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Mathilde Panot qui est justement l'invité de Céla Bougriou. Tout de suite, si vous voulez poser vos questions à la présidente du groupe La France Insoumise à l'Assemblée Nationale, vous pouvez scanner le QR code en bas à gauche de votre écran. Et Céla se fera un plaisir de lui relayer toutes vos questions. Bonjour Céla. Bonjour Solène, bonjour à tous, bonjour Mathilde Panot, présidente des députés du groupe de La France Insoumise à l'Assemblée Nationale. On va évidemment largement revenir sur les conséquences de ce samedi 17 octobre. Les réponses du gouvernement acculées après ces... Les scènes de chaos, les critiques qui lui sont faites et celles aussi qui vous sont directement adressées, on vient de l'entendre, depuis samedi, elles fusent de presque l'ensemble de la classe politique. Alors l'une des réponses des autorités, ce sont ces premiers couvre-feu qui ont été décidés dans plusieurs villes de France, Paris, Lyon, Nice ou Lille jusqu'à 6h ce matin. Félicitez-vous de voir que le calme a pu
revenir cette nuit. Non, je ne me félicite pas qu'il y ait des mesures liberticides qui soient prises et qui soient des mesures à l'encontre de tout le monde. Je rappelle que ce n'est pas en empêchant les gens de sortir que la colère disparaîtra. Et je note avec surprise, par exemple, ce matin, qu'à Lyon, où il y avait pourtant un couvre-feu et une interdiction de rassemblement, ce sont des groupuscules d'extrême droite qui ont manifesté et défilé hier dans Lyon avec des slogans racistes. Et qui se sont joints à des commerçants. Il faut des réponses politiques. Et moi, je suis effarée de la prise de parole qu'a eu le président de la République. On va en parler. Qui était absolument vide, notamment de réponse à ses revendications. On va en parler, mais tout de même, vous ne dites pas que c'est de nature à rassurer les commerçants qui ont été pillés. Non, je crois que ce qui serait de nature à rassurer les commerçants, c'est notamment d'avoir un gouvernement qui est capable non seulement de garantir le droit de manifester, mais aussi de garantir la sécurité des bâtiments publics. et des commerces, ce que le gouvernement a été incapable de faire. Et moi, ce que j'ai vu samedi dernier, c'est un fiasco total de l'État, un fiasco d'un gouvernement qui depuis un mois ne répond pas à la colère des étudiants et des lycéens, qui a fait une doctrine de maintien de l'ordre qui choque le monde entier, nous sommes la risée du monde aujourd'hui, et avec notamment un jeune à Saint-Etienne qui a eu la main arrachée par une grenade, une jeune fille à Toulouse qui a perdu... un oeil. Et ça, je crois que ça devrait toutes et tous nous horrifier et nous poser question sur les ordres qui sont donnés aux policiers. On va revenir sur ce
que vous avez vu et ce que l'on a vu nous aussi samedi. Mais d'abord, juste pour finir sur ces couvre-feux, vous ne faites pas confiance au fond aux maires, aux préfets qui vont pouvoir décider eux-mêmes de la situation. S'il y a à nouveau des pillages, que la situation est hors de contrôle, il faut laisser tel quel ? Non, ce qu'il faut c'est répondre politiquement.
