, à titre personnel, je prends la tolérance zéro, il faut que les sanctions soient extrêmement fortes, rapides et immédiates. Pour ça qu'on parle au futur, on les a arrêtées ce week-end. Je crois à votre bonne volonté là-dessus, mais
lorsque vous-même faites la liste, tristement, des émeutes précédentes...
de ce pays moi je veux continuer à croire la justice de ce pays on a des procureurs des
politiques de la justice du pays mais là
on est en train de demander de la fermeté à la justice et c'est ça qui doit passer parce qu'effectivement sans ça le message serait catastrophique. Ensuite, la perte de contrôle, c'est un débordement en réalité. L'expression de
perte de contrôle, elle a été utilisée par le ministre de l'Intérieur. Je sais bien,
mais qu'est-ce qu'il y a derrière ? C'est le fait que les forces du chaos qui ont été mobilisées ont été beaucoup plus nombreuses et préparées que, visiblement, on ne s'y attendait. Et on voit qu'il y a eu un phénomène de guérilla urbaine qui était extrêmement complexe. Parce qu'au fond, hier, samedi, qu'est-ce qu'on a demandé à nos forces de l'ordre ? De protéger des... cortège, ça c'est du maintien de l'ordre, on sait faire. On avait des pillages, ça, gérer un pillage tout seul, on sait faire. Mais quand le pillage est au milieu de la manifestation, c'est plus compliqué. Et avoir les black blocs qui viennent tout saccager à des fins politiques, c'est encore autre chose. Et là, on a quand même des... Les parcours, on commence à deviner que les forces d'ultra-gauche, les Black Blocks, étaient sur les toits des immeubles parce qu'ils savent que les policiers ne vont pas aller eux-mêmes sur les toits. Certains ont jeté
des projectiles depuis les toits et
même des cheminées. Il faut absolument qu'on puisse avancer sur notre arsenal juridique. On a eu des avancées avec la loi Riposte que j'avais réclamée quand j'étais maire avec vigueur parce que ça nous permet de lutter mieux contre les rodéos, les mortiers, etc. Il faut aller beaucoup plus loin. Il y a la loi sur les polices municipales qui devra effectivement être examinée pour avoir plus de moyens, et notamment des drones que je réclame depuis des années. Et puis vous avez le texte « casseur-payeur » comme on l'appelle, qui doit être impérativement voté le plus rapidement possible. Question immédiate,
vous aviez, vous maire de la Île-et-Rose, décrété un couvre-feu. Est-ce qu'il faut, ça fait partie de l'arsenal qui a été évoqué ce matin par le ministre d'Intérieur, il dit que c'est à la discrétion des préfets. en accord avec les maires de le décider. Est-ce que vous vous dites la situation exige des couvre-feu à certains endroits
D'abord, c'est chaque maire et chaque préfet d'en décider. Mais effectivement, je pense qu'il est bon de rappeler que cet outil existe et que les villes qui ont été touchées très fortement, et a fortiori... – Avec les pillages qu'on a vus dimanche soir, qui montrent bien… – Dimanche soir,
c'est important de préciser que la nuit dernière, enfin la nuit dernière en fin de journée, hier, sans même attendre véritablement la nuit, les pillages ont repris, c'est-à-dire que le jour 2, dans certains coins de Paris, ont été aussi importants voir. pire dans certains quartiers que la veille.
Un couvre-feu, ce n'est pas pour embêter les gens, c'est pour les protéger. Et notamment aussi pour faciliter le travail des forces de l'ordre. Les images que vous voyez
là sur votre antenne, c'est le 18 octobre, c'est-à-dire c'est hier, c'est donc le lendemain. Je voudrais simplement vous poser une question, couvre-feu peut-être, mais avons-nous les moyens ensuite de le faire respecter ? Parce que c'est une chose de le décréter. Est-ce que derrière, les policiers auraient le moyen de faire respecter ces couvre-feu ? Il faut que ce soit fait ville
par ville, mais évidemment que les policiers, et je vous le dis, ça facilite leur travail. C'est-à-dire qu'au fond, quand vous n'avez plus... de citoyens qui sont là dans les rues par hasard, le fait d'avoir un couvre-feu bien respecté fait que ceux qui continuent à être dans la rue sont bel et bien des gens qui viennent chercher la bagarre. On sait que ceux qui sont dans la
rue dans ces cas-là... Et
ça rend tout le monde... Monsieur le
ministre, une question technique, puisque le président Macron, samedi déjà avant la prise de parole d'hier soir, disait nous allons retracer les casseurs et les punir. Nous arriverions, pardon, à les retracer tous et à les punir. Est-ce qu'il y aurait suffisamment même de place en prison ? pour pouvoir aller jusqu'au bout de la logique.
