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Bonjour Manuel Bompard et bienvenue sur France Info. Bonjour Agathe. L'exécutif cherche donc une issue après un week-end noir. Le ministre de l'Intérieur Laurent Nunez a présenté sa démission à Emmanuel Macron dimanche soir. Le président l'a refusé. Le chef de l'État qui a donc pris la parole et qui a parlé de colère, de honte après les images de chaos du week-end. Est-ce que vous aussi, Manuel Bompard, vous avez eu honte en voyant ces images ?
'abord, j'ai eu beaucoup d'émotions, évidemment, parce qu'à la colère des lycéens, des étudiants qui se mobilisent depuis maintenant plusieurs semaines, s'ajoutent maintenant la colère et la souffrance, notamment de commerçants qui ont vu leur boutique vandalisée. Mais ce que je veux vous dire, c'est que ce à quoi on a assisté samedi, c'était évidemment un fiasco. Et ce à quoi on assiste depuis samedi, c'est un... Formidable, incroyable exercice de manipulation qui, de mon point de vue, s'apparente à un scandale d'État quand le gouvernement cherche à se défausser de ce fiasco en ciblant la France insoumise. en ciblant la formation politique que je représente. Et je suis venu ce matin avec un article qui a été publié par Mediapart hier, et dont le titre est « On nous demande d'écrire que LFI est derrière le mouvement, la fabrique d'un bouc émissaire ». Alors on ne va pas faire toute la matinée sur ce sujet. Oui, parce que là on vous interagit sur ce qui s'était passé
ce week-end, mais vous, vous voulez mettre en avant le scandale d'État, la manipulation. Je veux le mettre en
avant parce que je trouve que c'est absolument scandaleux. Quand on lit dans ce papier, un commissaire du renseignement territorial qui dit « Il y a... » des choses indicibles, mais quand on nous demande texto d'écrire que c'est LFI qui est derrière le mouvement alors que c'est objectivement faux de l'avis général des renseignements territoriaux, forcément on a des décisions politiques. Alors moi je vous dis, qui est de la polémique politique ? C'est la vie politique française. Mais qu'on en vienne à manipuler le travail des renseignements territoriaux pour essayer de cibler la France insoumise et de lui imputer une responsabilité dans des actes sur lesquels elle n'a aucune responsabilité, c'est absolument inacceptable. Alors, il n'y a
pas que le gouvernement qui vous met en cause, Manuel Bonpère, et on en parlera tout à l'heure. Qu'est-ce que vous demandez ? Je vais vous
dire ce que je vais faire. Moi, ce que je vais faire, c'est que je vais saisir la Cour de justice de la République contre le ministre Nunez, parce que fabriquer des faux documents, faire ce qu'on a... C'est ce qu'on appelle de l'abus d'autorité, c'est-à-dire donner des consignes qui vont au-delà de ces prérogatives, ce sont des délits. Avez-vous des preuves
de ce que vous avancez
? Écoutez, j'ai l'article de Mediapart, donc peut-être qu'il va y avoir une enquête qui est faite, sauf si dorénavant vous contestez, comme M. Bardella, les articles de Mediapart. L'article de Mediapart
ne cite pas explicitement des consignes du gouvernement, il dit qu'on a donné des consignes.
Un
chef du renseignement qui n'est pas cité.
Il faut donc qu'il y ait des enquêtes qui sont menées. De quels faux
documents vous parlez, Manuel?
Si les renseignements territoriaux produisent des rapports... de ces renseignements qui sont des rapports mensongers, si on leur demande d'écrire à l'intérieur de ces rapports des choses qui sont fausses et qui ne correspondent pas au travail qui est fait par les renseignements territoriaux, est-ce que vous vous rendez compte que dans n'importe quel pays du monde, ça s'appelle un scandale d'État ? Et ça nécessite des réactions qui sont des réactions politiques immédiates en vérité. Donc voilà pourquoi je voulais commencer sur ce sujet. Maintenant, vous m'avez interrogé sur l'intervention du président de la République. Je vais vous dire les choses franchement. Le président de la République, il a parlé pour ne rien dire. Et on ne trouvera pas une issue à une crise politique autrement que par des réponses politiques. Alors, il y a quand même eu une crise.
