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'Essentiel sur France 24, la suite. Il est 20h30 à Paris. Dans un instant, on va plus loin. Avec ce soir Ziad Limam, directeur d'Afrique Magazine. Bonsoir Ziad. Bonsoir. Et Bruno Daru, chroniqueur international à France 24. Bonsoir à Bruno.
Bonsoir Tony.
Le musée Picasso, celui d'Orsay et du Louvre seront fermés ce samedi alors qu'une nouvelle journée d'action doit avoir lieu ici en France. La manifestation organisée à Paris a été autorisée. Celle en revanche prévue à Marseille, Lyon ou encore Rouen interdite. Le Sénégal en pleine grève générale, elle doit durer jusqu'à demain. Plusieurs syndicats exigent du gouvernement l'application d'accords sociaux, notamment concernant les retraites. À deux jours de l'acte de cette nouvelle journée de mobilisation prévue en France, des manifestations ont été interdites dans plusieurs villes Lyon, Marseille, Rouen, Le Havre ou encore Toulon. Celle encadrée par les syndicats à Paris a été autorisée, tout comme finalement celle ce jeudi organisée par les étudiants dans la capitale.
ce qui est des prochains jours, et en particulier de samedi, la doctrine qui a été arrêtée de manière très claire, c'est que... Partout où il y a une volonté de manifester, de se regrouper, des demandes qui sont faites par des gens qui n'ont aucune légitimité pour cela, elles seront interdites par les préfets. Nous avons eu samedi dernier tout à la fois des actes politiques et même sédicieux qui ont été conduits par des groupes organisés d'ultra-gauche qui visent à faire tomber la République, soyons clairs, et c'est ce qui est assumé par ces derniers, avec une extrême dangerosité, une très grande violence et une planification. Et à côté de ça, des actes de délinquance sur lesquels nous devons aussi avoir la plus grande dureté, mais qui ne sont pas de la même nature.
Emmanuel Macron qui dit que seules les manifestations encadrées par les syndicats seront autorisées. Est-ce qu'on est dans une atteinte à la liberté de manifester ou on est tout simplement dans la réponse à l'émotion, au désarroi qu'ont suscité ces pillages la semaine dernière ? Un peu les
deux quand même. C'est-à-dire que le droit de manifester est un droit constitutionnel. Bon, après, il n'est pas non plus... totalement désencadré. C'est-à-dire que la loi a aussi ses propres règles de maintien de l'ordre, de sécurité, d'atteinte aux biens, aux personnes, etc. Donc ça, c'est le point numéro un. Le point numéro deux, je pense qu'il y a une France aussi qui est… Il suffit de parler avec les gens dans la rue, dans les cafés, dans les taxis, au travail, etc. Il y a une France qui est profondément traumatisée. C'est-à-dire que les images de samedi dernier… qui ne sont pas limitées qu'à des grandes villes. Ça a dégénéré dans des villes moyennes, des plus petites villes. Ça a laissé un espèce de traumatisme qu'il ne faut pas sous-estimer. Et avec un État exsangue, il faut le dire, un peu à bout de souffle, en fin de règne, à qui on demande à la fois de répondre sur le plan social, de répondre sur le plan sécuritaire, de trouver la formule magique. Bon, on est un peu dans cet état d'esprit. Et donc, je pense que… Côté pouvoir, on se dit, plus on limite les possibilités de dérapage, mieux on se porte. Après, il y a un espèce de message sous-entendu qui est de dire, et ça c'est assez étonnant parce que c'est très symbolique de la période dans laquelle on vit, de dire en fait, il y a des gens qui sont légitimes à manifester parce qu'ils sont encadrés par les syndicats, donc retour au monde d'avant.
Et
il y a des gens qui sont illégitimes à manifester parce qu'ils sont réseaux sociaux, parce qu'ils sont je ne sais pas trop quoi. Et ça, je trouve que c'est très... On essaye de recréer un ordre dans lequel on avait une relative stabilité, redonner de la force aux représentations syndicales, 'on a... quand même depuis une dizaine d'années ou une quinzaine d'années, constamment tenter d'affaiblir. Donc on est un peu dans ce cercle vicieux en retour case départ.
