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Je vous interromps, je vous rends la parole juste après. On écoute Cécile Kukerman, présidente du groupe communiste, qui pose une question à Sébastien Lecornu. Monsieur le Président, Monsieur le Premier ministre, mes chers collègues. France est en colère et nous sommes en colère avec elle. Nous sommes en colère face au pillage, au saccage et aux destructions de bâtiments publics de ce week-end. Rien ne peut justifier de tels actes et ils doivent être sanctionnés. Mais nous sommes aussi en colère face à un gouvernement qui reste sourd à la colère sociale qui s'exprime dans notre pays. Samedi, ce sont plusieurs centaines de milliers de personnes qui sont descendues dans les rues partout en France. Et il est impératif qu'ils puissent continuer de le faire en toute sécurité, car ils demandent simplement à être entendus, ils demandent de pouvoir vivre dignement. Nous sommes en colère lorsque des lycéens qui demandent depuis des semaines à être reçus doivent attendre les violences de samedi soir pour obtenir enfin un rendez-vous avec vous. Nous sommes en colère face à un président de la République qui persiste à ne pas entendre les attentes des Françaises et des Français. La réalité, monsieur le Premier ministre, c'est que nos concitoyens ne se demandent plus seulement comment boucler leur fin de mois. Aujourd'hui, ils se demandent comment faire dès le début du mois. Le prix de l'essence pèse sur les budgets alors que nous pourrions agir immédiatement en baissant la TVA. Le prix du gaz, de l'électricité et du fioul pèsent toujours plus lourd au moment où le chauffage se rallume dans les foyers. Partout les mêmes inquiétudes, les mêmes difficultés à ne plus pouvoir s'en sortir. Monsieur le Premier ministre, la colère ne n'est pas de rien. Elle grandit quand les injustices s'accumulent et que les réponses politiques ne viennent pas. Oui, il n'existe pas de baguette magique, mais il existe des choix politiques et vous devez les assumer. Vous avez présenté il y a un mois un projet de loi de finances parmi les plus antisociaux de ces dernières années. Ma question est simple, allez-vous, oui ou non, entendre cette colère et infléchir profondément votre budget pour répondre enfin à l'urgence sociale que vivent des millions de Françaises et de Français
Merci beaucoup Monsieur le Président du Sénat. Mesdames et Messieurs les sénatrices et sénateurs, Madame la Présidente Kuckerman, permettez-moi d'abord d'associer évidemment le gouvernement au message de mémoire et d'honneur que vous avez rendu à l'instant pour cet ancien sénateur. Je pense qu'il nous faut, dans une crise comme celle-ci, marcher avec beaucoup de calme, beaucoup de sang-froid sur deux jambes et dans la plus grande des clartés. Et vous l'avez fait, et je vous en remercie, quels que soient nos désaccords. Le premier, c'est le refus de la violence. Je reviendrai sur les différentes questions au gouvernement qui va m'être posée parce qu'il ne faut pas se tromper sur le diagnostic de ce qui s'est passé samedi dernier. Je suis déjà revenu à de nombreuses reprises. Certaines choses n'ont pas fonctionné, certes. La réalité, c'est qu'il faut être aveugle désormais pour ne pas voir que la menace est le mode opératoire de celles et ceux qui s'en sont pris aux forces de l'ordre, aux institutions de la République, à la mairie de Limoges, qui ont voulu marcher de manière insurrectionnelle sur l'Elysée. C'est un mode opératoire qui était nouveau, nouveau, articulé sur le terrain numérique. Et vous avez raison de le dire. Tout cela n'a rien à voir avec un mouvement social, n'a rien à voir avec une mobilisation syndicale, n'a rien à voir avec une mobilisation politique traditionnelle. Mais si on n'en fait pas le distinguo avec clarté, les gens ne comprennent pas ce qui s'est passé en matière de maintien de l'ordre, parce qu'on était sur quelque chose qui était autrement plus dur que tout ce qui a été connu jusqu'à présent, y compris dans une porosité entre, d'une part, des actions de délinquants. qui crée confusion et saturation pour les forces de l'ordre, et actions ciblées de groupes de l'ultra-gauche. Beaucoup de questions seront posées à moi-même ou au ministre de l'Intérieur. On aura l'occasion d'y revenir, parce que si la classe politique ne voit pas exactement ce qui s'est passé samedi dernier, on aura du mal, évidemment, à comprendre ce qui peut se passer dans les mois qui viendront. Non, je crois, monsieur le président Gontard, que toute la formation politique n'ont pas vu exactement ce qui s'était passé samedi dernier. Il va falloir le dire aussi avec beaucoup de clarté, parce que certains combats méritent aussi d'être menés, on y reviendra. La deuxième des choses, c'est