Sécuritaire aussi durant ce week-end, en tout cas. On va parler évidemment aussi des réponses politiques. En attendant, les premières réponses aussi sur le plan sécuritaire, ce sont ces couvre-feux mises en place dans un certain nombre de villes de France, en tout cas dans un certain nombre de centres-villes et de quartiers. Est-ce que c'est une décision que vous soutenez ? Non,
parce que je trouve que d'abord c'est une forme de punition collective, c'est-à-dire que dans certains quartiers, parce que des personnes ont commis des violences ou des dégradations, vous avez l'ensemble du quartier qui est concerné par cette punition. Alors c'est pour
protéger les commerces, vous savez Emmanuel Bompard que dimanche soir dans plusieurs villes de France, des pillages ont continué dimanche soir. Bien sûr, il faut les empêcher. Le gouvernement vise à empêcher de nouveaux pillages plusieurs soirs dessus, donc c'est aussi pour protéger certains commerces. Mais je crois qu
'on peut empêcher ces dégradations de commerce, autrement qu'en faisant une punition collective et en empêchant à des gens de sortir de chez eux le soir de 22h à 8h. Comment on fait alors ? On met des policiers partout ? Non, pas partout. Mais je ne sais pas, on est quand même censé, si on parle de plusieurs dizaines ou plusieurs centaines d'individus, on est peut-être quand même censé pouvoir les détecter, les identifier, leur empêcher. Oui, mais c'est quand même un sujet. On a eu des difficultés à le faire. Je parlais tout à l'heure de fiasco et de naufrage, mais c'était aussi un naufrage et un fiasco sécuritaire. Ça me dit, enfin, est-ce que vous entendez les témoignages ? Moi, mes collègues élus municipaux, par exemple, à Paris, on fait le tour sans aller voir les commerçants. Qu'est-ce qu'on leur dit ? On leur dit, mais nous, on ne comprend pas. Il y avait des effectifs de police qui, manifestement, étaient au contact des manifestations qui, elles-mêmes, étaient des manifestations pacifiques. Et par contre, quand il y avait des gens qui dégradaient des commerces, il n'y avait personne. Comment on peut comprendre ça ? En attendant,
ça a marché hier soir, Sébastien Lecornu s'est félicité du calme retrouvé dans plusieurs villes. Vous, pardon, mais qu'est-ce que vous proposez si vous êtes au pouvoir à court terme pour établir l'ordre ?
Mais rien ne vous permet de dire que d'ailleurs c'est ça qui a fonctionné. C'est ce que dit M. Lecornu. Mais moi, madame, je dis qu'on est face à une crise qui est une crise politique. Et que face à cette crise politique, il faut apporter une réponse. C'est
juste une crise politique parce que Jérôme Fourquet, le sondeur à l'IFOP, dit qu'il y a une culture de l'émeute qui s'est installée dans le pays. Est-ce que vous partagez ce constat ? Quand après chaque événement festif, il y a des débordements, il y a de la casse, il y a des jeunes qui viennent uniquement pour s'en prendre au magasin ou aux manifestants pacifiques ?
