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Reflexe Info, on écoute Gérald Darmanin, le ministre de la Justice.
Je heureux d'être ce matin à Marseille. Pour trois raisons. D'abord pour remercier les magistrats, les greffiers, les agents du ministère de la Justice qui, tout ce week-end, depuis 48 heures, font fonctionner de façon excellente au service public de la justice suite aux événements inacceptables, dramatiques de ce week-end qui ont touché la ville de Marseille mais qui ont touché toute la France. Et comme je l'ai fait hier à Paris, comme je l'ai fait avant-hier à Lille, dire... Vraiment que je suis fier du fonctionnement de ce service public qui a su soutenir les forces de l'ordre, accompagner les victimes, singulièrement les commerçants, et aujourd'hui juger avec la fermeté que j'ai demandé tout en respectant l'indépendance de chaque magistrat. La justice est rendue au nom du peuple français et chacun voit qu'elle est rendue avec fermeté. Je veux dire, dans un deuxième temps, que le bilan de ce que nous pouvons constater en matière pénale est un bilan qui illustre cette fermeté. Je rappelle qu'il y a eu à peu près 2500 gardes à vue qui ont été faites par les services de police ou l'autorité des procureurs de la République. Il y a encore beaucoup de comparutions immédiates. Je rappelle qu'on double, voire qu'on triple le nombre de comparutions immédiates en ce moment même. pour juger les personnes qui ont été prises, soit qui ont agressé des forces de l'ordre, soit qui ont pillé des magasins, qui ont été aussi des recèleurs d'objets volés. Nous avons aujourd'hui, au moment où je vous parle, 174 incarcérations. C'est un chiffre extrêmement important qui touche notamment des personnes qui n'ont jamais connu de casier judiciaire. Et donc pour une des premières fois, si j'ose dire, pour des faits de recel, pour des faits d'agression, des personnes qui vont directement en détention provisoire à la demande des procureurs de la République ou qui sont condamnées avec mandat de dépôt. Sur les 2500 gardes à vue, il y a 917 personnes qui sont déférées avec poursuite, c'est-à-dire qui sont sorties de leur localité de garde à vue. amenés par les policiers ou par les gendarmes dans les tribunaux pour être jugés en comparution immédiate. C'est un chiffre tout à fait impressionnant. Le taux de poursuite est extrêmement important, à tel point qu'aujourd'hui, au moment où je parle, tous les dépôts, c'est-à-dire les endroits où, dans les tribunaux, on attend, où on met les personnes en attente d'être jugées, gardées par les policiers, sont pleins, que ce soit à Paris, à Lille, à Marseille, à Bordeaux, à Toulouse, ce qui montre la grande efficacité du travail. que nous faisons avec le ministère de l'Intérieur, et la grande fermeté, puisque nous ne pouvons plus mettre de personnes aujourd'hui dans les dépôts. Évidemment, il y a des aménagements qui se font par les présidents de tribunaux, et je les remercie, mais ça montre que les comparutions immédiates donnent beaucoup de travail aux magistrats. Nous avons également aussi à constater des illustrations, notamment ici à Marseille, mais monsieur le procureur de la République pourrait le dire mieux que moi, et sans rentrer en l'état des affaires. Par exemple, un individu de 22 ans qui est connu, lui, des services de justice, qui a jeté un pavé sur des forces de l'ordre, a eu un enferme de prison avec mandat de dépôt. Ou quelqu'un qui a 34 ans, qui n'est pas connu des services de police ou de justice, qui avait des chaussures dans un magasin à Marseille, trois mois fermes. Vous voyez que les peines de prison ferme sont prononcées et suivies par les magistrats du siège dans leur grande majorité. Et je les en remercie également. vient le moment désormais de l'exécution des peines. Nous allons donc mobiliser particulièrement l'administration pénitentiaire, bien sûr les agents de la protection de la jeunesse, puisqu'il y a 30% de mineurs qui sont concernés, et puis évidemment faire tout faire pour avoir un circuit dédié à cette exécution des peines. Il ne s'agit pas que les gens exécutent leurs peines dans 6 mois, dans 1 an, dans 2 ans, mais le plus rapidement, voire immédiatement. C'est ce qu'a fait la procureure générale de Paris, par exemple, pour son ressort, ce que je remercie. Et donc nous allons mettre en place un circuit dédié