Chargement...
Chargement...
La proposition est venue du candidat Gabriel Attal, qui veut bloquer temporairement et de manière ciblée les grandes plateformes numériques. Évidemment, ça pose plein de questions. Est-ce que déjà ces techniques sont possibles ? Est-ce que c'est légal ? Est-ce que ce serait une réponse sécuritaire adaptée ? Politiquement, est-ce que ce serait possible ? Est-ce que ce n'est pas se tirer une balle dans le pied ? Si la question se pose, David, déjà c'est parce que ces réseaux sociaux, on le sait, ont joué un rôle majeur dans ce 17 octobre.
Oui, effectivement, pour organiser les rassemblements, pour pointer du doigt des lieux de rassemblement, pour mettre en place un certain nombre de groupes, coordonner les actions, il y avait des cartes. qui avait été publié par de très nombreux groupes. Et ça, c'était une première. Et ces cartes interactives permettaient à chacun de signaler à son moment, de signaler une opération et donc d'agréger autour de lui des personnes qu'il ne connaissait pas, mais qui étaient connectées au même réseau, donc de créer ce mouvement général.
Ça a déjà été fait de bloquer les réseaux sociaux
en Nouvelle-Calédonie ? Ça a été fait en Nouvelle-Calédonie en 2024 au moment des émeutes. Le problème, c'est qu'après, ça a été revu. par le Conseil d'État, un an plus tard, en 2025, le Conseil d'État qui a dit que c'était illégal. Parce qu'en fait, ce n'est pas aussi simple que ça. Ce n'est pas Emmanuel Macron qui peut appuyer sur un bouton et qui peut dire que c'est fini les réseaux sociaux. Il y a des conditions précises. C'est Ursula von der Leyen déjà, c'est elle qui régule les réseaux sociaux dans l'Union européenne. Et donc, demander aux quatre opérateurs mobiles de couper les connexions, ce n'est pas aussi simple. Effectivement, il y a des... Il y a des mesures qui ont été fixées par le Conseil constitutionnel qui sont assez drastiques. Il y a le Conseil constitutionnel aussi, il me semble-t-il. Il faut des circonstances exceptionnelles. Il faut qu'il y ait une impossibilité de faire autrement. Et puis, ça engendre aussi une possible contestation après en justice des opérateurs. Donc, ce n'est pas si simple. C'est pas simple, ça a été fait à l'étranger Jean-Mathieu Pernod
? Nombreuses fois et notamment par des pays. C'est pour ça que la France s'est distinguée notamment en 2024 avec la Nouvelle-Calédonie parce que c'était la première fois qu'un pays libéral occidental en fait le faisait. Parce que jusqu'à présent, c'est la Chine, l'Iran, le Turkmenistan, la Russie. Ce ne sont pas des pays qui brillent forcément par leur ouverture sur le monde et l'ouverture à l'autre. Après, il y a eu des blocages temporaires. Par exemple, au Brésil, il y a eu X parce qu'il y avait à l'époque un litige juridique sur la désinformation. Et donc à l'époque, Lula a dit « je bloque X pendant un certain temps » et après c'est revenu. Mais il est vrai que… 2024, ceux qui ont vraiment le pouvoir décisionnaire, c'est la Commission européenne, puisque ça fait partie d'un règlement des très grandes plateformes et du DSA, Digital Service Act, et donc qui est mis en place aujourd'hui sur toutes les plateformes européennes. Ce pourquoi maintenant, dès que vous allez sur un site internet, vous donnez votre accord, vous savez, quand vous rentrez dessus, j'accepte ou non. Et à partir de là, c'est eux qui décident comment on peut interrompre les services. de cette entreprise, de cette très grande plateforme numérique qui ont un dispositif à part. Donc c'est tout un procédé. Alors dans la mesure d'urgence, est-ce que l'Europe peut agir d'une manière si... Sébastien Lecorni dit, tiens, demain on coupe pour samedi les réseaux sociaux en France. Est-ce que ça peut être aussi rapide ? C'est ça la question, parce que ça avait duré, rappelons-je, juste en Nouvelle-Calédonie, ça avait duré 15 jours et seulement TikTok, pas les autres réseaux sociaux.