Je dois vous dire qu'il faut être capable, dans des moments difficiles comme celui qu'on vit aujourd'hui, de faire preuve d'un peu de sang-froid et d'avoir un petit peu de recul. Malheureusement, ce n'est pas la... C'est la première fois en France qu'il y a en marge des manifestations, des événements qui sont des événements violents, des dégradations. Donc ce n'est pas la première fois que ça arrive. Donc oui, c'est d'abord une crise politique. C'est d'abord une crise politique parce que quand pendant des années et des années, vous avez détruit toutes les formes de médiation sociale, vous avez choisi une stratégie qui est une stratégie de pourrissement, de chaos. C'est-à-dire que plutôt que de répondre à des revendications qui sont des revendications légitimes, le président de la République lui-même a dit les revendications du mouvement lycéen. sur des revendications légitimes alors si vous dites ça dans votre intervention et vous dites que ces revendications sont légitimes alors la suite logique c'est de dire quelle réponse politique le gouvernement a donné un calendrier pour
répondre à ces mesures ce sera la fin du mois d'octobre justement depuis
le début et y compris depuis le début de ce mouvement lycéen ça a toujours été la même technique c'est à dire d'abord on a on a nié la légitimité de ces revendications en disant écoutez c'est la france insoumise qui manipule ses jeunes aujourd'hui tout le monde dit mais non évidemment que leurs revendications sont légitimes ensuite il ya des conseillers ministériels qui disaient, la pluie va arrêter le mouvement, le mouvement va s'essouffler, on va reporter à fin octobre parce qu'il va y avoir les vacances scolaires et que donc le mouvement va s'arrêter. Le gouvernement a joué une stratégie, une carte, la carte du pourrissement, la carte du chaos. Et ce qu'on a vu samedi, c'est la conséquence de cette stratégie. Manuel
Bonpark, quel rapport entre les lycéens qui ont des revendications légitimes, et d'ailleurs Emmanuel Macron l'a dit, et les jeunes qui viennent uniquement pour piller des vêtements, des choses dans des magasins, et qui ensuite les remettent en vente sur Vintaine ? Ça c'est légitime pour vous ?
Mais évidemment que non. Je ne dis pas qu'il y a un rapport entre les deux. Je vous dis que ces événements-là se sont bien déroulés en marge d'une manifestation qui a été organisée samedi et qui portait, elle, des revendications légitimes. Et que si on avait répondu à ces revendications légitimes, alors il n'y aurait pas eu ces manifestations sans doute. Et donc sans doute pas eu le théâtre pour qu'ensuite d'autres personnes viennent produire des dégradations. On aurait aussi pu y avoir des
manifestations qui se passent dans le calme et sans avoir des... Y compris des casseurs et des pilleurs.
Mais évidemment. On souhaite, mais entendez que ce n'est pas aux manifestantes et aux manifestants d'organiser la sécurité dans les rues. Ce n'est pas le travail des manifestants de faire ça. C'est le travail, pardon, mais la tranquillité publique, c'est le travail des autorités. Ce n'est pas le travail des manifestantes et des manifestants. Donc ce qu'il fallait, c'était de ne pas jouer la carte. Il n'y avait pas assez de policiers dans les manifestations. Ce n'est pas qu'une question de nombre de policiers, c'est une question de doctrine de maintien de l'ordre qui a été choisie. Le nombre de policiers y participe. La difficulté, c'est qu'ils étaient bien souvent absents quand même dans certains endroits. Vous avez raison, ils n'étaient pas au bon endroit. Ils n'étaient pas au bon endroit. Ils étaient positionnés à un endroit pour empêcher les gens de rentrer sur la place de la République qui était le lieu de départ d'une manifestation déclarée. Et initialement, les premiers chiffres dont on parlait, c'était 10 000 policiers. Alors maintenant, M. Nunez, qui raconte n'importe quoi avec les chiffres, comme depuis le début, maintenant nous dit que c'était 60 000. Jusqu'à 60 000 mobilisés dans la journée. Est-ce que vous savez que l'année dernière, quand il y a eu un mouvement qui s'appelait « Bloquons tous », c'était 80 000 effectifs de police qui étaient déployés. Donc oui, évidemment, il y a un nombre, mais ce n'est pas seulement un nombre. Pour une fois, la France insoumise
réclame davantage de policiers. Non,
ce n'est pas pour une fois, madame. Moi, ce n'est pas davantage de policiers. Vous pensez que c'était les policiers qui suscitaient les violences. Non, non, ce n'est pas davantage de policiers. madame, que je réclame. C'est une autre doctrine de maintien de l'ordre. Une doctrine de maintien de l'ordre qui s'appuie sur la désescalade, qui ne s'en prend pas à des manifestations pacifiques, qui ne mutile pas des jeunes qui manifestent pacifiquement. Mais comment on fait de la désescalade face à des personnes qui cassent et qui, pour certaines, ensuite... Je parle de la manifestation, monsieur. Je parle de la manifestation. Je dis que le gouvernement s'est concentré sur la manifestation plutôt que de se concentrer sur des éléments qui pouvaient être ensuite des éléments qui allaient commettre des dégradations. Je ne
suis pas le seul. à
dire qu'il y a eu un fiasco sécuritaire. Même le ministre lui-même reconnaît qu'il a perdu le contrôle.
