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Bonjour Maya, bonjour à tous, bienvenue dans les quêtes vérité. Mon invité est donc Edouard Philippe, ancien Premier ministre, maire du Havre et candidat à Horizon à la présidentielle. Bonjour Edouard Philippe. Bonjour. J'aurais préféré des décisions, des initiatives pour le retour à l'ordre. Notre pays a besoin d'être commandé. Ce sont vos mots dimanche soir après l'intervention d'Emmanuel Macron. Depuis, il y a des couvre-feux qui ont été instaurés. Le gouvernement promet de mobiliser les forces de l'ordre en nombre pour les manifestations de samedi. Est-ce que vous avez l'impression d'avoir été entendu ?
me réjouis que le gouvernement ait pris des mesures qui ont été annoncées. Le couvre-feu, la mobilisation de moyens supplémentaires, une mobilisation générale pour permettre le retour à l'ordre. Il est temps. Vous avez été entendu ? J'ai été entendu. Je pense que les Français ont été entendus. Je pense que tous les Français, samedi... Et peut-être encore plus dimanche ont été effarés par ce qu'ils ont vu et que le gouvernement a pris la mesure de cet effarement et de cette colère et de cette consternation et qu'il est en train de prendre des mesures qu'on aura aimées voir prises auparavant, qui sont prises,
tant mieux. Dont acte. Au passage, Emmanuel Macron, vous le savez, est en déplacement au Moyen-Orient. Il a eu raison de maintenir son voyage ? Je ne suis pas sûr que ça ait été
compris par les Françaises et les Français. Je ne suis pas sûr qu'il s'est exprimé dimanche soir. Moi, ce qui me frappe, c'est qu'au moment où il s'est exprimé, il y avait des pillages en cours à Paris, au bon repère, à côté de la place de la République. Les pillages étaient en cours. S'exprimer quand il y a des pillages en cours sur le territoire national, que les images les montrent, qu'on n'annonce finalement pas grand-chose. et qu'on confirme qu'on va partir du territoire. Moi, j'ai eu énormément de retours de Françaises et de Français. Et vous, qu'est-ce que vous en pensez ? Je pense que la décision du président de la République de quitter le territoire, à ce moment-là, n'était pas la plus opportune. Mais je vais vous dire. Il aurait dû rester en France. Je vais vous dire. On n'est pas là pour commenter ce que fait le président de la République. J'entends votre point de vue, vous avez relié celui des Français à votre point de vue. On est là pour revenir à l'ordre et surtout pour donner des perspectives aux Français.
Alors justement, vous êtes candidat à la présidentielle, vous êtes maire du Havre et certains de vos collègues, par exemple le maire de Marseille, Benoît Payan, disent on est tenu à l'écart des décisions, nous les maires on compte pour rien et même parfois on ne sait pas quelles sont les forces de l'ordre qui sont déployées sur le terrain. Est-ce que vous vous dites qu'il faut remettre les maires au centre des dispositifs ?
Il faut toujours mieux les associer. Vous avez beaucoup de maires qui travaillent en bonne intelligence avec les préfets et qui sont informés à la fois du parcours des manifestations, bien entendu, de la mobilisation des forces. Cela peut arriver. Mais ce que je dis, c'est que les polices municipales, par exemple, qui existent aujourd'hui, vous avez à peu près 30 000 fonctionnaires de polices municipales. Pendant très longtemps, l'État, et d'ailleurs les Français, ont regardé les polices municipales comme des accessoires. Comme des gardes champêtres. Parfois un peu. Ça a changé considérablement depuis 10 ans. Et depuis que les polices municipales sont armées, depuis que l'État a considéré qu'il y avait un continuum, comme on dit, de sécurité, et qu'il fallait donc faire confiance aux polices municipales en général. Donc vous vous dites que dans le matière de l'ordre, il faut mettre les polices municipales ? Aujourd'hui, les polices municipales, aussi surprenant que ça puisse paraître, n'ont pas tous les moyens et... Et toutes les compétences, entre guillemets, juridiques pour pouvoir agir. Je vous donne quelques exemples. Un policier municipal ne peut pas mettre une amende à quelqu'un qui est en train de taguer le mur d'un bâtiment public ou d'un bâtiment privé. Donc ça, vous souhaitez que ce soit possible ? Un policier municipal ne peut pas relever l'identité de quelqu'un. Même lorsqu'il est dans une opération avec la police nationale, il ne peut pas relever l'identité de quelqu'un. Les communes, c'est le cas au Havre. Mais c'est vrai, dans un très grand nombre de communes, quelles que soient les orientations politiques des maires, les communes sont équipées de caméras de vidéoprotection. Elles ne peuvent pas utiliser des logiciels ou des instruments d'intelligence artificielle pour reconnaître... l'identité de celles et ceux qui, dans un événement comme ceux qu'on a connus samedi et dimanche, se livrent à dépillage.