Encore une fois, il n
'y aurait pas eu les manifestations de samedi. Il n'y avait pas que des revendications politiques, pardonnez-moi. Quand vous voyez des scènes de pillage, de saccage de certains commerçants, on va les entendre tout à l'heure, il n'y a pas seulement les revendications politiques et on va revenir bien évidemment sur les revendications politiques. Il n'y aurait pas
eu la journée de samedi s'il n'y avait pas eu pendant un mois. Une stratégie de pourrissement de la part de ce gouvernement qui a choisi de ne pas répondre aux revendications portées par les lycéens et par les étudiants. Et moi je veux noter quelque chose qui n'est pas noté dans les médias. Ce qui était très impressionnant samedi, c'est le nombre de gens qui sont sortis dans la rue. Alors que depuis des jours et des jours, le gouvernement faisait une stratégie de la peur pour empêcher que les gens sortent dehors. Et bien c'était massif, bien plus massif même qu'au moment le plus fort des Gilets jaunes. Et donc cette colère est profondément ancrée. Et celui qui a une responsabilité politique s'appelle Emmanuel Macron et son gouvernement. Et vous leur dites,
Mathilde Panot, ce matin, revenez, vous rappelez à nouveau à manifester samedi prochain avec cet acte 2 des Gilets jaunes dans un contexte extrêmement tendu. Alors le
mouvement, il appartient à la fois aux organisations étudiantes, aux organisations lycéennes, aux organisations des salariés, aux Gilets jaunes, vous le dites, qui appellent de nouveau à manifester samedi. Donc il ne nous appartient pas. Mais nous, à chaque fois que le peuple sera mobilisé, nous serons à ses côtés. Vous comprenez
ceux qui considèrent aujourd'hui que vous manquez de responsabilité avec justement des scènes de pillage, je le rappelle, et une insécurité grandissante au fur et à mesure qu'on voit ces images. Est-ce que vous ne dites pas que les conditions ne sont pas réunies pour manifester correctement ? Nous appelons à ce que les cortèges soient déclarés. Les cortèges étaient déclarés samedi. Pas tous. Oui, d'accord,
mais je vous rappelle que le droit de manifester est un droit. C'est un droit constitutionnel. Et c'est au gouvernement de le garantir. Quant à la question de la responsabilité de la France insoumise, qui est posée en creux, j'entends y compris le président du Sénat qui appelle à interdire la France insoumise. Peut-être que ça vous a échappé, mais hier il y a un article très important de Mediapart qui est paru, qui montre que le gouvernement a menti et a demandé aux renseignements territoriaux de mentir pour dire que le mouvement venait de la France insoumise. accusations. Ah oui, on va voir. Mais en tout cas, dedans, il y a des commissaires du renseignement, des majors qui disent « je n'aime pas la France insoumise » ou « je ne suis pas sympathisant de la France insoumise », mais on nous demande de mentir sciemment avec des ordres politiques pour faire croire que c'est la France insoumise qui serait derrière tout cela. C'est faux. Et d'ailleurs, peut-être avez-vous entendu hier la procureure qui elle-même dit, dans les personnes qui ont été arrêtées, il n'y a aucune preuve. Vous savez ce que vous répond
Gérald Darmanin là-dessus ? Il dit que les membres de l'ultra-gauche dont on parle sont des gens qui sont des professionnels de ces manifestations et qui arrivent à échapper finalement aux gardes à vue. Et ceux qui se font attraper sont ceux qui se laissent entraîner dans ces mouvements. Mathilde Panot, je voudrais tout de même qu'on écoute une commerçante à Bordeaux qui a vu son commerce et son magasin saccagé. Écoutez-moi s'il vous plaît.
Je comprends les revendications, mais c'est comme pour les Gilets jaunes. Je comprends, mais on a tellement souffert des Gilets jaunes, j'ai pas envie de revivre ça.
Qu'est-ce que vous lui répondez à cette dame ? D'abord, je pense qu'on ne peut avoir que de l'empathie quand on voit cette dame, comme de l'empathie pour tous les petits commerçants qui pour certains ont tout perdu. C'est pourquoi nous nous demandons et nous redemandons de nouveau qu'il y ait une indemnisation à 100% pour les commerçants qui ont été touchés. Mais là encore, il y a une responsabilité extrêmement forte d'un gouvernement qui, et je veux bien que vous le compreniez, a bloqué toutes les issues démocratiques. Lorsque les gens font grève, lorsqu'ils ont fait grève par exemple contre la... retraite à 64 ans, ils n'ont pas été écoutés. Lorsqu'ils élisent des parlementaires, leur vote n'est pas respecté puisque les budgets passent par 49-3 et lorsque le nouveau Front Populaire a gagné en 2024, eh bien ce n'est pas un gouvernement du nouveau Front Populaire qui a été élu. Donc votre démonstration c'est sans issue et il y a de la violence ? Non, je vais vous dire, moi je suis là aussi scandalisée de voir que certains appellent à ce que l'armée arrive pour faire quoi madame ? Pour tirer dans les gens ? Directement ? Pour sécuriser les bâtiments publics destinés ? Oui, très bien. Moi je dis, il y a une chose très simple à faire, la démocratie. Écoutez les revendications, ils répondent politiquement.