Effectivement, il a présenté sa démission. Quelle conclusion vous en tirez ? Déjà, à court terme, comment vous rétablissez l'ordre ? Et ensuite, politiquement, qu'est-ce que vous feriez si vous étiez au pouvoir ? Qu'est-ce que vous donneriez à ces manifestants ? Je
vais vous dire. Il faut répondre aux revendications politiques. Répondre aux revendications politiques, ça veut dire quoi ? Abroger Parcoursup. Mettre un terme à ce système absolument fou qui a été inventé par les macronistes et qui pourrit l'avenir de nos enfants. Deuxièmement, débloquer les 10 milliards d'euros nécessaires et demandés par les organisations syndicales lycéennes et étudiantes pour rénover le bâti scolaire et pour refonder notre service public d'éducation. Troisièmement, des réponses en matière de pouvoir d'achat. Bloquer les prix des carburants, c'est invivable. Mais Manuel Bompard, on entend vos propositions. Et des Français, augmenter le SMIC, ça le gouvernement peut le faire immédiatement. Il faut envoyer des signaux de réponse politique. C'est une solution à combien
de milliards d'euros, Manuel Bompard ? Parce que là, vous vous adressez aux lycéens, mais il y a aussi des gilets jaunes qui manifestaient. Il y a aussi d'autres professions qui manifestent. donner 10 milliards à chaque catégorie ? Abroger
Parcoursup, ça ne coûte rien. D'accord ? Mais il faut le remplacer. Attendez, bloquer les prix des carburants, ça ne coûte rien. Augmenter le SMIC, ça ne coûte rien. Et ensuite, le prix, ça coûte d'augmenter le SMIC.
Et bloquer les prix du carburant, ça coûte aux entreprises quand même. D'accord, mais
là, vous me parlez d'argent public. Ah oui, mais bon, à la
fin, ça fait peut-être prendre moins d'argent public dans
les caisses. Non, je crois que ça en fait rentrer plus, mais si vous voulez, on parlera des conséquences économiques de l'augmentation du SMIC. Et on pourra parler de l'Espagne qui a augmenté son SMIC très massivement ces derniers mois. Avec des salaires qui sont pas milliers. Et qui est sans doute aujourd'hui le seul pays d C'est le pays d'Europe dans lequel les salaires ont le moins augmenté ces 20 dernières années. Non, c'est eux qui ont le plus augmenté le SMIC ces dernières années. Et d'ailleurs, les conséquences économiques, on les a sous les yeux aujourd'hui. C'est un pays dans lequel la croissance est beaucoup plus importante qu'en France. Et c'est un pays qui est en train de réduire son déficit. Mais ensuite, vous m'avez demandé combien ça coûte. Combien ça coûte ? Je vous ai répondu, ça coûte 10 milliards d'euros. Alors vous me dites, on n'a pas les moyens. Je vais vous dire une chose simple. Vous réintroduisez un impôt de solidarité sur la fortune renforcée, c'est 10 milliards d'euros. Voilà, ça c'est simple à faire. Donc ensuite, c'est une question politique. Cette question politique, c'est est-ce que vous voulez vivre dans un pas d'impôt de solidarité sur la fortune, mais il y a des lycées et des collèges qui sont pourris ? Ou est-ce que vous voulez vivre dans un pays dans lequel il y a un impôt de solidarité sur la fortune et on donne des moyens à notre service d'éducation pour que nos jeunes puissent étudier dans des bonnes conditions ? Voilà la question politique qui est posée. Moi, mon choix est clair. Je préfère un impôt de solidarité sur la fortune et 10 milliards d'euros pour refonder le service public
d'éducation. Il faut rester avec nous, Manuel Bompard. On va continuer à parler des violences de la manière dont vous les voyez. Certains qui vous appellent à les condamner encore plus fortement.