On ne va pas commencer à se poser la question si on mène ou pas les enquêtes sur le nombre de places de prison. La vraie question, c'est
comment est
-ce que nos forces de l'ordre les interpellent ? Et là, je veux leur rendre hommage parce qu'ils ont été d'un courage absolu dans des conditions qui étaient vraiment infernales. Ils ont subi, nos forces de l'ordre, des tentatives d'assassinat à répétition. Chapeau à eux, chapeau à nos pompiers, chapeau aux élus locaux, chapeau aux agents des collectivités locales qui ont fait en sorte que... ce ne soit pas plus grave. Et à partir de là, il faut que la justice passe. Je vous le disais tout à l'heure, Gérald Darmanin a pris une circulaire pour que tous les procureurs soient les plus durs possibles, pour qu'encore une fois, il y ait des sanctions. Moi, ce que j'avais pu regretter après 2023, c'est qu'il n'y ait pas eu plus de sanctions qui soient appliquées. Il faut que cette fois, ce soit... Dans
un instant, je vous poserai aussi la question, puisque vous faites le rapprochement avec 2023, est-ce qu'il s'agit des mêmes individus, est-ce qu'il s'agit des mêmes profils ? Mais je voudrais d'abord que nous partions à Marseille, parce que la présidente de l'association des commerçants du centre-ville de Marseille est en direct avec nous, Nicole Richard-Verspiren. Ce matin, c'est la désolation, lorsque l'on voit, le maire de Marseille était d'ailleurs en direct avec moi dans le face-à-face. Quel est le constat que vous faites ? Combien de commerces ont été... cassé, pillé, impacté.
J'interviens au titre de l'association Commerce 13 que je préside dans le centre-ville et des entrepreneurs Bouche du Rhône, puisque j'y ai aussi des responsabilités. Je voudrais d'abord commencer par exprimer ma solidarité avec tous les commerçants qui ont été pillés, vandalisés et traumatisés par ce qui s'est passé. On n'a pas à ce jour encore de... de chiffres précis. Ce que je peux vous dire, c'est que la rue Saint-Féréol, qui est une très grande rue commerçante de Marseille, historique, a été dévastée à 60%. Et je suis un peu étonnée d'entendre des voix ministérielles dire que l'état d'urgence est possible. Mais ma question est de savoir à partir de quel moment on va dire que le pire est encore possible. Parce que qu'est-ce qui va se passer ? C'est bien de voter des lois pour suspendre des allocations, c'est très bien, il faut le faire. Mais nous, commerçants, la semaine prochaine, il y a encore des appels à manifester. Qu'est-ce qu'on va devenir ? Qu'est-ce qui va se passer ? Pour nous, c'est intolérable, c'est insupportable de perdre son outil de travail et de voir des vies qui sont des vies d'engagement totaux, qui sont anéanties en dix minutes. C'est insupportable. Qu'est-ce qu'on va devenir ? Je l
'entends parfaitement, je voudrais que le ministre de la Ville et du Logement puisse vous répondre.
'abord témoigner toute ma solidarité avec l'ensemble des commerçants, que ce soit Marseille ou toutes les villes, parce que comme ça a été très bien dit, c'est des vies entières qui peuvent être mises à sac par ces émeutiers. Leur dire que, comme l'a rappelé le ministre de l'Intérieur un peu plus tôt ce matin, Il va falloir qu'on adapte la doctrine à ces phénomènes nouveaux. Là, on a en l'occurrence...
Pardon, là je reprends aussi le mot de la commerçante. Est-ce que c'est vraiment nouveau ? Ce qui
est nouveau, c'est la... C'est l'impression qu'à
chaque fois, on découvre... Je
vous réponds à Pauline de Malherbe. Le sujet, c'est qu'on connaissait la guérilla avec les Black Blocs. On connaissait les pillages et on connaissait les manifestations qui, parfois, pouvaient dégénérer un peu à la fin. Là, ce qui est nouveau, c'est la... la conjonction de tout ça. Et qu'en fait, en termes de doctrine policière, vous ne faites pas la même chose quand vous avez des manifestants qui viennent manifester pacifiquement avec des revendications légitimes, des pilleurs sauvageons avec plein de mineurs dedans, et puis des types surentrénés pour la gamine.