Et d'ailleurs, on voit Bruno que pour ce week-end où il y a le congrès du Rassemblement national qui se tient en Orléans, la manifestation de dimanche est interdite, mais celle de samedi est autorisée.
ben voilà, on est un peu dans cet entre-deux. En fait, le pouvoir cherche... un peu le bon curseur pour faire face quand même à ce qui s'est passé le 17 octobre et surtout que ça ne se reproduise pas samedi. Alors il y a des problèmes effectivement de l'égalité, des problèmes juridiques, parce qu'en fait pour interdire une manifestation, il faut qu'il y ait un motif légitime pour interdire… – L'atteinte à l'ordre, oui. – Voilà, alors il y a notamment l'atteinte à l'ordre public, mais si vous décrétez avant que… Voilà, ça se discute en tout cas. Et il va y avoir certainement des actions devant la justice administrative en ce sens. Trois ou quatre villes, mais je crois qu'au total, c'est une douzaine de villes en France où il sera interdit de manifester samedi. On a vu ce qui s'est passé aujourd'hui avec la manifestation des étudiants qui a été interdite. Et puis, entre 14 et 15 heures, la décision de la justice administrative est tombée. Elle a dit non, il n'y a pas de motif pour interdire la manifestation. Donc, les étudiants, alors beaucoup étaient partis, mais certains sont revenus. La manifestation a eu lieu et s'est bien passée. Mais comme vous me le signaliez il y a quelques minutes, elle était statique. Donc voilà, on est dans cette approche du pouvoir qui tente de montrer une posture de fermeté, qui ne veut pas aller non plus trop loin. On va peut-être en reparler avec certains, comme Bruno Retailleau, qui demande l'instauration de l'état d'urgence. Emmanuel Macron ne veut pas donner cette image de la France en état d'urgence à ce stade. Il y a peut-être aussi un autre calcul, c'est que si ça ne se passe pas trop mal ou même bien… Samedi, à ce moment-là, on pourra dire, vous voyez, les mesures qu'on a prises, les couvre-feux partiels, etc., c'était la bonne mesure. Si en revanche, la situation continue à escalader comme ça, à ce moment-là, il reste toujours à un moment donné la carte de l'état d'urgence.
-ce qu'interdire les manifestations, ce n'est pas aussi un aveu d'échec de la part de l'exécutif, de se dire, on interdit parce qu'on pourrait ne pas être en mesure de maintenir l'ordre ? indépendamment du fait qu'il y a 20% d'effectifs en plus
police. Oui, c'est un aveu d'échec assumé à l'avance, mais en même temps, encore une fois, je pense que la... La violence du 17 octobre a laissé des traces. Et je pense que si on faisait un sondage là, tout de suite, maintenant, en disant à la majorité de la population « est-ce que vous êtes pour des interdictions ? Est-ce que vous êtes pour des couvre-feu ? Est-ce que vous êtes pour ? » Les gens diraient oui.
Parce
que les gens ont été traumatisés. Vous êtes dans la
réaction plus que dans la réflexion. Oui, les gens ont été
traumatisés. Vous savez, il y a des mots comme ça. La manifestation de samedi, ce n'est pas très clair. C'est quoi ? C'est les Gilets jaunes ? Ce n'est pas les Gilets jaunes. On reprend le vocabulaire acte 2. Il y en avait eu 18, si mes souvenirs sont bons. Ou 19, ou je ne sais plus combien. Et les Gilets jaunes, ça avait été d'une violence aussi particulièrement assez incroyable dans plusieurs villes. Donc, on a quand même aussi un pouvoir qui essaye de parler à la population. qui, elle, se sent au bord de la crise de nerfs et qu'il faut arriver à, en disant, voilà, on va cibler, interdire, on ne va pas sortir totalement du droit. On n'est pas encore dans le, comme tu disais, on n'est pas encore dans les mesures les plus répressives, mais on est dans une forme d'entre-deux parce que la pression est forte.