de préparer évidemment les jours qui viennent, tant sur le terrain de l'ordre public, mais aussi sur le terrain social, politique et économique. Les deux sur deux jambes. Évidemment, la préparation de samedi prochain, le ministre de l'Intérieur va y revenir, où il y a un enjeu de protection, comme d'ailleurs chaque soir de cette semaine sur lequel les couvre-feu aident à un retour au calme. De cela aussi, nous y reviendrons. Enfin, il y a un premier sujet qui me préoccupe beaucoup, ça a été l'objet aussi d'un des points à l'ordre du jour de la réunion que nous avons tenu ce matin avec les organisations syndicales, vous l'avez dit dans votre question, c'est précisément la protection, la sécurisation des libertés sociales et des libertés syndicales, y compris celle de manifester. On ne peut pas voir que depuis malheureusement 15 ans ou 20 ans, on a l'habitude de voir des éléments violents se mélanger à des cortèges en fin de cortège, vous le savez, vous avez pu manifester de nombreuses reprises. Désormais, c'est dès le début du cortège et même en anticipation même du début des manifestations. Ça présente pour le corps préfectoral, pour les gendarmes, pour les policiers et pour le gouvernement, mais évidemment un défi qui est assez inédit dans la mutation de la violence. Ensuite, il y a un agenda politique et social à avoir. Ce matin, on a... arrêter une méthode qui va nous ouvrir sur globalement plusieurs jours jusqu'à trois semaines, qui se connecte d'ailleurs aussi au débat budgétaire. Vous l'avez rappelé, on ne va pas faire comme si on n'avait pas un projet de loi de finance, un projet de loi de financement de la sécurité sociale qui était ouvert. On ne va pas faire comme si chaque année il n'y avait pas des débats, je l'ai dit dans cet hémicycle la semaine dernière, par exemple sur la question de la démographie, y compris de la démographie scolaire. Dans un instant en tout cas, on a un premier chantier, je l'ai confié à Jean-Pierre Farandou. Il est entre les organisations syndicales et les organisations patronales. Vous avez vu un certain nombre de prises de position ces derniers jours. Le MEDEF qui nous interpelle et interpelle le gouvernement sur les allègements de charges, une forme d'aide aux entreprises. Les organisations syndicales qui nous interpellent sur la transparence sur les aides aux entreprises, sur les conditionnalités. Le MEDEF a dit un certain nombre de choses sur les NAO. Première famille de sujets sur lesquels je considère qu'il faut avancer vite. Le ministre Farandou reviendra avec méthode. La deuxième des choses, c'est évidemment tous les sujets qui concernent le carburant. Vous n'avez pas fait état dans votre question, mais la libération des 10 millions de barils de gazole va nous permettre au 1er novembre d'avoir un effet prix tangible. Je le dis parce qu'on a eu des médias qui, pendant 15 jours, nous ont fait peur avec un gazole à 3 euros. Il n'a jamais été à 3 euros dans le pays, fort heureusement. On va avoir un effet prix sur 18 centimes, qui s'ajoute évidemment aux différentes mesures que nous avons données. Le 1er novembre va arriver, étant entendu que la géopolitique aussi est largement convoquée dans tout cela, ce qui explique d'ailleurs la tournée du président de la République dans le Golfe, parce qu'il s'agit aussi de sécuriser l'ensemble des approvisionnements, et la sécurisation des approves participe à la diminution des prix. Troisième chose, évidemment, j'aurais peut-être dû commencer par cela, les lycéens et les étudiants. Bon, non seulement ils ont déjà été reçus, je vois bien dans le débat politique, on fait comme s'ils n'ont jamais été reçus par le gouvernement, c'est pas vrai, le ministre Philippe Baptiste l'a fait de nombreuses reprises, le ministre Jeffrey aussi. Nous travaillons à un agenda très concret de mesures. J'ai fêté mes 40 ans, j'ai un souvenir pas si lointain dans lequel il est vrai que la jeunesse parfois était un tout petit peu baladée, dans lequel on faisait des annonces, avec des effets d'annonce, qui n'étaient absolument suivis d'aucun effet. Donc il est vrai que nous prenons un tout petit peu de temps, et j'assume ce rythme, qui n'est pas un rythme d'effet d'annonce, qui est un rythme... Oui, vous regarderez quand est-ce que j'étais lycéen, ça correspond globalement au gouvernement Lionel Jospin, mesdames et messieurs les sénateurs. Donc je vous invite à un peu d'humilité en la matière. Je suis très attentif dans le climat de tension sociale et d'angoisse que connaît le pays, je suis lucide, à ce que tout ce que nous disons et ce sur quoi nous nous engageons soit réaliste et délivrable. Ce serait trop facile et trop cynique de s'engager sur des choses qui sont démagogiques, avec une élection présidentielle