Mathilde Panot, plus de 2500 personnes ont été placées en garde à vue depuis samedi. Certaines sont toujours en cours. Un mot tout de même sur le profil des casseurs, on vient d'en parler. Quand vous voyez des images de cette nature, vous comprenez tout de même que le pays soit choqué et que là encore, on ne voit pas de revendications politiques là-dedans, quand on va piller un franc prix. Qu'est-ce que vous répondez aujourd'hui à ceux qui estiment que vous ne condamnez pas assez ces actes-là ? Vous n
'êtes
pas assez clair,
que vous avez une dualité dans vos propos. Non, non, nous n'avons aucune dualité. Nous, nous appelons à manifester avec le plus grand nombre possible, c'est-à-dire de manière pacifique, comme ça s'est fait. Moi, j'y étais samedi, avec beaucoup de revendications, une créativité extraordinaire, notamment de notre jeunesse, dans des pancartes qui existaient un peu partout et qui demandaient à la fois, parce qu'il faut reparler des revendications, 10 milliards pour les étudiants et les lycéens, l'abrogation de Parcoursup, l'augmentation des salaires et le blocage des prix face à la vie chère. Donc nous, nous le disons, toutes les violences sont condamnables, mais ce que je condamne en premier, c'est le fiasco d'un gouvernement qui est responsable de l'impasse dans lequel il a placé le pays et qui n'a pas su garantir notamment le droit de manifester. Gérald Darmanin sur
TF1 hier demande à tous les parquets de France de passer en qualification de crime. organisée, cela lui permettrait de faire passer les gardes à vue de 48h à 72h. Qu'est-ce que vous lui répondez
ce matin ? Mais c'est grave, nous sommes en République et en démocratie. Et vous savez, la République, ce n'est pas seulement la sûreté ou l'ordre public. La République, ce sont aussi les libertés fondamentales qui doivent être garanties. C'est aussi le droit de manifester, la liberté d'expression. Et je rappelle que la France a de multiples reprises, a été pointée par des institutions à l'international sur le fait... Elle devait garantir le droit de manifester pacifiquement. Qu'est-ce qui s'est passé en France pour que lorsque l'on va manifester, c'est-à-dire exprimer une opinion démocratique, on se retrouve avec le risque de perdre une main, comme ça s'est passé encore à Saint-Etienne, avec le risque de perdre un oeil, avec le risque, comme ça s'est passé avec un jeune, d'avoir toute une partie de ses dents qui sont cassées. Nous sommes le seul pays en Europe où il se passe
cela. Pardonnez-moi, j'entends tout ce que vous dites, mais les responsabilités du gouvernement... ont été pointées, mais il n'y a pas de responsabilité individuelle de la part de ceux qui viennent et qui pourrissent un mouvement, qui saccagent encore une fois ? Si, mais
encore une fois, les responsabilités individuelles dans notre droit... Et donc vous ne dites pas qu'il faut de la fermeté là-dessus ? Oui, mais enfin, il y a eu 10 000 gardes à vue, dont pour un certain nombre d'entre eux, les 10 000 gardes à vue, c'était des jeunes lorsqu'ils étaient devant leur lycée, qui se trouvaient pour rassemblement non autorisé, dont un commissaire de police a dit, c'est là aussi chez vous, vos confrères du canard enchaîné, que c'était fait pour intimider les élèves et leurs parents. Donc quand vous avez 10 000 gardes à vue, vous ne croyez pas qu'il y a assez de fermeté comme ça ? Moi je vais vous lire quelque chose qui est important.
Je voudrais qu'on avance sur un point, parce que c'était intéressant ce que vous disiez sur les libertés individuelles. Alors dans ce cas, quand vous entendez parler de l'état d'urgence aujourd'hui, de certains qui réclament, qui considèrent que le président n'a pas été assez loin puisqu'il n'a pas annoncé cette mesure, qu'est-ce que vous leur
répondez là encore ? Mais que nous ne voulons pas d'un état d'urgence, nous ne voulons pas d'une restriction des libertés. Nous voulons une démocratie qui fonctionne correctement avec le peuple qui a le droit d'être entendu. Je rappelle que le peuple est le souverain dans ce pays. Pas le président roi Macron qui décide tout seul dans son coin, qui décide contre tout le peuple comme il l'a fait lors de la retraite à 64 ans. Le peuple est souverain dans ce pays. Et moi je veux vous relire ce qu'il y a dans le code de sécurité intérieure sur la déontologie des policiers. Le policier ou le gendarme est au service de la population. Sa relation avec celle-ci est empreinte de courtoisie et requiert l'usage du vouvoiement. Respectueux de la dignité des personnes, il veille à se comporter en toutes circonstances, d'une manière exemplaire, propre à inspirer en retour, respect et considération. Quand on voit, encore une fois, les images de ce week-end, qu'est-ce que vous cherchez à
nous dire ce matin ? Ce que
je cherche à dire, c'est que lorsque vous avez un ministre de l'Intérieur qui donne pour consigne qu'il ne doit pas y avoir de retenue contre la jeunesse de ce pays, lorsque vous avez... Ce même ministre de l'Intérieur, qui alors qu'il connaît la dangerosité des grenades assourdissantes, qu'il avait interdit pendant un temps, notamment parce qu'un jeune a perdu sa main à Lens, il le réautorise et derrière, un autre jeune a la main arrachée à Saint-Etienne. C'est insupportable parce que, je vais vous le dire un peu plus clairement, moi je souhaite une indemnisation à 100% des petits commerçants. qui sont les victimes de ce maintien de l'ordre qui a été fait. Mais une vitrine peut se remplacer, un œil ne peut jamais se retrouver, une main ne peut jamais se retrouver.
