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ministre, vous connaissez très certainement cette phrase définitive du général de Gaulle sur le dernier président de la Troisième République. Comme chef d'État, au fond, deux choses lui manquaient, qu'il fût un chef et qu'il y eut un État. Samedi, le 17 octobre dernier, la France a connu une sorte de débâcle. On l'a dit, on a énuméré ce fiasco, d'abord des commerces pillés, saccagés. Des bâtiments publics incendiés, des policiers souvent agressés brutalement, et il faut, chers collègues, leur rendre hommage, rendre hommage à leur courage, bien sûr. Et des Français totalement sidérés, sidérés de voir la République reculer. Tous posent une seule question, y a-t-il encore un chef ? Y a-t-il encore un État ? Monsieur
Président, Mesdames et Messieurs les Sénateurs, Monsieur le Ministre, vous connaissez bien ces questions puisque vous avez été dans mes fonctions et ensemble, nous avons aussi traversé des épreuves. Vous vous souvenez de la finale de la Ligue des champions à Paris et ailleurs sur le territoire national où il y avait eu des commerces pillés de nombreuses exactions. Vous connaissez comme moi, je sais que vous le savez, la grande humilité qu'il faut avoir quand on parle de sécurité, d'ordre public. Ça n'est jamais une science exacte et il y a parfois effectivement un certain nombre de loupés. Alors est-ce qu'il y a un État, est-ce qu'il y a quelqu'un qui dirige cet État ? Il y a un président de la République, il y a un Premier ministre, il y a un ministre de l'Intérieur qui est devant vous. Monsieur le ministre, je devine ce qu'il y a derrière votre question et comme vous avez gardé du temps pour me répondre, vous allez en faire l'annonce. J'anticipe la réponse. Nous ne sommes pas à un stade où il y aura déclaration de l'état d'urgence car nous avons demandé au préfet d'engager un certain nombre de mesures. de droit commun, des mesures de police administrative que vous connaissez bien, les arrêtés d'interdiction de regroupement, les arrêtés de manifestation, les couvre-feu également, les couvre-feu que nous avons appliqués et qui s'agissant... de ces mesures, ces jours derniers, produisent des effets. Dimanche soir, il y a eu des incidents graves dans le pays. Nous y avons mis un terme et on se prépare évidemment à gérer ce samedi qui arrive où il y a des appels à manifestations et où je vais augmenter les effectifs présents sur le terrain. Mais je veux évidemment vous rassurer, monsieur le ministre, vous connaissez bien le ministère, vous connaissez bien ses fonctionnaires, ses militaires de la gendarmerie que vous avez salués. À mon tour, évidemment, je veux leur rendre hommage et vous remercier de l'hommage que vous leur avez rendu. Mais je peux vous assurer... Vous me connaissez, puisque nous nous connaissons bien. Nous avons travaillé ensemble, moi sous votre autorité. Je peux vous rassurer, la fermeté que j'avais comme préfet de police, c'est la même comme ministre de l'Intérieur, sous l'autorité du Premier ministre et du Président de la République. Et il y a un Etat, et la main de l'Etat ne tremble pas. Bruno
Retailleau. On pourrait évoquer le bilan de la finale de foot en mai 2025, on pourrait évoquer le bilan aussi des deux mouvements bloquant tout, mais la question n'est plus là. Si l'Etat a été humilié, c'est parce que ses chefs ont failli. Et en premier lieu, à commencer par le chef de l'Etat. Parce que lorsqu'on est un chef, on est à la tête de ses troupes et surtout on les soutient. Il ne l'a pas fait, il les a désarmés. En parlant... curieusement de l'empathie. Un policier, un gendarme, ce n'est pas un animateur socio-culturel. Il les a désarmés lorsqu'il y a eu ce va-et-vient sur les grenades assourdissantes. On ne peut pas piloter une doctrine d'emploi par la peur, par l'émotion ou par la panique. Mais c'est révélateur. Ces hésitations sont révélatrices parce qu'elles sont la marque d'un pouvoir qui n'ose plus assumer la légitimité justement de la force, le monopole. de la force légitime. Il faut déclarer, décréter, monsieur le Premier ministre, il faut décréter l'état d'urgence. Lâchons-lits, ça suffit. Donnez aux préfets, donnez aux forces de l'ordre les moyens qu'ils n'ont pas, y compris, je vous écoutais tout à l'heure, en matière de réseaux sociaux, vous les avez cités. Et donc, arrêtons aujourd'hui, lâchons-lits et protégeons les Français.
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