Donc qu'est-ce que vous préconisez sur les polices municipales ? Il faut reconnaître un statut plein et entier ? Je pense qu
'il faut leur donner plus de pouvoir. Il y a une loi qui a été votée au Sénat, qui est en attente d'inscription à l'Assemblée nationale. Moi, j'ai écrit au Premier ministre, d'urgence, qu'il fasse inscrire ce projet de loi, ou cette proposition de loi, projet de loi, à l'Assemblée nationale, afin qu'on associe les maires. à la définition des besoins, au maintien de l'ordre. Alors il ne s'agit pas de transformer les polices municipales en CRS, bien sûr que non. Il s'agit de dire qu'on a un réservoir de gens remarquablement formés, connaissant parfaitement leur environnement et leur ville, que l'on peut mobiliser en respectant la différence entre eux et les CRS, mais que l'on peut mobiliser et associer. Et voyez-vous, comme samedi et dimanche, il y a eu manifestement... une mobilisation insuffisante des forces de l'ordre, je pense qu'il y a là un moyen d'accompagner des renforts et d'accompagner le respect de l'ordre. Vous
avez eu à gérer en tant que ministre les Gilets jaunes en 2018. Vous aviez fait voter à l'époque la loi anti-casseurs. Aujourd'hui...
Très critiqué à l'époque.
Mais est-ce qu'elle suffit ou est-ce qu'il en faut une autre ? Est-ce qu'il faut aller plus loin
Il faut, je vous dirais, il faut une réponse pénale, une fermeté. Absolument. Sur la loi anti-casseurs, il en faut une de plus ? Il faut quelque chose de plus ou celle qui existe est suffisante ? Il me semble que dès que l'on sera en mesure de faire payer les casseurs ou de faire assumer par les casseurs le coût des dégradations qu'ils provoquent, on sera dans le vrai. Ça,
c'est la loi casseur-payeur.
c'est très bien. Que vous défendez. Mais évidemment. Donc ça, ce serait
le deuxième
volet, c'est la suite de la loi anti-casseurs. Pardon, mais comment est-ce qu'on peut ne pas la défendre Ceux qui commettent des dégradations. doivent en assumer le coup. Oui, mais même ceux qui sont là éventuellement par hasard peuvent
être mis dans la masse. Eh bien,
faisons confiance aux législateurs pour trouver la bonne forme. Oui ?
Pour
trouver la bonne forme ? Pardon, mais c'est quoi
l'alternative ? Édouard Philippe, c'est difficile. L'alternative, c'est quoi ? Écoutez, il y a de la casse. Il y a des gens qui peuvent être là de bonne foi, de passage. Oui, regardez, ils trouvent ça formidable.
Ils retrouvent leur truc. Quand il y a des actions de pillage, dimanche... pillage, il n'y avait pas de manifestants dimanche. Les manifestants, c'était samedi. Dimanche, il n'y avait que des pilleurs. Donc lorsqu'il y a des pilleurs, lorsqu'on participe à ces opérations, sa responsabilité est engagée et il faut aller faire en sorte que les casseurs ou que les pilleurs payent pour les dégâts qu'ils provoquent. À
propos des Gilets jaunes, le porte-parole de la coordination des Gilets jaunes était là sur le plateau il y a quelques minutes. Il a annoncé avoir déposé une déclaration pour manifester à Paris. Faut-il autoriser cette manifestation à vos yeux ? J'ai été très frappé par ces propos. Vous l'avez entendu ? J
'ai entendu. J'ai été très frappé par ces propos. Jamais, jamais il n'a exprimé le moindre souci de faire en sorte que l'organisation des manifestations... permettent d'éviter les pillages. Donc, vous dites qu'il ne faut pas les autoriser. À chaque fois que la journaliste qui l'interrogeait lui posait la question de savoir, il disait, s'il y a des violences, c'est le métier de la police. Cet état d'esprit me semble redoutablement dangereux. Ça veut dire quoi ? Qu
'il ne faut pas autoriser cette manifestation
? C'est au préfet qu'il appartient d'autoriser si elle est déclarée et si le parcours... est adapté. Il peut arriver qu'on interdise des manifestations à certains endroits. En France, la liberté de manifester est une liberté constitutionnelle. Il ne s'agit pas de l'interdire, il s'agit de faire en sorte que dans des moments de grande tension, ces manifestations ne dégénèrent pas de façon systématique. et parfois préparés dans des scènes de chaos et de pillages, comme on l'a constaté. Pardon, monsieur Letellier, ce n'est pas un risque théorique. On l'a vu samedi et dimanche. Donc essayons d'éviter que ça recommence. Vous savez que
depuis ça, Sébastien Lecornu veut recevoir les dirigeants des partis politiques. Demain. Dont vous, est-ce que vous y serez ? Le
parti que je préside, Horizon, sera représenté par Christophe Béchut, le maire d'Angers, qui sera présent. Vous n'y serez pas
personnellement ?