Sur ce que vous dites, est-ce que vous considérez aujourd'hui que Laurent Nunez doit partir ?
Oui, évidemment. Je pense qu'y compris pour faire en sorte, à la fois pour M. Nunez et pour le préfet de Paris, pour faire en sorte que les mobilisations qui ont l'air de continuer, et nous, nous les soutiendrons, puissent bien se passer, je crois qu'il faut envoyer un signal qu'il y a un changement dans la doctrine de maintien de l'ordre. Vous irez à la réunion des chefs de parti de Matignon ? Écoutez, on n'a pas bien compris ce que c'était exactement, puisque nous avons d'un côté le président de la République. Vous avez déjà été convié ou pas ? Pas du tout. Alors déjà, ça c'est l'amateurisme de ce gouvernement. On a un président de la République qui dimanche annonce qu'il va nous convoquer pour que nous condamnions les violences et pour signer un document comme si nous étions les élèves du président de la République. Et ensuite, deux jours après, nous n'avons toujours aucune invitation, toujours aucun ordre du jour. Donc nous allons attendre de voir ce que c'est. La France Insoumi sera représentée, vous pouvez nous le dire ce matin ? Je ne sais pas si c'est pour signer un document pour condamner des violences. Non, certainement pas. Si c'est pour discuter, par exemple, des revendications de la jeunesse, de la manière dont on y répond, vous savez qu'en ce moment, à l'Assemblée nationale, il y a un débat budgétaire. Et dans ce débat budgétaire, nous allons porter des amendements qui portent directement les revendications de la jeunesse aujourd'hui. D'un mot, Mathilde Panot, il faut une commission d'enquête sur ce 17 octobre ? Oui, évidemment, nous soutiendrons la demande de Yael Brunpivé, y compris pour savoir quelles sont les consignes qui ont été données aux renseignements territoriaux, quelles sont les consignes qui ont été données aux forces... de l'ordre, et pourquoi est-ce qu'on en arrive à un tel fiasco aujourd'hui ? Et sur les responsabilités des partis
politiques, vous entendez la classe politique, y compris à gauche, Raphaël Glucksmann, qui considère que vous êtes le marchepied du Rassemblement National ?
Non, non, non, je conteste absolument cela, et je le redis. Mais sur les responsabilités politiques, dans la commission d
'enquête, vous êtes d'accord pour que cela concerne... De toute façon, dans une commission
d'enquête, vous savez, il y a les parlementaires de tous bords, donc de tous bords, ils proposeront des auditions. Mais, encore une fois... Le fait de garantir le droit de manifester revient. à l'État et au gouvernement, et certainement pas, ni aux organisations politiques, ni aux organisations syndicales qui appellent à ces mobilisations. Et quand,
encore une fois, sur le fond de ce que dit Raphaël Glucksmann, quand on voit l'ensemble de ces images, vous considérez qu'il a tort de dire que c'est un tract ambulant
pour le Rassemblement National ? Oui, je pense que ce qui explique que le Rassemblement National a gagné, c'est ce qu'on nous raconte depuis le début de la campagne. Vous savez, le Rassemblement National a gagné. Le résultat, c'est que le Rassemblement National est opposé aux revendications qui sont portées dans la... D'ailleurs, peut-être avez-vous vu que dans son contre-budget, il propose de supprimer 200 000 postes de fonctionnaires. 10 ans de Macroniste, c'est 100 000 postes de fonctionnaires en moins, dont des enseignants, dont des soignants. Est-ce que le pays va mieux avec moins 100 000 postes de fonctionnaires ? Certainement pas. Et quant au Rassemblement national, ils ont non seulement sauvé le gouvernement macroniste 30 fois en refusant la censure, ils ont refusé que nous discutions de la destitution du président Emmanuel Macron. Et en plus de ça, ils viennent dans le budget de refuser de rejeter ce budget. dès le départ, comme nous le proposions avec une motion de rejet.