J'ai l'impression que pendant des années, notre société a débattu des mots. a débattu du mot « sauvageon », par exemple. Je me souviens de semaines entières où la gauche et la droite se disaient « Ah, mais non, on ne peut pas utiliser ce mot, les sauvageons ». Et puis, on remontait dans le dictionnaire, pardon, mais je me souviens parfaitement de cette histoire. C'était « Ah, mais non, le sauvageon, c'est le morceau de l'arbre qui s'en va sans tuteur ». Mais pardon, on a discoursé du sexe des anges. Je
me souviens aussi très bien de cette polémique. C'est délirant. Là, il y a le réel. Il y a cette dame qui dit à 60% des commerces qui ont été... Et en l'occurrence, j'ai vécu les émeutes de 2023 comme beaucoup de mes collègues sur le territoire. Croyez bien qu'on n'a pas débattu du sexe des anges après. Et si j'ai décidé de continuer la politique aujourd'hui, je suis à votre micro. C'est parce que je considère qu'effectivement, on n'a pas tout fait. Et qu'il va falloir se donner les outils concrets pour qu'on puisse aller de l'avant. Et qu'on n'ait pas peur d'utiliser les outils. qui existe déjà parce que bien souvent on se dit il faut recréer une loi il faut recréer il faudra casseurs payeurs ça a été dit très bien par madame là qui représente les commerçants il faut que tous ceux qui sont impliqués dans ces dans ces cases soient amenés à payer et y compris sur les revenus qui touche la solidarité national mais je termine simplement d'un point parce que oui il va falloir qu'on aille plus loin et ça veut dire y compris qu'on s'autorise vous avez raison de le dire qu'on arrête de débattre des mots et qu'on s'autorise à mettre un couvre-feu quand c'est nécessaire qu'on s'autorise à envoyer les forces de l'ordre quand c'est nécessaire, et y compris, parce que c'est difficile dans un pays démocratique, à interdire certains rassemblements quand on sent que les conditions de sécurité ne sont pas possibles. Je suis très étonné, monsieur le ministre,
je suis très étonné ce matin, parce que vous avez pointé les responsabilités de chacun, les responsabilités politiques, y compris de vos opposants, vous avez parlé de la réponse policière, vous venez de le faire encore il y a un instant, vous avez parlé de la réponse judiciaire, à aucun moment, à aucun moment, vous n'avez pointé la responsabilité politique. de ce gouvernement. Je rappelle quand même que ces émeutes, et ça ne justifie rien, ça n'explique rien, mais ça fait... Quatre semaines qu'il y a des manifestations lycéennes qui ont commencé, je le rappelle, dans un lycée de la banlieue parisienne le 18 septembre. Nous sommes le 19 octobre. Et à l'heure où on se parle, il y a eu très peu de...
Vous
me parlez à nouveau des responsabilités politiques de vos opposants. C'est votre droit. Mais les responsabilités politiques du gouvernement. Hier, le président de la République a pris la parole. Zéro réponse sur le plan sécuritaire, mais zéro réponse politique à ce qui se... passe dans le pays depuis un mois. Zéro, rien. Et ça, vous n'en parlez pas. Alors je conçois, hier, c'était le chaos dans les rues de Paris. Donc on parle du chaos dans les rues de Paris. Mais pardon, les demandes des lycéens depuis un mois... Rien !
suis pas tout à fait d'accord avec vous.
Un dernier mot là-dessus, Vincent Jean-Marie, on va retourner sur le terrain avec des commerçants.
Très bien, mais simplement pour vous dire que, et dans l'allocution du président de la République, et dans les interventions du Premier ministre depuis plusieurs semaines, le dialogue est noué avec les représentants syndicaux, que ce soit des lycéens, que ce soit des agriculteurs, que ce soit des personnels soignants, que ce soit de la police. Est-ce que c'est suffisant ? Visiblement pas pour vous. Pour autant, il faut bien à un moment donné... Ce ne sont pas moi le sujet, ce sont les lycéens et les agriculteurs, les commerçants aujourd'hui. Encore une fois, il y a d'un côté... des revendications qui sont légitimes et qui nécessitent que les pouvoirs publics se mettent autour de la table avec les représentants dûment constitués de ces organisations syndicales pour qu'il y ait un vrai dialogue social. Ça, c'est un côté. Et de l'autre, il faut que collectivement, on condamne avec la plus grande fermeté les casseurs, les criminels qui sont venus saccager notre pays. Quelle image pour notre pays !
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