Chargement...
Chargement...

Merci beaucoup, monsieur le ministre. La parole est à présent à monsieur le président Ciotti pour le groupe UDR.
Merci, madame la présidente. Monsieur le Premier ministre, hier, deux drames terrifiants liés au narcotrafic ont frappé notre pays. À des signes, cela a été dit, trois morts dans un incendie. Et à Nice, dans ma ville, 11 personnes impliquées, 2 sont décédées. En cet instant, je veux bien sûr rendre hommage aux victimes, Ahmed et Adilson. Je pense à eux, je pense à leur famille, j'étais à leur côté hier soir. Monsieur le Premier ministre, les narcotrafiquants nous ont déclaré une guerre. Ils ont déclaré une guerre à la République. Cette guerre, je crains que nous soyons en train de la perdre. Chaque jour, le cancer du narcotrafic gagne du terrain. Chaque jour, des victimes tombent. A Nice, dans le quartier des Moulins, nous déplorons 11 morts. 11 morts depuis juillet 2024, dont 4 enfants. Hier, ce sont deux victimes collatérales. Alors dans ce contexte, nous avons besoin d'une mobilisation générale, d'un combat national. Nous avons besoin d'une force, nous avons besoin d'un quoi qu'il en coûte sécuritaire. Et à Nice, nous avons besoin d'effectifs, d'enquêteurs comme partout en France. face à face de chiffres. Ces 11 victimes et en même temps ces 97 enquêteurs qui font défaut depuis deux ans dans notre ville. Nous avons besoin d'une réaction urgente, rapide, d'une mobilisation. Nous l'attendons de votre part. La police municipale, la mairie se mobilisent. Nous allons ouvrir un poste de police devant ce point de deal. devant lequel sont tombées trop de victimes. Nous allons proposer des patrouilles mixtes. Tout cela, nous le faisons. Mais l'Etat doit prendre et assumer ses responsabilités. Nous l'attendons de vous, monsieur le Premier ministre.
Transcription automatique (Whisper + diarisation) — des erreurs d'attribution ou de transcription sont possibles. Vérifiez toujours avec la vidéo source horodatée.
Merci beaucoup, monsieur le président Ciotti. La parole est à monsieur le Premier ministre.
Merci beaucoup Madame la Présidente de l'Assemblée nationale, Mesdames et Messieurs les députés, Monsieur le Président, Monsieur le député-maire Éric Ciotti. Vous relayez l'émotion, vous ne l'avez pas dit, mais je la ressens aussi, la peur de vos concitoyennes et de vos concitoyens face évidemment à ce fléau qu'est le narcotrafic et sur lequel vous me permettez de m'exprimer. Votre question résonne aussi avec l'émotion à l'automne dernier, au moment de l'assassinat de M. Kessassi, et qui nous rappelle à l'ensemble de la classe politique que si nous avons des conflits géopolitiques, beaucoup de sujets évidemment à traiter en politique intérieure, il y a bien un sujet qui fasse s'installer et qui s'installera sur le temps long, c'est bien évidemment la lutte contre le narcotrafic, et j'aimerais donc y revenir. Je pense que nous sommes dans un moment de vérité. si vous voulez le fond de ma pensée. Un moment de vérité parce qu'au fond, plus nous allons accentuer la politique de répression, et votre ville en est évidemment un des terrains sur lequel les politiques publiques s'appuient. Il y avait pratiquement, je crois, 12 points de deal il y a de cela encore quelques mois à Nice. Aujourd'hui, deux points de deal. Une centaine de personnes sous écrou l'année dernière, mis sous écrou une cinquantaine depuis le début de l'année. Je pense qu'il ne faut pas qu'on mente aux Françaises et aux Français collectivement. Plus nous serons répressifs, et il faut l'être, plus nous aurons une guerre de territoire qui s'organisera entre les différents réseaux. Plus nous appuyons avec le garde des Sceaux, ministre de la Justice, sur la mise en sécurité, en protection et à l'isolement d'un certain nombre de donneurs d'ordre en prison, plus nous désorganisons évidemment ces différentes filières. Et au fond, on le voit bien, on a un enjeu de résilience, d'endurance. Et je ne dirai pas, comme vous l'avez dit tout à l'heure, même la députée, on ne veut pas des paroles, on veut des actes. Les actes sont là, ils sont nombreux. Et c'est bien pour ça que vous avez cette guerre de territoire qui est