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Merci de votre fidélité. Comme chaque mercredi, nous avons le plaisir de retrouver Shannon Seban, directrice des Affaires européennes du Combat Antisemitism Movement, secrétaire nationale LR chargée de la lutte contre l'antisémitisme. Bonjour Shannon. Bonjour Hélène, bonjour à tous. Et merci d'être avec nous. Cette semaine, vous souhaitiez revenir sur la réaction hier soir de Jean-Luc Mélenchon aux réquisitions contre Rima Hassan, jugée pour apologie du terrorisme. Qu'est-ce qui vous a particulièrement choquée
Écoutez, énormément de choses m'ont choqué bien évidemment dans ce procès de Rima Hassan, mais ce qui m'a encore plus choqué, je dois le dire, c'est la réaction de Jean-Luc Mélenchon dont je voudrais vous parler. Alors oui, ce mardi 20 octobre, le parquet a requis 10 mois de prison avec sursis et 2 ans d'inéligibilité contre l'eurodéputé insoumise Rima Hassan, poursuivi pour apologie du terrorisme. Pourquoi ? Parce qu'elle a relayé sur X les paroles du terroriste Kozo Okamoto, l'un des auteurs de l'attentat terroriste perpétré le 30 mai 1972 à l'aéroport de Lod, près de Tel Aviv. Bilan, 26 morts, 80 blessés et en réaction, Jean-Luc Mélenchon a publié. Et c'est un euphémisme, un véritable torchon politique au relant antisémite sur ses réseaux sociaux. Bien entendu, il a réussi à trouver un coupable, écoutez bien, Benyamin Netanyahou, le premier ministre de l'État d'Israël. Décidément, l'élève Mélenchon semble avoir même dépassé son maître Drummond, il fallait le faire. Voilà donc où nous en sommes. Quand la justice française s'intéresse à une élue insoumise, c'est Israël qui serait aux commandes. Avec Jean-Luc Mélenchon, décidément, la justice est indépendante, mais à une condition qu'elle donne raison à la France.
insoumises. Alors, Shannon Mélenchon parle aussi d'un prétexte. Est-ce que ce mot vous choque particulièrement ? Oui. Oui, parce que finalement,
tout est dans ce mot prétexte. Pour Jean-Luc Mélenchon, l'apologie du terrorisme serait donc une accusation inventée pour persécuter une élue de son camp. Mais enfin, de quoi parle-t-on ? L'attentat du terroriste Casamoto, c'est 26 morts. Les paroles de l'un des auteurs du massacre relayé par une députée européenne et pour Mélenchon, tout cela ne serait qu'un prétexte. Et c'est précisément cette banalisation qui me révolte. Finalement, quand on y pense, est-ce qu'il y a quelque chose d'étonnant là-dedans, quand on sait que Jean-Luc Mélenchon et ses sbires de la France insoumise ont même osé, en novembre 2024, déposer une proposition de loi visant à abroger le code, dans le code pédale, pardon, le délit d'apologie du terrorisme ? Oui, vous avez bien entendu.
Alors vous allez plus loin, vous estimez que les propos de Jean-Luc Mélenchon réactivent de vieux ressorts antisémites. Alors pourquoi ? Expliquez-nous. Parce que depuis quand le Premier
ministre de l'État d'Israël devrait-il donner des instructions au procureur français ? Derrière cette accusation, finalement, on retrouve l'un des plus vieux fantasmes antisémites, celui des Juifs qui contrôleraient tout. Les gouvernements, les médias, la finance, la justice, les Juifs qui seraient aux commandes de tout et qui tireraient les ficelles de nos institutions. Alors, est-ce que cela vous rappelle quelque chose ? Eh bien, moi je crois avoir reconnu le livre de chevet politique de Jean-Luc Mélenchon « Les protocoles des sages de Sion ». Ce faux antisémite fabriqué au début du XXe siècle qui prétendait révéler au grand jour un complot juif mondial destiné à contrôler les États et leurs institutions. Hier, les Juifs étaient accusés de contrôler les gouvernements. Aujourd'hui, Netanyahou serait derrière les réquisitions de nos... Procureur, les mots changent, les vieux fantasmes, eux, trouvent une nouvelle jeunesse.
Jean-Luc Mélenchon pourrait vous répondre par ailleurs qu'il ne fait que critiquer le gouvernement israélien. Où placez-vous la limite ? Alors, je veux ici le
dire très clairement. Encore une fois, on peut critiquer Benyamin Netanyahou, on peut ne pas être d'accord avec sa politique, avec ses décisions. C'est un droit. Mais accuser sans la moindre preuve le Premier ministre de l'État d'Israël de contrôler la justice française, ce n'est plus critiquer une politique. C'est réactiver un imaginaire complotiste aux racines antisémites et c'est précisément ce qui est grave. Chez Mélenchon, les principes semblent la géométrie variable, la justice ne vaut que leur... qu'elle les arrange, la liberté d'expression devient un bouclier contre toute critique, et l'antisémitisme est toujours un problème, sauf lorsqu'ils s'invitent dans leur propre discours. Alors, le tribunal rendra sa décision le 30 novembre prochain. Quelle qu'elle soit, elle devra être respectée, parce qu'en République, ce ne sont ni les partis politiques, ni les réseaux sociaux, ni les dirigeants étrangers qui rendent la justice, et certainement pas Jean-Luc Mélenchon.
Eh bien, merci beaucoup, Shannon Seban, pour cette mise au point. A noter qu'on sera en ligne tout à l'heure à 7h20 avec Lucas Veil, avocat de l'UEJF, partie civile dans ce procès de Rima Hassan, et puis avec Yves Klejman, le fils d'une femme qui a été blessée justement lors de l'attentat de l'Aude et qui nous dira ce qu'il pense de la situation, ce qu'il pense des déclarations de Rima Hassan et de Jean-Luc Mélenchon. Ce sera donc évidemment dans cette édition de Radio J. Merci beaucoup, Shannon. Je vous dis à très bientôt. Merci beaucoup. Et on peut vous retrouver sur Radio J.fr.
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