Oui, et puis il y a une autre raison, juste pour ne pas aller tout de suite à la mesure très forte. De l'état d'urgence, encore une fois, c'est l'image de la France à l'étranger et la réaction des marchés. On rappelle que demain, il y aura... la France va être notée par l'agence Moody's. Et donc, en plus, comme cette semaine, les taux d'intérêt ont encore augmenté, ce qui va augmenter le poids des emprunts de la dette l'an prochain. Il y a aussi cette volonté de dire au marché, vous voyez, c'est grave, mais ce n'est pas désespéré. Ce qui est
un peu complexe, c'est que ce mouvement, il arrive au moment où il y a... Pour caricaturer, il n'y a ni président, ni majorité, ni gouvernement, ni assemblée, ni budget qu'on n'arrive pas à faire passer. Ça finira peut-être par se faire, mais ça vient percuter un régime, un système politique qui est, comme je disais au début de la discussion, à bout de souffle et qui n'a pas grand-chose à donner. Après, on pourrait rentrer en particulier dans le cas des étudiants et des lycéens, parce que là, je pense qu'il y a des points très précis sur lesquels il y a une vraie discussion de fond. Mais est-ce que ce gouvernement qui n'a pas de majorité à l'Assemblée, qui est en transaction permanente, peut faire des réformes éducatives de fonds ou engager des budgets massifs de fonds ou enlever Parcoursup à six mois ? ou à 7 mois du bac, tout ça, ça demande de la légitimité politique et une marge de manœuvre budgétaire. – Et du temps. – Et du temps, et qu'on n'a ni
aucun des trois facteurs. – Et on voit bien d'ailleurs que cette réponse sécuritaire, elle a tendance à… à occulter justement les revendications parce qu'on se concentre sur les violences, on se concentre sur le maintien de l'ordre, on a tendance à en oublier. Oui mais ça
quand même, là au bout de, je parle notamment des lycéens et des étudiants, ça fait plus d'un mois maintenant que, alors certes, il y a tout ce qu'a décrit Ziad, fin de règne, élection présidentielle, situation budgétaire financière très compliquée, mais quand même, alors bon, c'est évidemment ce que disent les partis de gauche. J'entendais notamment tout à l'heure Raphaël Glucksmann à la sortie de la réunion des partis politiques avec le Premier ministre. Quand même, aucune réponse de quelque manière que ce soit de la part du gouvernement sur un plan politique et social. C'est-à-dire que la seule réponse qu'on a... C'est une réponse sécuritaire. Et donc, moi, je trouve que ça, ça ne va pas et que, bon, peut-être que samedi, ça va bien se passer, mais ce n'est pas ça qui va calmer la colère des gens, l'envie revendicatrice, etc. Et donc, qu'il s'agisse des lycéens, des étudiants ou des gilets jaunes ou dizaines de milliers de personnes qui trouvent que, voilà, la question du pouvoir d'achat, ça commence à être vraiment très important. Le prix à l'essence, on n'en a pas parlé, mais enfin, voilà, le prix de l'essence. Moi, je pense quand même que même si ce pouvoir est en fin de mandat et en fin de règne, il y a quand même moyen de donner des éléments de réponse. Moi, je trouve que là, tout se passe comme s'il ne fait rien en termes de réponse et tout est basé sur le sécuritaire. Il le faut, vu ce qui s'est passé, qui a effectivement été, comme le disait Zia, un traumatisme. Mais enfin, il ne va pas s'en sortir comme ça. Je pense qu'à un moment, il faudra qu'il délivre un message politique. Alors oui, c'est compliqué, réformer Parcoursup, donner plus d'argent pour le bâti des lycées ou des collèges. Mais en plus, dans une situation budgétaire extrêmement contrainte. Mais enfin, à l'intérieur, le budget, c'est quand même 150 milliards d'euros. y a peut-être des réaffectations. Mais ça, il faut avoir un peu de... de courage politique.