Manuel Bompard, coordinateur national de la France Insoumise, Emmanuel Macron, le chef de l'État, appelle les partis à condamner sans ambiguïté toutes les violences et à appeler au calme. Le Premier ministre recevra les différentes forces politiques pour discuter notamment de ce point. Qu'est-ce que vous répondez ? D'abord, est-ce que vous condamnez sans ambiguïté toutes les violences ? Mais
madame, depuis maintenant le mois de septembre, depuis le début de cette mobilisation sociale, j'ai compté à dix reprises. Jean-Luc Mélenchon, notre candidat à l'élection présidentielle, a dit nous nous appelons à des mobilisations qui sont des mobilisations non violentes et pacifiques. Donc les dégradations de commerce, de bâtiments publics, ça n'a jamais fait partie de nos modalités d'action. Nous ne sommes absolument pas d'accord avec ça. Et vous avez
raison, Manuel Bompard, mais là je vous interroge sur ce qu'il y a entre ces prises de parole régulières pour rappeler au calme. Par exemple, quand Jean-Luc Mélenchon est interrogé sur les violences vis-à-vis des policiers, il répond que ça s'appelle les risques du métier. Qu'est-ce que ça signifie quand on vous demande ? Quand on vous parle des... Ben si, les manifestants qui agressent les policiers de répondre ça fait partie des risques du métier. Non, ne tronquez pas les
déclarations. Jean-Luc Mélenchon a été interrogé sur le fait de savoir si on renvoyait à égalité des manifestants qui sont blessés ou des policiers qui sont blessés. C'était pas tout à fait la question, on l'interrogeait en général sur les blessures des manifestants et des policiers. Madame Lambret, il a rappelé une chose simple, c'est que quand on manifestait c'est un droit. Et donc il n'est pas normal qu'il y ait des risques pour aller manifester. Un policier, il exerce une fonction, c'est un métier. Est-ce que je suis d'accord avec le fait qu'on s'en prend à des policiers ? Évidemment non madame, je suis absolument désaccord. Donc vous condamnez
aussi le fait de jeter des pavés sur les forces de l'ordre ?
Mais je condamne aussi, madame, le fait d'utiliser des techniques de maintien de l'ordre qui conduisent à mutiler des jeunes, à leur faire perdre un oeil, à leur faire perdre une dent. Et j'aimerais que le ministre... Mais là on vous interroge sur les violences contre les forces de l'ordre et c'est ce qu'on reproche à
Mélenchon, c'est une certaine ambiguïté. On l'interroge là-dessus ? Les réponses ça fait partie des risques du métier au lieu de dire je condamne tout type de violence contre les policiers. Est-ce que vous avez entendu ce que je
viens de dire madame ? Est-ce que vous avez entendu ce que je viens de dire ? Donc ne me posez pas dix fois la même question. Rappelons que l'IGPN
est saisie aussi pour un certain nombre de faits.