Il y a quelques jours, Jean-Luc Mélenchon était interrogé par Margot Haddad sur notre antenne, notamment sur les slogans anti-police qui figurent dans les cortèges. Quand elle lui demande s'il peut les reprendre à son compte, il dit que ça dépend des jours et des heures. Quand elle l'interroge sur les fonctionnaires blessés par les casseurs, ce sont les risques du métier dans un pays qui est déjà si polarisé. Est-ce qu'aujourd'hui, vous dites, il sera en mesure demain s'il gagne l'élection présidentielle ? présidentielle de rassurer les policiers, les français dans leur ensemble ?
Oui, mais nous, nous reviendrons à la déontologie, au code de déontologie dont je vous parlais. Et vous les laisserez se
défendre quand ils auront des pavés de cette taille sur la tête ? Des policiers au service de la population.
Vous savez, en 1968, qu'on célèbre régulièrement, les gens faisaient comme slogan CRS égale SS. Donc, recommençons pas avec ça. D'accord, mais c'est pas le rôle d'un
responsable
politique de ce qui se passe dans les manifestations ? C'est peut-être pas le rôle d'un responsable politique de reprendre à son compte ? Oui, justement, on va dire que dans les manifestations, il y a toute forme de slogan, toute forme de pancarte. Et moi, ce que je trouve choquant dans ce qui s'est passé samedi dernier et dans les semaines auparavant, c'est de voir par exemple des policiers contrôler les pancartes qui étaient tenues par des jeunes et censurer une partie de ces pancartes. Donc, on a une liberté d'expression dans ce pays et il faut... évidemment, la préserver.
On va passer aux questions des Français dans un instant, Mathilde Panot. La première, vu le contexte de violence, êtes-vous toujours favorable à l'idée de désarmer la police ? Elle nous vient de Daniel. Je
remercie Daniel pour cette question, parce que ça me permet de préciser un point, puisqu'on dit souvent que nous voulons désarmer la police. C'est faux, nous voulons la désarmer de certaines armes en manifestation. Et notamment, il y a une pétition d'attaque en ce moment qui est sur le site de l'Assemblée nationale, que j'invite toutes celles et ceux qui... qui nous écoutent à aller signer, qui permet d'interdire les armes mutilantes, les armes de guerre utilisées contre les manifestants, mais aussi les pratiques létales. Mais bien sûr, justement, il faut faire de la désescalade. Encore une fois, je ne sais pas, je vous cite un journal suisse, par exemple, Le Temps, qui a titre, suite à ce qui s'est passé samedi, « La France compte le plus grand nombre de mutilés et de tués par la police ». Vous pouvez regarder un journal allemand, Der Spiegel, « La France a un problème de violence et il commence par sa politique ». Tout le monde est choqué à l'international de ce qui se passe, donc il faut redéfinir des règles. Et vous savez, il y a beaucoup de pays dans lesquels les grenades de désencerclements assourdissantes, LBD, ne sont pas autorisées en manifestation. C'est ce que nous voulons faire. On va passer à la prochaine
question qui nous vient de Carole. Je tiens à vous préciser que Carole, la question est beaucoup plus longue, mais elle explique qu'elle se sent proche de vos idées. Quelles mesures prendriez-vous face aux jeunes qui pillent, commettent des violences et rejettent les valeurs de la République ? Carole qui vient de Montmorency et qu'on salue.