Moi, je serai en déplacement demain, mais Christophe Béchut y sera, nous représentera, et je pense qu'il est nécessaire que les forces... D'abord je vais vous dire, quand le Premier ministre invite des forces politiques alors que le pays connaît une crise grave, la
responsabilité
des forces politiques c'est de répondre à cette invitation. Donc nous irons et nous dirons ce que nous avons à dire.
Actuellement ont lieu les débats sur le budget 2027. Est-ce que vous vous posez des conditions à horizon pour le voter
je dis qu'il faut que ce budget soit sérieux, permettre la réduction du déficit sans augmenter les impôts. C'est la condition
pour le voter
? C'est la position d'Horizon. Elle a été exprimée de façon très claire par Laurent Marcangeli, le président du groupe Horizon à l'Assemblée nationale, député de la Corse. Il a dit très clairement que nous étions dans une logique évidemment de discussion avec le gouvernement, que nous souhaitions qu'un budget soit adopté parce que l'absence de budget pour le pays aurait des conséquences très graves et que notre objectif c'était de faire en sorte que le déficit diminue. ce n'est pas du luxe, il faut qu'il diminue et qu'on le diminue avec des réductions de dépenses plutôt qu'avec des augmentations d'impôts. Mais vous n
'imaginez pas devoir voter contre le budget 2027 ?
Attendez, on va d'abord voir à quoi il ressemble le budget 2027. Il a été rejeté en commission s'agissant de sa première partie. Je constate que le PLFSS, dans sa première partie, n'a pas été voté hier. Donc on va voir à quoi il ressemble. Mais la position politique que nous formulons, c'est celle-ci. Diminution du déficit,
réduction des dépenses. Edouard Philippe, la présidentielle, c'est dans six mois. Vous êtes donc candidat à la présidentielle. Vous avez envoyé un courrier à toutes les formations de ce qu'on appelle le bloc central, depuis Gabriel Attal jusqu'à Bruno Retailleau en passant par David Lysnard, pour aboutir à une candidature commune. Avez-vous eu des réponses à ce courrier ? Pardon, je n'ai pas du tout envoyé un courrier pour
cela. J'ai envoyé un courrier pour que nous discutions. Est-ce que vous avez eu des réponses ? Pour que nous regardions quels étaient les points de convergence. Pour que nous regardions comment nous pouvions réfléchir à l'élaboration d'une majorité législative après l'élection présidentielle. Avez-vous eu des réponses constate que cette volonté d'union que je... que je porte, à laquelle je crois. qui me paraît indispensable si nous voulons prévaloir et éviter l'étau mortifère que représenterait un deuxième tour entre Mme Le Pen et M. Mélenchon, reste encore un vœu pieux. Je le déplore, mais ma porte est ouverte. Et je ne ferai rien qui puisse nuire au rassemblement de toutes celles et ceux qui s'inscrivent dans un champ politique qui va de la droite au centre.
Elle sera ouverte jusqu'au bout. Jusqu'en janvier, février ? Non,
j'ai dit qu'entre le 1er novembre et le fin février... Il faudrait que les responsables politiques prennent leurs responsabilités. J'espère qu'ils le feront, et moi j'y suis prêt.
Une toute dernière chose, Marine Le Pen a dit qu'elle se verrait bien au second tour face à vous, plutôt que face à Jean-Luc Mélenchon. Vous vous verriez bien face à elle au second tour
Madame Le Pen sait que dans une démocratie, on ne choisit pas ses adversaires, c'est le peuple qui part le rat au premier tour, et j'espère la battre au deuxième.
Merci, Edouard Philippe, d'avoir été sur le plateau Néquette Vérité, où vous nous avez dit que vous souhaitiez notamment plus de place pour les polices municipales dans le maintien de l'ordre.
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