S'il n'y a pas de réponse sociale, Ziad, c'est le risque que précisément le mouvement dure et qu'il risque aussi de durer dans la violence
D'abord, ça dépend de quoi on parle. Si on parle de la vie chère, de l'inflation, ça ne se joue pas à Paris, ça se joue à Hormuz, ça se joue sur toutes sortes de territoires sur lesquels on n'a pas la main directement. Oui, en fait, c'est ce que dit Emmanuel Macron. Non, mais c'est la vérité. Quand vous avez un diesel… Non, mais ça, c'est la vérité. Les gens lui
répondent. Oui, mais d'autres gouvernements en Europe ont pris des mesures face à cette situation qui est imposée. Oui,
on a enlevé une partie. Certains pays ont baissé la TVA, les taxes, etc. Dans un État qui, encore une fois, est à la recherche d'un milliard de dollars par jour pour se financer, en gros, ce n'est pas si simple. Et puis, tu parlais de l'Europe, ça chauffe en Italie, ça chauffe... Bon, l'Albanie, c'est vrai que c'est plus petit, mais c'est quand même assez symbolique de ce qui se passe. Il y a des tensions un petit peu partout, ça chauffe en Grèce. Donc on a visiblement une espèce de crise européenne qui est liée au fait que l'inflation, le coût de la vie, l'essence... Parce que l'essence et le diesel, c'est partout. C'est les transports, c'est les entreprises, c'est les usines, c'est le type qui amène ses enfants à l'école. Ça percole dans toute la société. Donc ça, c'est un. il y a en même temps aussi une radicalisation. de la vie politique avec des partis, y compris en Grèce, y compris en Espagne, y compris en Italie, etc., qui sont en rupture complète avec la social-démocratie, avec le modèle social-démocrate, et qui disent tout ça ne nous profite pas. Et une partie des gamins... qui sont venus piller Paris ou Marseille ou Toulouse ou Lyon et une partie des gamins qui ont pillé Milan, etc. C'est des gens qui fonctionnent dans une forme de nihilisme social. C'est-à-dire, bien sûr, c'est de la délinquance, mais c'est aussi, excusez-moi le terme, c'est un « je vous emmerde, vous et votre société » qui ne m'apporte rien, qui m'a ghettoisé, qui m'a mis en marge de tout ça. Donc c'est dur de faire face à quelque chose d'aussi profond. Encore une fois, j'y reviens, avec un président qui tient sur un bout de ficelle, un gouvernement qui n'a pas de majorité à l'Assemblée et les caisses d'État qui sont vides. Donc c'est là que ça se joue. Oui, mais
quand même, je trouve que le
mot de imagination... Non, mais le discours de Macron dimanche soir est un non-discours. Il
a fait le constat, mais après, en termes de proposition, il n'y a pas de proposition. C'est-à-dire, là, ne serait-ce que... Alors par exemple, sur la méthode même, les organisations lycéennes étudiantes demandent depuis le début à être reçues. Alors elles le seront, on
l'apprend à l'instant de la part de l'Élysée, elles le seront demain à 15h. – Les organisations lycéennes par Emmanuel Macron.
– Ah carrément, parce que moi j'en étais resté à… – C'est pour ça que je vous disais, l'information vient d'arriver. – Moi c'était Bruno Retailleau, Sébastien Lecornu qui devait les recevoir lundi. Donc là Emmanuel Macron, alors il accélère tous azimuts, il a conseil de défense demain, il va rendre visite aux forces de l'ordre, il va recevoir… Et il y avait conseil de
sécurité aujourd'hui. – Voilà conseil de sécurité aujourd'hui.
Là, ça y est, il nous l'a fait mise. On voit d'ailleurs qu
'il essaie de reprendre la main. Lui, dans la visite dans le Gaulle, ces derniers jours, a été critiquée. Alors, ceci explique peut-être un
peu cela. Mais cette visite a été critiquée, même si l'Élysée a dit… Alors, ce n'est pas l'Élysée qui a négocié les dizaines de milliers de tonnes de diesel. Le but est tant de faire, mais c'est pris à la maison. Parce que ça se fait avec les hommes d'affaires qui étaient avec lui. Mais enfin, il a justifié cette visite en disant, voyez ça, Ce que je suis allé négocier avec les hommes d'affaires et donc les Émirats arabes unis, Bahreïn, l'Arabie saoudite, ça va permettre de faire baisser le prix de l'essence, on verra bien.