Je salue Carole, évidemment. Il y a des mesures immédiates. Il y a une justice qui va faire son travail en responsabilité individuelle sur ceux qui ont cassé. Ça, c'est la première chose. Et la deuxième chose... Mais elle est déjà ferme, elle est déjà ferme. Enfin, je ne sais pas si vous avez regardé un peu quelles sont les premières réquisitions contre les jeunes qui ont été attrapés. Elles sont très fermes. Donc ensuite, la question qui est posée, c'est est-ce qu'on se contente de ça ou est-ce qu'on fait enfin de la prévention dans ce pays ? Est-ce qu'on remet des éducateurs de rue ? Est-ce qu'on remet un peu partout du personnel médico-social, notamment sur la question de la santé mentale des jeunes ? Voilà, c'est ça qu'il faut faire et non pas juste de la répression. Vous savez, Macron, c'est plus d'une dizaine de lois sécuritaires. Quel est le résultat ? Un désastre. Donc il faut arrêter avec cette logique-là. Face à la prochaine
question, quelles consignes claires donnez-vous pour éviter de nouveaux débordements lors des prochaines manifestations ? Une question de la part de Fauzi. Les
consignes, c'est ce que nous nous faisons aux côtés des organisations syndicales et des organisations lycéennes et étudiantes. Nous mettons en place à chaque fois notre propre service d'ordre pour assurer la sécurité de nos cortèges et de notre manifestation. Et donc, évidemment, nous appelons à ce que la manifestation puisse être pacifique. pour qu'elle puisse être la plus nombreuse possible, parce que pour nous, c'est la condition d'efficacité. Donc voilà, nous continuerons à manifester pacifiquement et à porter nos revendications haut et fort, et le gouvernement doit y répondre. Dernière question. d'Agathe,
qui nous vient de Montpellier. Bonjour Agathe, appelez-vous à la désobéissance si le Rassemblement National gagne la présidentielle. Alors celle-ci on la découvre mais je crois que vous aviez déjà répondu.
Non, en fait je n'ai pas répondu à cette question, c'est quelque chose qui circule régulièrement. Moi je suis favorable à la désobéissance civile qui dans l'histoire a permis des grandes choses, par exemple le droit de vote des femmes et beaucoup d'autres choses. Mais moi je vais vous dire, je n'envisage pas que le Rassemblement National puisse gagner la présidentielle dans ce pays. de faire en sorte qu'ils ne puissent pas gagner la présidentielle dans ce pays. Donc, vous le savez, une élection se joue le jour du vote. Et donc, c'est le jour du vote, celles et ceux qui vont se déplacer, qui, par leur bulletin de vote, permettront non seulement, je l'espère, de tourner la page de la Macronie, mais aussi de défaire l'extrême droite. Nous en avons la force. Et
Nicolas Dose nous a rejoint pour vous interroger, Mathilde Panot.
Bonjour. Est-ce que vous demandez toujours 10 milliards d'euros comme les lycéens pour les lycées en France ?
Oui. Alors, 10 milliards, c'est le chiffrage qui a été fait des revendices. qu'il porte sur les 250 000 places à l'université supplémentaire, l'abrogation de Parcoursup, un plan massif de recrutement des professeurs, des psychologues, des infirmières scolaires qui manquent cruellement. Donc oui évidemment nous demandons ces 10 milliards et nous présentons des amendements au budget sur cette question. Comment
on fait pour trouver 10 milliards d'euros dans l'état de nos finances publiques et dans l'état de stress qui existe aujourd'hui sur la signature souveraine du pays ? Les événements de samedi ont un peu plus dégradé la situation.
Alors, c'est assez simple en fait quand on regarde. Rappelez-vous qu'une des premières décisions d'Emmanuel Macron quand il est arrivé au pouvoir, c'était de supprimer l'impôt de solidarité sur la fortune. Or, l'impôt de solidarité sur la fortune, renforcé comme nous le proposons aujourd'hui, rapporterait 10 milliards d'euros. Et je vais vous dire, les étudiants sont assez raisonnables. Parce que quand on regarde ce que dit par exemple la Cour des comptes, la Macronie c'est une politique de caisse vide. Et donc ils ont enlevé 60 milliards par an aux caisses de l'économie. Donc 60 milliards par an, vous comptez sur le nombre d'années sur lequel Macron a exercé, et bien finalement 10 milliards c'est assez simple à trouver.
Donc vous considérez qu'on rétablit la paix sociale avec le retour de l'ISF
Oui par exemple, le fait qu'on dise que les riches ne puissent pas faire sécession et le fait quand même... qu'on redise et qu'on réaffirme que la seule richesse de la France, vous savez, nous n'avons pas de ressources, nous n'avons pas de pétrole, nous n'avons pas... La seule richesse de la France, c'est la matière grise, notamment de la jeune génération.