en train de s'installer. Et plus d'ailleurs vous avez du démantèlement. Plus vous avez des arrestations, plus vous avez une concurrence entre ces réseaux, et je pense qu'il faut qu'on documente cela plus clairement, en transparence, devant nos concitoyens et nos concitoyens. Deuxième aspect de votre question, et je vais peut-être vous surprendre, mais je vous y rejoins, la question des moyens. d'accentuer mon propos autour évidemment de votre commune, vous en êtes devenu le maire. Évidemment, il y a un enjeu de présence de sécurité publique. Les effectifs, et le ministre de l'Intérieur se rendra à Nice tout prochainement pour permettre justement de revenir sur cette question des effectifs. Là, en urgence, des décisions ont été prises par le préfet de zone de défense pour permettre une présence importante des CRS pour faire de la sécurisation. Mais on le sait très bien, monsieur le député maire. Il y avait une patrouille de police à une rue pendant la fusillade hier. Le principal sujet, vous l'avez dit, c'est la filière investigation. C'est comment remettre des policiers, officiers de police judiciaire, non seulement pour traiter le flux, mais le stock évidemment des affaires qui sont nombreuses. Comment on refait de cette filière une filière attractive ? Comment on refait de cette filière une filière dans laquelle on est capable de former ? Et pardon, on ne le dit jamais assez, comment on fait aussi de cette filière une filière beaucoup plus numérique ? il y a un delta de temporalité entre l'adversaire d'un côté, le narcotrafiquant, et la capacité à juger vite et donc à enquêter vite et à produire les éléments d'enquête. Et ça, c'est le sens de ce que le ministre de l'Intérieur a annoncé récemment, en lien avec son collègue Garde des Sceaux, ce plan d'investigation qui va nous permettre, au fond, d'écrire une nouvelle page sur l'attractivité de cette filière des enquêteurs. Monsieur le député maire, Nice profitera de ce plan. parce qu'on le sait très bien, c'est un des enjeux majeurs sur lesquels il nous faut avancer. Après, je pense qu'il nous faut aller encore plus loin. Vous aurez à examiner un projet de loi qui s'appelle Riposte, qui est préparé par le ministre de l'Intérieur, qui va nous permettre d'agir à la fois sur la question de l'exécution des peines et notamment de la réduction des peines. Je crois que... Il est temps d'aligner notre arsenal juridique sur ce que nous avons fait, toutes choses égales par ailleurs, sur le terrorisme en son temps. Le degré de dangerosité, l'enjeu pour la nation, l'enjeu pour le pacte social français nécessitent désormais d'aller beaucoup plus loin dans notre arsenal judiciaire. On l'a fait avec la loi Narcotrafic, ce qui a permis d'ailleurs dans votre commune d'avoir des fermetures de commerce, d'avoir un certain nombre de mesures de police administrative qui jadis n'étaient pas possibles. Il faudra aller plus loin. Et puis, pardon, peut-être de mettre les pieds dans le plat, aussi évidemment s'attaquer davantage aux consommateurs, parce qu'il n'y aurait pas de narcotrafic s'il n'y avait pas de consommation. Et ça, je crois que pour le coup, il va falloir aussi que nous tous, nous parlions clairement. calmement de ce sujet, en cherchant évidemment le consensus le plus large possible, parce qu'on le voit bien, la question de la consommation est un des enjeux qui crée le modèle économique et son caractère au fond un peu inépuisable. Le projet de loi Riposte permettra d'avoir une amende forfaitaire délictuelle pour ce faire. Vous en débattrez évidemment avec le ministre de l'Intérieur, mais je crois qu'on ne peut pas dire d'un côté qu'on veut s'en prendre au narcotrafic. être plus dur sur les narcotrafiquants et ne pas traiter l'ensemble du problème de manière complète. Et donc, oui, Madame la députée, également en s'attaquant à la question de la consommation, car au fond, il n'y aura pas de mobilisation générale, il n'y aura pas de guerre utile si on ne prend pas le problème de manière complète, en faisant justement de cette résilience un des points importants pour mener la guerre que vous avez vous-même rappelé.
Merci beaucoup,
Monsieur le Premier ministre.