Regardez comment c'est extraordinaire. C'est-à-dire que quand un jeune se fait tirer dessus avec un flashball dans le visage, le ministre de l'Intérieur vous l'interrogez sur ce sujet. Il ne vous dit pas je condamne, il ne vous dit pas je ne suis pas d'accord. Il vous dit des enquêtes sont ouvertes. Alors quand vous m'interrogez... sur des agressions contre des policiers, moi je n'ai pas de problème à dire que je ne suis pas d'accord, je ne réponds pas, les enquêtes sont ouvertes. Je dis je ne suis pas d'accord avec ça. Quand on tire au visage d'un jeune avec un flashball, moi je ne dis pas que les enquêtes sont ouvertes. On vous interroge aussi sur
des propos de Jean-Luc Mélenchon, par exemple interroger là encore chez nos confrères de LCI sur le fait de savoir s'il reprenait à son compte le slogan « Acab ». Alors pour ceux qui ne connaissent pas, ça veut dire « All cops are bastards », tous les flics sont des bâtards. Il a répondu « ça dépend des jours et des heures ». Est-ce que ça veut dire que
parfois, Les flics sont des bâtards. Non, ça veut dire, monsieur, que quand on est dans une démocratie, avec une liberté de manifestation, une liberté d'expression, on ne va pas trier les pancartes et filtrer les slogans à l'entrée des manifestations. Parce qu'il a toujours fait partie de l'histoire de la contestation sociale d'avoir des slogans qui sont des slogans provocateurs. Un futur président de la République peut reprendre ça en disant... Il ne l'a pas repris. Il a dit que ça dépend des heures. Il vous a expliqué qu'il peut y avoir des situations dans lesquelles vous avez un moment de colère. une forme d'expression qui parfois y compris dépasse votre pensée. Non, ce n'est pas ça qu'il a dit, il a dit ça dépend des gens. Il a dit d'ailleurs après, mais c'est incroyable, vous savez ce qu'on va faire, c'est que les gens qui nous écoutent, plutôt que d'écouter vos questions déformées, ils vont aller voir sur la chaîne YouTube de Jean-Luc Mélenchon l'intégralité de son interview sur une chaîne concurrente de dimanche soir. Et ils verront les réponses aux questions que vous posez. Parce que moi, je ne vais pas paraphraser en permanence et répéter ce qu'a dit Jean-Luc Mélenchon, parce que vous n'êtes pas capable de faire autre chose que d'aller sortir des extraits en déformant les phrases et en déformant le contenu des réponses aux questions. Voilà, je vous le dis sincèrement, pas méchamment, mais sincèrement. Non, mais on essaie de comprendre, on ne nie
pas que vous appelez régulièrement à l'appelissement, mais il y a aussi ces propos au milieu qui sèment le doute. Non, non,
madame, ce n'est pas que j'appelle, mais je vais être très clair avec vous. Moi, je suis un représentant politique, je porte un programme et je défends une stratégie. Et cette stratégie, elle s'appelle la révolution citoyenne, c'est-à-dire le changement de la société par les urnes. Et pour mettre en œuvre cette stratégie, nous, nous considérons que ça passe par des manifestations, par un mouvement social qui est un mouvement social le plus large possible et le plus pacifique et le non-violent possible. Voilà, c'est toujours ce qu'on a défendu. La violence ne peut en aucun
cas...
permettent d'arriver à cette révolution citoyenne ? Je ne le crois pas. Je ne le crois pas. Et je vais vous dire, un des drames de la séquence qu'on est en train de connaître, je vais vous dire ce que c'est. C'est que depuis dix ans qu'Emmanuel Macron est arrivé au pouvoir, il a parfois mis dans la tête d'une partie du pays que, en fait, pour gagner des choses, peut-être que certains se diraient « pour gagner des choses, il faut aller casser, etc. » Ce n'est pas du tout ce que je pense. Mais quand il y a des manifestations de plusieurs millions de personnes dans la rue contre la réforme des retraites, et qu'on répond « circuler, il n'y a rien à voir », 49-3. quand il y a des contestations qui sont d'une puissance extraordinaire, qui sont larges, qui sont pacifiques. Vous ne pouvez pas contester que pendant le mouvement de réforme des retraites, il y a eu des manifestations très larges, pacifiques. C'est intéressant ce que vous dites, parce
que vous développez votre stratégie, Emmanuel Monpert. Justement, il n'y a pas que le gouvernement qui vous met en cause, il y a Edouard Philippe aussi qui vous accuse d'avoir nourri cette violence avec des discours, notamment quand Jean-Luc Mélenchon explique abattez la citadelle, n'écoutez jamais personne qui vous dira de reculer, d'arrêter, de céder, d'amoler. Non, non, abattez ce système. Pour vous, ces mots, ça ne signifie pas en aucun cas avoir recours à la violence ? Mais
non, non.