J'ai regardé bien sûr le contre-budget de LFI, comme je l'avais fait avec celui du Rassemblement National, j'ai dit ici même à quel point je fuyais toutes les mesures que contenait ce contre-budget LFI. Il y a une déclaration, une affirmation qui m'a... Frapper plus que les autres. L'idée que le déficit vient des aides aux entreprises. Les aides aux entreprises sont égales à notre déficit. Et donc le problème serait uniquement dans les aides aux entreprises. Je me suis demandé si vous étiez sérieux en disant un truc pareil.
Non, c'était un peu provoquant.
Ah, ça n'a pas été dit de manière provocante. C'était un
peu provoquant devant le MEDEF qui juste après... Non, c'était pas devant le MEDEF. Oui, mais Jean-Luc Mélenchon l'a dit devant le MEDEF. Oui, mais là il l'a répété lors de la présentation. Il expliquait qu'il fallait augmenter les salaires et nous, nous augmenterons les salaires. Mais je vais vous dire, oui, il y a un problème. D'ailleurs, ça a été admis. la commission d'enquête d'IC. 211 milliards donnés aux grandes entreprises. Et que vient de dire Bercy ? 166 milliards. Donc il y a 166 milliards qui sont donnés à des grandes entreprises sans aucune condition du fait que l'emploi reste en France, sans aucune condition à la fois écologique, d'égalité de salaire entre les femmes et les hommes. Et donc nous voulons conditionner les aides publiques. Et nous, ce que nous voulons faire, c'est relancer l'économie par la consommation populaire, augmenter les salaires, ce qui permet de remplir... La
dépense publique qui subventionne la consommation est la bonne voie à suivre pour créer de l'activité et de la richesse en France. On le fait depuis 50 ans.
Pas du
tout. Le
salaire réel baisse en France. Peut-être que vous ne le savez pas. Le
salaire réel baisse depuis le retour de l'inflation. Ça n'a pas été toujours le cas. Le salaire réel, c'est le salaire que vous avez en introduisant l'inflation. En Belgique, le
salaire est supérieur à 220 euros. En Allemagne, le salaire minimum est supérieur à 250 euros. Nous avons besoin que les gens puissent consommer parce que la plupart de notre économie... se fait autour de la consommation populaire et c'est ce qui permet notamment aux petites et moyennes entreprises d'avoir leur carnet de commandes qui revient.
Donc vous revendiquez qu'il est nécessaire d'augmenter les dépenses publiques et d'augmenter la pression fiscale ? Deux domaines dans lesquels nous avons le record du monde. Parce que c'est quand même l'aboutissement de ce que vous avez présenté.
Alors nous avons surtout besoin de récupérer des recettes. Là où nous avons un désaccord profond... Récupérer
des recettes et augmenter les prélèvements, Mme Pannot, c'est exactement la même chose. Oui, il
y a des violences dont on ne parle pas dans ce pays. On parle beaucoup, à juste titre, de petits commerçants qui se retrouvent dans des situations très délicates. Mais est-ce qu'on parle de la violence, par exemple, d'avoir un jeune de l'aide sociale à l'enfance, donc placé sous la responsabilité de la nation, qui se suicide, comme ça s'est passé pour Lily, dans une chambre d'hôtel ? Est-ce qu'on parle... des Guadeloupéens qui n'ont pas d'eau depuis des années. Est-ce qu'on parle de soignants qui s'immolent par le feu ? Donc oui, il faut dépenser plus dans les services publics et pour cela, il faut aller rechercher l'argent là
où il est. D'accord, d'accord. Yassi ?
Mathilde Panot, avant que vous nous quittiez, merci beaucoup Nicolas Dose. Avant que vous nous quittiez, un mot tout de même sur ce qu'a dit Donald Trump, président des États-Unis, qui voit dans ce qui s'est passé samedi 17 octobre un
chaos migratoire. C'est un racisme incroyable. D'ailleurs, j'observe que ce n'est pas seulement Donald Trump qui le dit. On voit aussi Éric Zemmour raconter la même chose, dire que nous aurions une colonisation à l'envers. Je rappelle que le racisme n'est pas une opinion, c'est un délit. Et évidemment, nous combattrons de toutes nos forces ceux qui propagent cette haine. Merci d'avoir été avec nous. Merci à tous et je vous laisse entre les mains de David Doucan
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