d'exécution des peines pour les personnes qui ont pillé, qui ont volé, qui ont attaqué les forces de l'ordre ou les sapeurs-pompiers ce week-end. Je vais également adresser demain à l'ensemble des chefs de juridiction et particulièrement des procureurs de la République une instruction pour s'organiser pour de nouveau ce week-end. Mais nous espérons tous que les choses soient plus calmes. D'abord à la permanence au parquet, comme c'était déjà le cas le week-end dernier, puisqu'une instruction miroir avait été donnée le vendredi qui précédait ces manifestations, et pour être évidemment aux côtés des victimes. Ces victimes, nous les suivons particulièrement dans leur volet commercial, puisque j'ai tenu également ici à Marseille avec le président des affaires économiques et l'ensemble des présidents des affaires économiques, des tribunaux de commerce, de la justice économique, de la justice civile, pour aider les commerçants, les employeurs, les entrepreneurs, les employés à pouvoir survivre à ces moments extrêmement difficiles pour eux. D'abord pour qu'on évite les cessations de paiement. pour pouvoir accompagner gratuitement. La justice économique civile est gratuite. Les juges consulaires font un travail formidable. Et avec le patronat, avec la Confédération des buralistes, avec la Fédération de commerce, pouvoir ouvrir la porte des tribunaux de commerce, des tribunaux d'affaires économiques pour les accompagner. Demander aux procureurs de la République qu'ont un volet civil à leur main de les accompagner également. Et puis de complémenter, si j'ose dire, ce que fait le ministère de l'économie et des finances. Et surtout, surtout, de pouvoir accompagner les victimes. Nous avons organisé les comparutions immédiates sur le volet pénal. Nous condamnons à de la prison ferme les personnes qui ont volé et qui ont pillé. Ils vont être reconvoqués dans plusieurs jours, plusieurs semaines, le temps que les commerçants aient le temps de chiffrer le préjudice qu'ils ont connu sur les intérêts civils. Il y aura ensuite une deuxième audience où on va faire condamner les personnes, je l'espère, à rembourser le préjudice qu'ils ont commis aux commerçants. Et puis nous avons accompagné les victimes que sont les commerçants. pour pouvoir les aider à porter plainte avec constitution de parties civiles, les aider à demander une réparation civile, et bien évidemment les aider auprès de leur assurance, auprès de leur bailleur, si jamais ils avaient des difficultés, ce qui peut tout à fait arriver, notamment pour les plus petits commerces d'entre eux. On continue le très bon fonctionnement du service public de la justice. Je remercie vraiment singulièrement les magistrats et les agents qui ont travaillé, qui ont déjà beaucoup de travail, vous le savez, indépendamment de ces événements de ce week-end. Et je voudrais attirer votre attention sur le fait qu'aucun procès, qu'aucun jugement... qu'aucun citoyen n'a vu son rendez-vous avec la justice déprogrammée parce que nous avions dû organiser les comparutions immédiates de ce week-end. Vous avez vu qu'ici à Marseille, il y a un grand procès de criminalité organisé par exemple. Mais partout en France, on n'a pas l'annulation de son rendez-vous de divorce ou de garde d'enfants ou de difficultés avec la justice pénale qu'on attend parfois trop longtemps. Les magistrats, notamment les chefs de juillet d'élection, ont organisé des choses pour que les choses se fassent. en même temps, et je les en remercie fortement. Les Français peuvent être fiers de leur justice aujourd'hui.
avez suffisamment de bras, justement, pour pouvoir faire tout ce que vous êtes bien ?
Il y a énormément de volontaires, les chefs de juridiction qui sont derrière moi peuvent le dire, je l'ai vu hier à Lille et je l'ai vu avant-hier à Paris, et c'est le cas ici à Marseille, que ce soit des agents administratifs, des greffiers, des magistrats, ils se sont portés volontaires, parfois venant d'autres endroits que la justice pénale, et oui, nous avons assez de bras. Évidemment, pour moi, c'est un motif de reconnaissance pour les serviteurs de services publics qu'ils sont, en période scolaire, on était en week-end, il y a des gens qui étaient en vacances, ils ont annulé leur congé, annulé leur présence auprès de la... famille pour rendre le service public de la justice et je les remercie.