Il y a quand même une fenêtre de tous les dangers là, c'est-à-dire qu'entre les mouvements sociaux en France et en Europe… Entre la pression qui s'exerce sur certains pour refaire la guerre en Iran, entre les élections israéliennes, entre les élections américaines, on a une quinzaine qui s'annonce vraiment, comme le disait le film, c'est le perfect storm possible, c'est la tempête parfaite possible. Et donc il faut aussi, je pense que côté président, ce que vous dites là, je pense aussi qu'il y a une prise de conscience de cette espèce de confluence des crises et qu'il faut une parole aussi enfin. plus forte et comme disait Edouard Philippe avec une certaine ironie et une certaine vacherie, ce pays a besoin d'être commandé. Venant de lui qui a été Premier ministre, c'est toujours intéressant. Premier Premier
ministre d'Emmanuel Macron. Cette réponse sécuritaire qu'on évoquait, on parlait de cette rapidité, de ce temps politique finalement, plus qu'un temps de réflexion, plus qu'un temps social et économique, dans un contexte, vous l'avez rappelé, il y a évidemment deux présidentielles qui approchent. On a évoqué tout à l'heure. Bruno Retailleau, pour Les Républicains, qui lui aussi a même quitté d'ailleurs cette réunion des représentants des partis politiques à Matignon plus tôt. Bruno le disait, il plaide pour l'état d'urgence, on l'écoute.
sera une manifestation sans risque. Ça signifie que si on connaît les mêmes débordements le 1er mai prochain, la veille du second tour de l'élection présidentielle, est-ce que vous imaginez, les Françaises et les Français, le lendemain matin, aller aux urnes pour voter ? Dans quel état d'esprit avec la sérénité est nécessaire ? Je ne le pense pas. Et donc j'ai demandé au Premier ministre de reconsidérer, parce qu'il est encore temps, ce calendrier. S'ils ne le font pas, ça veut dire qu'il y a une arrière-pensée.
Oui, alors là, il ne parlait pas de l'état d'urgence, il parlait de l'organisation de l'élection présidentielle.
– Voilà, mais état d'urgence d'un côté, report de propositions de reporter à la présidentielle. – Oui, parce que pour nos téléspectateurs,
il faut expliquer, le deuxième tour, c'est le 2 mai, au lendemain des manifestations. – Le 1er mai, voilà, la
fête du travail. On est dans la surenchère, Ziad ? Non,
mais
la
droite de droite joue son rôle. C'est aux armes citoyens, la République est menacée, l'extrême gauche est aux portes du pouvoir. On ne parle pas de l'extrême droite, on parle de l'extrême gauche. Donc eux, ils jouent la partition de l'ordre, etc. L'extrême gauche joue la partition des libertés démocratiques et de la révolution en marche. Marine Le Pen joue le rôle de, je ne dis pas trop de choses, mais en fait, moins j'en dis et plus j'avance. L'état d'urgence a été réclamé par Bruno Retailleau, mais pas par les rassemblements. Donc on voit bien que chacun joue son jeu et c'est là aussi que c'est un peu désespérant parce que quand vous avez un pays qui est en... Encore une fois, je pense que ce n'est pas exagéré de dire qu'on est en crise de nerfs. Ça se sent, ça se sent dans la rue, ça se sent au travail, ça se sent partout. Donc ce pays en crise de nerfs a besoin d'une forme de... faut aller aux élections, il faut essayer de maîtriser ça, il faut essayer de répondre aux étudiants. J'ai vu une émission tout à l'heure chez un de vos confrères où ils ont pris toutes les insultes que les hommes politiques et les femmes politiques s'envoient à la figure depuis quelques dizaines de jours. C'est impressionnant. Bientôt, ça finira par des coups à l'Assemblée nationale. Pourquoi pas ? On a déjà vu ça dans d'autres pays. Les gens vont se battre. On a déjà
assisté à des passe-d'hommes assez violents cette semaine entre Laurent et Munez.