C'est bien de l'expliquer, parce que peut-être certains peuvent l'interpréter autrement. Mais ça a
déjà été dit dix fois, donc s'il faut le dire une onzième fois, je vous le dis une onzième fois, madame. Mais franchement, je vais vous dire le drame de ce qu'on est en train de vivre depuis trois jours, c'est qu'à une crise de régime, certains apportent une réponse politicienne. C'est-à-dire qu'essayent d'en profiter dans la perspective de l'élection présidentielle qui vient. Et pardonnez-moi, mais quand on aime notre pays, moi j'aime mon pays, je veux proposer une issue à la situation qu'on est en train de vivre qui est une issue positive. Je vais vous le dire, je trouve extraordinairement enthousiasmant de voir que vous avez aujourd'hui une jeune génération, des gens qui ont 15 ans, 16 ans, 17 ans, qui s'intéressent à la politique, qui se disent que ce n'est pas normal que dans nos lycées, il n'y ait pas suffisamment de moyens, qui se battent y compris pour avoir des professeurs. Pardonnez-moi. Pardon, mais dans ma génération, ce n'était pas ça ce qui se passait. Je trouve ça extraordinaire. Et donc, est-ce qu'on en fait une opportunité en leur répondant politiquement, en les prenant au sérieux, ou en les infantilise, en les réprime, on met des couvre-feux en leur disant vous restez à la maison. Encore un mot peut-être sur
malgré tout la violence. Vous parlez de ces jeunes de 15, 17 ans. 17 ans, quand on leur dit, quand le maire de Saint-Denis leur dit, Balibagayoko leur dit, la violence à un moment donné peut-être légitime. Mais la suite de la phrase ? Mais il vaut mieux l
'éviter.
C'est mieux peut-être de le préciser. Tout à fait, mais la violence peut être légitime. Oui, et là aussi dit la deuxième, non ? Vous êtes d'accord ? Il n'y a que la première qui vous intéresse, vous. En l'occurrence, c'est la question que je vous pose. Moi, les deux m'intéressent. Vous retenez
laquelle ? La première ou la deuxième ? Non, je retiens
les deux, parce que quand vous tenez une déclaration, vous l'expliquez dans sa globalité. Et quand on fait un travail journalistique, le principe, normalement, c'est de ne pas sortir les éléments d'un contexte. Parce que sinon, en fait, on déforme la pensée des gens. Je ne sais pas, je ne suis pas sûr que ce soit mon rôle. Vous vous rappelez quelles sont les bases d'un travail journalistique, mais je me permets de le faire parce que manifestement, vous les avez oubliés. Justement, on cite la phrase en entier. Non, vous ne l'avez pas citée en entier. Moi, je l'ai citée en entier, j'ai donc rétabli votre erreur. Ce n'est pas grave, je ne vous en veux pas, j'ai rétabli votre erreur. Mais elle est importante, cette erreur. Après, vous voulez qu'on ait un débat théorique sur est-ce que dans l'histoire, la violence n'est jamais légitime ? Vous voulez que dans un pays dans lequel il y a eu le Conseil national de la résistance, vous voulez qu'on ait ce type de débat ? Parce qu'on peut l'avoir, si vous voulez. Mais on va sortir du contexte actuel. Donc il ne parle pas du tout du contexte actuel. Mais est-ce que dans le contexte actuel, c'est légitime d'aller s'en prendre à des commerces ou des bâtiments publics ? Non, évidemment. Je l'ai déjà dit dix fois, onze fois, donc ça fait la douzième maintenant, mais peut-être je peux le dire une treizième fois si vous voulez. Tout ce
que vous nous dites là, vos propositions, notamment pour sortir de la crise, votre stratégie, est-ce que vous allez le dire à Sébastien Lecornu qui va recevoir les partis politiques ? D'ailleurs, vous avez peut-être déjà reçu une invitation. Non,