Est-ce qu'il y a une spécificité ici à Marseille par rapport aux autres comparutions immédiates qu'il y a pu avoir, aux autres traitements judiciaires qu'il y a pu avoir à Bordeaux, à Paris, etc. Est-ce que vous avez constaté des choses particulières par rapport à l'âge, à la sociologie des individus
Alors entre les remontées qui me sont faites par les procureurs généraux et je les remercie et puis ce que je constate sur le terrain. Je vois deux phases dans les gardes à vue et donc dans les personnes qui passent ensuite au tribunal. Le matin, les interpellations qui ont eu lieu le samedi matin, samedi midi, samedi en début d'après-midi, ce sont des individus souvent violents, connus des services de police et de justice, parfois d'ultra-gauche, parfois casseurs, black bloc. Très peu d'interpellations, vous connaissez la violence avec laquelle les forces de l'ordre ont dû composer, mais ce sont ce type de personnes. Souvent d'ailleurs des incarcérations ont été prononcées. Les manifestations se sont d'ailleurs plutôt paradoxalement. Il y a eu peu de casse lors des manifestations de mouvements de jeunesse ou de contestation de ce que fait le gouvernement ou du pouvoir d'achat. Et puis arrivé à 16-17 heures, des moments de pillage, des moments d'émeute. Et là, les magistrats peuvent en témoigner derrière moi. C'est vraiment une sociologie extrêmement disparate. Des gens qui ont un casier judiciaire et des gens qui n'en ont pas. Il y a beaucoup de gens qui n'ont aucun casier judiciaire qui ont été retrouvés à piller ou à revendre des objets sur Internet avec beaucoup de reconnaissance de culpabilité. Mais en même temps, ce que m'ont dit les magistrats du siège que j'ai entendu, oui, ils reconnaissent qu'ils ont des portables, des chaussures, des vêtements, mais ils ne voient pas le problème. Ils ne voient pas le problème. Parfois, ils ont volé en famille. Parfois, il y a des gens qui sont désocialisés, mais aussi beaucoup de gens qui ont un travail. Il y a des gens qui ont des problèmes d'argent et aussi beaucoup de gens qui n'en ont pas. Et c'est assez frappant de constater qu'une grande partie des personnes qui sont aujourd'hui dans les tribunaux n'ont aucun casier judiciaire. sont de tout âge, de tout sexe, de tout quartier de Marseille. Il y a des pilleurs qui, évidemment, viennent de certains quartiers difficiles, viennent de la banlieue parisienne ou de la banlieue lidoise, c'est vrai, évidemment. Mais les images de caméras de vidéosurveillance le montrent aussi. Il y a des gens qui n'ont aucun casier judiciaire, qui se sont livrés à ces pillages, sans reconnaître vraiment. la faute qu'ils ont commise. Et je voudrais aussi dire que les images de vidéos surveillance, les images sur les réseaux sociaux, la police technique et scientifique qui aujourd'hui travaillent vont nous amener à faire de nombreuses interpellations dans les heures et jours qui viennent puisque nous ne sommes qu'au début de la réponse pénale. Les services de police judiciaire travaillent sous l'autorité des procureurs de la République et sans doute sera-t-il intéressant de faire un bilan dans une semaine, dans 15 jours pour retrouver ces personnes qui aujourd'hui, vous l'avez vu, sans cagoule, sans filtre, discutent sur les réseaux sociaux. revendre sur des plateformes internet le fruit de leur vol. Et donc il y a cette désinhibition devant le vol et devant le pillage qui est tout à fait inquiétant pour la société française.
Alors
moi je ne suis pas sociologue, chacun son métier. Je suis là pour faire établir notre public avec les ministres de l'Intérieur, pour faire fonctionner le service public de la justice. Donc je n'ai pas pensé plus que ça cet état de société, mais je constate que les gens sont de moins en moins citoyens et qu'il faut sans doute rappeler des règles qui ne sont pas rappelées par les services de police et de justice. Vous savez, la police et surtout la justice, c'est des services publics qui accueillent des personnes qui... Quand souvent tout a dysfonctionné, quand l'immigration a été dysfonctionnelle, quand l'intégration a été dysfonctionnelle, quand l'éducation a été dysfonctionnelle, quand les parents ont été dysfonctionnels, quand l'économie a été dysfonctionnelle, ben voilà, c'est des policiers, puis des magistrats, puis des agents pénitentiaires qui se chargent des personnes qui ont des graves difficultés, même si évidemment ce n'est pas une excuse, mais en tout cas c'est mon constat. Donc au poste où je suis, j'organise le service public de la justice, je laisserai à d'autres le soin d'avoir un avis sur la société. Il y a une campagne présidentielle qui arrive, j'espère que ce sera l'occasion d'en parler.
sur les relax, les prisons fermes. Et les pannes de prison avec sursis ?