Ce serait compliqué techniquement à mettre en place, c'est ce que nous dit Jean-Mathieu.
Il y a des process qui existent, on sait ce qu'on peut mettre en place. Les configurer, ça pourrait être relativement rapide, mais tout dépend en fait de l'ampleur, qui on cible, sur quelle zone géographique, pendant combien de temps. On peut simplement, quand vous tapez sur votre moteur de recherche le nom d'un réseau social, on peut empêcher la communication avec la plateforme. On efface en fait la communication et l'IP, cette adresse qui permet que l'on retrouve la plateforme et qu'on converse avec elle. On peut aussi empêcher un échange de données entre la plateforme. et une zone géographique, et l'ensemble des récepteurs, que ce soit le téléphone ou que ce soit votre ordinateur. Mais tout ça, c'est beaucoup plus complexe parce que ça met en œuvre d'autres réseaux, du Wi-Fi, des connexions Internet, des opérateurs. Donc il y a plus de monde dans la boucle, et techniquement, à gérer et à coordonner, c'est plus complexe.
Donc il y a la partie technique, la partie légale, et puis il y a presque la partie politique et philosophique même. En démocratie, on peut se permettre de faire ça, de bloquer temporairement
les réseaux sociaux ? En fait, on peut trouver des arguments pour et des arguments contre. Les arguments pour, c'est qu'effectivement, permettent d'empêcher les casseurs, c'est ce qui s'est passé finalement, de s'adapter en temps réel. Et c'est là où les forces de l'ordre ont eu des difficultés. C'est aussi empêcher la plateforme de devenir une espèce de plateforme de recrutement, glorifier les pillages, glorifier... Elle a la casse. Après, on peut se dire que c'est totalement attentatoire aux libertés d'expression, de communication. Oui, parce qu'il y a tous les autres qui utilisent les réseaux sociaux. Exactement. Pourquoi priver des millions d'utilisateurs d'une plateforme pour quelques casseurs, entre guillemets ? Et puis, il y a toujours aussi, pour les casseurs, des moyens de contourner ces plateformes en allant sur des messageries privées. Donc, ce n'est pas non plus l'alpha et l'oméga. Et on peut aussi dire que les services de renseignement... ils sont là justement pour renseigner, pour donner des bonnes infos et qu'il faut avoir les billes avant plutôt qu'effectivement de ne pas savoir gérer le temps réel.
problème c'est qu'on a souvent l'impression qu'en bloquant les réseaux sociaux tout va s'arrêter et que ça va aller beaucoup mieux et que samedi il ne se passera rien du tout. Il faut dire une chose, c'est... un moyen de communication des réseaux sociaux. Ce n'est pas un moyen de stopper une organisation. C'est juste un moyen de s'organiser. On le sait très bien sur Snapchat ou sur TikTok, il y a des cartes interactives. Donc à partir de là, on peut se déplacer très facilement. On peut le bloquer sur l'action, mais sur le fait de vouloir organiser si vous voulez vraiment commettre quelque chose de mal intentionné. Eh bien, vous l'avez, cette détermination, et ce n'est pas l'interdiction des réseaux sociaux qui va vous empêcher de le faire. Et
politiquement, le risque est très élevé quand même pour un gouvernement de prendre une telle décision.
Oui, j'en reviens à cette liberté d'expression, de communication. C'est vrai que beaucoup pourraient dire, écoutez, ce n'est pas conforme à ce que doit être une démocratie. Une démocratie, on a le droit de s'exprimer, on a le droit de communiquer, quelles que soient les plateformes et quel que soit le moment. Cette
décision qui n'a pas pris, ce qui est une simple... Proposition de Gabriel Attal, qui n'est donc pas au gouvernement, faut-il le rappeler. On a déjà les Insoumis et Marine Tondelier qui parlent de concours l'épine des idées les plus dangereuses pour les libertés publiques. Donc ça fait déjà même réagir avant
même. C'était lui qui est du Premier ministre au moment du blocage de TikTok en Nouvelle-Calédonie. C'est pour ça qu'il a ce réflexe.