je n'ai pas reçu d'invitation à ce stade, donc c'est difficile de répondre à cette question. Mais ce que je peux vous dire, c'est que si on est... invité pour venir apporter quelles sont nos réponses à la situation que l'on connaît aujourd'hui, on ira apporter nos réponses à la situation que l'on connaît aujourd'hui. Et ces réponses, c'est celles que j'ai données tout à l'heure. Abrogation de Parcoursup, 10 milliards pour l'éducation, blocage des prix, augmentation du SMIC et des salaires. Si par contre, on veut nous inviter pour nous faire parler de tout, sauf des revendications légitimes qui sont exprimées dans un mouvement qui a quand même réuni 800 000 personnes samedi, je ne sais pas si vous vous rendez compte que c'est la plus grosse mobilisation depuis le... Le 1er mai 2023, depuis trois ans, la plus grande mobilisation. 550 000 selon les forces de l'ordre, 800 000 selon les organisateurs. Beaucoup plus que ce qui avait été estimé la plus grosse mobilisation depuis trois ans. Donc on peut
décider que ça n'existe pas, mais le mieux c'est d'y répondre politiquement. À propos de mobilisation, Manuel Bompard, certains se disent, voilà, les images qu'on a vues ce week-end peuvent peut-être préfigurer ce que l'on verrait si Marine Le Pen était au pouvoir. Qu'est-ce que vous en pensez ? Si elle y arrivait
en tout cas ? Non mais ça c'est pas certain, c'est l'extrême droite qui essaye de lancer ce type d'accusation. absolument grotesques. D'ailleurs, peut-être que ce serait utile de s'interroger sur les révélations de libération qui disaient qu'il y avait des membres de groupuscules d'extrême droite qui se sont joints au groupe qui ont essayé de s'approcher de l'Elysée. Peut-être que ce serait intéressant d'interroger l'extrême droite sur ce sujet. Peut-être que ce serait intéressant de voir pourquoi, hier, alors qu'il y avait un couvre-feu à Lyon, vous aviez une manifestation d'ultra-droite qui était manifestement permise dans les rues de Lyon, bravant le couvre-feu. Et vous verrez que celles et ceux qui ont intérêt à installer dans le pays... un climat de guerre civile, il se trouve plutôt à l'extrême droite, vous voyez, que de mon côté. Plus qu'à l'ultra-gauche,
comme dit le gouvernement. En tout cas,
pas de mon côté, madame. Vous vous dites que je
n'ai aucun lien avec l'ultra-gauche ?
Non, et je vous dis quelle est notre stratégie, je vous l'ai expliqué, et je vous dis que celles et ceux qui veulent produire un climat de guerre civile pour ensuite justifier une dérive qui est une dérive autoritaire et fasciste, parce que c'est ça qui va être la réponse à cette situation, c'est pas nous. Vous dites que c'est
Marine Le Pen qui veut faire ça ?
Je pense que certains veulent évidemment profiter de cette situation. pour amener le pays petit à petit dans un régime qui est un régime de plus en plus autoritaire. Enfin pardonnez-moi, mais quand le numéro 2 de l'État, le président du Sénat... révèle quand même sa conception de la démocratie en disant qu'il faut interdire une formation politique qui est annoncée à 20% dans les sondages pour l'élection présidentielle. Si vous ne vous rendez pas compte dans quelle situation on est et dans quelle dérive absolument grave de l'État de droite on est, il va falloir que tout le monde se réveille. Samedi,
est-ce que vous incitez les jeunes à sortir dans la rue et à se mélanger avec le mouvement des jeunes ? Moi, madame,
je n'incite personne. Ce que je vous dis, c'est que ce mouvement, dans tous les cas, il va se poursuivre. Parce que les revendications, elles n'ont pas disparu. Elles sont toujours là. Donc moi, la question que je pose est ce à quoi je souhaite œuvrer. c'est à faire en sorte que cette manifestation puisse s'exprimer de manière pacifique, de manière non-violente, comme je l'ai toujours défendu, parce que je pense qu'on a le droit de continuer à pouvoir s'exprimer et défendre des revendications qui sont légitimes. Merci beaucoup Manuel Bompard d'avoir été avec nous ce matin sur
France Info, coordinateur national de la France Insoumise.
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