Alors, je ne l'ai pas encore. D'abord parce que nous sommes à la moitié, nous sommes au mi-temps des comparutions immédiates, puisque les gardes à vue viennent se terminer parfois hier et parfois sont encore en cours. Donc c'est un petit peu tôt pour le dire. Ensuite, je n'ai pas trop embêté les procureurs généraux et les procureurs sur du bâtonnage, parce que je pense qu'ils ont autre chose à faire en ce moment. Mais on a inventé un nouveau logiciel qui nous permet justement de faire des remontées d'informations plus intéressantes et plus chiffrées. J'ai un rendez-vous demain avec le président de la République. J'aurai l'occasion de lui faire le premier livrable, si vous me le permettez. et sans doute qu'au début de semaine prochaine, je me permettrai de communiquer plus largement sur cette première semaine, à la fois sur les profils des personnes de manière générale, tout à fait anonymisées et évidemment respectant les secrets, les secrets professionnels, les secrets des enquêtes et surtout la réponse pénale qui a été apportée.
Vous avez été ministre sur tous les gouvernements ou presque des mandats d'Emmanuel Macron. Vous êtes un des plus anciens ministres, du coup, c'était le plus vieux en fait, ministre de ses gouvernements. J'ai que 44 ans. Pardon, on allait d'exercice comme ministre. Quel regard vous portez, vous, sur ces 10 ans de politique, du coup, au regard des éruptions de violence qu'on vient de connaître la semaine dernière, au-delà de la réponse judiciaire et sécuritaire ? D'abord,
l'éruption de violence, elle n'est pas nouvelle. Moi, j'étais maire de Tourcoing sous François Hollande. Il y avait des émeutes urbaines extrêmement graves. Je pense que Marseille peut témoigner que les règlements de comptes ne sont pas nouveaux. Je viens à l'instant de faire une mise de silence devant la plaque du juge Michel. Je rappelle qu'il est décédé, il a été assassiné avant que je ne sois né. Et toutes les sociétés occidentales, regardez l'Italie aujourd'hui, connaissent ces mouvements de violence qui sont tout à fait inacceptables. Il y a des moments où la France arrive par un incroyable fonctionnement de ses services de police, de renseignement et de la justice à lutter contre des maux qui... une pensée vraiment terrible au point que la société aurait pu basculer. Je pense au terrorisme. Vous voyez à quel point les services de renseignement, la police, la justice a su lutter contre le terrorisme islamiste, par exemple. Et on peut dire aujourd'hui, même s'il faut toujours faire extrêmement attention, qu'il y a moins d'attentats qu'il y a 10 ans. Et c'est une très bonne chose. Et encore une fois, il faut être très humble devant cette question. On peut dire également que nous ne sommes pas un pays qui va basculer dans le narcotrafic, même s'il faut faire très attention, contrairement à d'autres pays qui nous entourent. Je pense à la Belgique ou aux Pays-Bas. Et il y a des moments où on arrive à organiser des choses extraordinaires sans aucun problème. J'ai eu l'honneur d'être ministre d'intérieur pendant les Jeux Olympiques, par exemple. nous avait prédit le pire, où Laurent Dunez qui a organisé de façon excellente la venue du pape en France dans plusieurs endroits. Il y a des moments où on est moins bon. Et ces moments où on est moins bon, c'est sans doute des moments d'ordre public, dans des grandes manifestations, où il y a, pas des manifestants, mais il y a aussi des Black Blocs, des personnes extrêmement violentes. Nous sommes moins bons dans le renseignement. Nous sommes moins bons manifestement pour garantir la sécurité publique. Et il faut qu'on se pose cette question. Un État doit protéger ses concitoyens. Il ne s'agit pas de faire le procès de quiconque dans le moment où on a besoin de commander des troupes. Mais il faudra évidemment réfléchir à ça. Si on est bon contre le terrorisme, si on est bon pour réaliser des grands événements, si on commence à être meilleur sur le narcotrafic, on est moins bon sur l'ordre public. C'est un constat. Et il faut évidemment qu'on se pose la question, nous qui avons été en responsabilité, et bien sûr pour demain ceux qui vont commander.
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