qui donne déjà suffisamment de l'eau à des promesses qui ne me semblent pas toujours réalistes. Donc en tout cas, c'est vrai que je prends un tout petit peu de temps. Dès ce soir, avec les ministres concernés, Jeffrey et Baptiste, on aura une nouvelle réunion de travail sur ce sujet. Mais pour être concret, on va ouvrir cinq chantiers qui vont trouver des annonces assez rapides entre globalement... cette fin de semaine et lundi en respectant aussi les outils de démocratie sociale au sein du ministère de l'Education nationale et au sein du ministère de l'Enseignement supérieur. On ne peut pas nous reprocher de mépriser les corps intermédiaires et en même temps de vouloir les convoquer et d'y mettre un tout petit peu de méthode. Ces cinq chantiers seront les suivants. La première, je l'ai annoncé déjà la semaine dernière, même si c'est passé un peu inaperçu, la conséquence démographique évidemment sur les effectifs dans les classes. Et je crois que c'est une thématique dont le Sénat s'est largement déjà emparé ces derniers temps et sur laquelle vous aurez à mon avis à cœur de revenir dans le cadre des discussions budgétaires. Deux, les remplacements. Les premières réponses ont déjà été données par le ministre. Trois, c'est un sujet de taille, la démocratie lycéenne. Il y a une jeunesse qui, globalement, sent que quelque chose est important pour elle qui va se passer l'année prochaine avec l'élection présidentielle, qui n'a pas le droit de vote et qui, pour autant, ne se sent pas toujours représentée et n'arrive pas toujours à faire relayer ses revendications. C'est un chantier absolument clé. 4. Le bâti scolaire, en lien avec les conseils régionaux, beaucoup de contributions sur la plateforme, et d'un conseil régional à l'autre, d'un lycée à l'autre. J'étais président de département, on connaît tous ça. Les sujets sont évidemment différents. Et enfin, et je sais que c'est attendu, Le chantier sur l'orientation, que ce soit amont aval, c'est évidemment aussi la question de parcours sup sur lequel il y a évidemment des attentes sur lesquelles nous souhaitons avancer. Tout ça est concret et je souhaite qu'on puisse avancer avec beaucoup de sérieux parce que justement dans le moment de gravité dans lequel nous nous trouvons, il n'y aurait rien de pire que de se laisser aller à des effets d'annonce qui soient complètement cyniques ou déconnectés du réel, y compris le réel budgétaire. Merci Madame la Présidente.
parole est maintenant au président Claude Maluret pour le groupe des indépendants républiques et territoires.
Continue comme ça Jean-Luc, pour l'instant c'est un sans-faute. Voilà le SMS que j'aurais envoyé samedi dernier si j'étais Marine Le Pen. Il faut être aveugle pour ne pas voir l'inquiétude exprimée par les lycéens, leurs professeurs et des milliers de français dans des cortèges pacifiques. Mais il faut être aveugle aussi pour ne pas voir que leurs revendications ont été volées, une fois de plus, par une secte qui, après s'être vautrée dans l'islamo-gauchisme et l'antisémitisme, convoque aujourd'hui l'ultra-gauche, les black blocs, les racailles et les idiots utiles pour aboutir à la pire nuit des meutes que la France a connue depuis longtemps. De la manifestation à l'émeute, de l'émeute à l'insurrection, de l'insurrection à la guerre civile, voilà la stratégie de Mélenchon depuis son livre de 1991 à la conquête du chaos, comme dans son nouveau mot d'ordre, tout conflictualisé. Chaque vitrine cassée, chaque abribus qui brûle, pousse un peu plus de Français dans les bras du Rassemblement national et lui offre un boulevard pour se présenter comme le parti de l'ordre. Ces deux extrêmes sont les deux mâchoires d'un même étau qui s'opposent pour mieux se refermer sur le pays. Ils se combattent pour mieux se faire élire. Les slogans qu'ils répètent à l'assemblement, on ne nous a pas essayé et ça ne peut pas être pire. Mais si, bien sûr. Toute l'histoire du XXe siècle prouve qu'on a déjà essayé et que ça a été bien pire. Chaque fois que les idéologies dont se réclament l'un et l'autre ont saisi le pouvoir. Le 17 octobre n'était qu'une répétition générale. L'objectif est de continuer jusqu'à ce que les deux extrêmes se retrouvent face à face au deuxième tour de la présidentielle. Et lorsque l'un d'eux aura gagné, l'autre aura trouvé le prétexte pour finir d'enflammer le pays. Monsieur le Premier ministre, pendant ce temps, les démocrates de droite et de gauche s'épuisent dans leur propre rivalité. Il est plus que temps, je le dis pour nos familles politiques, de trancher. En février, dans une France affolée par ses propres ingénieurs du chaos et victime de l'enferrasement du monde par Trump et Poutine, complices de nos extrêmes, il sera trop tard, beaucoup trop tard.