Pourquoi pas une bonne bagarre au Palais-Bourbon pour montrer que tout ça est très complexe. Donc ça manque. Il y a la politique, il y a l'histoire, il y a ce pays qui tangue. On parlait de la dette, ça va revenir comme un boomerang dans le débat, personne n'en parle, mais ça reviendra. Quand on emprunte à 5% hier, je crois, pour la première fois… D'ailleurs, je trouve qu'il y a une forme d'irresponsabilité de la classe politique française qui en parle très très peu. Qu'est-ce qu'on va dire 'est-ce qu'on peut dire, nous, politiciens, à part de dire aux gens qu'il va falloir couper un tiers de tout ? Oui, c'est
vrai que c'est compliqué, mais sauf que comme ça, on va peut-être arriver à un moment où il faudra vraiment le faire et de manière extrêmement douloureuse.
on va revenir, si vous voulez bien, à cette grogne sociale au Sénégal, cette grève générale de trois jours qui s'est poursuivie ce jeudi. Santé, transport, enseignement, justice, des secteurs différents, mais des revendications identiques, notamment concernant la revalorisation des pensions de retraite. Le gouvernement qui est défié à quelques jours de l'ouverture des Jeux Olympiques de la jeunesse. Olivier Fessa.
un peu plus d'une semaine de la cérémonie d'ouverture des JO de la jeunesse et de l'arrivée de la flamme olympique, c'est un tout autre défilé qui anime les rues de Dakar. 13 syndicats ont lancé trois jours de grève générale pour dénoncer, entre autres, la hausse
du coût de la vie. Aujourd'hui, on parvient difficilement à joindre les deux bouts. Le pouvoir des chats est en train de chuter énormément. C'est ce qui pose énormément de problèmes au Sénégal pratiquement. On n'a jamais eu un mouvement de ce niveau. Depuis quelle année ? Tout le syndicat, le mouvement syndical s'est regroupé aujourd'hui pour faire face.
Revalorisation des pensions de retraite, généralisation des aides au logement et modification du nouveau code du travail, les revendications sont nombreuses. Le mouvement est très suivi dans les secteurs de l'éducation, de l'électricité, mais aussi de la santé.
On part en grève pour trois jours. Pour trois jours de grève encore, le système sera valorisé. Les populations n'auront pas où aller pour se faire soigner, si ce n'est dans les privés, ce qui coûte trop cher.
Un mouvement social qui survient alors que le gouvernement entame un plan de 36 mois pour assainir les finances publiques du pays. Des réformes dictées par le Fonds monétaire international. en contrepartie d'une aide de près de 2 milliards d'euros. Une situation économique très délicate pour le pouvoir sénégalais, qui a hérité d'une dette record de plus de 132% de son PIB, en partie cachée selon le président actuel par son prédécesseur, Makisal.
Ziyad, Olivier Fesseul le disait, la grève a été plutôt bien suivie. Une grève que le gouvernement a d'abord tenté d'empêcher avant d'appeler au dialogue. C'était la bonne méthode
C'est-à-dire que ce n'était pas le moment. C'est clair que pour le pouvoir, ce n'est jamais le bon moment. Mais disons que là, il y avait quand même un enjeu qui est très important, qui est l'ouverture des Jeux Olympiques de la jeunesse à la fin du mois, donc dans moins de 10 jours. C'était pas le bon moment. Alors, on a des retours contradictoires sur l'efficacité de cette grève. Ça dépend vraiment des secteurs, des endroits, etc. Mais ce qui est intéressant, c'est que c'est un front syndical uni. Ça, c'est important. Et deux, c'est pas quelque chose qui est maîtrisé ou qui est dans la sphère du pouvoir PASTEF, semble-t-il. C'est-à-dire que c'est même un message. des syndicats et de la base, comme on dit, des travailleurs, au PASTEF, que ce soit M. John May, ou que ce soit M. Sonko, ou que ce soit M. Monsieur. Vous avez fait des promesses, vous nous avez dit, vous nous avez dit, vous nous avez dit. On n'a pas de retour. Ça fait presque X mois. Il n'y a pas de retour. Le pays ne va pas bien, etc. Et donc, moi, je trouve que le signal politique est presque plus important. C'est-à-dire que c'est vraiment le premier message d'une partie de l'opinion sénégalaise qui dit qu'il faut revenir à la réalité. La réalité, c'est l'économie. La réalité, c'est de la croissance. La réalité, c'est des emplois. La réalité, c'est les petits salaires qu'il faut protéger. Et donc, et on revient à la politique, finaliser le deal avec le fonds monétaire. Et donc là, on est vraiment dans la discussion. Mettre en place les mesures d'assainissement qui seront forcément difficiles. mais c'est le fonds monétaire qui libère tous les autres crédits possibles, y compris l'investissement privé, y compris les propres investisseurs sénégalais eux-mêmes qui sont le pied sur le frein, qui peuvent se remettre à investir, etc. On voit aussi que la France joue un petit rôle. Macron, normalement, sauf 1789 en France, doit aller à l'ouverture des Jeux Olympiques, je pense, à Dakar. Et j'ai lu aujourd'hui que le président Jumaï Faye doit venir début novembre à Paris. Donc on sent... qui a aussi une volonté française peut-être de soutenir le Sénégal à un moment où c'est particulièrement difficile.