Merci à tous. On va continuer de parler des réseaux sociaux, mais on repart sur un... Un événement qui s'est passé hier, puisque l'un des plus grands centres commerciaux d'Île-de-France a dû être évacué et fermé en plein milieu d'après-midi, en pleine période de vacances, à la suite d'un appel à se rassembler à l'intérieur. Un appel vidéo relayé justement sur les réseaux sociaux, TikTok notamment. Et les commerçants redoutaient un pillage.
Oui, effectivement, c'était en tout début d'après-midi. Le centre commercial de Voici, c'est Créteil-Sueil, c'est l'un des plus grands d'Île-de-France. Et effectivement, ce ne sont pas les forces de police qui ont géré l'évacuation et la fermeture des commerces, ce sont les agents de ce centre commercial qui ont demandé aux commerçants, qui ont demandé aux clients de sortir. Vous le voyez, les rideaux de fer ont été abaissés parce qu'il y avait une suspicion, parce que des vidéos circulaient, qu'il y a un rassemblement au sein de ce centre commercial. en milieu d'après-midi.
Et la question qui se pose, c'est est-ce que les réseaux sociaux, justement, n'ont pas les moyens de limiter, de stopper la diffusion de messages, de vidéos problématiques ?
Si, évidemment, il y a d'ailleurs plusieurs niveaux. Vous pouvez paramétrer, en fait, interdire la circulation d'un mot. Si vous écrivez pillage, eh bien, l'IA de cette plateforme, notamment Tic Tac. TikTok peut la repérer. C'est-à-dire que vous allez avoir sur les mots écrits, sur les mots prononcés aussi, même sur les mots incrustés sur les vidéos, cette vigilance. Mais parfois, si je prends cet exemple de deux phrases, on se retrouve devant le magasin 22h, prenez vos sacs, tout sera gratuit ce soir. Ça peut avoir simplement une démarche positive. On n'est pas dans le contexte, on ne sait pas exactement de quoi il s'agit et on passe à côté de ce pillage potentiel. C'est là où le langage naturel est la compréhension de ce langage naturel. Le LMP, par une autre IA qui va s'ajouter à la première, qui détecte les mots, va permettre de comprendre le sens, de comprendre aussi si on donne une information, si on relate quelque chose ou si on encourage à une action, voire une action qui serait négative, un pillage par exemple. Et c'est là où s'il y a un doute, on a affaire à une modération qui est elle vraiment organisée cette fois par un humain puisque la machine va transmettre le message.
Donc ça, c'est pour les contenus, pour les messages, mais les plateformes peuvent aussi analyser les interactions entre les utilisateurs.
Oui, parce que ça aussi, c'est une singularité. Si on repère à un moment donné, avec des thématiques spécifiques, mais assez répétitives, un lieu, un horaire, une action, dans une zone géographique dédiée, on va avoir à un moment donné une circulation des échanges qui ne sont pas ceux qui sont enregistrés traditionnellement. Et ça, c'est une alerte pour la plateforme qui peut aussi transmettre... à des modérateurs cette information pour qu'elle soit modérée, pour qu'elle soit retranchée. Vous savez que la plateforme a vraiment ce rôle. C'est elle qui organise la circulation, c'est elle qui organise la diffusion des vidéos, notamment celle-ci, et qui est donc capable d'analyser ensuite dans les commentaires ce qui pourrait poser problème et d'interdire soit temporairement, soit définitivement la circulation de ces vidéos.
Transcription automatique (Whisper + diarisation) — des erreurs d'attribution ou de transcription sont possibles. Vérifiez toujours avec la vidéo source horodatée.