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Je dis que l'État a la responsabilité de garantir la sécurité et que lorsque nos concitoyens ont le sentiment qu'elle n'est plus garantie, nous prenons collectivement le risque de voir ces drames se multiplier. Et personne ne les souhaite. Mais j'ai rencontré sur la place de la République des femmes et des hommes qui, en deux heures, ont tout perdu. Alors je vois bien les pilleurs, les manifestants, les idéologues, l'ultra-gauche dire « Ah, c'est un dommage collatéral, c'est le prix à payer pour la Révolution ». Ce qui est vrai, c'est que des gens qui ont travaillé toute leur vie ont perdu en une heure tout le travail d'une vie. Qu'ils ont été soumis à une violence incroyable, physique, pas simplement symbolique. Pas simplement matériel, physique. La jeune femme que j'ai rencontrée, Aline Rue-Borpère, elle a été frappée. Elle a le visage tuméfié. Elle a perdu en une heure tout le travail d'une vie. Et c'est pourtant une femme exceptionnelle. Elle a élevé deux enfants. Ses deux enfants sont ingénieurs. Elle a fait confiance à la République. Elle a fait confiance à l'école. Elle a eu raison de le faire. En deux heures, elle a tout perdu. Je comprends très bien que des gens qui perdent tout comme cela puissent avoir le sentiment qu'ils ont besoin de se défendre. Et je sais que ce serait un drame supplémentaire. C'est pour ça que je dis que l'État doit être ferme. Quand l'État s'avachit, quand il n'est pas fort, alors tout est perdu.
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