Et on notera d'ailleurs aussi Bruno que les manifestations, contrairement en France, ont lieu dans le calme. La grève générale se poursuit demain. D'après
ce que j'ai lu, autant la grève a plutôt été assez bien suivie, autant les manifestations ont été calmes aussi, mais parce qu'il n'y avait pas... énormément de monde dans les rues. On n'était pas sur des chiffres à des dizaines de milliers de personnes. Mais oui, il faut toujours se réjouir quand des manifestations se déroulent dans le calme. Mais sur cette crise
politique, ce fond de crise politique... En fait, je suis assez d'accord avec
Ziad. Il y a un message social et politique à la fois qui est envoyé au PESTEF. Alors, est-ce que... Là, je parle plutôt sous le contrôle de Ziad. Est-ce que la tension entre le président et l'ancien Premier ministre fait... que les gens disent « Non mais attendez, là, ça suffit, vos ambitions personnelles, occupez-vous de nos problèmes », c'est possible. Et moi, je pense que le premier que ça risque de fragiliser, c'est plutôt le président quand même.
Le fond de la question, c'est comment on relance l'activité au Sénégal ? Comment on remet la machine en route ? Et là, il y a quelque chose d'idéologique. Parce que les gens qui sont proches, on va dire, d'Ousmane Sonko et le sonkoïsme d'une manière générale, essayent d'être en rupture. Donc c'est très difficile de prouver que la rupture est opérationnelle. Et comment je fonctionne sans allier ? Ça, c'est une vraie discussion. Je ne pense pas que les gens qui soient proches de Jomaï soient totalement des libéraux, des chaînés, capitalistes, pro-européens, pro-occidentaux. Mais ils ont une autre approche en disant... On a besoin de débloquer dossier par dossier pour que ça redémarre. Et moi, je pense que la clé, comme souvent en Afrique, c'est les revenus les plus bas. C'est-à-dire que si les revenus les plus bas sont menacés, vous avez un risque social majeur. Et au Sénégal, qui est un pays de longue démocratie, de longue revendication sociale et qui n'hésite pas de temps en temps à sortir les gants de boxe, ce n'est pas non plus exclu que ça soit plus tendu. Encore une fois, moi, je pense que... Tout le monde devrait faire une pause jusqu'après les Jeux Olympiques de la jeunesse, parce que les premiers Jeux Olympiques en Afrique,
c'est un enjeu majeur en
termes de soft power et de création de confiance pour le Sénégal. Donc on devrait attendre la fin des Jeux. Que ça se passe bien, que les gens rentrent chez eux pour reprendre une discussion. Du point de vue des syndicats, c'est
le moment. Les syndicats, c'est le moment, parce qu'ils se disent que le gouvernement a intérêt à céder à nos revendications, parce que dans 10 jours, il y a les Jeux Olympiques de la jeunesse.
Merci beaucoup Bruno Daroux, merci également à Ziad Limam, directeur d'Afrique Magazine. Le dernier numéro, l'IA, l'Afrique. Ça on
a aussi, c'est un vrai sujet ça. Si on ne veut pas être à la remorque définitive de l'humanité, il va falloir que les pays africains, et pas que africains, tous ces pays du monde émergent puissent rentrer dans l'économie IA sans être déconnectés complètement par les superpuissances IA. C'est donc le dernier numéro. C'est valable pour l'Europe aussi. Oui, oui, c'est valable aussi
pour l'Europe.
Magazine, merci à tous les deux. Vous restez avec nous dans un instant. Cette amende salée pour Meta, 25 milliards de dollars, la plateforme américaine reconnue coupable d'avoir trompé ses utilisateurs au Nouveau-Mexique. A tout de suite.
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