vous répondre, la parole est à monsieur le Premier ministre.
Merci monsieur le Président du Sénat, mesdames et messieurs les sénatrices et sénateurs. Monsieur le Président, monsieur le ministre Maluré. Je suis d'accord avec vous. Je reprends le ballon là où je l'ai laissé à la question précédente. pas voir avec une forme de naïveté ou d'incompréhension. que les modes opératoires, je vais commencer par là, de samedi dernier, sont à ce point graves que le parquet national antiterroriste se pose en situation d'observateur, que la SDAT est saisie, et que la première personne interpellée sur l'incendie de la mairie de Limoges est fichée S pour ultra-gauche radicale, franchement, il faut être... Ne pas vouloir le voir et manquer de lucidité sur les méthodes nouvelles qui sont employées. Et pour quelles raisons ? La réponse est dans votre question. On a un agenda de déstabilisation mené par l'extrême-gauche radicale et l'ultra-gauche qui cherche à intervenir et à polluer l'élection présidentielle, peut-être en préemptant déjà les résultats des sondages annoncés. Et c'est une réalité, et il faut le regarder avec énormément de lucidité. Deuxième chose, j'ai quand même été marqué par la journée d'hier. Elle a commencé par un article de Mediapart que la France Insoumise a fait monter, sous-entendant que la police de la République faisait du renseignement politique. C'est faux. C'est faux. Premier élément ou événement de la matinée. Ensuite, une deuxième polémique entretenue par la France Insoumise, cette fois-ci sur la magistrature, sur le parquet, laissant entendre que le pouvoir, je cite, a voulu faire arrêter un opposant, un parlementaire et non des moindres, le fameux député Raphaël Arnaud, connu pour son appartenance à la Jeune Garde. Troisième temps de la journée, la réquisition du parquet de Paris contre Rima Hassan pour apologie du terrorisme, dans lequel Jean-Luc Mélenchon a tweeté accusant le parquet de prendre ses réquisitions sur ordre du gouvernement, c'est-à-dire remettant en cause la liberté constitutionnelle du parquet, l'indépendance de la justice. Et au fond, vous allez voir pourquoi je vous en parle. La réalité, c'est que c'est une atteinte très, très grave à l'état de droit, ce qu'a fait la France Insoumise hier. Et que si une femme ou un homme politique de droite avait fait la même chose hier, les polémiques seraient majeures dans l'ensemble de la presse, dans l'ensemble de la classe politique. La défense de l'état de droit, c'est précisément quelque chose qui ne se fait pas à la carte. Et lorsque la leader de la France insoumise s'en prend à l'autorité judiciaire, s'en prend à la magistrature, c'est aussi grave que lorsque l'extrême droite le faisait. Et ça ne peut pas se faire à la carte. Et donc au fond, je vois bien une banalisation qui est en train de s'installer. Et vous avez raison, on peut toujours compter le nombre d'escadrons de gendarmes mobiles, le nombre de grenades lacrymogènes, le nombre de personnes qu'il faut ficher, etc. La réalité, et je pense que c'est un grand moment de clarification entre nous républicains, c'est qu'il y a un combat culturel, un combat politique à mener contre la violence, contre les extrêmes. Et je l'ai dit dès samedi soir, il est temps que chacun choisisse son camp.
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